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ABSORPTION DE LA BOUILLIE OPAQUE. — REMPLISSAGE DE L'ESTOMAC

Ne présente rien de particulier. Il s’agit d'attendre les premières évacuations pour repérer approximativement le trajet du duodenum.

3 Temps MISE EN PLACE DE LA PELOTE

Elle doit être placée de telle sorte qu'une fois gonfiée, elle écrase la partie terminale du duodénum, de façon à ralentir considérablement, sinon à arrêter tout à fait, le passage en ce point de la bouillie barytée. L'idéal serait donc d'appliquer la pelote sur l'angle duodeno-jéjunal. Mais la compression exercée en ce point demeure tout à fait imparfaite et reste souvent inefficace : l’angle duodeno-jejunal se trouvant à gauche de la colonne vertébrale et ne pouvant être écrasé sur un plan résistant.

Au contraire, la partie terminale de la troisième portion peut être facilement comprimée sur la colonne vertébrale qui forme ainsi un plan osseux facilement repérable, et sur lequel, avec une compression modérée, non douloureuse, on peut aisément écraser le duodenum.

Où doit donc être appliquée la pelote pour réaliser cette condition ? À notre avis, vouloir essayer de fixer un point de repère exact, conventionnel, toujours le même, est un procédé beaucoup trop schématique et ne répondant pas à la réalité des faits. Le trajet, les aspects,

et les rapports du duodenum sont très variables suivant les sujets, et entre les deux types extrêmes de duodenum des brévilignes et des longilignes, se placent un grand nombre d'intermédiaires. Il faut admettre, en effet, que les variations de position de la troisième portion — seule portion qui nous intéresse, puisque c'est sa partie terminale que nous comprimons sur la colonne vertébrale — peuvent atteindre, sans être pathologiques, la hauteur d'une vertèbre 1/2.

Aussi, procédons-nous de la façon suivante :

Nous attendons les premières évacuations et voyons s’esquisser très rapidement la forme de l’anneau duodénal. Ayant repéré ainsi le trajet et la situation approximative de l'organe par rapport à la colonne vertébrale, nous appliquons la pelote sur sa partie terminale et commençons la compression.

Dans la moitié des cas environ, la pelote se trouve en bonne position, et peu à peu à mesure que la compression augmente d'intensité, l’on assiste au ralentissement progressif, et bientôt à l'arrêt presque complet du transit duodénal. Une première bouchée opaque traverse rapidement le duodenum, lutte contre l'obstacle, et sous l'influence des mouvements antipéristaltiques, remonte dans la deuxième portion où l’on peut la voir exécuter un mouvement de va-et-vient. Cette constatation est la preuve que l’on vient d'effectuer une manœuvre correcte. Après un temps plus ou moins long, une deuxième bouchée, puis une troisième, rejoignent la première. Pendant quelque temps, il y a encore lutte, puis à mesure que le duodenum se remplit et se distend, les mouvements antipéristaltiques diminuent

Se

progressivement d'intensité et de fréquence, et l’image duodénale apparaît nettement dessinée, fixe et immobile, tandis que la silhouette gastrique, refoulée en haut et en dehors, est toujours déformée, non seulement par la com- ‘ pression, mais aussi par la lutte contre l'obstacle situé audessous.

Le « ralenti » étant ainsi réussi, l’image duodénale apparait nette et bien dessinée. On peut alors :

L'examiner à loisir.

En prendre un orthodiagramme.

La radiographier.

Dans un certain nombre de cas, au contraire, le transit duodénal, malgré la compression, se fait encore rapide ou à peine ralenti : la pelote est mal placée. Mais cette première compression, quoique imparfaite, a permis presque toujours de ralentir légèrement le passage de la bouillie opaque à travers le duodénum qui apparaît plus net, et dont la forme, la situation et les rapports, se trouvent ainsi précisés, cela d'autant mieux que le plus souvent, la pelote relevant le fond de l'estomac dégage la troisième portion. Grâce à l'index métallique de la pelote qui en repère le centre, on s'aperçoit aisément que celle-ci est en mauvaise position, située le plus souvent au-dessous du point à comprimer. Il s’agit alors par tâtonnements successifs de mettre la pelote au bon endroit, ce que l’on obtient toujours, avec un peu d'habitude, en quelques minutes.

- Le bloquage du duodenum ne doit pas être brusque, il doit être progressif et doux : le malade laisse ainsi toujours déprimer plus facilement sa paroi abdominale, et

SSI

l'on évite l'arrêt reflexe des évacuations. Il sera d’ailleurs toujours utile d'expliquer au sujet que l’on examine dans ces conditions, ce que l'on attend de lui. Lui faire comprendre qu'il ne doit pas se raidir, qu’il doit respirer largement, et laisser la pelote déprimer son abdomenen, ne sont pas des recommandations inutiles. Chez les sujets nerveux, il sera même bon de leur faire voir ce que sera

cette compression avant de commencer l'examen.

DiFFICULTÉS.

Elles sont en général peu importantes, et le plus souvent, il est facile d'y remédier. Plusieurs cas peuvent se présenter :

4° La compression entraîne un arrêt de l'évacuation gastrique.

Cette éventualité est assez rare, si l’on a soin d'éviter une compression brusque, et de réaliser une compression progressive et douce. Si malgré cette précaution, on obtient aucun résultat, et s'il s’agit surtout d’un estomac nettement hypotonique et relâché, le massage de l'organe, le décubitus abdominal, seront tentés presque toujours avec succès.

2° L’estomac reläché empêche la compression de se faire au point voulu.

Dans le relâchement gastrique accentué, le bas-fond de l'estomac entraîne parfois le pylore et le bulbe audevant de l'anneau duodénal. La pelote écrase alors l’estomac et le pylore sur le duodénum : l'opération devient absolument impossible. |

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Pour remédier à cette difficulté, il faut tâcher de refouler en haut et à gauche le bas-fond gastrique, avec la pelote pneumatique que l’on déplace ensuite progressivement — sans la dégonfler — sur le point à comprimer, dégagé désormais de l’image gastrique.

Dans ce cas particulier, l'emploi d'une pelote un peu volurnineuse est préférable aux petites pelotes insuffisantes pour refouler l'estomac et comprimer à la fois la portion terminale du duodénum.

83° La pelote pourtant placée en bonne position n'en- {traine qu'un ralentissement insuffisant du transit duodénal.

Il faut en chercher les raisons dans :

La contracture des muscles abdominaux chez les sujets nerveux et très musclés.

L’obésité.

Le mauvais choix de la pelote : emploi d’une pelote trop grosse exerçant de ce fait une compression beaucoup trop étendue et pas assez pénétrante.

Le serrage insuffisant de la ceinture.

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