‹ Contribution à l'étude physico-chimique de l'arc électrique intensif entre électrodes de charbonChapitre 46 sur 55 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

La revue des connaissances sur l’arc électrique entre charbons, par laquelle j'ai commencé mon exposé, m'a permis de situer la question, et de distinguer entre les différents types d’arc. Il règne en effet souvent une certaine confusion dans les publications qui s’y rapportent.

J'ai considéré. à part les phénomènes cathodiques dont l'influence sur l'effet Beck n’est qu’accessoire; la contraction du plasma, que j'ai pu provoquer à volonté, semble avoir surtout un intérêt théorique.

L'effet BECK est essentiellement d’origine anodique, son mécanisme est le même quelle que soit l’intensité, tout au moins entre 30 et 1000 A. J’ai donc pu utiliser des résultats se rapportant à des charbons de différentes dimensions convenablement chargés.

La cause de la brillance élevée réside dans la haute température à laquelle les vapeurs anodiques sont portées, ceci indépendamment de la formation d’un cratère, ou de la production possible d’un carbure réfractaire dans l’arc. Tout se passe comme si le courant électrique n’était qu’une cause d’échauffement du charbon solide et des vapeurs anodiques, qui se mettent alors à rayonner; l’excitation de ces dernières semble donc être d’origine thermique.

Ces points essentiels se dégagent de l’étude générale des facteurs internes et externes, dans laquelle j’ai utilisé aussi bien les résultats obtenus dans mon laboratoire que ceux de la littérature. Parmi ces derniers, il convient de signaler les publications de FINKELN- BURG et SCHLUGE, qui constituent un ensemble particulièrement remarquable, et les articles de ROHLOFF. PRESTON R. BASSETT a le mérite d’avoir publié le premier travail important sur l’arc intensif. |

Quel est l’avenir de l’arc intensif, et dans quel sens doit-on chercher à le perfectionner ?

Les usages actuels de l’arc intensif se cantonnent à peu près exclusivement dans la projection militaire d’une part, et dans l’industrie cinématographique d’autre part. L'administration française des phares et balises utilise des arcs intensifs de 45 kW dans des phares très puissants. Le premier champ d’application est en régression, et l'emploi d’ondes invisibles semble devoir supplanter la lumière pour déceler les buts aériens où marins.

Dans l’industrie cinématographique, l’arc intensif est utilisé dans les studios et dans les salles de projection. C’est la source de lumière dont la composition convient le mieux à la prise de vue, puisqu'elle se rapproche de celle de la lumière solaire. Les tubes luminescents, la combinaison de lampes à vapeur de mercure à moyenne pression et de lampes à incandescence, permettent d'aboutir à des effets analogues, mais la haute brillance du cratère est très avantageuse pour obtenir des faisceaux intenses et des effets de

contraste. C’est cette propriété qui rend l’arc intensif incomparable pour la projection cinématographique, et, d’autre part, la composition de sa lumière convient aussi bien pour les films noirs et blancs que pour les films en couleurs. La lampe à vapeur de mercure à haute pression pourrait menacer cette position lorsque sa sécurité de fonctionnement sera améliorée, mais la tension électrique élevée nécessaire, l'obligation de refroidir par l’eau, constituent des obstacles sérieux. Enfin, son rayonnement a un spectre moins fourni et manque notamment de rouge.

Le perfectionnement des charbons intensifs doit être recherché dans le sens d’une augmentation de la brillance.

Un progrès de l’ordre de celui qui fut réalisé en passant de l’arc ‘ordinaire à l'arc intensif ne paraît pas probable dans un avenir prochain. L'augmentation de la brillance est facilement obtenue au détriment de la durée des charbons, mais il semble qu’on ne puisse dépasser de beaucoup les vitesses d’usure actuelles, tout au moins tant que les charbons seront rigides et rectilignes. On peut remarquer que les vapeurs de terres rares rayonnent pendant très peu de temps dans le cratère avant de s’échapper, en emportant de l’énergie sous forme de chaleur; il est donc intéressant de chercher à augmenter la durée de leur rayonnement. :

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