SÉRIE I. LÉ F EE
Le principe et la méthode d’expérimentation qui forment la base de notre Contribution à la question de l'azote ont été exposés en détail dans notre premier mémoire 1. Il en a été de même pour les procédés d'analyse employés 2. Fe
4 Loc. cit, pp. # et 5.
2 Loc: ais pp. A011"ef156-
Cu)
Nous n’avons donc à signaler, cette année, que les modifica-
tions apportées dans. les dispositions matérielles, à rendre
compte de la marche des nouveaux essais et à fournir les documents nécessaires pour arrêter les termes de lPéquation qui établit d’une manière claire et simple le bilan de Pazote 1.
Les cases de végétation ayant dû servir à la seconde série de nos recherches, la première série a été exécutée dans la serre 2.
Pour nous soustraire autant que possible à l’influence de lindividualité des sujets d'essai, nous avons considéré comme faisant partie d’une seule et même expérience les plantes portées par quatre pots.
Chaque essai ayant été exécuté en double, nous disposions par conséquent de huit pots, soit 48 plantes d'orge et 24 plantes de haricot, se trouvant dans des conditions absolument identiques. | | |
Les pots ont reçu des arrosages d’eau de puits à titre déterminé en azote. Nous désignons donc, dans les recherches de
1890, les termes Np et Ny' de notre équation par Na et Nu’.
Deux avantages résultent de la suppression de l’eau de pluie : d’abord, l’eau de puits a une composition beaucoup plus constante que l’eau de pluie; en effet, les extrêmes du titre en azote de l’eau d’arrosage employée du 26 avril au 3 août étaient de 2.08 à 3.18 milligrammes par litre, tandis qu'ils variaient, pour l’eau de pluie tombée en 1889 sur les cases de végétation, de 0.23 à 1.74 milligramme d’azote ammoniacal et nitrique. Ensuite, en réglant la quantité d’eau d'arrosage de manière à tenir toujours la terre humide, mais un peu au-dessous du point de saturation de son pouvoir
absorbant pour l’eau et les quelques centimètres cubes passés
de temps à autre ayant toujours été reversés sur les pots, nous
ÆPHE. cit; p:2:
2? Voir la description de la serre de la station agronomique, la disposition des bocaux, ete. (Mémoires couronnés et autres mémoires publiés par l'Académie royale de Belgique, coll. in-8°, 1878).
avons réussi à éliminer un des termes de notre équation, par conséquent à supprimer une cause d'erreur.
Nous avons à signaler encore que nous avons remplacé, pour le dosage de l’azote nitrique dans l’eau, la méthode de. M. Schlæsing par celle de M. Warington !, qui évite, comme on sait, la concentration de l’eau par évaporation.
Sol. — Après avoir assuré le drainage par un tampon d’asbeste recouvert d’éclats de verre lavés à lacide chlorhydrique et à l’eau distillée ensuite, chaque pot a été rempli de 4 1/3 kilogrammes de sable lavé de Rœulx, de la composition déjà signalée 2.
Ce sable ayant été conservé depuis un an, nous avons naturellement exécuté un nouveau dosage d’azote qui a donné 08,00633 par kilogramme, ce qui porte l’azote fourni à chaque essai de culture à 08',1140 (N°).
Ainsi que nous l'avons démontré précédemment, le sable
1 Nous avons adopté finalement comme pile de réduction le couple zinc-cuivre, composé d’une feuille de zinc roulée en spirale, sur laquelle a été précipité du cuire en mettant la feuille en contact avec une dissolution de sulfate de cuivre. La spirale cuivrée a été plongée directement dans l’eau à analyser. Nous signalons en passant que tous les échantillons de zinc en poudre que nous avons examinés contiennent de l’ammoniaque; il en est parfois de même de la potasse caustique, dont les dissolutions doivent alors être maintenues un certain temps à l'ébullition, si l’on veut s’en servir pour la méthode de Warington. La magnésie calcinée retient également avec grande énergie des traces d’ammoniaque.
La réduction est complète au bout de quatre jours, lorsque l’on a affaire à quelques milligrammes d’azote nitrique; il faut prolonger le contact pour des titres plus élevés.
Titre en nitrate de soude Azote nitrique Azote nitrique chimiquement pur. correspondant. retrouvé.
+ : bn Osr.0121 par litre. 8r.00199 par litre. Ogr.00178 par -litre 08r.0100 » O8r.00465 » 08r.00164 »
Loc. DA:
employé constitue un milieu de culture riche en microbes du sol. Pour des raisons que nous avons déjà fait valoir, nous l’avons néanmoins inoculé par 95 c. c. d’un liquide décanté, obtenu en mettant en macération, pendant vingt-quatre heures, 3 kilogrammes de terre d’une tréflière avec 3 litres d’eau distillée.
Engrais. — Comme nous avions constaté, en 1889, que la simple augmentation du taux des éléments minéraux : potasse, chaux, magnésie et acide phosphorique, mis à la disposition du lupin, avait provoqué une production plus forte en matière organique et fait monter le gain en azote atmosphérique, nous avons fumé une partie des pots avec 0#,40 de potasse (33,021 de sulfate de potasse et de magnésie à 13.24 °/, de potasse anhydre) et 05',60 d'acide phosphorique {38,623 de scories de déphosphoration à 16.56 °}, d’acide phosphorique anhydre; . finesse de mouture, 64 °/, au tamis normal).
La disposition de nos expériences dans la serre était donc la suivante :
Espèce végétale.
MILIEU DE CULTURE. . Orge. Haricot.
Essai L Sol sablonneux sans addition. . . . . Haut 17 à 20 Pen vdem-fcéntrolef #7") Ne 5 à 8 21 à 94 Essai IL. Sol sablonneux + fumure minérale . . 9 à 12 95 à 28 PH fdem (éontrôlele, Luz." 4% 1494.10 29%à 92
Semences. — Orge de printemps, à six rangs, d’un poids de 38",2515 les 100 graines. Richesse en azote :
Méthode à la chaux sodée. . , . 1.495 | a : 1 ; s Moyenne :
Kjeldahl-Jodibauer o Lee 1.531 pour cent.
Soit, pour 6 graines, 0:',0030 ou, par essai de quatre pots, 03,0120 d’azote (N°).
Haricot nain jaune d’un poids de 14#, 947 les 100 sine Richesse en azote : à
Méthode à la chaux sodée . . . 9.436 se ie a L Se oyenne :
Kjeldahl-Jodlbauer a) . 3.496 3414 onde — — — DE 3.400
Soit, pour 3 graines, 08,0156 ou, par essai de quatre pots, Os 0624 d'azote (N°).
Notes sur la marche de l'expérience. — 23 avril : le sulfate potassique et la scorie de déphosphoration sont enterrés à l’aide d’une spatule. On procède à l’inoculation. — 26 avril : les arrosages commencent. — 3 mai : plantation de 6 graines d'orge et de 8 graines de haricot par pot. — 13 mai : commencement de la levée de l'orge. — 16 mai: levée complète ; quelques haricots commencent à montrer leurs cotylédons. — 21 mai : l'orge est très bien venue; toutes les plantes ont deux feuilles et commencent à montrer la troisième. — 28 mai : levée complète des haricots; l'orge est très belle; une différence se manifeste en faveur des séries 9 à 19 et 13 à 16. — 29 mai : les haricots développent la troisième feuille.
3 Juin : l'orge, dans le sable 1 à 4 et 5 à 8, commence à jaunir: aspect souffreteux, caractérisant les plantes affamées d'azote; les pots à fumure minérale conservent leur supériorité et ont un bel aspect ; les plantes sont visitées plusieurs fois par
Jour pour recueillir soigneusement tous les débris de la végé-
tation détachés, qui sont desséchés et conservés en flacons. —
13 juin : l'orge 1 à 4 et 5 à 8 faible et jaune; quelques plantes
seulement tallent; 9 à 12 et 18 à 16 forts, tallement plus prononcé. Haricots dans 1 à 4 et 5 à 8, bonne venue, mais assez
faibles ; dans 9 à 12 et 13 à 16, très belle venue. — 17 juin : les haricots se couvrent de boutons. floraux. — 27 juim
les différences signalées dans l’orge des deux séries se sont accentuées. La floraison des haricots commence; les plantes à engrais minéral sont plus fortes et plus vertes que celles du
sable sans addition. — 10 juillet : les gousses se forment dans