‹ Contribution à l'interprétation pathogénique des localisations spéciales de l'œdème et de la congestion pulmonaires dans les affections cardiaques: rôle de la compression ou de la courbure des veines pulmonaires droites par l'oreillette droite dilatéeChapitre 6 sur 18 · SES SYMPTOMES ET SES LOCALISATIONS · texte numérisé non relu

SES SYMPTOMES ET SES LOCALISATIONS

Parmi les accidents graves que les maladies du cœur peuvent déterminer du côté des différents organes, ilen est un qui mérite d'attirer toute notre attention : nous voulons parler des complications pulmonaires.

Le poumon, en effet, peut être considéré comme une sorte de diverticule du cœur gauche, et subit par conséquent le contre coup des troubles qui s'y produisent. Aussi voit-on apparaître dans le poumon, pendant la période asystolique et même avant, des altérations congestives d'abord, puis inflammatoires et dégénératives, qui constituent le poumon cardiaque, ces dernières ne survenant qu'après des poussées successives et répétées de congestion et d’œdème.

Les complications pulmonaires des affections cardia-

DAT ques ont été depuis longtemps constatées et étudiées, el, sans vouloir donner un historique complet de la question, il peut être utile de rappeler quelques noms.

P. Barrère avait déjà reconnu en 1753 les principaux caractères de l’æœdème pulmonaire d’origine cardiaque.

Plus tard, en 1787, Sénac avait remarqué les liens quiexistent entre certains élals des poumons et les affections du cœur, mais il n'en avait donné aucune description, et c’est à Laennec que revient le mérite d’avoir le premier décrit avec précision les principaux caractères de l’æœdème congestif.

Gendrin et Andral en ont fait une étude complète, le premier se plaçant surtout au point de vue symptomatique et macroscopique de l’œdème congestif, le second étudiant plus spécialement les lésions plus profondes du parenchyme pulmonaire.

De nos jours, enfin, ces lésions d’œdème et de sclérose furent bien étudiées au point de vue anatomo-pathologique dans les thèses récentes de Ducellier, Honnorat el Boy-Tessier.

La congestion et l’œdème chronique forment la partie la plus importante des phénomènes qu’on observe dans le poumon cardiaque. Ils ne peuvent être confondus avec l’œdème pulmonaire qu'on voit survenir dans les affections rénales. Dans les maladies du cœur, en effet, l’æœdème congestif se présente sous forme de poussées successives et répétées, mais à un état pour ainsi dire subaigu ; il a du reste des symptômes qui lui sont propres, quoique variables cependant, suivant que c’est l'élément congeslif ou œdémateux qui prédomine,

Quels sont donc ces symptômes?

L’inspection du thorax ne donne, en général, pas de signe bien net.

À la percussion, on trouve le plus souvent une submalité à limites vagues, se confondant insensiblement avec la sonorité avoisinante.

L'auscultation nous révèle d’abord une diminution très sensible, et même la disparition complète de la respiration, puis des râles humides sous-crépilants, remarquables par leur fixité, qui vont décroissant à mesure qu'on s'éloigne du foyer de congestion. Dans le reste du poumon, la respiration est sèche, surtout à l'inspiration ; l'expiration est normale, contrairement à ce qui se passe chez les emphysémateux. Dans certaines parties où la sclérose domine, on peut trouver un souffle se rapprochant beaucoup du souffle pneumonique, quoique d'une intensité moindre; il est très mobiie, se déplace et disparaît quelquefois pour reparaître.

On peut observer aussi parfois des râles humides à bulles plus ou moins volumineuses.Ces râles aussi bien que les râles sous-crépitants, sont plus facilement perceptibles à la fin des grandes inspirations ou après la toux.

Enfin, si l’on fait tousser et compter le malade, on constate un retentissement notable de la toux et de la VOIX.

La toux est sèche et légèrement suffocante ; l'expectoration peut manquer. En général, elle est peu abondante, les crachats sont spumeux, aérés, muqueux ou muco-purulents ; ils peuvent contenir des filets de

sang, être rosés et même franchement hémoptoïques.

La dyspnée est assez marquée, soit diurne à l’occasion du moindre effort, soit paroxystique et nocturne comme chez les aortiques.

Si nous recherchons maintenant les localisations de ces œdèmes congeslifs, nous voyons que les anciens auteurs ne leur ont pas, en général, assigné de place bien spéciale, et qu’elles ont passé pour eux complètement inaperçues.

Cependant, Gendrin, dans son livre sur les maladies du cœur, avait déjà remarqué que l'œdème pouvait être localisé : « Dans les dernières périodes des maladies du cœur, dit-il, l’œdème se circonscrit dans une position limitée du poumon... Cet œdème a alors une forme particulière qui nous a induit en erreur dans plusieurs Cas, avant que nous ayons pu vérifier par l’ouverture des cadavres la nature de la lésion morbide. Cet œdème local, que personne n’a décrit jusqu'ici, occupe le sommet, la racine ou la partie moyenne d’un poumon, ou quelquefois des deux poumons; il est circonserit et détermine une matité prononcée de la poitrine. »

Telle est l'opinion de Gendrin, qui a constaté le fait de localisation, mais sans en donner d'explication.

Tout récemment, en 1897, J. Goalard, dans sa thèse, se basant sur le relevé d’un assez grand nombre d’observalions, à appelé l'attention sur la localisation initale et parfois exclusive ou prédominante de la stase et de l'æœdème d’origine cardiaque dans le lobe inférieur du poumon gauche.

Son opinion semble partagée par la plupart des auteurs contemporains.

Quoi qu'il en soit, en dehors des faits remarqués précédemment, nos observations qui suivent affirment l'existence, au cours des maladies du cœur, d’autres localisations pulmonaires non moins fréquentes, dont nous espérons pouvoir fournir l’explication patho-

génique.

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