CHAPITRE II
Etude des transformations mutuelles des dibenzyl-cyclohexanones F 122° et F 55°
(soit sous l'influence de réactifs soit par action de la chaleur)
Nous avons repris cette question sommairement examinée par MM. Cornubert et De Demo et avons opéré sur des quantités plus fortes de matière. Nous avons pu établir nettement que sous diverses influences, un équilibre s’établit entre ces deux corps.
Ainsi, en solution alcoolique, en chauffant au reflux en présence de soude ou d’éthylate de sodium, on trouve à l'équilibre 78 % de cétone F 122° à côté de 22 % de cétone F 55°, qu’on parte soit de cétone F 122°, soit de cétone F 55°. En milieu chlorhydrique, les proportions sont pratiquement les mêmes : 77 % de cétone F 122° à côté de 23 % de cétone F 55°.
De plus, comme lont indiqué MM. Cornubert et De Demo, la distillation dans le vide suffit à transposer ces deux cétones l’une dans l’autre. De nombreux essais effectués soit sur le corps F 122°, soit sur le corps F 55° dans des conditions aussi identiques que possible, ont montré que, à 245° sous 11 mm. de mercure on trouve, dans le produit de distillation, 65 % de cétone F 122° à côté de 35 % de cétone F 55°.
Nous avons d’ailleurs utilisé la distillation de la cétone F 122° pour préparer des quantités importantes de cétone F 55°, les distillations successives de la cétone F 122°
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pouvant permettre de transformer intégralement celle-ci en cétone F 55°, tandis que l’hydrogénation catalytique de la dibenzylidène-cyclohexanone ne fournit que 20 % de corps F 55°. :
Cette étude des transformations nous a fait connaître les conditions de stabilité de chacun des corps F 122° et F 55° et nous a permis d’établir que les seules méthodes utilisables pour tenter d'obtenir des dérivés des cétones F 122° et F 55° sont des réactions douces ne nécessitant qu’une température inférieure à 80° et ne faisant pas emploi de corps basiques ou acides.
Deux types de réaction répondent à ces desiderata L'action des magnésiens et la réduction complétée par le platine. Il fallait en effet préparer des dérivés de ces corps et les comparer. Si les dérivés étaient différents, il y avait toutes chances pour que ces deux corps représentent des isomères, si les dérivés étaient identiques il y avait toutes chances pour que ces corps soient des formes cristallines. (On ne peut être plus absolu, car on ne peut exclure la possibilité d’une transposition avant la réaction, sous l’influence du réactif utilisé pour réaliser cette dernière.)