‹ Contribution à l'étude sur l'avenir des convulsifs infantilesChapitre 23 sur 24 · MONOD · texte numérisé non relu

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cause quelconque, dentition, lésion cutanée etc., des convulsions, nous serons en droit de craindre pour un avenir, plus ou moins lointain, de l’épilepsie ou chez les femmes des phénomènes éclamptiques pendant la grossesse. Nous ne voulons cependant pas dire que tous les convulsifs sont des épileptiques, il est bien certain que parmi l'immense quantité d’enfants qui ont eu des convulsions dans le premier âge, la plu= part ne présentent plus jamais, au cours de leur existence, de manifestation névropathique ; car les convulsions semblent ne pas traduire toujours une lésion du cerveau acquise ou héréditaire, mais n'être souvent qu’un mode réactionnel très particulier à la première enfance. L’hypertonicité est si évidénte chez le nouveau-né que par simple compression du plexus brachial, Hochsinguer l'a affirmé, on peut faire naître chez lui une « myotonie » c’est-à-dire une contracture indolore et permanente dans un des fléchisseurs de l’avant-bras.

Mais si les convulsions ne donnent pas toujours lieu à de l'épilepsie, du moins on peut dire que chez les individus qui plus tard font del’épilepsie, les convulsions qu'on a retrouvées, si fréquemment dansleur enfance étaient déjà lamanifestation du mal comitial. Parfois, ils arrivent sans transition de l'un à l’autre. Généralement, les choses se passentainsi : les convulsions apparaissent dans les premiers jours ou bien à 6 où 7 mois ; c’est seulement plusieurs années après, deux, cinq, sixans que survient l’épilepsie, mais même dans ces cas il est fréquemment possible à un examen attentif, de découvrir quelques petits faits souvent négligés, tels que cauchemars, inintelligence, tics, et qui forment l'intermédiaire entre les, deux grandes manifestations convulsives.

M. Féré, nous l'avons vu plus haut, admet que les convul-

sions,apparues dans l'enfance chez les épileptiques, sontdena. tureépileptique. «Il n’y a, ditcet auteur, aucune bonne raison de distinguer les convulsions infantiles de l’épilepsie, et de soutenir que l’épilepsie est rare ou n'existe pas chez les enants : c’est au contraire chez eux qu’elle est le plus fréquentie ».

* Pour M. Marie, la convulsion de l’enfance, chez ceux qui -font plus tard de l’épilepsie, est la première manifestation du mal comitial, ou plutôt l’une et l’autre dérivent d’une même cause, maladie infectieuse ou toxique; la convulsion est le syndrôme indiquant que‘le système nerveux a été touché plus ou moins profondément par l'infection, capable d'y laisser une trace durable qui se traduira plus tard par de l’épilepsie.

C’est la même idée que nous avons vu soutenir par M. le Pr Joffroy dans la leçon que nous avons citée. Parlant de la coïncidence fréquente des convulsions et de l’épilepsie chez un même sujet, M. Joffroy ajoute « les faits ce genre ont déjà frappé certains auteurs (Féré, Bourneville, Desforgue, Dufour) et ont permis de considérer les convulsions de l’enfance comme une véritable réaction épileptique survenant à l’occasion d’une maladie infectieuse ou d’une auto-intoxi- | cation »

Nous avons vu encore se dégager les mêmes données de la théorie de M: Pierret que nous avons longuement exposée, J’épilepsie n’étant qu’un rappel devenu permanent par la répétition des actions toxiques et par l'aptitude qu'a le cerveau de fixer les bonnes et les mauvaises habitudes.

Nous avons parlé enfin, dans le courant de notre thése, de ces cas, plus nombreux qu'on ne l’a cru jusqu'ici, d’épilepsie tardive à manifestation unique, dans l’enfance desquels on

‘a retrouvé des convulsions ; de même encore, nous avons at-

tiré l’attention sur ces réveils de la prédisposition convulsive, créé par une première atteinte, au cours de la grossesse, l’éclampsie n'étant dans ce cas qu'une manifestation épileptique. Ces faits, on ne saurait le nier, ont une importance certaine au triple point de vue : diagnostic, pronostic et traitement. Au point de vue diagnostique d’abord : on sait en effet

‘combien souvent le diagnostic, entre la grande attaque d’é-

pilepsie convulsive et lattaque d’hystérie, est difficile. Aucun signe vraiment pathognomonique. Dans un cas comme dans l’autre on peut retrouver des signes précurseurs éloignés, tels que tristesse, irritabilité, besoin d’agitation, mou-

-vements brusques, accentués, pesanteur de tête, congestion

céphalique, etc. Dans la grande attaque d’hystérie on retrouve le cri initial de l’épilepsie ; les convulsions reproduisent la période tonique de l’attaque comitiale Les mouvements clowniques et les attitudes passionnelles, en général l’apanage de l’hystérie peuvent cependant manquer dans ces cas et au contraire, se montrer dans l’épilepsie; de même en ‘est-il des stigmates permanents, de l’hémianesthésie sensitivo-senso-

rielle, des points douloureux ovariens ou autres. L’automa-

tisme ambulatoire, Voisin l’a montré, peut exister dans les deux cas; ainsi de l’apoplexie hystérique (1) et des phénomènes pupillaires. Barié a montré que la température peut s'élever dans les crisesd’hystérie. Enfin, on sait que l’inversion de la formule des phosphates proposée par Gilles de la Tourette, comme moyen diagnostique, est très discutée par Voisin et

Féré. , )

(1) Deboye et Achard.

Ïl n’existe donc pas dans certains cas de symptômes absolument sûrs permettant de porter ün diagnostié ferme.

C'est dans ces, cas surtout, que la notion des convulsions infantiles sera vraiment d'un grand secours. M. Dufour # en effet montré combien rares sont les convulsions dans les an-

técédents personnels des hystériques. Sur 35 hystériques,

plus ou moins gravement atteints, ayant à côté de stigmates permanents des épisodes paroxystiques tels que des crises

ou du délire, deux ont eu des convulsions, mais en plus de

l’hystérie, ils avaient de l’épilepsie vraie ; deux autres ayant eu également des convulsions, présentaient des manifestations nerveuses, « que, dit l'auteur, la prudence nous a engagé à rattacher à l’hystérie. » Les 31 autres n’avaient jamais eu de convulsions dans l'enfance.

Ces faits sonf nets, et ils montrent bien l'importance qu'il y a à faire cette recherche chez tous les individus présentant des crises convulsives.

Cette notion des convulsions, si longtemps négligée, a encore son importance chez l’éclamptique. Là, suivant la juste remarque de M. Féré, il est probable que l’on confond sous le même nom d’éclampsie puerpérale, toutes les convulsions sérielles qui se produisent pendant la puerpéralité. L’éclampsie infantile permet de rapporter sa part à chacune de ces manifestations.

Qu'on se rappelle maintenant la gravité Fe l'épilepsie par rapport à l’hystérie et l'on comprendra l'intérêt qu'il y a à rechercher les convulsions pour porter ce pronostic.

Enfin, au point de vue du traitement, de tout ce que nous avons dit se dégagent deux faits importants :

1° Etant donnée la tendance des convulsifs infantiles à faire 4° MONOD.

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