‹ Contribution à la myologie des rongeursChapitre 10 sur 96 · Platysma myoides. — Peaucier de la nuque · texte numérisé non relu

Platysma myoides. — Peaucier de la nuque

La description de ces deux muscles doit être rapprochée à cause de leurs étroites relations. Ce sont deux parties d’un même muscle, qui est indivis chez plusieurs animaux, plutôt que deux muscles distincts.

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Cavia cobaya. — Le peaucier de la nuque (suscervico-cutané ) (/{g. 1, 1) s’insère sur le ligament cervical depuis l’inion jusqu’à la ligne biscapulaire. Les fibres sont transversales et recouvertes en avant par le muscle rétracteur du pavillon de l'oreille (/{g. Z, 2), en arrière par le coussinet graisseux cervico-dorsal (/g. Z, 4), qui, sousjacent au pannicule charnu, est appliqué sur le peaucier de la nuque. Cette différence de rapports rend très nette chez le Cobaye la séparation des deux plans musculaires,

De leur insertion cervicale, les fibres se portent sur les parties latérales du cou et s’entrecroisent avec celles du

Fig. VII. — Face latérale de la tête du Cobaye ; couche superficielle. Réduction de moitié. 1, Releveur superficiel de la lèvre supérieure et de lailes du nez ; ?, Orbiculaire des paupières; 3, 4, Muscle myrtiforme ; 5, Orbiculaire des lèvres ; 6, Grand zygomatique; 7, Abaisseur de la lèvre inférieure ; 8, Peaucier de la nuque ; 9, Ses fibres antérieures faciales ; 10, Muscle antérieur du pavillon de l'oreille ; 11, Couche superficielle du platysma myoides ; 12, Couche profonde avec son faisceau auriculaire, 13.

platysma pour se fixer en majeure partie à la peau (fig. VIT, 8). Il faut en excepter les fibres postérieures, qui continuent leur trajet jusqu'à la peau du moignon de l'épaule, et les antérieures, qui se divisent en deux portions. Les fibres voisines de l’inion se fixent sur le pavillon de l'oreille et forment le muscle rétracteur transverse du pavillon (/#g. I, 1’). Les fibres suivantes contournent le bord inférieur du conduit auditif externe, s'étalent sur la parotide et le masséter et se terminent au-dessus de l’arcade zÿgomatique sur l’aponévrose temporale (#g. VII, 9). L’extrémité

antérieure de ce long faisceau charnu s'applique sur le

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buccinateur, croise de bas en haut le milieu de sa face externe et se perd sous le muscle zÿgomatique dans la lèvre inférieure,

Le platysma myoides comprend deux couches. La couche superficielle, qui est étendue de la partie antérieure du thorax au maxillaire inférieur, est formée de fibres obliques en avanteten dedans qui deviennent d'autant plus transversales qu’elles sont plus antérieures. Ces fibres prennent naissance sur la peau du thorax, du moignon de l'épaule et des régions cervico-latérales et sous-maxillaires.

Le faisceau thoracique naît au niveau de la 9° côte, audevant du pectoral : ilse condense à la base du cou en une lamelle large de quelques millimètres qui s’entrecroise avec celle du côté opposé, la gauche passant sous la droite.

Le faisceau qui naît sous le moignon de lépaule est aplati et renforcé par quelques fibres émanées de l’aponévrose brachiale. Il se place en dehors et au devant du précédent, dirigé comme lui en avant eten dedans et se divise près de la ligne médiane en trois ou quatre chefs qui s’entrecroisent avec leurs homologues, les gauches également recouverts par les droits. Chez les Rongeurs la décussation du platysma est ordinairement plus ou moins éparpillée (Parsons) au lieu d’être ainsi nattée.

Ces deux faisceaux deviennent en majeure partie profonds et poursuivent leur trajet vers la région maxillaire sous les fibres cervicales et sous-maxillaires du plan superficiel. ;elles-ci prennent naissance sur Ja peau des parties latérales du cou et le long des branches de la mandibule en s’entremêlant aux fibres du peaucier de la nuque (fig. VII, 11). Elles prolongent le platysma jusqu'au niveau de la symphyse mentonnière. Comme les précédentes, elles s’entrecroisent sur la ligne médiane, mais leur disposition est moins nettement fasciculée, leur direction plus transversale, leur épaisseur moindre et leur indépendance de la peau complète. Aussi peut-on faire au-devant du cou une incision cutanée, sans risque d'intéresser le platysma, sion prend la simple précaution de plisser la peau et de la sectionner longitudinalement.

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La couche profonde du platysma, le sterno-facialis des auteurs, est oblique en avant et en dehors; elle croise Îa couche superficielle dont la direction lui devient presque perpendiculaire dans la région sus-hyoïdienne. Elle est formée en allant de la mandibule vers le thorax : 1° par les fibres à insertion cutanée qui lui viennent, après entrecroisement sur la ligne médiane, du plan superficiel : 2° par deux faisceaux à insertion sternale.

Le premier, épisterno-:ygomatique, naît de la base de l’épisternum : il suit la partie latérale du cou en dehors de la Veine jugulaire et s'étale sur le masséter.

Le second, sterno-zygomatique, aplati, plus large, prend naissance sur la face antérieure du sternum, depuis la base de l’épisternum jusqu'au 2° cartilage costal. Il croise obliquement le pectoral et se divise en deux portions : l'interne se porte sur la région parotidienne, l’externe s’infléchit sous le peaucier de la nuque et s’insère à la partie postérieure du ligament cervical, formant comme une bretelle jetée sur le moignon de l’épaule.

Le plan profond du platysma, constitué par la réunion sur la face externe du masséter et de la parotide de ces faisceaux antéro-postérieurs (/g. VII, 12) que croisent les fibres dorso-ventrales du peaucier de la nuque, se termine en s’insérant à toute la longueur de larcade zyg0matique. Pour atteindre son extrémité antérieure, les fibres passent sous le muscle zygomatique. Il donne de plus deux faisceaux auriculaires qui constituent le muscle inférieur de l'oreille ; l’antérieur, plus grêle (4g. VII, 13), se fixe au-devant du tragus, le postérieur, plus large, se fixe audessous et en arrière de la conque.

Mus decumanus.— Le peaucier de la nuque est formé de deux couches. La couche superficielle naît du ligament cervical et se termine sur la peau des parties latérales du cou depuis le pavillon de l'oreille jusqu’au sternum, sur l’arcade zygomatique, dans la lèvre inférieure et dans la commissure labiale. Son bord postérieur est séparé du pannicule charnu par un bourrelet graisseux cervico-dorsal

rudimentaire. Le plan profond nait des deux quarts moyens du ligament cervical; il est séparé du plan superficiel par les muscles de l'oreille, en dehors desquels il se termine dans la peau des parties latérales du cou avec les fibres superficielles.

Le platysma comprend deux faisceaux qui naissent derrière la seconde côte, le superficiel de la peau, le profond du sternum. Les fibres cutanées, obliques en avant et en dedans, couvrent après entrecroisement fibrillaire sur la ligne médiane les régions sous-maxillaire et soushyoïdienne. À

Les fibres sternales se divisent en deux portions: linterne, qui est la plus importante, reçoit des fibres venant du condyle interne de l’humérus (épitrochléo-facial) et se fixe soit à la partie inférieure de la conque de l'oreille, soit sur l’aponévrose temporale et la commissure labiale. La portion externe gagne, comme chez Cavia, le ligament cervical en s’enfonçant sous le peaucier de la nuque. Je n’ai trouvé que dans les deux types précédents cette bandelette jetée en forme de sangle sur le moignon de lépaule: elle n’est pas signalée dans les mémoires de Parsons.

Sciurus vulgaris. — Platysma et peaucier de la nuque sont confondus en une seule couche mince qui couvre la nuque et le cou et résulte de l’intrication de fibres transversales et de fibres antéro-postérieures. Les premières qui naissent de la peau de la nuque, de la ligne bispinale jusqu’au voisinage de loccipital, sont plus épaisses en ayant. Elles couvrent les joues et se fixent à l’arcade zygomatique : un faisceau se perd dans la lèvre inférieure, un autre dans la commissure labiale. Les secondes sont également privées de connexion avec le squelette. Elles naissent de la peau de la région antérieure du thorax et du moignon de l’épaule ; quelques-unes viennent de l’aponévrose brachiale au-dessous de la pointe du deltoïde. Obliques en avant et en dehors, comme le sterno-facial, elles se terminent dans la peau des parties latérales et inférieures du cou et donnent un large faisceau à la partie inférieure du

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pavilllon de l’areille. Le bourrelet graisseux cervico- dorsal est étroit; il s'étend de l’inion à l'extrémité postérieure du trapèze, sous-jacent au pannicule charnu aussi bien qu’au peaucier de la nuque.

Dipus œgyptius. — Le peaucier de la nuque, très peu développé, forme une couche de fibres transversales qui se continue avec le pannicule charnu.

Les deux plans du platysma, quoique difficiles à séparer, se reconnaissent à leur direction. Le plan superficiel, né de la peau qui couvre le pectoral et le moignon de l'épaule, est oblique en avant et en dedans. Après entrecroisement sur la ligne médiane, il couvre la région génienne et se fixe au maxillaire au-devant de l'orbite. Sa face superficielle est assez adhérente à la peau. Un faisceau de fibres qui naît sur le moignon de lépaule et que renforcent des fibres venant de la partie moyenne de la face externe de l’avant-bras, longe la région latérale du cou et se fixe à la partie postérieure de la conque (muscle rétracteur de l'oreille), D’autres faisceaux auriculaires, en rapport avec le volume relativement grand du pavillon de l'oreille, vont de la conque à la lèvre inférieure en suivant, sous le platysma, le bord du maxillaire inférieur.

Le sterno-facial est grêle. Né de la partie inférieure du manubrium, il croise le pectoral en se portant en avant et en dehors, le long du bord interne de la jugulaire et se perd sur le fascia massétérin.

Lepus cuniculus. — Le peaucier de la nuque est formé de deux plans très inégaux. Le plan superficiel est mince et indépendant du ligament cervical. Il naît de la peau depuis le voisinage de l’inion jusqu’au pannicule charnu au-dessus duquel il se prolonge en pointe. Le coussinet graisseux qui l'en sépare chez Cavia, Mus, fait défaut. Les fibres postérieures se perdent dans la peau du moignon de l'épaule : les fibres moyennes vont transversalement à la région latérale du cou, les fibres antérieures se prolongent sur le masséter près du bord inférieur du maxillaire.

Le plan profond s'insère sur la moitié antérieure seulement du ligament cervical : il est séparé du plan superficiel par le muscle rétracteur du pavillon de l'oreille. Il se condense en une lamelle qui passe sous le pavillon de l'oreille, puis s'étale jusqu’à la commissure labiale sur la face externe de la parotide et du masséter en croisant les fibres antéro-postérieures du platysma.

Le platysma comprend deux couches. La couche superficielle présente des fibres thoraciques, d’origine cutanée, qui couvrent toute la région jusqu’à l’appendice xiphoïde. Elles se perdent dans la peau du moignon de l'épaule et du bord antérieur du bras en s'entremêlant avec les fibres du peaucier de la nuque. Elles forment un plan charnu épais qui concourt à limiter l’abduction du membre thoracique. Les fibres cervicales et sous-maxillaires forment au contraire une couche mince sur les régions sus et sous-hvyoïdienne ; après l’entrecroisement sur la ligne médiane, elles se terminent sur les parties latérales du cou et sur la face externe des joues et de la mâchoire. Il faut ajouter que l’adhérence du platysma à la peau est beaucoup plus grande que chez le le Cobaye. On ne saurait, comme chez ce dernier, inciser la peau sur la ligne médio-cervicale sans intéresser le plan charnu sous-jacent.

Le sterno-facral, plan profond du platysma, est formé par un seul faisceau qui se fixe sur la face inférieure de l’épisternum près de sa base par quelques fibres tendineuses unies au sterno-mastoiïdien. La bandelette charnue oblique en avant et en dehors, s'étale sur le sterno-mastoïdien dont elle suit la direction et dont la sépare la veine faciale avant son abouchement dans la jugulaire externe. Près du maxillaire, le sterno-facial se divise en deux portions, la supérieure ou auriculaire passe sous le plan profond du peaucier de la nuque et se fixe à la partie inférieure du pavillon de l'oreille. La portion inférieure passe sur le bord inférieur du maxillaire, croisée par les fibres d'origine nuchale. Au niveau de larcade zygomatique elles s’insèrent vers le bord externe du muscle antérieur de l'oreille, soit au bord posté-

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rieur de l’orbite, soit à l’apophyse cartilagineuse antérieure de la conque.

Arctomys marmotta. — Le peaucier de la nuque, petit et mince, naît du milieu du iigament cervical etse porte transversalement sur le cou et sous loreille. Il s'étale sur la joue et donne plusieurs faisceaux auriculaires.

Le platysma (1) comprend deux plans distincts de direction différente. Le plan superficiel, qui est assez développé, se porte en avant et en dedans et résulte de l'union de plusieurs faisceaux.

Le premier naît de la peau qui couvrela face externe du scapulum et du bras Jusqu'au coude. Il couvre largement les parties latérales du cou et s'étale sur la joue depuis l'oreille jusqu’au milieu de la région génienne.

Le second faisceau, (/ig. XLIV, 6, p. 129), large et rouge comme le premier, nait sous lui de l’épine de lomoplate. Il ne tarde pas à se dégager sous son bord inférieur pour continuer le plan qui couvre la moitié inférieure de la joue. Il se termine sur laponévrose temporale et les deux lèvres.

Les derniers faisceaux ont une origine cutanée sur la partie antérieure du thorax. Ils sont obliques en avant et en dedans et forment le platysma cervical, puis après décussation fibrillaire, deviennent profonds. Cette disposition rappelle celle de Cavia et explique la faible adhérence du plan musculaire à la peau.

Le sterno-facial ne comprend qu'un long faisceau, oblique en avant et en dehors, qui naît de la ligne médiosternale depuis le bord postérieur de la deuxième côte jusqu’au bord postérieur de la quatrième. Après avoir cheminé sous le plan superficiel, il émet un petit faisceau auriculaire qui se fixe à la partie inférieure du pavillon, puis il se termine sur la joue en se mêlant aux fibres superficielles. Le plan profond est continué par les fibres superficielles qui sont devenues profondes après leur entrecroisement.

(1) Insertion : fig. XIV, À, 3, p. 52.

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Résumé. — La disposition du platysma et du peaucier de la nuque dans les espèces précédentes peut se résumer ainsi :

Cavia cobaya. — Peaucier de la nuque : un seul plan né sur le ligament cervical, se terminant par des fibres scapulaires, cervicales, faciales et auriculaires. Platysma : deux couches distinctes à direction croisée. La couche superficielle, d’origine cutanée, couvre le thorax, le moignon de l'épaule, le cou, devient en grande partie profonde après décussation nattée. La couche profonde, née du sternum et de l'épisternum, se porte en avant et en dehors sur le ligament cervical, le pavillon de l'oreille et l'arcade zygomatique.

Mus decumanus. — Peaucier de la nuque : deux couches séparées par les muscles de l'oreille, se terminant sur les côtés du cou, dans la lèvre inférieure, sur l’'arcade zygomatique. Platysma : deux couches croisées S’arrêtant à la deuxième côte. Couche superficielle ou cutanée, décussation fibrillaire. Couche profonde ou sternale, recoit des fibres brachiales et se termine sur le ligament cervical, sur la conque et l’aponévrose temporale.

Sciurus vulgaris. — Peaucier de la nuque et platysma formant un seul plan d'origine cutanée dont les fibres nuchales vont à la joue et à l’arcade zyg0omatique et les fibres thoraciques à la peau du cou et au pavillon de l'oreille. Quelques fibres viennent de l'aponévrose brachiale.

Dipus œgyptius. — Peaucier de la nuque très réduit confondu avec le pannicule charnu. Platysma : deux couches unies entre elles. La superficielle, née de la peau du thorax et de l’épaule, renforcée par des fibres antibrachiales, se rend, après entrecroisement, à l'oreille. La profonde, étroite, insérée sur le manubrium, se perd sur le fascia massétérin.

Lepus cuniculus. — Peaucier de la nuque : deux plans séparés par les muscles de l'oreille. L'un, d'origine cutanée, se perd sur l'épaule, le cou, le masséter ; l’autre, plus petit, né du ligament cervical, va à la commissure labiale. Platysma : la couche superficielle, mince et entrecroisée sur le cou, forme sur le thorax une bande transversale épaisse qui se perd sur la peau de l'épaule et du bras. La couche profonde va de l'épisternum au pavillon de l'oreille et au bord postérieur de l'orbite.

Arctomys marmotta. — Peaucier de la nuque : un plan mince, destiné à la joue et à l'oreille. Platysma : deux plans croisés. Le superficiel, épais et large, nait de la peau de l'épaule et de la partie antérieure du thorax et de l’épine de l’omoplate. Les faisceaux externes vont sans entrecroisement à l'oreille et à la face : les faisceaux internes deviennent profonds après décussation médiane. Le plan profond va du milieu du sternum à l'oreille et à la joue.

On peut donc retenir de la comparaison de ces types les faits suivants :

1° L'union du platysma avec le peaucier de la nuque a lieu chez Sciurus. Chez Dipus, le peaucier de la nuque se confond avec le pannicule charnu.

2 Le platysma et quelquefois le peaucier de la nuque ont des connexions avec l'oreille externe, d'autant plus développées que le pavillon de l'oreille est plus grand et plus mobile (Dipus, Arctomys).

3° Leurs rapports avec le membre thoracique sont moins intimes que ceux du pannicule charnu et semblent peu influencés par le genre de vie de l'animal. On constate cependant que la peau du moignon de l'épaule est le siège constant de l'insertion de fibres venant de la nuque ou de la région thoracique antérieure. Chez Dipus la couche superficielle du platysma, chez Mus sa couche profonde, reçoivent des fibres venant de la peau

du bras et de l’avant-bras. Chez Lepus cuniculus, les fibres thoraciques superficielles du platysma forment une bandelette épaisse et transversale qui se rend au bras et limite ses mouvernents d'abduction. Chez Cavia et Mus, ses fibres profondes unissent le sternum au ligament cervical en passant au-devant de l'épaule.

INNERVATION. — D’après Leche (1), l'innervation des muscles peauciers est peu connue : il admet, « autant que des recherches encore insuffisantes le permettent », que l’innervation du platysma est fournie par le facial, et, comme on l’a prouvé chez Galéopithèque, Pteromys, les Cheiroptères, par les nerfs cervicaux.

J'ai vérifié cette disposition chez Cavia cobaya et Lepus cuniculus. Le facial donne plusieurs filets qui se ramifient dans le peaucier sur la face externe de la joue, du conduit auditif externe à la bouche.

Chez Cavia, un gros nerf aplati (cervical transverse), résultant de la fusion de deux branches importantes de la troisième et de la quatrième paire cervicale, contourne le milieu du bord postérieur du sterno-mastoïdien et se porte en avant et en haut pour s’irradier dans le platysma. Au niveau de sa réflexion, il donne un filet postérieur qui va obliquement en arrière et en dehors vers l'épaule.

Chez Lepus cuniculus, les filets cervicaux comprennent : la branche cervicale transverse de la quatrième paire qui se porte en haut et en avant après avoir contourné le bord postérieur du sterno-mastoïdien ; deux filets, l’antérieur naissant de la quatrième paire, et le postérieur plus gros naissant de la cinquième paire, qui peuvent être suivis dans le peaucier jusqu’au moignon de l'épaule. Ils se portent vers le dos en passant entre le sterno-mastoïdien et le cléido-transversaire.

Le peaucier de la nuque (Cavia, Lepus) recoit des branches postérieures des paires cervicales des filets qui traversent avec régularité le trapèze.

(1) BRoNN’S Xlassen und Ordnungen, etc., liei, 30-31, p. 671.

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