INFLUENCE DE LA TEMPERATURE
L'influence de la température se laisse décomposer en deux résultantes ayant effet, d’une part sur la vitesse d’hydrogénation et, d’autre part surle processus del’hydrogénation destructive. Si l’on mesure la vitesse d’hydrogénation par l'absorption d'hydrogène ou simplement par la diminution de la pression au manomètre, on peut dire que la réaction d’hydrogénation destructive a un coefficient de température qui est très faible; il faut, à 250°, huit heures pour obtenir la même diminution de la pression lue au manomètre, qu’à 350° en quatre heures. En élevant la température jusqu’à 400° on ne constatera pas une amélioration sensible de la vitesse, Cette observation se laisse bien mettre en parallèle avec la même faite pendant l’hydrogénation de la naphtaline en présence d’hydrure de sodium. Comme nous avons ici une réaction d’hydrogénation catalytique ceci n’est pas autrement étonnnant parce qu’il semble bien que c’est la vitesse de diffusion de l’hydrogène à la surface du catalyseur qui conditionne la vitesse de réaction observable; et l’on sait que les vitesses de diffusion n’augmentent que peu avec la température, comparées avec l’augmentation de la vitesse des réactions chimiques pures. Il faut en conclure que c’est l’agitation, le renouvellement de l’hydrogène à la surface du catalyseur qui est beaucoup plus important dans la détermination de la vitesse d’hydrogénation que la température. L'importance de l'agitation est illustrée d’ailleurs par la production de coke pendant les arrêts de l’agitateur.
La température a alors une bien plus grande influence sur la marche du processus chimique. La meilleure température de réaction est fixée, d’une part par la nature du catalyseur et, d'autre part par celle de la matière à traiter. Les études antérieurement publiées 7) montrent que la meilleure
17) Par exemple Hugel et Friess, Contribution à la catalyse hydrogénante avec l’hydrure de sodium comme catalyseur, Bull. Soc, Chim. France. Juillet 1931.
température pour l’hydrure de sodium est aux environs de 300 à 320°. C’est aux environs de cette même température qu’on pourra espérer obtenir les résultats les plus favorables dans l’hydrogénation du brai.
Toute matière à hydrogéner a cependant sa meilleure température propre. Mais on peut dire en général que toutes ces températures pour les brais de provenances les plus diverses, sont comprises entre 300 et 400°. Si l’on travaille à des températures notablement inférieures, par exemple à 250°, on observe quand même une absorption d’hydrogène, très lente il est vrai, mais il n’y a pas formation de produits huileux, il semble qu’il ait une polymérisation du brai parce que le brai résultant de cette opération se montre ensuite réfractaire à tout essai de craquage.
A la température d’hydrogénation la plus favorable, le catalyseur provoque donc un craquage et une hydrogénation avec formation de produits huileux. Si l’on augmente la température, le craquage devient de plus en plus important. On assiste à une dislocation de plus en plus avancée de la matière qui donne au delà de 350° déjà du méthane à côté de fractions légères, distillant sous pression ordinaire surtoul entre 190 et 300°. Au delà de 420°, la dislocation est encore plus importante et elle donne alors du benzène, toluène, éthylbenzène, xylène etc. Les produits lourds huileux ont presque entièrement disparu. Cette production d’aromatiques légers entraîne la formation de quantités très importantes de méthane, ce qui diminue d’autant le rendement en produits liquides.
Tableau montrant la relation entre la température et la vitesse de réaction dans les conditions les plus favorables. (300—-350°).
Panne aiores Litres d'hydrogène absorbé, calculés EUR par rapport à Le 1 gr. de brai réaction 1 gr. de brai “
et par minute
CHAPIFRE IV.