CONCLUSION
La population de Seine—t-Oise, si elle s’est accrue continuellement dans son ensemble, a subi pourtant de grandes fluctuations et si de petits bourgs, comme Versailles, sont devenus de grandes villes, inversement certains villages importants au xrve siècle ont disparu sans laisser une trace.
Quelques exemples permettront de mieux mettre en évidence cette idée admise par tous, mais de façon assez vague. Alors que Meudon possédait 305 feux en 1735, 2.765 habitants en 1824, on comptait 18.123 habitants en 1926, tandis que Viarmes ne voyait de 1824 à 1926 sa population augmenter que de 1.240 à 1.685 habitants. A Villeneuve Saint-Georges le nombre des habitants passait en cent ans de 953 à 16.094, à Versailles de 27.528 à 68.574, à Corbeil de 3.481 à 11.230, à Argenteuil de 4.423 à 44.538, à Poissy de 2.663 à 11.298, tandis qu’à Chatenay-en-France il diminuait qu'à Luzarches, à Longpont, à Poissy, à Chevreuse, … il demeurait presque stationnaire.
Le registre des comptes d’un receveur des aides du diocèse de Paris, Jehan Le Mire, chargé pour l'année 1369-1370 du recouvrement d’un impôt établi à l'origine (1360) pour la rançon du roi Jean, et publié par le Ct. Alp. Gravier', montre avec une grande clarté l’importance relative des divers bourgs et explique le petit nombre relatif des apothicaires de Seine-et-Oise qui ont pu être rencontrés dans les pages précédentes.
Depuis la Révolution française, depuis l’accroissement gigantesque de Paris, la sitation s’est transformée et une étude de la Pharmacie en Seine-et-Oise depuis la loi de germinal jusqu’à nos jours devrait être menée de toute autre façon.
1. Gravier (Ct Alp.). Villes et villages de Seine-et-Oise au moyen-âge (1370). Versailles, 1937.
Non seulement les officines se sont multipliées, mais l’industrie pharmaceutique est née et joue en Seine-et-Oise un rôle capital. Elle occupe plus de 400 ouvriers à Longjumeau, 330 à. Garches, 200 à Massy, 120 à Etampes, et de nombreux autres à Morigny, Champigny, Houdan, Saint-Remy-les-Chevreuse, Ville-d’Avray, l’Isle-Adam.…. !.
D'autre part, l'unification de la profession pharmaceutique, la forme des études, le travail même, conduisent à envisager le problème non plus sur un plan local, mais national.
Ces considérations suffiront sans doute à justifier le plan suivi et les limites qu’on a cru devoir imposer au développement précédent.
Cependant, bien des questions demeurent sans réponse, bien des aspects de la profession d’apothicaire avant 1789 restent obscurs, et, pour la Seine-et-Oise même, il est à souhaiter que de nouveaux travaux viennent compléter ou corriger cette présente contribution à l’histoire de ses Apothicaires.
1. MaTTærIEu (André) Seine-et-Oise, étude de géographie physique, humaine et économique dans le cadre départemental, Paris (1946).
Vu, Strasbourg, le 17 février 1948.
Le Président du Jury, Y. VOLMAR.
Lu et approuvé :
Strasbourg, le 18 février 1948.
Le Doyen de la Faculté de Pharmacie, Y. VOLMAR.
Vu et permis d'imprimer :
Strasbourg, le 21 février 1948.
Le Recteur de l’Académie, Président du Conseil de l’Université, Pour le Recteur, Le Vice-Président du Conseil de l'Université, M. ANDRIEU.