LATTES
Comment opérions-nous pour rechercher le bacille coli dans le contenu intestinal ?
a) Tecanique. — Les prélèvements étaient faits comme suit: Le poisson, couché sur l’arête dorsale, était fixé sur une plaque de liège par de fortes épingles fichées dans chacune des branchies écartées et dans la région caudale. Les nageoires ventrales étaient coupées. Nous passions quelquefois sur la face ventrale soit une lame de fer portée au rouge, soit un tampon imbibé d’alcool-éther ou d'alcool iodé, puis le ventre était ouvert aseptiquement un peu plus haut que l’anus, de façon à ne pas toucher l'intestin. Les parois de l’abdomen étaient maintenues écartées. L’intestin était isolé des autres viscères, sans le déchirer, au moyen de la sonde cannelée. A l’endroit le plus favorable, son contenu étant le plus souvent vu par transparence, nous appliquions, juste le temps d’y toucher, la lance rougie de l'aiguille lancéolée. Avec une aiguille pointue stérile nous percions un trou dans cette petite surface du tube intestinal stérilisé par le fer rouge et, immédiatement après, nous enfoncions dans ce trou une pipette Pasteur stérile. Par aspiration, nous vidions le contenu intestinal, qui était aussitôt ensemencé.
b) Cuzrures. — Pour les cultures, nous nous sommes servi concurremment et continuellement de deux milieux :
u. Le milieu de Vincent. — Nous ensemençions à la fois sur eau peptonée à 3 p. 100 et sur eau peptonée phéniquée (1 g. 20 d'acide phénique par litre).
Nous cherchions à faire ensuite l’identification par les procédés classiques : examen microscopique, Gram, réaction de l’indol, repiquages sur gélose lactosée tournesolée, bouillon glucosé, lait tournesolé.
B. Notre milieu solide. — Nous ensemencions en stries sur notre milieu solide en boîte de Pétri.
y. Autres milieux. — Pour échapper à cette objection possible que le milieu de Vincent ou notre milieu solide peu-
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vent ne pas convenir exactement à nos recherches, étant donné que le bacille coli présente des variétés adaptatives extraordinaires et que, dans un intestin de poisson marin, il peut être autre que dans un intestin humain, nous avons réalisé des milieux spéciaux.
C’est ainsi que nous avons préparé un décocté de chair de poisson dans l’eau de mer, peptoné, pour le rendre plus nutritif, avec de la peptone de poisson à 10 %o, neutralisé, filtré, et réparti dans des tubes qui furent ensuite stérilisés à l’autoclave. |
Nous avons préparé ce même milieu, phéniqué à 4 %o.
L'étude expérimentale des milieux précédents comme de tous ceux de même nature dont nous nous sommes servi nous a démontré :
1° Qu'ils ne conviennent pas du tout à la culture du bacille coli;
2° Que l’acidé phénique a un pouvoir inhibiteur certain à 1 %o, puisqu'à cette dose il suffit à empêcher toute culture dans ces milieux;
3° Qu'il ne saurait y avoir, comme nous avions tout lieu de le penser, des milieux de culture spéciaux et spécialement adaptés au bacille coli marin, pour cette raison première qu'il n'y à pas de bacille coli marin : le bacille coli qne l’on trouve dans l’eau de mer, près des côtes habitées, n’est qu’un transplanté dans un milieu qui n’est pas fait pour lui et qui le détruira rapidement, ainsi que nous l’avons établi précédemment.
Nous en sommes donc resté, pour nos cultures, aux deux milieux différents cités plus haut, qui nous ont toujours donné des résultats identiques quant à la recherche du bacille coli dans le contenu intestinal des poissons marins.
Résultats.
Il serait fastidieux de décrire par le menu les recherches que nous avons faites sur tous les poissons marins que nous
avons pu examiner. Tantôt nous trouvions des intestins pres-
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que vides, tantôt bourrés de fiente verte ou noirâtre, tantôt contenant, comme certains intestins distendus de loches, des têtes ou des fragments de corps de crevettes.
Disons tout de suite que, de toute facon, chez aucun poisson nous n'avons trouvé un contenu intestinal présentant du bacille coli.
Néanmoins, il y a lieu d'apporter quelques détails sur notre travail.
1° PolssONS NE VIVANT QU'EN HAUTE MER.
Beaucoup de ces poissons, capturés en toute saison, pour la plupart par 100 mètres de fond dans le golfe de Gascogne, nous ont été apportés, vivants, dans des bassines remplies d’eau de mer prélevée sur le lieu de la pêche. D’autres nous ont été apportés morts, sans précaution spéciale. Il nous est arrivé pariois de trouver l'intestin rompu dans la cavité générale, vraisemblablement par décompression, vu la profondeur d’où le poisson a été brusquement tiré.
Rares sont les ensemencements sur eau peptonée ou sur notre milieu solide qui ne donnent aucune culture. Presque toujours, le contenu intestinal de nos poissons présente des germes divers, mais pas de bacille coli.
.22 PoiIssONS NE VIVANT GUÈRE QUE DANS LE BASSIN D ARCACHON.
Ayant la facilité de nous occuper de la pêche, nous avons pu prendre des poissons dans des conditions variées :
a) Poissons apportés vivants au laboratoire dans une bassine remplie d’eau de mer prélevée sur le lieu de la pêche et recouverte d’une plaque de verre, la bassine ayant été préalablement flambée;
b) Poissons apportés vivants au laboratoire sans précaution;
c) Poissons apportés morts, depuis 2 ou 3 heures, sans
précaution;
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