CONCLUSIONS
I — De tous les traitements médicamenteux ou chirurgicaux employés jusqu’à ce jour pour lutter contre l'infection chancrelleuse, aucun ne peut être considéré comme pleinement satisfaisant.
II. — Il faut, en effet, avoir recours aux méthodes biologiques qui font disparaître très rapidement la douleur, diminuent la longueur du traitement et ne laissent pas de cicatrices, tout en gardant un système lymphatique intact.
III. — Parmi ces méthodes, les unes bactériothérapiques spécifiques (vaccin de Nicolle et Durand) ou non spécifiques (vaccin T. A. B.), donnent des résultats favorables, parallèles, sensiblement identiques, particulièrement sur les bubons, le chancre étant peu influencé. Les autres, purement protéinothérapiques (lactothérapie, autohémothérapie, etc.), ont également une action favorable, mais nettement moins puissante ; l’autohémothérapie ayant l’avantage, avec environ trois cas heureux sur quatre, de ne déterminer, en général, aucune réaction fébrile ou pénible pour les malades.
NA
IV. — Les résultats avec le T. A. B. sont excellents sur les bubons (succès : 86,50 %), ainsi que sur les bubonules; sédation rapide de la suppuration, des phénomènes inflammatoires, de la douleur, avec restitutio ad integrum de la région inguinale.
V. — Quant au chancre, soit de contagion (succès : 35,75 %), soit d’autoinoculation, le traitement semble avoir moins d'action sur lui. On constate une amélioration réelle au début; la virulence paraît atténuée; mais bientôt le processus chancrelleux repart; il faut
avoir recours au traitement local.
VI. — Il y a peu d’inconvénients si on procède avec prudence en faisant une série d’injections lentement progressives: réaction générale à chaque piqûre comme dans tout traitement biologique, sauf l’autohémo-
thérapie.
VII. — A signaler dans les manifestations réactionnelles, l’herpès qui survient à la suite des injections surtout de T. A. B., mais également d’autres produits bactériens et qu’il faut considérer comme un phénomène ou de choc protéique ou d’origine pyrétogène.
VIII — On peut admettre que les deux sortes de vaccins agissent par le même processus (car il n’y a pas d’immunité, les résultats sont identiques, la réaction est la même): c’est-à-dire par un choc déclenché dans le milieu humoral auquel vient s'ajouter la
fièvre.
RU Le
IX. — Le traitement par le vaccin T. A. B. est sans intérêt pour la pratique journalière; mais il a permis de se rendre compte une fois de plus que « nombre de résultats obtenus par la vaccinothérapie dans maintes infections locales et attribués à l’action spé- - cifique du vaccin, ne relèvent, en réalité, que de la réaction banale de choc protéique que peut provoquer toute protéine microbienne » (Martinet) et à laquelle s’ajoute le facteur pyrétothérapie.
Vu: LE PRÉSIDENT DE LA THÈSE, LE Doyen, NICOLAS.
JEAN LEPINE.
Vu et permis d'imprimer :
Lyon, le 12 Novembre 1926.