II. — ARC ENTRE CHARBONS MINÉRALISÉS DIT ( ARC À FLAMME
Le premier type d’arc non minéralisé fut l’arc à flamme employé autrefois pour l’éclairage. Lorsqu'on augmente le taux de matières minérales dans la mèche du charbon positif, la température, donc aussi la brillance du cratère, baissent rapidement à cause de l’absorption d’énergie causée par la vaporisation de ces matières. Cette baisse est d’ailleurs beaucoup plus forte sur la surface de la mèche que sur l’écorce. Si les matières minérales introduites dans la mèche rayonnent dans la partie visible du spectre, les gaz de l’arc deviennent plus éclairants. On choisissait donc des combinaisons de métaux dont le spectre d’arc était riche en radiations visibles, et d’anions favorisant leur vaporisation, telles que les fluorures de calcium et de cérium. Ces métaux, facilement ionisables, permettaient l'allongement de l’arc et son développement, ce qui favorisait le rayonnement lumineux. La forte ionisation rendit possible l'alimentation de l'arc par du courant alternatif (la tension d’arc était abaissée de 50 à 25 V environ). Ces arcs avaient un haut rendement lumineux (0,26 W : bougie), mais la lumière surtout rayonnée par la flamme, dont la brillance était basse (100 à 1 000 sb), ne pouvait être utilement projetée par un système optique, et ne servait qu’à l'éclairage.
De tels arcs entre charbons minéralisés au cérium sont encore utilisés pour la photogravure et en thérapeutique. Ils sont intéressants à mentionner, parce que formant la transition entre les charbons non minéralisés, auxquels ils s’apparentent par la basse densité de courant supportée, et les charbons haute intensité, dont ils ont la haute minéralisation.