INTRODUCTION
Dès les temps les plus reculés, les dangers de certaines professions n’ont pas manqué d'attirer l’attention de nombreux auteurs.
Mais il faut arriver au xvn° siècle pour trouver en Bernardino Ramazzini le véritable précurseur de la médecine du travail. Son œuvre maîtresse « De morbis artificum diatriba » est la première étude assez complète ayant trait aux maladies professionnelles. À lui revient encore le mérite d’avoir pensé — idée tout à fait neuve à l’époque — que l’on pouvait et devait essayer de rendre le travail moins dangereux pour louvrier. Avant ouvert la voie à une nouvelle science « la médecine du travail », il fut souvent imité, voire même copié sans vergogne au cours du siècle suivant.
Jusqu'à l’époque contemporaine cette pathologie s’est enrichie progressivement au fur et à mesure de l’apport des chercheurs.
Bientôt le progrès engendrant de nouvelles méthodes de travail, l’artisanat fit place à l’industrie et l’artisan à l’ouvrier d’usine. Du même coup, les risques professionnels se modifièrent et se multiplièrent, et bientôt s’imposa la nécessité de nouvelles lois sociales, ayant pour but de compenser l’augmentation des accidents survenant « par le fait du travail ou à l’occasion du travail ».
En notre temps où les sciences médicales sont devenues si vastes et si complexes, où la spécialisation sévit à outrance il était normal et souhaitable que s’ouvrisse pour les praticiens un horizon nouveau dont les limites dépassent le cadre habituel de la spécialité : La Médecine Industrielle. Des pionniers particulièrement brillants donnèrent vite l'exemple et nous ne pouvons commencer ce modeste travail sans rendre hommage à deux des plus brillants d’entre eux :
RTE
M. le D' Feil, qui, après s'être entièrement consacré à la médecin industrielle, a entrepris la tâche de la diffuser en fondant son excellente revue si documentée : «Le Médecin d’usine », à la rédaction de laquelle collaborent les plus grands noms de la médecine;
M. le D’ René Barthe qui, la pratiquant depuis bientôt vingt ans, a contribué si puissamment à l’avancement de cette nouvelle science.
Dans les chapitres qui vont suivre, nous nous efforcerons de faire voir ce qu'est, ou en tous les cas ce que devrait être :