Demi-membraneux
La description du demi-membraneux, telle que la donnent les auteurs, me paraît devoir être complétée. Ils décrivent surtout les rapports de ce muscle avec lischio-condylien et les adducteurs, mais ils passent sous silence des détails de structure dignes d'intérêt.
Cavia cobaya (1). — Le demi-membraneux du Cobaye, comme le montre la figure LXX XVII, 5, (p. 288), est formé de deux portions qui ne sont unies qu’à leur insertion fémorotibiale. L'une d'elles représente le demi-membraneux à proprement parler ; je désignerai la seconde, faute de terminologie meilleure, sous le nom d’ischio-tibial.
Le demi-membraneux ((/ig. LXXX VIT, 5) naît par implantation de ses fibres sur la face externe de la tubérosité de l’ischion ; il couvre une large surface qui répond en haut au tendon du biceps.et suit en arrière le bord de la branche descendante de l’ischion. Elle s’eflile en bas et présente une concavité tournée en avant qui embrasse linsertion de l'ischio-tibial. Le corps charnu, assez volumineux, aplati transversalement, est disposé sur son bord antérieur en souttière qui loge l'ischio-übial. Celui-ci naît de la face externe de la branche descendante de l'ischion, au devant de la partie inférieure du demi-membraneux. Il répond en haut et en arrière au demi-membraneux, en avant au grand adducteur. Son corps charnu (/9. LXXX VII, 6), transversalement aplati, se rétrécit graduellement et se termine sur un long tendon nacré, qui se dégage de la gouttière demi-membraneuse près du genou et chemine au-devant d'elle.
Au niveau de la face interne de l’articulation, Le tendon de l'ischio-tibial, dont la longueur mesure presque le tiers infé— rieur de la cuisse, s’insère solidement suivant une ligne ver-
(1) Insertion sup : LIII, 14, 15, p. 190 ; ini., LXVII, À, 2, p. 208.
ticale (/g. XCT, 2),à la face interne du plateau tibial, juste au-dessous de l’interligne articulaire, derrière le ligament latéral interne. Autour de ce long tendon et sur lui viennent se fixer les fibres du demi-membraneux. Les fibres postérieures forment une couche superficielle (/ig. XCZ, 1) qui passe sur le ligament latéral interne et se fixe à la lèvre interne de la crête tibiale. Le reste du muscle ne franchit pas ce ligament. Quelques fibres s’implantent en barbes de plume sur le bord postérieur du tendon de l’ischio-tibial (fig. XCI, 3). D'autres se terminent sur un petit tendon (fig. XCI, 10) qui s’insère au tibia derrière l’ischio-tibial. Les antérieures forment une lame (/g. XCJ, 4) qui s'étend jusqu’au condyle interne du fémur et s’insère sur sa face interne derrière l’ischio-condylien.
Fig. XCI.— Face interne du genou droit du Cobaye ; insertion du demimembraneux. 1, Lame superficielle du demi-membraneux se fixant en 9 à la crête du tibia ; 2, Tendon de l’ischio-tibial ; 3, Fibres de la lame profonde du demi-membraneux s'insérant sur son bord postérieur ; 4, Fibres de cette même lame se fixant au condyle interne, 5 ; 6, Ischio-condylien ; 7, Quadriceps fémoral ; 8,Ligament latéral interne du genou ; 9, Insertion du demi-membraneux à la crête du tibia ; 10, Faisceau postérieur du demi-membraneux ; 11, Jumeau interne.
Mus decumanus (1).— La constitution du demi-membraneux est plus simple. Une seule portion naît de la face externe de la tubérosité de l’ischion et du bord postérieur de sa branche descendante. Grosse lame charnue (/g.
(1) Insertions sup. : LIV, 11, p. 191; inf. : LX VIII, À, 11, p. 209.
LXXXII, 11, p. 265) rectangulaire à la coupe, elle aborde la face interne de la jambe au-dessous du tendon du droit interne et s’insère sur la tubérosité interne äu tibia, derrière le ligament latéral interne. Elle envoie, par dessus ce ligament, une expansion fibreuse au condyle interne du fémur et au bord interne de la rotule.
Sciurus vulgaris (1). — Demi-membraneux épais, pas d'ischio-tibial (/g. LXXXIT, 13, p. 265). Il s’insère sur le bord postérieur de la branche descendante de lischion, derrière l’ischio-condylien. Le corps charnu, d’abord aplati, devient peu à peu triangulaire à la coupe; son bord antéroexterne se déprime pour s'appliquer sur lischio-condylien. Son bord postéro-externe, qui commence par répondre au demi-tendineux, s’en éloigne ensuiteet gagne le genou. Sa face interne est plate et croisée par le droit interne. Le muscle se rétrécit pour se terminer sur un tendon très court qui se fixe à l'extrémité supérieure de la crête tibiale en dedans du ligament rotulien. Ilenvoie des expansions fibreuses supérieure et inférieure qui entourent la partie interne du genou en s’unissant à celles du vaste interne.
Dipus ægyptius (2). — Demi-membraneux uni à son origine à l’ischio-condylien et à la portion profonde postérieure du grand adducteur. Ces trois muscles forment une grosse masse charnue dont l'implantation sur la face externe de l’ischion, couvre une surface triangulaire dont la base tournée en haut longe le chef ischiatique profond du biceps, le bord antérieur répond au grand adducteur, et le bord postérieur à celui de l’ischion. La masse charnue oblique en bas et en avant, comme la portion profonde antérieure du grand adducteur derrière laquelle elle se trouve, se divise en trois portions : l’antérieure appartient au grand adducteur (portion profonde postérieure), la moyenne représente l’ischiocondylien et la postérieure le demi-membraneux. À peu près de même volume que lischio-condylien, mais plus grêle que le grand adducteur, le demi-membraneux
({ Insertions sup. : LV, 15, p. 191 ; inf.: LXIX, A, 2, p. 209. (2) Insertions sup. : LVI, 10, p. 192 ; inf.: LXX, À, 2, p. 210,
(ig. LXXXIV, 8, p. 269) apparaît près du genou entre le droit interne et le grand adducteur et se fixe à la partie interne du plateau tibial et à la partie latérale de la rotule.
Lepus cuniculus (1). Le demi-membraneux est uni à l’ischio-condylien et présente un faisceau ischio-tibial tout à fait indépendant.
La masse formée par l’ischio-condylien et le demi-membraneux est volumineuse (fig. LXXXV1,8, p. 273) ; elle occupe derriéreles adducteurs une portion importante de la face interne de la cuisse.
Elle naît du bord interne de l’apophyse angulaire de l'ischion, unie en avant au chef ischiatique du biceps. Elle se porte en bas et en avant et se divise en trois faisceaux : l’externe, qui est sectionné sur la figure LXXXVI, pour laisser voirles parties profondes, représente l’ischio-condylien qui s’insère à l'extrémité inférieure du bord interne du fémur au-dessus du condyle et de l’espace intercondylien. Le faisceau postérieur, triangulaire à la coupe, répond par sa base, à l’ischio-condylien en dehors, au faisceau interne du demi-membraneux en dedans, à l’ischio-tibial entre les deux. Son bord postérieur, mince, après avoir formé la saillie de la fesse, se porte obliquement en bas et en avant et
croise successivement le demi-tendineux et le tendon de l'ischio-tibial. Le faisceau interne (/g. LXXX VI, 11) mince
etaplati, répond en dedans à l’ischio-tibial, en dehors au demi-tendineux, puis au nerf sciatique et au creux poplité. En approchant dela jambe, ces différents faisceaux modifientleurs rapports réciproques. Le faisceau externe (ischio-condylien) devient antérieur et se fixe à la partie distale de la diaphyse fémorale. Le faisceau interne se place derrière lui et s’insère au condyle interne. Le faisceau postérieur se termine : 1° par un petit tendon plat qui s'engage sous le ligament latéral interne du genou et s’insère au ras de la surface articulaire à la partie interne du plateau tibial; 2° sur la partie interne du sésamoïde du jumeau interne ; 3 sur le condyle interne
(1) Insertions sup. : LVII, À, 8, B, 20, p.192; inf.: LXXI, B, 15,16, p.211,
au-dessous du jumeau. Il envoie une expansion fibreuse à la partie antérieure de la capsule articulaire du genou.
L'ischio-tibial (jig. LXXX VI, 9, p. 273), qui est remarquable par son indépendance absolue malgré son trajet à travers les faisceaux du demi-membraneux, s’insère à la partie postérieure de la tubérosité de l’ischion. Son corps charnu, aplati et triangulaire, comme chez Cavia, a une direction plus verticale que celle du demi-membraneux. Logé à son origine dans une gouttière à concavité antérieure que forme la réunion des faisceaux du demi-membraneux, il apparait près de la jambe sur leur bord postérieur et s’insère derrière le ligament latéral interne à la partie interne du plateau tibial.
Chez Lepus timidus (1) les traits principaux de la morphologie de ce musele sont les mêmes. L’ischio-condylien, qui forme sa partie antérieure est très gros : il naît avec le demi-membraneux de la partie postérieure de la tubérosité de l’ischion, faces externe et interne. IL s’insère au tiers inférieur du bord externe du fémur. Les autres portions du demi-membraneux s’insèrent sur la partie supérieure du condyle 2nterne et le plateau du tibia. Cette longue insertion est ininterrompue : elle passe au niveau des vaisseaux poplités sur une petite arcade fibreuse.
L'ischio-tibial est plutôt petit. Son insertion supérieure se confond avec celle de l’ischio-condylien. Son tendon terminal long et grêle, après avoir traversé le demi-membraneux, se fixe à la partie postéro-interne du plateau tibial.
Arctomys marmotta (2). — Le muscle est gros, sans faisceau ischio-tibial. Ils’insère sur toute la longueur du bord postérieur de la branche verticale de l’ischion. D’abord aplati d'avant en arrière, puis de dehors en dedans, ilse condense sur un petit tendon plat qui aborde la partie interne du tibia au-dessous de l’interligne articulaire du genou. Le
(1) Insertions sup. : LVIII, 9, p. 193 ; inf. : LXV, B, 19, p. 202; LXXII. À 9 B013 pi 212 (2) Insertions sup.: LIX, 9, p. 194; int., LX XIII, 10, p. 213.
nu
tendon se dédouble pour laisser passer le ligament latéral interne, la lame interne est plus petite que l’externe ; elles se fixent suivant une ligne verticale très courte à la partie interne du tibia.
Résumé. — Les muscles postérieurs de la cuisse présentent au point de vue de la valeur anatomique des faisceaux qui les composent et de leurs homologies plusieurs questions à discuter. Nous avons déjà signalé les types divers que peut affecter le demi-tendineux, nous avons décrit à propos des adducteurs la portion présemimembraneuse que leur cède souvent le demi-membraneux ; il nous reste à parler du demi-membraneux et du biceps et des faisceaux divers qui entrent dans leur constitution.
1° Le demi-membraneux a une composition variable et, chez certains animaux, complexe.
Il peut être homogène, qu'il comprenne (Sciurus) ou non (Mus) la portion présemimembraneuse (ischio-condylien), ou bien formé de deux faisceaux plus ou moins indépendants que les auteurs ne signalent pas. J'ai appelé éschio-tibial celui de ces faisceaux qui se termine par un long tendon et chemine dans une gouttière creusée sur le bord antérieur de l’autre. Chez Cavia, le demi-membraneux est privé de l'ischio-condylien, mais ses deux faisceaux s'unissent au niveau de leur insertion terminale. Chez Lepus, l'ischio-condylien est uni au demi-membraneux et l'ischio-tibial traverse ce muscle tout en restant absolument indépendant.
2 Parmi les faisceaux que peut présenter le biceps, on trouve tout d’abord le fémoro-coccygqien. Le Lièvre et le Lapin nous offrent un bon exemple de cette disposition. Leur biceps comprend quatre portions, une de plus que les types dont le biceps est le plus compliqué. Le fémoro-coccygien n’est pas représenté chez eux
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par d'autre muscle. Le chef sacré du biceps a le même mode d'innervation que le fémoro-coccygien de l'Ecureuil et de la Marmotte. Ces raisons me paraissent suffisantes pour admettre avec Leche que le chef sacré du Lièvre et du Lapin représente le fémoro-coccygien.
3° On peut trouver parmi les parties du biceps, l'accessoire du biceps (accessoire coccygien du biceps, Cuvier ; musculus tenuissimus, Leche).
Leche (} déerit ce | muscle chez les Mnsechivenes (Tupaïa, Gentetes, Crocidura).Ilest mince, également large dans toute son étendue et situé dorsalement aux branches du sciatique et du nerf honteux. Il naît du fascia caudal, derrière le grand fessier ou sur la partie postérieure de l'épine sacrée. Chez les Talpinés, son origine appartient à la couche musculaire superficielle et n’est recouverte que sur une faible étendue par le demi-tendineux. Chez les autres, elle est presque toujours couverte par le fémoro-coccygien. La portion distate de l'accessoire est recouverte par le biceps. Chez Tupaïa, Gentetes, l'extrémité tout au plus reste libre et partage la terminaison du biceps; chez les autres, le muscle se fusionne avec la partie latérale des gastroenémiens et se soude par un large tendon au tendon d'Achille. Chez Condylura cependant, il est plus fortement développé que chez Talpa, le double environ, et il se termine dans le fascia aponévrotique de la jambe sans connexion avec les gastrocnémiens. Il est innervé par le sciatique, dans sa portion proximale (Tupaia, Talpa), dans sa portion distale (Ghrysochloris).
Chez beaucoup de Mammifères, l'accessoire est plus ou moins soudé au biceps, comme lui toujours situé dorsalement au sciatique.
Sciurus, Arctomys, Lepus nous ont offert des exemples très nets de ce r7nusculus tenuissimus, de son trajet sur
(1) BrRonw’s Klassen, etc., lief 42-43-44, 1893. p. 880.
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la face interne du biceps et de ses connexions avec le tendon d'Achille. J'ajouterai que chez Lepus cuniculus je n'ai pas trouvé, comme l'indique Leche, que l'origine de ce petit muscle fût modifiée et vienne de l'ischion au lieu du rachis.
Chez Dipus, au contraire, je serais porté à le considérer comme soudé au biceps et s'insérant peut-être avec lui à l'ischion. En effet, les fibres, qui, après avoir croisé la face interne du biceps, le débordent en arrière etsinsèrent au tendon d'Achille, me paraissent représenter l'accessoire du biceps. Leur origine est moins facile à déterminer à cause de la fusion du faisceau charnu avecle reste du muscle. Quoiqu'il soit impossible de fixer d’une façon précise si elles naissent avec le faisceau sacré ou avec le faisceau ischiatique, je serais plutôt porté à admettre qu'elles proviennent du second.
4° Après avoir éliminé du biceps ces deux ordres de faisceaux charnus, il reste une masse souvent volumineuse qui constitue le muscle à proprement parler. Cette masse charnue peut avoir une double origine, l’ischion et le rachis.
Chez Cavia, Mus, Dipus, l’origine reste double; chez Seiurus et Arctomys, elle se limite à l'ischion.
L'origine ischiatique, qu’elle soit simple ou associée à un chef sacré, ‘présente parfois un grand développement et se dédouble.
Au point de vue des modifications morphologiques qui semblent plutôt relever des influences fonctionnelles, il faut noter :
1° Le développement et la complexité du biceps fémoral chez le Sauteur. Chez Dipus ægyptius, Lepus cuniculus, surtout Lepus timidus le biceps forme une masse considérable occupant la moitié postérieure de la face externe de la cuisse.
2° Chez les Sauteurs et les Grimpeurs, les insertions
tibiales du demi-tendineux et du demi-membraneux se concentrent au voisinage du genou, au lieu de descendre sur la jambe.
Si on compare ces insertions sur les divers schémas, on les voit descendre jusqu'au milieu de la diaphyse chez Cavia et Arctomys, tandis que dans les autres types elles ne dépassent pas le tiers ou le quart proximal.
D. — Région antérieure de la Guisse 1. — Quadriceps fémoral
Parsons dans son étude de myologie comparée chez les Rongeurs consacre quelques lignes seulement au quadriceps fémoral. Si la morphologie de ce muscle ne présente pas, en effet, dans ses grandes lignes, des différences notables d’une espèce à l’autre, son importance fonctionnelle ne peut pas, dans les types qui sont adaptés à la course ou au saut, être la même que chez ceux qui ont une marche moins rapide. L'extension de la jambe est un des actes qui interviennent le plus énergiquement dans le saut (1) et cette influence fonctionnelle se traduit, comme nous le verrons, par quelques modifications morphologiques. Les quatre portions du quadriceps fémoral sont très bien marquées chez les Rongeurs. Le crural est ordinairement facilement séparable des vastes (Parsons).
Cavia cobaya. (2) — Le droit antérieur, fusiforme, vo- Jamineux, occupeie bord antérieur de la cuisse (/g. LXXIV, 8, p. 218). Son extrémité distale est recouverte par le vaste externe : ilest longé en avant et croisé en dehors par le tenseur du fascia lata.
Il naît de l'os iliaque par deux tendons assez courts, mais
(1) CouIN. Traité de physiologie comparée des animaux, 1886, t. I, p. 492 et suiv.
(2) Insertions sup. : LIIL, 8, 9, p. 190 ; LX, 11, 23, 24, p. 198.
bien distincts : l’un se fixe au éubercule du droit antérieur, l'autre au-devant du sourcil cotyloïdien.
Les deux tendons, plats et résistants, s'unissent pour donner une lamelle fibreuse qui se prolonge dans le corps du muscle.
Le tendon terminal apparait dès la partie supérieure du muscle sous la forme d’une lame aponévrotique étendue sur sa face profonde : les fibres charnues l'accompagnent jusqu’à son insertion sur la rotule. Il serétrécit à ce niveau, et se fixe sur la face antérieure de l’os près de son extrémité proximale.
Le vaste externe, beaucoup plus considérable que le vaste interne, comme c’est la règle (Parsons), s’insère sur le bord antérieur du grand trochanter depuis le tubercule antérieur qui donne insertion au faisceau sciatique du petit fessier. L'insertion passe en dedans du tubercule du scansorius et descend le long de la lèvre antérieure du bord externe jusqu’au troisième trochanter : elle occupe en un mot la moitié supérieure du bord externe du fémur. Le corps charnu est uni à la partie supérieure du crural. Il longe d’abord le droit antérieur, en dehors duquel il est placé, puis vers le bas de la cuisse (fig. CXII, 1), il se porte au-devant de lui et le recouvre entièrement au point de s'acccler au vaste interne.
Le vaste externe reste indépendant du droit antérieur jusqu’à son insertion distale. Celle-ci comprend: des fibres tendineuses qui s'unissent au bord externe du tendon du droit antérieur ; une lamelle aponévrotique qui se fixe au— devant de lui à la rotule; des fibres charnues s’implantant sur la moitié supérieure du bord externe de la rotule.
Le vaste interne se fixe au bord interne du fémur, audevant des adducteurs, depuis le petit trochanter jusqu'à l'extrémité inférieure de l'os. Je l'ai trouvé sur plusieurs sujets séparé du crural par une bande osseuse privée d’insertions musculaires. Le muscle reste charnu jusqu'à son insertion distale qui se fait en partie au bord interne du droit antérieur, en partie à la moitié supérieure du bord interne de la rotule.
Le crural naît de la face antérieure du fémur sur toute sa longueur. En dedans il est séparé du vaste interne par une bande osseuse, en dehors il se fusionne avec la moitié du vaste externe. L'interstice qui sépare les deux muscles ne devient apparent que dans leur moitié inférieure. La face antérieure est couverte dans sa moitié distale par une lame aponévrotique qui se condense au-dessus de la rotule en un tendon plat quise fixe au bord supérieur de l'os. Il est accompagné sur ses côtés par des fibres charnues qui s’'insèrent également à la rotule, mais il reste indépendant des autres portions du quadriceps.
Le sous-crural est peu distinct.
La rotule présente, en résumé, les insertions suivantes : vers le milieu de sa face superficielle, le tendon du tenseur du fascia lata, mince et peu résistant ; au-dessus, la lamelle aponévrotique du vaste externe ; plus haut et près du bord supérieur, le tendon du drait antérieur large et nacré, recevant en dehors les fibres tendineuses du vaste externe, en dedans les fibres charnues du vaste interne ; sur le bord supérieur, le tendon et les fibres charnues du crural ; sur la moitié supérieure des côtés, les fibres charnues des deux vastes ; sur le bord inférieur, le puissant ligament rotulien
Fig. XCIT. — Coupe transversale du quadriceps fémoral du Cobaye au tiers moyen de la cuisse. 1, Vaste externe ; 2, Droit antérieur; 3, Vaste interne ; 4, Crural ; 5, Pectiné ; 6, Moyen adducteur ; 7, Grand adducteur ; 8, Troisième trochanter ; 9, Grand fessier,
qui se fixe d'autre part à la tubérosité antérieure du tibia.
Mus decumanus (1) offre un type de quadriceps assez semblable au précédent. Le droit antérieur, fusiforme et renflé, s'insère par un tendon bifurqué au tubercule de l'os iliaque et du sourceil cotyloïdien. Le tendon direct est le plus fort : le tendon réfléchi donne des fibres charnues par sa concavité.
Le tendon terminal s'étale sur la face postérieure du muscle et ne devient libre qu'au voisinage de la rotule. Il reçoit le mince tendon du tenseur du fascia lata et s’unit au vaste externe avant de se fixer à la face antérieure de la rotule près de son extrémité supérieure.
Le vaste externe, volumineux, naît par des fibres tendineuses du bord inférieur du grand trochanter et de la lévre antérieure de la crête qui va au troisième trochanter, mais l'insertion est courte en raison de la situation élevée de cette apophyse. Il reçoit un tendon du bord inférieur du tubercule du scansorius. Le muscle, recouvert dès son origine par le grand fessier, forme un gros faisceau charnu qui descend sur la face externe de la cuisse. Le bord postérieur est large et s’accole à la moitié inférieure du fémur. Le bord antérieur s’amincit en s’avançant obliquement au-devant du droit antérieur, mais il reste éloigné du droit interne.
Le vaste externe s’insère au bord externe de la rotule par implantation des fibres et sur son bord supérieur par un tendon qui s'unit au droit antérieur et au tenseur du fascia lata.
Le vaste interne naît des deux tiers supérieurs de la face interne du fémur depuis le col anatomique. Les fibres les plus élevées forment une pointe qui s'élève au-devant du petit trochanter et de l’insertion du psoas-iliaque.
Le crural s’insère sur la face antérieure du fémur, suivant une zone allongée et étroite qui commence au-dessous de l'insertion du vaste interne et se prolonge jusqu'à la trochlée. En dedans, elle s’unit au vaste interne ; en dehors, elle est séparée du grand fessier par une surface libre.
(1) Insertions sup. : LIV, 7, p. 191 ; LXI, 48, 49, 50, p. 198,
Le vaste interne se termine par implantation sur le bord interne de la rotule, le crural sur son bord supérieur par l'intermédiaire d’une languette cartilagineuse qui prolonge ce bord. Les dernières fibres latérales du crural sont appliquées sur la synoviale du genou et se fixent sur les côtés du cartilage.
Sciurus vulgaris (1). — Le droit antérieur est fusiforme et allongé. Quoique les deux chefs de son tendon d’origine soient généralement moins distincts chez les Sciuridés que chez les Hystricidés et les Myomorphes (Parsons), la portion cotyloïdienne chez Sciurus vulgaris est bien marquée.
Le vaste externe, unique el gros, surtout en arrière, s’avance au-devant du droit antérieur jusqu’à la ligne médiane de la cuisse et adhère au quart supérieur du coulurier. Faitintéressant, son insertion fémoraleest très réduite : elle s'étend depuis le tendon du scansorius jusqu’à celui du orand fessier qui s’insère au-dessous du grand trochanter.
Le vaste interne est petit : ses fibres s’implantent sur le bord inférieur du col fémoral et répondent à l'insertion du psoas-iliaque.
Le crural, bien indépendant, quoique de petites dimensions, couvre la face antérieure du fémur jusqu’au niveau des trochanters.
Les diverses portions du quadriceps se terminent dela facon suivante.
Le droit antérieur donne un fort tendon qui entoure la rotule. Celle-ci est très petite et ressemble à un sésamoïde développé dans le tendon de ce muscle. A une petite distance au-dessus de la rotule, le tendon du droit antérieur recoit celui du couturier.
Le vaste externe se termine par des fibres charnues : les unes embrassent la moitié externe du tendon du droit antérieur, les postérieures s'unissent au vaste interne, quelquesunes se perdent sur l’aileron externe de la rotule et sur Paponévrose qui couvre la partie externe du genou.
(1) Insertions sup. : LV, 21, 21, p. 191 ; LXII, 19, 21, 22, p. 199:
Les fibres du vaste interne s’insérent en partie au bord interne du tendon du droit antérieur, en partie à une lamelle fibreuse qui se fixe au bord interne de la rotule et à l’aponévrose qui couvre le genou.
Les fibres du crural se fixent en majeure partie au cul-desac de la synoviale qu'elles coiffent, et à la rotule.
Dipus ægyptius (1). — Le droit antérieur, fusiforme et allongé (/g. LXXXI V, 4, p. 269) s'insère par un seul tendon indivis au tubercule de l'os iliaque. Le corps charnu est largement recouvert par le vasie externe (fig. LXXXIX, 30, p. 292), qui dans son quart inférieur lui forme une gaine complète en s’unissant au tendon du vaste interne (/g. REX I Y,5).
En dedans du droit antérieur, on trouve un petit faisceau charnu (/9. XCIIT, 11, p. 314) qui naît du bord antérieur de lilion entre le tubercule du droit antérieur et léminence ilio-pectinée. Ce droit antérieur accessoire chemine verticalement en dedans du droit antérieur principal et au tiers supérieur de la cuisse se termine sur un long tendon qui s'implante sur la rotuleentre celui du droit antérieur et celui du vaste interne (1).
Le vaste externe (fig. LXXXIX, 30, p. 292), dont le ventre renflé fait au-devant de la cuisse un relief puissant, s’insère sur le bord externe du grand trochanter, qui est déjeté en dehors. L'insertion s'étend plus sur la face postérieure que sur la face antérieure de lapophyse, mais elle est courte et limitée à la partie tout à fait supérieure du fémur. Le corps charnu, unique mais épais, occupe la moitié antérieure
(1) Insertions sup. : LVI, 4, 19, p. 192; LXIII, 3, 20, 22, p. 200.
(1) Chez l'homme, l’accessoire du droit antérieur de la cuisse (rectus accessorius, Macalister)a été observé par Morestin (1895), Girard, Le Double. Il naissait du soureil cotyloïdien par un petit tendon, et du fémur (Girard, Le Double) au-dessus de l'origine trochantérienne du vaste externe par une lame aponévrotique lâche. Il se terminait avec le vaste externe. Dans le cas de Girard, il était bilatéral, dans celui de le Double, il siégeait à droite. Il était innervé par le filet que le nerf crural donne au droit antérieur. (Le Double, Traité des variations du système musculaire chez l’homme, &. ?, p. 265.)
de la face externe de la cuisse, adossé au biceps et au tendon filiforme du grand fessier. On vient de dire ses rapports avec le droit antérieur et le tendon du vaste interne.
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Fig. XCIII. — Face antérieure de la cuisse droite de la Gerboise ; couche. profonde. Grandeur naturelle. 1, Moyen fessier ; 2, Vaste externe ; 3, Bice ps ; :, Faisceau rotulien de la couche superficielle du grand adducteur qui a été enlevée ; 5, Ischio-condylien ; 6, Extrémité inférieure du droit antérieur ; 7, Grand adducteur, portion inférieure ; 8, Vaste interne : 9, Crural ; 10, Grand adducteur, portion supérieure ; 11, Droit antérieur accessoire ; 12, Tendon du petit psoas ; 13, Droit antérieur.
Le vaste interne s'insère à la partie la plus élevée du bord interne de la diaphyse fémorale, au-devant du petit trochanter, et l'insertion monte sur la face antérieure du grand trochanter qui est déprimée. Le corps charnu (/ig. LXXXIV, 6, p. 269 et XCZII, 8), descend derrière le droit antérieur, mais n’affecte que des rapports de contiguité avec le reste de la diaphyse fémoraie.
Le crural est peu développé, malgré son étendue. Il se fixe sur la face antérieure du fémur, depuis l'insertion du vaste interne jusqu'à la trochlée (/4g. XCTIT, 9).
Insertion rotulienne. Le tendon du droit antérieur, résistant et nacré, recoit les fibres du crural et se fixe au bord supérieur de la rotule,
La partie antérieure du vaste externe est tendineuse et s’'unit au tendon du droit: sa partie postérieure reste charnue et se fixe au bord externe de la rotule et du ligament rotulien.
Le vaste interne s'implante sur le bord interne de la
rotule.
Lepus cuniculus (1). — Le droit antérieur, allongé et fusiforme, se fixe par un tendon unique, sans traces de bifurcation, au tubercule de l'os iliaque. Sa face externe est accompagnée de fibres charnues jusqu’à l'insertion qui a lieu à lx partie supérieure du tubercule, tandis qu’il glisse sur sa partie inférieure, qui est encroûtée de cartilage. Le tendon terminal, conoïde et court, se divise en lame antérieure qui s'insère au bord antérieur de la rotule, et lame postérieure, encore plus forte, qui se fixe à la lèvre antérieure du bord supérieur.
Le vaste externe est très volumineux : il est remarquable parson dédoublement et la brièveté de son insertion fémorale, qui s’étenä en arrière et en dehors sur la face antérieure du grand trochanter, au-dessous du moyen fessier. En arrière, l’implantation des fibres est directe; en avant, elle se fait par l'intermédiaire d’une lame fibreuse, qui se prolonge superticiellement sur le muscle.
Le corps charnu est divisé en deux portions indépendantes, dont la seule partie commune est la lame fibreuse d'insertion. La portion superficielle (fig. XCIV, 17, p. 317), plus grosse, est triangulaire à la coupe. Sa face interne se moule sur le droit antérieur, sa face externe est recouverte par le couturier et le fascia lata, sa face postérieure s'applique sur la
(1) Insertions sup, : LVI[, 18, p. 192 ; LXIV, 4, 5, 7, 10, p. 201
portion profonde. La portion superficielle du vaste externe se termine en s’unissant au tendon du Couturier en avant, et en arrière au tendon du droit antérieur dont elle entoure la moitié externe.
La portion profonde, moins épaisse, triangulaire à la coupe (/ig. XCIV, 16), s'applique par sa face postérieure sur le fémur et le crural, par sa face antérieure, sur la portion superficielle. Sa face externe, arrondie, répond au fascia lata. Le bord interne devient tendineux dans ses trois quarts inférieurs et s’unit au tendon du crural.
Le vaste interne s'insère sur une ligne oblique allant, sur la face antérieure du col du fémur, du grand trochanter à la partie supérieure du bord interne. Le corps charnu, d’abord épais, remplit l’espace qui est compris entre le psoas-iliaque et les adducteurs en dedans, le droit interne en dehors. Il s’aplatit ensuite et forme une lame, placée de champ sur la face interne de la cuisse. Son bord antérieur s’amincit pour s'unir, dans ses trois quarts inférieurs, au couturier (fig. XCIV, 3), enfermant le droit antérieur dans une gaine complète. Le vaste interne se termine par des fibres tendineuses qui s'unissent en avant, à la partie interne du tendon du droit antérieur, en arrière, à la partie interne du tendon du crural. Il envoie au ligament rotulien une largeexpansion fibreuse qui couvre la face interne du genou.
Le crural est indépendant. Son origine occupe les faces antérieure, interne etexterne du fémur jusqu'à la rotule. Sa partiesupérieure se termine en pointe le long et en dehors du vaste interne, tandis qu'elle est séparée du vaste externe par une petite surface osseuse. Les fibres inférieures s'appliquent sur les côtés du cul-de-sac sous-tricipital de la synoviale qui remonte à 12 ou 14" au-dessus de la rotule et s’y fixent en partie. La presque totalité du muscle se termine sur la lèvre postérieure du bord proximal de la rotule par un tendon fibrocartilagineux qui reçoit aussi, comme on l’a vu, des fibres des deux vastes.
Fig. XCIV.— Coupe transversaie de la cuisse droite du Lapin. Grandeur naturelle. 1, Tenseur du fascia lata ; 2, Droit antérieur ; 3, 3, Vaste interne ; 4, Crural ; 5, Vaisseaux fémoraux ; 6, Couturier ; 7, Adducteur ; 8, Demi-membraneux ; 9, Ischio-tibial ; 10, Droit interne ; 11, Demi-tendineux ; 12, Nerf sciatique ; 13, Les deux portions du biceps ; 14, Fémur ; 15, Tenseur du fascia lata ; 16 Portion profonde du vaste externe ; 17, Portion superficielle du vaste externe.
Lepus timidus (1). — Le droit antérieur, petit, allongé,
(1) Insertions sup. : LVIIL, 4,p. 193 ; LXV, 3, 5, 10, 11, p. 202.
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fusiforme, naît du tubercule iliaque par un tendon indivis. Le vaste externe est dédoublé ; la portion antérieure, très volumineuse surtout sur son bord antérieur qui répond au milieu de la cuisse, et la postérieure, qui est un peu moins grosse et tendineuse sur son bord interne, naissent l'une au-dessus de l’autre sur la face antérieure du grand trochanter et sur l'extrémité supérieure du fémur. Les fibres supérieures sont verticales, les autres obliques en bas et en dedans. Le bord antérieur du vaste externe s’unit au vaste interne au-dessus de la rotule.
Le vaste interne prend naissance sur la face antérieure du fémur en dedans du grand trochanter et sur le col fémoral. Son quart supérieur est uni au crural qui s'insère sur toute l'étendue de la face antérieure du fémur. Le tendon inférieur du droit antérieur reçoit celui du tenseur du fascia Jata près de la rotule. Il est uni au bord supérieur du tendon du biceps; il s'insère avec le vaste externe au bord antérieur et externe de la rotule et envoie une expansion sur la partie externe du genou. Le vaste interne se fixe au bord interne de la rotule et envoie une expansion sur la partie interne de Particulation. Le crural, uni près de son insertion au vaste externe, se fixe par l'intermédiaire d’un fibro-cartilage au bord supérieur de la rotule.
Arctomys marmotta (1).— Le droit antérieur nait par un court tendon qui se bifurque en portion directe s’insérant au tubercule iliaque et en portion réfléchie se portant sur la portion dorsale du sourcil cotyloïdien. Le muscle est volumineux et charnu sur toute sa longueur. Son quart inférieur adhère en dedans au vaste interne, en dehors au vaste externe, Il se termine par un très court tendon sur la base de la rotule.
Le vaste externe forme une lame charnue, large et épaisse, incomplètement dédoublée. La portion superficielle s'insère par une lame fibreuse au-dessous du grand trochanter, sur la face antérieure de la diaphyse, suivant une ligne
(1) Insertions sup.: LIX, 3, 4, p. 194; LX VI, 3, 5,8, 11, p. 205.
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concave en bas qui commence au-dessous du scansorius et se termine au-dessous du 3° trochanter. La masse musculaire n'est distincte de la portion profonde que sur son bord antérieur, elle se confond avec elle par son bord externe. Elle adhère au droit antérieur par le quart inférieur de son bord antérieur. La portion profonde s'implante sur une large surface de la diaphyse fémorale au-dessous de l'insertion de la portion superficielle. Elle est de plus rattachée à son bord externe sur une grande partie de sa longueur par des tractus fibreux.
Le vaste interne, plus petit que le vaste externe, s'insère sur une ligne étendue qui contourne en spirale la partie supérieure du bord interne du fémur. Elle commence sur la partie antéro-supérieure du col et se termine au-dessous du bord inférieur du pectiné. Son bord antérieur adhère au droit antérieur près de la rotule.
Le crural, petit, mais indépendant, se fixe sur la face antérieure de la diaphyse suivant une surface étroite qui s'élargit au-dessus de la trochlée. Ses fibres couvrent le cul-de-sac de la synoviale du genou.
L'insertion rotulienne du quadriceps présente la disposition suivante. Le tendon du droit antérieur s’insère sur la base de la rotule. La portion superficielle du vaste externe s’insère largement par une lame fibreuse au bord externe de la rotule ; cette lame continue le plan du tendon du dreit antérieur auquel elle adhère, et s’unit en bas au tendon du biceps.
La portion profonde se termine sur un long tendon lamelleux qui se fixe au bord supérieur de la rotule derrière le droit antérieur.
Le vaste interne s’insère au bord interne de la rotule et le crural à son bord supérieur sur une large étendue derrière le droit et les vastes.
Résumé. — Au point de vue anatomique, il convient de signaler la disposition du tendon du droit antérieur, qui est complètement étrangère au genre de vie de l'animal. Ce tendon est simple chez Dipus, Lepus cuni-
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culus et Lepus timidus, bifurqué chez Cavia, Sciurus, Mus et Arctomys.
Au point de vue fonctionnel, un fait digne de remarque est la différence du volume des vastes et de l'étendue de leurs insertions fémorales chez les divers animaux (1). Chez Cavia, l'insertion du vaste externe occupe la moitié supérieure de l'os et celle du vaste interne sa longueur totale. Chez Mus, le vaste externe s’est ramassé audessous du grand trochanter, mais le vaste interne occupe encore la moitié supérieure du bord interne. Chez Arctomys, leurs insertions couvrent le tiers supérieur au moins de la diaphyse, mais le vaste externe conserve des connexions avec le bord externe du fémur sur sa plus grande étendue. Chez Sciurus vulgaris, Dipus ægyptius, Lepus cuniculus et Lepus timidus, au contraire, la surface occupée par ces insertions se restreint beaucoup et se limite à la partie la plus élevée de l'os, orand trochanter ou sommet de la diaphyse.
Il semble rationnel de rapprocher de ce fait anatomique,constaté sur des animaux appartenani à des groupes cénériquement distincts, la condition fonctionnelle qui leur est commune. Ce sont tous des Grimpeurs, des Coureurs ou des Sauteurs. Nous avons déjà eu l'occasion de signaler chez le Coureur une disposition semblable à propos de l'insertion humérale du grand rond, qui se rapproche d'une facon très frappante de l'extrémité supérieure de l'os. Nous avons vu la même évolution suivie par les tendons des muscles postérieurs de la cuisse chez le Sauteur. |
Le quadriceps fémoral présente un volume beaucoup plus grands chez certains animaux : il est surtout développé chez le Sauteur et le Fouisseur. Dans ce cas, c'est le vaste externe qui présente le plus fort accroissement
(1) ALezais. Le quadriceps fémoral des Sauteurs, G. R. Soc. Biol., ne 19, 1900, p. 510.
de volume, qu'il soit où non dédoublé. Il semble même que le droit antérieur ait un volume relativement moindre quand le vaste externe est très puissant.
L'étude de la Marmotte est très instructive au point de vue que je cherche à mettre en relief. Son quadriceps est très développé, son vasie externe surtout est épais et présente des traces de dédoublement. Cependant ses insertions fémorales sont beaucoup plus étendues que chez le Lièvre, l'Ecureuil ou la Gerboise. La réduction de ces surfaces d'insertion n'est donc pas seulement liée au développement du muscle. On peut dire plutôt que le quadrieeps présente deux ordres de modifications, l’une portant sur sa masse, et quisemble en rapport seulement avec l'énergie du mouvement que l’animal est destiné à produire ; l’autre portant sur l'étendue et le siège de ses insertions. Cette dernière modification, qui a pour effet de donner une plus grande longueur aux fibres charnues, semble liée à un genre plus spécialisé de mouvements et ne s'observe que chez le Grimpeur, le Coureur et le Sauteur. On peut donc conclure :
1° Le quadriceps fémoral est surtout développé chez le Sauteur, le Grimpeur et le Fouisseur ;
2 Quand le quadriceps fémoral se développe, c’est surtout le vaste externe qui devient puissant ;
3° Les insertions fémorales des vastes sont moins étendues et se limitent à la partie supérieure de l'os chez le Grimpeur et le Sauteur.