EN
Ni rs {
LRO ES 1° Insectes à l’état adulte.
Dans la presque totalité des cas, les résultats ont été positifs.
Nous avons notamment examiné le contenu intestinal de 8 hannetons.
Un seul nous a donné un résultat négatif quant à la présence du bacille coli dans son intestin. Les contenus intestinaux des 7 autres ont donné des résultats positifs.
Par ailleurs, nous avons enfermé 30 hannetons dans autant de boîtes de Pétri stériles,
Après un séjour de 48 heures, on constate les nombreuses « crottes » expulsées par les hannetons.
Assurément, nous ne sommes pas dans des conditions rigoureuses d’asepsie, étant donné que le corps et les pattes des hannetons peuvent être souillés et porteurs de bacille coli. |
Mais, malgré ces imperfections, difficiles à éviter pour recueillir la matière fécale, nos recherches, portant sur 30 individus, ne nous semblent pas complètement sans va: leur, vu les résultats strictement identiques.
Toutes les crottes, prélevées une à une avec une pince flam. bée et introduites chacune dans un ballon contenant de l’eau peptonée à 3 p. 100, donnent de fortes cultures de bacille coli après un séjour à l’étuve de moins de 20 heures. Tous les bouillons sont nettement troubles. Ils donnent tous une réaction de l’indol fortement positive. Les examens microscopiques montrent tous des bacilles très mobiles, ne prenant pas le Gram. |
2° Insectes à l’état larvaire.
Nous avons examiné 10 larves de hannetons (la plupart de belle grosseur) au point de vue de la présence du bacille coli dans le tube digestif.
PRÉLÈVEMENTS. — Chaque larve a été épinglée sur une plaque de liège préalablement stérilisée à l’éther.
La face ventrale étant tournée vers le haut, avec une petite spatule métallique portée au rouge, nous stérilisons les téguments en appliquant très légèrement la spatule métallique sur l'endroit où nous ferons la ponction. Avec une aiguille flambée, cet endroit est ensuite percé, et, par ce trou, une pipette Pasteur effilée, stérile, est aussitôt enfoncée dans l’intestin, Nous recueillons par aspiration un peu de matière brunâtre, qui est immédiatement ensemencée dans un ballon d’eau peptonée à 3 p. 100.
Currures. — Les 10 ensemencements sont portés à l’étuve. RÉsuLTATSs. — Au bout de 24 heures, les 10 ballons pré-
sentent un bouillon trouble.
Les examens microscopiques des cultures à l’état frais, entre lame et lamelle, montrent tous des bacilles nombreux, dont quelques-uns longs, droits, filamenteux, et d’autres très mobiles.
Les examens microscopiques, après coloration au Gram, montrent que tous les bacilles prennent fortement le Gram.
D'autre part, aucun des bouillons ne donne la réaction de l'indol. part
Après 48 heures de séjour à l’étuve, les bouillons examinés donnent les mêmes résultats, résultats négatifs quant au bacille coli, confirmés par les cultures sur notre milieu solide. |
CONCLUSION
Les larves des hannetons que nous avons examinées ne présentent pas de bacille coli dans leur intestin. EXAMENS MICROSCOPIQUES DIRÉCT$ DE LA MATIÈRE FÉCALE RETIRÉE DES LARVES.
Une goutte de matière retirée de l'intestin de la larve est examinée à l’état frais entre lame et lamelle. Cet examen montre une grande quantité de micro-orga-
nismes : des bacilles très mobiles, longs; des coccobacilles présentant une spore terminale; quelques bacilles avec une spore (forme de clou); des cocci; de très abondants flagellés, ronds, extrêmement mobiles; des corpuscules ronds, de la grosseur d’un leucocyte, se déplaçant par rotation hélicoïdale, et simulant des amibes.
Après coloration au Gram, l'examen montre que la presque ‘totalité des micro-organismes prennent le Gram. A différentes reprises, nous avons cependant vu des bacilles courts (mais beaucoup plus larges que le bacille coli type), qui ne prennent pas le Gram.
Autres expériences.
Nous avons multiplié les recherches sur les larves d’insectes. Notamment, nous avons examiné de nombreuses larves de diptères. Nous n’avons trouvé le bacille coli que sur { individu par 12 à 15 examinés.
À ce sujet, notons que Montin, étudiant l'influence des appâts sur la présence possible du bacille coli chez les poissons d’eau douce, signale qu'ayant obtenu de 20 pêcheurs autant d'échantillons d’asticots, il a sectionné et écrasé ces larves avec des instruments stériles et les a ensemencés dans l’eau peptonée : sur les 20 bouillons, un seul renfermait du bacille coli.
Il semble donc que certains insectes à l’état larvaire — alors même que les larves, comme celles du hanneton, vivent dans la terre — ne contiennent pas de bacille coli.
CONCLUSION
Hors certains insectes à l’état larvaire, dont le tube digestif ne contenait pas de bacille coli, l'intestin de tous les animaux terrestres que nous avons examinés renfermait du bacille coli.
ANIMAUX AERIENS
Recherche du bacille coli dans l'intestin des animaux aériens.
Disons tout de suite que tous les oiseaux, sans exception, que nous avons examinés ont donné des résultats positifs quant à la présence du bacille coli dans leur intestin. Nous avons fait 45 examens, concernant des oiseaux appartenant aux ordres principaux — sauf les rapaces — du groupe des carinates : passereaux (moineau, passer; geai, garrulus; serin, serinus); grimpeurs (pics, picus); perroquets (perruches, conu-. rus); colombins (pigeons, columba; tourterelle, turtur); gallinacés (poules, gallus; cailles, coturnix); échassiers (bécasses, scolopax; héron, ardea); palmipèdes (canard, anas, fulix; oies, anser), et les oiseaux océaniques, dont nous parlons plus loin.
Prélevés suivant notre technique habituelle et ensemencés sur eau peptonée, sur eau peptonée phéniquée et sur notre milieu solide, les contenus intestinaux de ces différents oiseaux nous ont rapidement donné des cultures abondantes où foisonnait le bacille coli.
Oiseaux océaniques.
Etant données nos recherches du bacille coli dans l'intestin des animaux marins constamment négatives, nous avons pensé qu'il n’était pas sans intérêt de contrôler la présence du bacille coli dans l'intestin des oiseaux océaniques.
Ces oiseaux, en effet, se nourrissent presque exclusive-
DA ce DIR
ment d'animaux marins. Comme les poissons, crustacés, etc., ils déglutissent en même temps une certaine quantité d’eau de mer. De plus, comme tous les palmipèdes, ce sont des oiseaux nageurs, mais dont les ailes et la queue, très longues, si elles leur permettent un vol extrêmement puissant, contribuent à leur rendre difficile la marche sur le sol. Certains même, comme les pétrels (procellaria) et les guillemots (uria), que nous avons examinés, ne sont pas du tout adaptés à la locomotion terrestre : ce n’est qu'exceptionnellement qu'ils se posent sur les rochers des côtes.
Nos recherches portent sur 4 grands goélands (larus), 2 pétrels (procellaria) et 2 guillemots (uria). Nous avons choisi ces sujets, entre autres, parce que le plomb les avait atteints soit à la tête, soit au cou, soit aux ailes. Il importe, en effet, de trouver à l’autopsie un corps dont les viscères, et notamment l’appareil digestif, soient absolument indemnes.
Nos prélèvements ont été opérés dans l'intestin, d’une façon rigoureusement aseptique et suivant notre procédé habituel. À noter qu'aucun des 8 sujets n’a été examiné plus de 3 heures après avoir été abattu. |
La recherche et l'identification du bacille coli ont été faites par les méthodes classiques et aussi au moyen de notre milieu solide.
Nous avons trouvé le bacille coli dans l'intestin des 8 oiseaux examinés.
Résultats toujours très nets, positifs sur tous les milieux à réactions biochimiques, et l’examen microscopique des cultures en eau peptonée simple a constamment montré que, s'il se trouve dans le contenu intestinal des bacilles variés, c'est le bacille coli qui domine, et de beaucoup, par ie nombre.
CONCLUSION
Alors que chez les animaux marins que nous avons déjà
examinés, mammifères, poissons, céphalopodes, lamelli-
ST
; branches, crustacés, vers, nous n’avons jamais trouvé de bacille coli dans le contenu intestinal, chez les oiseaux océaniques, au contraire, le bacille coli est bien, comme chez les autres oiseaux, l'hôte normal de l'intestin.