SIT. ÉTAT ACTUEL DE LA TECHNIQUE DES CABLES
Fe. ce: bref historique du développement de la baie des câbles électriques il est intéressant d'examiner quelles réalisations ont été préférées, dans la pratique, en fonction de la tension ou de l’intensité.
À notre connaissance, le système de compensation, comportant de nombreux éléments élastiques le long du câble, n’a trouvé jusqu’à ce jour aucune application pratique, bien que théoriquement ce système paraisse simple et judicieux. Il y a lieu de penser que l’insuccès de ces câbles est dû, à la fois, à des conditions économiques peu favorables, car leur fabrication serait relativement coûteuse, et au fait que l’on peut craindre une utilisation défectueuse des éléments de compensation aux endroits où les pressions hydrostatiques se trouvent particulièrement élevées.
Par contre, les cables comprimés pour courant triphasé ont été et sont encore fréquemment utilisés dans la pratique, notamment pour les tensions supérieures à 30000 volts, allant jusqu’à 60000 et même 100000 volts dans certains cas. L'emploi de tels câbles pour des tensions inférieures à 30000 volts n’est pas à recommander, car cette solution serait trop coûteuse et ne procurerait qu’un faible avantage par rapport à un câble de construction normale. D'autre part, pour des tensions supérieures, à 100000 volts, 220000 volts: par exemple, la fabrication de tels câbles nous semble présenter de sérieuses difficultés techniques. Les tubes en fer utilisés pour de telles tensions seraient, en effet, le siège de pertes dans le fer — par hystérésis et courants de Foucault — d’une importance appréciable ; ce qui nécessiterait, pour éviter cet inconvénient, l'emploi de tubes qui ne soient pas métalliques, d’où diminution de la solidité du câble. Si, enfin, on employait, malgré les pertes électriques pouvant se produire, des tubes de fer, leur poids considérable rendrait ces câbles d’un usage difficile et ils ne pourraient, par conséquent, être employés que sur de faibles parcours.
Ce sont les câbles à huile fluide qui ont trouvé les plus nombreuses applications pour des tensions de service supérieures à 60.000 volts. La masse isolante pour des tensions comprises entre 60.000 et 100.000 volts y est, d’ailleurs, à peu près de la même épaisseur que dans les câbles com- : primés de même tension. Aussi, est-ce à ce type de câble que l’on a eu recours pour réaliser une canalisation électrique souterraine débitant le courant, sous une tension de 220.000 volts, entre Clichy-sous-Bois et Saint- Denis. Un tel câble réalisé grâce à la collaboration des « Ateliers de cons-
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truction mécanique de Jeumont », des « Câbles de Lyon », de la « Société Alsacienne de construction mécanique » et des « Tréfileries et Laminoirs du Havre » est la première artère souterraine de ce voltage mise en service. Utilisé sur un parcours de 19 km, il possède une masse isolante relative- . ment réduite, car on est parvenu, grâce à de récents perfectionnements techniques, à abaisser de 24 à 20 mm. l'épaisseur de l’isolement nécessaire. On utilise actuellement tant en Amérique qu’en Europe environ 2000 km de câbles de ce type pour le transport du courant électrique sous des tensions comprises entre 100000 et 220000 volts.
On peut noter aujourd’hui avec satisfaction la disparition à peu près complète, sur le marché industriel, des câbles à masse isolante compacte de tensions supérieures à 30000 volts ; de tels câbles étant sujets avec le temps à des modifications internes sérieuses particulièrement gênantes dans le cas des fortes intensités de courant. Les constructeurs et les exploitants des réseaux électriques ne s'intéressent plus, à présent, qu’à des types de câbles, dans lesquels le facteur d'insécurité est à peu près supprimé.
Depuis quatre ou cinq ans, l’étude des câbles comprimés isolés avec du papier, imprégné d’huile et de divers autres produits, a été reprise dans divers laboratoires ; l'intérêt de ces travaux ne nous échappe pas. Quoiqu'il en soit et malgré des différences sensibles, en apparence, à très hautes tensions, les câbles à huile fluide et les câbles comprimés tendent vers le même but : garantir une imprégnation complète de la matière isolante, afin d’éviter la formation de vides au sein de celle-ci. La technique de ces câbles semble être maintenant au point. Il nous a paru, cependant, intéressant d'étudier quantitativement les modification des conditions thermiques des câbles, notamment celles qui sont dues à l’écoulement de la matière isolante. Nous supposons, dans ce dernier cas, un écoulement théorique de l’isolant entre deux couches cylindriques coaxiales voisines et dans les passages en forme de Spirale, constitués principalement dans le voisinage de la gaine de plomb. Notre étude porte, d’ailleurs, surl’ensemble des phénomènes thermiques se produisant dans les canalisations électriques soit en raison de phénomènes internes, siot du fait du milieu ambiant.