‹ Contribution à la question de l'azoteChapitre 29 sur 31 · GAIN · texte numérisé non relu

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pe —.

274 ( 10 ) Il résulte tout d’abord des essais dont nous venons de rendre compte que notre sol d’expériences dépourvu de loule végétation (sans culture et sans végétation cryptogamique spontanée) ñne fixe point l'azote atmosphérique.

En effet, dans l’expérience n° 5, le bilan de l’azote se solde par zéro, car la différence de 0%,0008 tombe dans les limites des erreurs analytiques; dans l'expérience n° 9, il y a même perte.

La non fixation de l’azote par le sol nu — « nu » pris dans son sens absolu — a toujours été soutenue par M. Schloesing père, contrairement à d’autres expérimentateurs.

Mais le résultat change lorsque le sol se couvre d’une végélalion de plantes inférieures vertes, soit par inoculation (n° I), soit spontanément (n° VI).

Alors, le bilan de lazote se solde par un gain appréciable, respectivement 0:",0036 et 0:',0031.

Cette constatation est l'explication naturelle et décisive des gains d’azote obtenus dans nos expériences antérieures (1890), même dans la culture de l’orge, plante sans tubercules radicaux.

Malgré la présence d’une végétation cryptogamique observée dans nos cases à expériences, nous ne pouvions alors que pressentir cette explication (loc. cit., p. 37) sans la formuler positivement, des essais comparatifs dans un milieu stérilisé n'ayant pas été entrepris.

Mais à côté de cet enrichissement du sol produit par certains micro-organismes, des réactions d’un autre ordre, telle que lassimilation directe de l'azote libre par la cellule végétale dans les plantes supérieures, n’ont-elles pas lieu? Cette question, nous l’avions déjà posée, sans la résoudre, à la fin de notre premier mémoire.

Gé à PS 275

L'expérience n° 3 de 1892 nous autorise maintenant à répondre dans un sens tout à fail négatif.

En effet, la culture de l'orge dans un sol stérilisé placé sous une cloche alimentée exclusivement par de l’air atmosphérique filtré et dépouillé de combinaisons azotées, ne monire aucun gain.

Ce résultat est conforme aux nouvelles expériences de MM. Schloesing fils et Laurent, faites, comme les nôtres, en 48992, avec l’avoine, le colza et la pomme de terre (1).

La question de lazote qui, depuis un demi-siècle, a tenu en haleine physiologistes et chimistes, doit, dans la situation actuelle de nos connaissances, être résolue négalivement quant à l'absorption directe de l’azote libre par la cellule des plantes supérieures, mais néanmoins positivement quant à la participation de l’azote libre dans la production végétale.

Grâce à l’intervention du sol, ou plus exactement des micro-organismes qui l’habitent, c’est-à-dire grâce à Paction microbienne (Hellriegel et Wilfarth) chez les plantes à tubercules radicaux et au développement spontané de certaines espèces d'algues, qui constituent, pour les plantes sans nodosités, une véritable fumure d’engrais verts, l’azote élémentaire de l'atmosphère entre dans le cycle vilal.

Si, au point de vue physiologique, la première source est plus intéressante, la seconde à cependant aussi une grande importance agronomique.

L'une constitue un cas spécial, agissant avec une intensilé particulière, mais ne se réalisant que chez les légumineuses, l’autre est une source d’azote pouvant intervenir

(4) Comptes rendus de l'Académie des sciences de Paris. Octobre.

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276 (A9 d’une manière générale, les conditions les plus favorables au développement des végétaux inférieurs fixateurs d'azote une fois bien connues. UE

Le rôle de ces organismes nous explique aussi une série de faits agronomiques dont nous n’avons pas à parler ici, mais dont nous voulons signaler seulement deux des plus saisissants :

1° Le maintien de la richesse en azote des terres, malgré la perte sensible en ce principe essentiel que les eaux traversant le sol leur font subir depuis des siècles, perte incomplètement compensée par les apports des eaux météoriques ;

2° La possibilité d'obtenir dans des terres très pauvres des récoltes salisfaisantes avec lapplication exclusive d'engrais phosphatés et potassiques.

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