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plutôt à une erreur de diagnostic. Et pourtant, il serait de première importance de reconnaitre la nature exacte de ces phénomènes nerveux et de les rapporter à leur véritable cause.
Nous voulons parler de ces cas où un malade, en général adulte, jusque là indemne de tout accident comitial, fait à l’occasion d’une cause variable une attaque épileptique de nature non douteuse, attaque qui sera unique ou ne se répétera qu’un nombre fort limité de fois.
Notre Maître, M. Dufour a attiré l'attention sur ce sujet dans sa communication du 6 juillet 1899 à la Société de Neurologie, dont nous avons déjà parlé dans le chapitre précédent. Il rapporte 11 cas de malades ayant eu dans le courant de leur existence, à des époques quelquefois très éloignées, une ou deux crises épileptiques nettement caractérisées. Chez un malade notamment la crise s'était produite à 52 ans; chez un autre à 62 ans. Ces crises étaient apparues inopinément à l’occasion d’un examen médical et particulièrement dans deux cas, au cours d’un toucher rectal et d’un cathétérisme de l'utérus. |
Or, ce qu’il y a d’intéressant à noter, et nous y reviendrons
plus loin au chapitre diagnostique, c’est que ces malades ont tous eu des convulsions dans l'enfance, et depuis cette époque, ils n'avaient présenté aucune manifestation rappelant de près ou de loin la névrose comitiale.
. Parmi les cas de M. Dufour, il en est quelques-uns qui méritent également une attention particulière. Ce- sont ceux dans lesquels l’accès comitial fit son apparition soit au cours de la grossesse, soit pendant l’accouchement, et toujours chez des malades ayant présenté des convulsions dans l'enfance.
Nous abordons ici une question furt intéressante, très con-
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troversée ou plutôt très mal connue et à péine ébauchée : celle des rapports de l’épilepsie et de l’éclampsie.
Cette affection, dont la pathogénie très incertaine encore, a soulevé bien des discussions, rattachée tour à tour à une névrose suraiguë, au mauvais fonctionnement du rein, à de l’urémie ou à de l’urinémie; rapportée au contraire par d’autres à une véritable infection ou à une auto-intoxication ; cette
affection, quelle que soit d’ailleurs sa cause, puerpérale ou uré-
mique, présente, à n’en pas douter, dans certains cas, quelque parenté avec les convulsions de l’enfance.
Cette idée, d’ailleurs, n’est pas nouvelle. Déjà en 1804,
Miquel dans son Traité des convulsions chez les femmes
enceintes parle à ce propos d’une « susceptibilité » du cerveau. Dans les « Studies on fonctionnal nervous discorders », CG. Handfield Jones parle d’une prédisposition indéterminée nécessaire chez les femmes et chez les enfants pour la manifestation des attaques épileptiques et éclamptiques. Trousseau dans ses cliniques dit dans le même sens:
« Il est certain que la susceptibilité nerveuse qui, chez cer-
« taines femmes, a pu se traduire dans l’enfance par des acci- « dents convulsifs, plus tard par des phénomènes hysté- « riques ou par des troubles plus ou moins bizarres de l’in- « nervation, il est certain, dis-je, que cette sensibilité ner- « veuse est une cause prédisposante dont la connaissance « pourra préoccuper l’esprit du médecin ».
Ces assertions sont évidemment bien vagues et elles manquent de faits venant les appuyer; mais de nos jours, la question a été reprise. C'est surtout avec les recherches de M. Féré que l’on voit naître la préoccupation des antécédents héréditaires ou personnels, pour expliquer les accidents con-
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vulsifs postérieurs. Nous avons réuni quatre observations se rapportant à cette question ; deux sont extraites du beau livre de M, Féré, l’épilepsie et les épileptiques auquel . nous avons déjà emprunté ailleurs ; nous publions, en outre, deux autres observations, l’une due à l’obligeance de M. Dufour, l’autre personnelle.
La première (1) nous montre une femme dont les antécédents héréditaires, imparfailement connus, semblent chargés. À 6 ans elle fait une chute et se blesse au menton ; aussitôt elle est prise de convulsions, qui d’abord très fréquentes persistent pendant six mois avant de disparaitre, puis le
calme se rétablit, rien ne semble subsister de cette première.
manifestation, quand au cours d'une grossesse, on voit survenir des crises d’éclampsie.
Ce n’est pas là, semble-t-il, une simple coïncidence, car le fait n’est pas isolé. Une observation personnelle (2) nous montre un exemple analogue. Dans les antécédents héréditaires de Me X, nous ne notons aucune tare névropathique ; au cours de la dentition elle fait des convulsions, qui assez violentes, se reproduisent à deux ou trois intervalles dans le cours de la même année. Elle guérit complètement et plus de vingt années se passent sans que nous notions aucun autre accident nerveux. Au cours d’une septième grossesse, la malade étant très épuisée moralement et physiquement fait une crise d’éclampsie, sans que, point intéressant à noter, à aucun moment le médecin traitant n'ait
FH QRser ya don n° IX extrait de M. Féré «Epilepsie et épileptique» age 263.
F 2) Observation n° X. |
pu déceler la moindre trace d’albuminurie dans les’ urines par lun examen méthodiquement fait tous les cinq jours. La prédisposition laissée par une première atteinte est iei moins accentuée que dans la précédente observation, aussi l’excitation des zones épileptogènes a-t-elle besoin d'être multipliée et accumulée pour provoquer la décharge.
Dans une troisième observation, communiquée par M. Dufour, nous voyons une femme également sans antécédents héréditaires névropathiques qui à l’âge de trois ans, fait des convulsions ; ici encore vingt années se passent sans qu’aucune autre nouvelle manifestation nerveuse vienne troubler le cours de l’existence. Cette femme devient enceinte, elle présente de l’albumine pendant sa grossesse ; vingt jours après ses couches elle à une crise d’épilepsie très nette.
Enfin, une quatrième observation de beaucoup la plus intéressante, empruntée à M. Féré, nous assistons à un réveil tardif de la prédisposition convulsive créée par une première atteinte dans l’enfance. Au cours de sa grossesse, M° P, ancienne convulsive, fait de l’éclampsie ; les urines sont légèrement albumineuses ; la malade guérit de son éclampsie et reste épileptique. Ici la corrélation existant entre les trois termes, convulsions, éclampsie et épilepsie, est vraiment frappante.
Nous n’avons point pour but de: discuter maintenant si l’éclampsie et l’épilepsie sont une seule et même chose, nous voulons seulement faire remarquer que dans les antécédents personnels du sujet, l'existence de convulsions dans l’enfance est importante à signaler, non seulement au point de vue de l’épilepsie, mais au point de vue de l’éclampsie. Si cette recherche était méthodiquement faite chez toute éclamptique,
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elle serait sans doute fréquemment positive ; mais jusqu’à
présent, ce côté de la question semble avoir passé inaperçu. \! C’est bien, je crois, l’opinion de M. Féré qui dit : « Si on de « dépouille, comme je l’ai fait, les observations d’éclampsie « puerpérale publiées dans les thèses ou dans les recueils, RU « on est étonné de voir dans quel petit nombre de cas, les 48 « auteurs, préoccupés du rôle de l’albuminurie et de l’intoxi- « cation urémique ou de la nature spéciale de l’éclampsie, « ont pris la peine de relever les antécédents ou même de « donner le nombre des accès, de sorte que ces observations « qui paraissent négatives, au point de vue de la prédispoa sition et de l'identité des deux manifestations, n’ont pas « la moindre valeur (1).»
| NOR Enfin, il faut faire remarquer encore qu’on range sous le même nom d’éclampsie toutes les convulsions de la grossesse, quelle que soit leur nature, hystérique ou épileptique, ces dernières étant toujours d’un pronostic plus réservé.
ml (1) Féré « Epilepsie et Epileptiques », p. 286.