‹ Contribution à l'Exploration fonctionnelle de la Glande thyroïdeChapitre 11 sur 37 · DIMINUTION DE LA RÉSISTANCE A L'’ANOXIE · texte numérisé non relu

DIMINUTION DE LA RÉSISTANCE A L'’ANOXIE

En 1920, Duran (24) remarqua que les animaux traités à la thyroxine montraient une très nette augmentation de susceptibilité à l’anoxie.

De semblables faits furent démontrés par RyYDIN (25) en 1928, puis par toute une série d'auteurs : CAMPBELL (26) en 1938, LEBLOND (27) en 1944, SmiTH, EVANS et PARKES (28) en 1947, HuTCHEON (29) en 1948 et en 1950 par BURN, FINNEY et GoopwiN (30), Basiz, SOMERS et WOOLLETT (31-32-17). Ces derniers auteurs pensent que « la précision de la méthode laisse à désirer, bien qu'il soit relativement facile de la réaliser ».

3. — DIiMINUTION DU POIDS DE L'ANIMAL SOUS L'INFLUENCE DE LA THYROXINE

Dès 1920, CAMERON et CARMICHAEL (33) et, par la suite, HAFFNER et KomiyAMA (20), KREITMAIR (34), Morcu (35), GappuM (9), RoTtER et MEcz (36), Wokes (12), HUTCHEON (29), étudièrent les effets de l'administration de thyroïde sur les animaux de laboratoire : souris, rats, cobayes.

KocEer, HuRST et TURNER (37) trouvèrent que sous l'influence de la thyroxine, des souris femelles gagnent du poids plus vite que les animaux témoins. GADDUM, par contre, fait état d’une rigoureuse spécificité de ce test et souligne l'existence chez le rat adulte d’un certain parallélisme entre l'augmentation du métabolisme basal et la perte du poids.

Selon KREITMAIR et ROTTER, il y a une telle variation dans la réponse du cobaye à une dose déterminée qu'il faudrait disposer d’une très grande quantité d'animaux pour obtenir un résultat seulement approximatif. Wokes formule la même conclusion après avoir étudié ce test chez la souris. HUTCHEON enfin s'attache à démontrer l'existence d'une perte de poids importante et précoce chez le rat albinos . de 250 grammes soumis à la thyroxine, mais ajoute que « le. problème mérite d’autres investigations ».

ie

4, — AUGMENTATION DU MÉTABOLISME BASAL CHEZ L'ANIMAL

Nous ne parlerons dans ce chapitre que de l'étude du métabolisme basal chez différents animaux, nous réservant de revenir ultérieurement sur le métabolisme basal de l Homme.

Partant de la constatation que les préparations à base de thyroïde produisaient en général une accélération notable des échanges gazeux et, partant, une augmentation du métabolisme basal, de nombreux chercheurs se sont penchés sur ce problème. Ils ont mesuré le métabolisme basal de plusieurs espèces d'animaux et ont voulu tester l’activité

thyroïdienne de préparations administrées à ces animaux

par les modifications du taux de leur métabolisme.

a) Rat.

Il semble que le rat ait été le premier animal utilisé dans

ces expériences. HILDEBRANDT (38) mesure le métabolisme basal des rats au moyen d’une méthode en circuit fermé. Après avoir obtenu un équilibre physiologique chez ses animaux, équilibre déterminé par des mesures du métabolisme donnant des réponses constantes, il leur injecte par voie intraveineuse une solution de thyroxine. Il arrive ainsi à conclure qu'avec une injection intraveineuse correspondant à 1,3 mgr. de thyroxine par kilo de poids corporel, il obtient une élévation du métabolisme basal, élévation déterminée qui permettrait de mesurer l’activité thyroiïdienne des substances essayées. Quelques années plus tard, ARNOLDI (39) reprit cette méthode, mais il détermine le métabolisme basal par une méthode en circuit ouvert: Les résultats obtenus sont très irréguliers. Citons encore ABDERHALDEN et WERTHEIMER (40), HaArFNER (41). Ce

dernier a bien obtenu sur chaque rat en particulier des

modifications pratiquement invariables du métabolisme basal pour des doses définies de thyroxine allant de 0,5 à 5 mgr. par kilo de poids corporel, mais il est obligé de

reconnaître que leur sensibilité varie tellement qu'il est impossible d'utiliser ces animaux et cette méthode pour l'essai des préparations thyroïdiennes.

GapDuM (9) reprit ces travaux. Il utilise le lapin qu'il abandonne bientôt parce que donnant des réponses par trop variables. Il choisit alors le rat adulte et uniquement le rat mâle, pensant que la découverte de SCHOEHEN sur la plus grande sensibilité à la thyroxine de la souris mâle, s’appliquerait également au rat. Il utilise des animaux provenant d'un. même lot, pesant un poids moyen de 250 grammes, et soumis à un régime synthétique standard.

Malgré toutes ces précautions, les résultats ne sont guère probants.

b) Souris.

HAFFNER et KomiIYAMA (20) ont utilisé à cet effet la souris normale et thyroïidectomisée. Les préparations à essayer étaient administrées soit per os, soit par injections souscutanées. Les résultats obtenus sont absolument contradictoires. Le métabolisme basal est, en effet, soit diminué, soit augmenté, sans que les auteurs puissent trouver une relation entre l'importance de la dose, son mode d’administration et les modifications du métabolisme.

Morcx (35) administre les préparations thyroïdiennes per os pendant longtemps et il rapporte qu'il existe non seulement une augmentation du métabolisme consécutive à cette administration prolongée de glande thyroïde, mais encore qu il existe une relation entre l'augmentation du métabolisme et la dose absorbée quotidiennement. Cette méthode est cependant abandonnée pour de nombreuses raisons, notamment la durée trop longue de l’expérimentation et l'impossibilité quasi absolue de mesurer de la sorte les substances « thyroxine like » qui n'agissent pleinement qu'à la condition d’être employées par voie injectable.

Plus proches de notre époque, MACLAGAN et SHEEHAN (42) ont décrit une méthode basée sur ce principe, méthode

Men

dont les résultats semblent concorder avec ceux obtenus par

Wokes (12) chez le cobaye.

c) Cobaye.

Cet auteur utilise le cobaye de préférence aux autres animaux en raison, dit-il, de sa grande sensibilité à la thyroxine et de la rapidité de sa réponse.

d) Chien.

KuNDE (43) rapporte les résultats d’une expérimentation poussée sur le chien, mais l’auteur conclut que l'étude du métabolisme basal chez cet animal ne permet pas d'apprécier de façon quantitative l'effet de préparations thyroidiennes.

Ainsi donc, il ressort de cet exposé que l'étude du métabolisme chez l'animal ne peut guère être employée pour mesurer l'activité thyroïdienne de certaines préparations. Tout au plus, peut-on reconnaître une certaine valeur à à la méthode de MorcH qui semble une des plus précises, bien qu'il soit souhaitable pour les dosages courants de posséder une technique plus simple et surtout plus rapide.

5. — REPRISE ET MAINTIEN DE LA CROISSANCE CHEZ L'ANIMAL THYROÏDECTOMISÉ

L'on sait depuis longtemps que le produit de sécrétion du corps thyroïde joue un rôle essentiel dans la croissance des animaux et de l’homme.

La thyroïdectomie arrête le développement de l'animal jeune et le conduit au nanisme définitif. Inversement, SMITH, GREENWOOD et FOSTER (44), SALMoN (45), DvoskiN (46) ont constaté que l’administration de poudre de thyroïde pendant 40 jours consécutifs à des rats ou à des oiseaux thyroïdectomisés permet la reprise et le maintien de Ja croissance.

Evans, SIMPSON et PENCHARZ (47), REINEKE et TURNER (48), puis RowLanps (49) ont montré que la thyroxine a le

même effet chez le jeune rat ou chez la chèvre thyroïdectomisés, RowLAnDs (50), quelques années plus tard (1945), montre que les protéines iodées ont une action identique. Il eut alors l'idée de se servir de la réponse de l’animal thyroïdectomisé pour déterminer l'activité biologique des protéines 1odées et autres substances voisines. La méthode, valable dans son principe pour le titrage des préparations thyroïdiennes, présente cependant en pratique de grosses difficultés, Elle se révèle insuffisamment rigoureuse, au point que pour obtenir un résultat entaché d’un coefficient d'erreur de seulement plus ou moins 10 %, il faut disposer d’un lot de plus de 6.000 animaux. Autre critique grave : la durée de l'épreuve ; en effet, il faut pour la réaliser un délai minimum de trois mois.

Page 1