DENT AN
avec exactitude ce que nous avons fait et comment nous avons fait : bien qu’elles ne semblent pas se prêter à la discussion ou à de longs commentaires, nous allons les examiner successivement et donner, s’il y a lieu, quelques éclaircissements. ;
ExPÉRIENCE 1. — Etant donné l’aspect noirâtre du bouillon, son odeur fécaloïde et, surtout, la réaction de l’indol, nettement positive, nous étions en droit d’être surpris de ne pas trouver de bacille coli après ensemencements sur nos différents milieux de culture. Sans doute, il n’y a pas que le bacille coli qui donne la réaction de l’indol : Gauthier a même pu dresser un tableau des microbes, pathogènes et non pathogènes, donnant cette réaction. Mais, puisque nos recherches portent sur la matière fécale, il est naturel et logique de penser que la réaction de l’indol provient ici du bacille coli. |
Cependant, notre attention était attirée sur un fait : tandis que la réaction avec nitrite de soude + CIH donnait une réaction positive, le réactif d'Ehrlich donnait une réaction négative. Or, il n’est pas douteux que le réactif d'Ehrlich (paradiméthylamidobenzaldéhyde) est plus sensible que le réactif précédent. D'autre part, nous savons que le réactif d’Ehrlich, qui peut déceler une teneur infinitésimale d’indol dans une culture, ne donne aucune coloration avec les compo: sés voisins, C’est ainsi que, dans le cas de différentes espèces bactériennes donnant une réaction légère avec la réaction au nitrite de soude, et ne donnant rien avec le réactif d'Ehrlich, la distillation a montré qu'il s'agissait de scatol.
Ne serait-ce pas le cas ici ?
Il est facile de s’en assurer. La culture traitée par le nitrite de soude et l'acide chlorhydrique, qui nous ont ainsi donné une coloration rose, est additionnée de 1 cc. de chloroforme. Nous agitons : la culture reste rose, et le chloroforme incolore. Nous décantons; après quoi, nous ajoutons à la culture 1 cc. d'alcool amylique. Nous agitons à nouveau. Nôus constatons alors que la culture, de rose qu’elle était, se décolore complè-
RC Re
tement, et l'alcool amylique se charge de toute la matière colorante.
Ainsi, il n’y avait pas formation d’indol, mais bien de scatol, dans notre première expérience, Cela nous rassure pleinement quant à sa valeur.
ExPérIENcE 2 — Elle ne nous paraît pas appeler de commentaires.
ExPÉRIENCES 3 ET 4. — Notons tout d'abord que l'aspect trouble des milieux provient de la fiente qui s'y trouve diluée. ;
Ces expériences n’ont rien donné : cela ne saurait nous étonner outre mesure. Nous avons ailleurs nettement mis en évidence, dans des milieux de culture constitués par des décoctions de poissons dans l’eau de mer, peptonés ou non, le pouvoir inhibiteur de l’acide phénique, déjà dénoncé par MM. Dienert et Etrillart. Dans ces milieux spéciaux — dont nous avons emprunté la formule à J.-H. Guillemin : Essais sur la bactériologie de l’eau de mer — nous avons montré que l'acide phénique, ajouté simplement à la dose de À p. 1.000, empêchait toute culture.
À ce sujet, remarquons que notre eau rer phéniquée contenait 1 g. 20 d'acide phénique par litre, puisque résultant du dédoublement, avec de l’eau distillée stérile, de l’eau peptonée phéniquée concentrée, dont la formule suit :
Peptone Chapoteaut -....1......... L'AnteRe 60 g.
Sel iTarin Eee. seen etes etes e A g.
Eau S0Ldinaineer ME RER AA 1.000 ce
Solution d'acide phénique à 6 p. 100 ........ 40 ce. EXPÉRIENCES 5 ET 6. —— Ces recherches sur notre milieu
solide, confirmant celles qui ont été faites par la méthode de Vincent, prouvent qu'il n’y a pas de bacille coli dans la fiente que nous avons ensemencée.
Ajoutons que nous avons ensemencé sur notre aie solide, pour être plus sûr encore, la culture des expériences 1 et 2. Nous avons obtenu sensiblement les mêmes résultats que par ensemencement direct.
Avec les milieux des expériences 3 et 4, ensemencés sur notre milieu solide, nous n'avons pas obtenu, comme il fallait s’y attendre, une seule colonie.
CONCLUSION
Alors qu'il est fondamental de considérer le bacille coli comme le saprophyte constant de l'intestin des mammifères, nous avons montré, le premier à notre connaissance, qu’au moins chez l’un d’entre eux il existe un côlon sans bacille coli.