LE RAT
DEMPSEY et AsTwooD (54), chez le rat mâle de 80 à 120 grammes recevant du thiouracile per os, ad libitum (solution à 0,1 %) trouvent, l'expérience s’échelonnant sur quatorze jours, qu'il faut 5,2 * de thyroxime pour maintenir à la normale le poids thyroïdien. Dans les mêmes conditions d'expérience, REINEKE, MIXNER et TURNER (55) donnent le chiffre moyen de 4,8 * de d. |. thyroxine, la d. |. thyroxine étant, à cet égard, moitié moins active que la |. thyroxine. DvoskiN (46), à peu près dans les mêmes conditions (treize jours d'expérience au lieu de quatorze), constate que 7,5 * de thyroxine sont nécessaires pour prévenir l'apparition du goitre.
Le protocole de CorTELL (56) est un peu différent : rats mâles de 120 grammes : thiouracile à 0,1 % en solution dans l’eau de boisson ; durée de l'expérience : dix jours seulement. FRIEDEN et WINGLER (57) utilisent des animaux plus gros, de 150 à 200 grammes ; leurs expériences s'éta-. lent sur quinze jours, les rats recevant le thiouracile au taux de 0,3 %. Les produits à tester sont injectés dans le péritoine. Il faut 6 à 7 * de thyroxine par jour pour obtenir un poids thyroiïdien voisin de la normale. DELTOUR, MAYER, MicHEL et RocKE (58-59) introduisent 2 milligrammes de thiouracile dans le régime alimentaire de rats pesant 60 à 80 grammes, pendant dix jours, tout en injectant thyroxine ou thyréo-globuline. Îl nous paraît indispensable de donner
(*) Certains corps antithyroxiniens ont une action Énbeothigine mais à doses pharmacologiques et jamais physiologiques.
in extenso certains points de leur travail : « La thyréoglobuline est, par unité de poids de thyroxine, beaucoup plus active que cet acide aminé libre, puisque l'injection de Î mer. par jour de la première, soit 0,0021 mgr. de I. thyroxine, est équivalente à celle de 0,2 mgr. du dérivé d. L. pur, soit à 0,11 mgr. de l’isomère |. selon les déter- minations de PiTt-RIvERs et LERMAN…. La thyroxine injectée au rat n'est que partiellement utilisée par les tissus, puisqu'une fraction importante est éliminée en deux heures par le tractus digestif ou fixée, puis désiodée par le foie (Gross et L:EBLOND). Il en est ainsi parce que la thyroxinémie dépassant alors de beaucoup son taux phy-. siologique, les récepteurs de l'hormone s'en saturent rapidement. Par contre, l’hydrolyse de la thyréoglobuline conduit au passage progressif de l'hormone dans les humeurs qui la véhiculent aux cellules à des taux permettant son utilisation sans perte importante... [La thyréoglobuline mériterait d'être substituée à la thyroxine comme produit de référence dans le dosage de l’activité des iodoprotéines, d'autant que, contrairement à la première, son efficacité anti-goitrigène est à peu près identique, qu’elle soit administrée par voie orale ou intrapéritonéale. »
GRIESBACH, KENNEDY et PURVES (60) enfin, estiment que le besoin en thyroxine du rat oscille entre 2 et 3 + de d. |. thyroxine, | et 2 + de |. thyroxine.
Toutes les techniques que nous venons de mentionner utilisent le thiouracile. Mais il n’y a là rien d’exclusif. Les MACKkENSIE (61), sur des rats de 35 à 55 grammes (21 à 28 jours), obtiennent la prévention du goitre par la sulfaguanidine à l’aide d’un gamma de thyroxine pour 10 grammes de poids corporel. ASTWOoD, SULLIVAN, BISSEL et TYsLowITz (62) notent que « l’hyperplasie thyroïdienne est abolie par l'addition de 1 % de poudre de thyroïde au régime des animaux qui reçoivent de la sulfaguanidine ». AsTWOOD et BIssEL (63) ont procédé à des expériences analogues avec les sulfadiazines.
Enfin, GRIESBACH et PURVES (64), chez le rat de huit à dix semaines soumis à un régime végétarien et buvant une