‹ Contribution à l’étude des névrites peripheriques infectieuses aiguësChapitre 4 sur 9 · I. — Névrites infectieuses · texte numérisé non relu

I. — Névrites infectieuses

a) Survenant au cours ou dans la convalescence de maladies infectieuses;

6) Aiguës, telles que la diphtérie, la fièvre typhoïde, là variole, la fièvre rhumatismale, etc., etc..

c) Chroniques^ telles que la tuberculose, la syphilis, la lèpre, etc., etc..

' d) Survenant d'emblée : comme dans le béribéri, comme dans certaines névrites aiguës et de causes indéterminées. Dans ces dernières rentreraient peutêtre certaines des névrites dites spontanées de Leyden.

II. . Névrites toxiques. D'origine saturnine, alcoolique, arsenicale, oxy-carbonée, sulfo-carbonée, mercurielle, etc., etc.. (1)

Au moment où M™^ Dejerine-Klumpke (1) réduisait ainsi la classification des névrites données par Leyden, M. Lœwenfeld (2), dont la compétence en pareille matière est justifiée par de nombreuses publications, attaquait aussi cette même classification, pour la réduire encore davantage et admettre seulement des névrites spontanées et des névrites toxiques. L'auteur en effet supprime de la classification de Leyden

(1) M"»^ Dejerine-Klumpke. Loc. cit., p. 24.

(2) L. Lœwenfeld. Zur ^Etiologie der multiplen Neuritis. Mûnch med. Woch. 1888, n» 37. ■

les névrites infectieuses parce qu'elles n'ont pas une marche spéciale, et surtout parce que l'intensité des manifestations neurotiques n'est pas en proportion avec l'intensité du processus infectieux qui est sensé lui avoir donné naissance. Le virus n'est pas spécifique de la névrite.

Pour le même auteur les névrites à frigore, de Leyden, sont de nature toxique: ce sont des autointoxications.

Quant aux névrites consécutives à l'action du surmenage et aux dyscrasies, Lœw^enfeld pense qu'elles ne relèvent pas d'une action spécifique, mais de conditions étiologiques capables de faire apparaître aussi bien une névrite toxique qu'une névrite spontanée.

Nous n'hésiterons pas à dire que les arguments de Lœwenfeld n'ont qu'une valeur relative aujourd'hui que l'on considère comme démontré que les chorées et les endocardites qui se manifestent au cours du rhumatisme ou le suivent de près, ne surviennent pas comme il le dit d'une façon primitive mais relèvent absolument de la même action, et nous ne voyons pas pourquoi cette même action ne déterminerait pas une névrite multiple secondaire et non pas une névrite multiple primitive comme le veut Lœwenfeld.

Quant au surmenage et aux dyscrasies, il est actuellement démontré, pour tout le monde, que ces causes aussi bien que le froid mettent l'individu dans un état de réceptivité capable de permettre à certains agents de prendre une puissance particulière.

Nous ne retenons pas moins du travail de Lœwenfeld certaines considérations et sa tendance à la réduction

des classes de névrites multiples ; mais ainsi que M"*' Dejerine-Klumpke le faisait remarquer, le rôle des microbes prend de jour en jour une importance plus considérable ; à leur action directe on tend à substituer l'action de leurs produits solubles, substances irritantes, actives agissant à l'égal d'un poison quelconque, et nous ne trouvons pas exagéré actuellement de penser et de dire que si, 'ainsi que le fait remarquer Lœwenfeld, à la suite de la diphtérie, par exemple, on voit des paralysies intenses alors que la manifestation primitive a été légère, c'est que l'individu chez lequel se produisent ces phénomènes offre des conditions de résistance considérables, soit par son état général, soit par la puissance de ses moyens d'élimination.

Cette simple considération nous permet même de dire que les névrites survenant dans les dyscrasies, celles qui tiennent à l'action du froid, au surmenage musculaire etc relèvent également d'un agenttoxique que le malade n'élimine plus, ou tout au moins élimine mal et dont, du reste, raction est d'autant plus facile que l'individu est dans des conditions de résistance moindres.

Du reste déjà en 1888, Cornélius (1), dans sa thèse, réduisait les polynévrites à trois groupes :• 1" Infectieuses, 2° Toxiques, 3** Rhumatismales, et faisait entrer dans la forme infectieuse, les névrites

(1) A. Cornélius. Beitrœge zur Casuistik der multiplen Neuritis. Inaugural Dissertation. (Berlin, Mœrz. 1888.)

du béribéri et du kakke. Depuis, de nombreux travaux sur le béribéri, et plusieurs observations ont été publiés; qu'il nous suffise donc de dire que Miura (1) avait remarqué la coïncidence de l'apparition du béribéri et de la pêche de certains poissons, l'existence de cette affection dans les établissements ou dans les régiments dont ces poissons font à certaines époques de l'année toute leur alimentation ; que van Eecke (2) a trouvé à l'autopsie de deux cas de béribéri, deux microbes, un jaune et un blanc, et un troisième qu'il n'a pu déterminer. Nous retrouverons à leur place dans la revue des maladies, à la suite desquelles peut se produire une névrite multiple, d'autres observateurs signalant la nature infectieuse du béribéri, parfaitement établie aujourd'hui.

Aussi, actuellement n'hésiterions-nous pas à proposer la classification suivante :

I. Névrites infectieuses: tenant à l'introduction dans l'économie d'un agent infectieux, sécrétant une substance irritante, ou bien au développement de cet agent préalablement introduit, sous l'influence de conditions favorisantes.

II. Névrites toxiques : tenant à l'introduction dans l'économie d'un agent chimique, inorganique.

Nous avons laissé de côté cette seconde classe, les

(1) D' Miura, in Tokio (Japon). Beitrsege zur Pathologie der Kakke. Virchow's Arch., 1889. cxiv, 2.

(2) I.-W.-I. van Eecke. Eenige bijdragen tôt de kennis van oorzaken en den aard der Béribéri (Geneesk. Tijdschr voor Nederl. Indie, 1887. xxvri. I. S. 71.).

Bonnet

névrites toxiques, nous réservant de voir plus tard s'il existe une différence entre la première et la seconde de ces classes, entre les névrites infectieuses et les névrites toxiques, ou si on ne doit pasau contrairesonger à ranger toutes les névrites sous le titre de toxiques, ne les faisant différer les unes des autres que par la nature de l'agent toxique, organique ou inorganique, l'alcool pouvant peut-être être le passage de l'un à l'autre, ou leur trait d'union.

Pour l'instant nous gardons donc cette division en infeclieusesei toxiques, et [yarnévriles infectieuses nous comprenons toutes les névrites qui ne relèvent ni de l'alcool, ni du plomb, ni de l'arsenic, etc., etc.

Ainsi réduit, le champ nous a semblé encore trop vaste, et étant donnée la nature de nos observations, nous avons réduit nos recherches à ce qui avait trait aux névrites consécutives, aux maladies infectieuses aiguës; nous avons laissé encore de côté celles qui sont consécutives aux maladies chroniques, telles que la tuberculose, la syphilis, lâ lèpre, etc., qui nous ont paru d'une nature spéciale; mais en revanche, nous considérerons comme aiguës, celles décrites comme survenant d'emblée, les névrites spontanées de Leyden, celles du béribéri, persuadé qu'il s'agit là, pour les névrites spontanées, de conditions favorisantes pour le développement ou l'action d'un microbe ou d'auto-intoxications, comme le veut Lœvenfeld,ce qui revient au même, ou de maladies vraiment infectieuses, comme pour le béribéri.

Voyons donc à la suite de quelles maladiesaiguësles auteurs ont signalé des cas de polynévrite.

Les observations de cette affection, bien que peu anciennes, sont déjà trop considérables pour que nous puissions les rapporter ici; souvent la nature delà maladie primitive a échappé à l'observateur ou le malade a été vu à une époque tardive, n'ayant plus qu'un souvenir plusou moins vague des phénomènes qui avaient précédé ou accompagné la faiblesse des membres. Nous nous contenterons donc de mentionner ici les cas où nous avons trouvé nettement indiquée la maladie qui a été le point de départ de l'affection nerveuse.

Aujourd'hui la microbiologie a englobé un grand nombre d'affections considérées autrefois comme autochtones et si nous ouvrons par exemple le Traité de Médecine de MM. Bouchard et Charcot, au chapitre des maladies infectieuses, nous voyons rapportées aux microbes des affections bien nombreuses. Dans cet ouvrage M. Charrin (1) examine les maladies dont la nature infectieuse est démontrée plus ou moins nettement aujourd'hui ; si de la liste ainsi dressée nous rapprochons les cas de polynévrite que nous trouvons dans la littérature médicale, n'aurons-nous pas, par cela même, démontré sinon l'influence microbienne dans le développement de la polynévrite, tout au moins une coïncidence certaine ? Pour cela nous suivrons pas à pas, la nomenclature de M. Charrin, citant en regard les observations nettes que nous avons rencontrées, regrettant de ne pouvoir les rapporter en entier.

(1) Traité de médecine. I. p. 71. Domaine pathologique de a microbiologie, par A. Charrin.

Devons-nous rapporter au charbon le cas de Slrumpell (1), dans lequel un jeune homme de vingt-six ans, piqué à la main droite par une mouche, présenta des phénomènes inflammatoires pouvant être pris pour une pustule maligne, cas du reste discuté par Jendrassik (2) à tous les points de vue ?

Nous n'avons pas trouvé de cas se rapportant à la morve ou à la rage ; mais en revanche la bibliographie de la diphtérie dans ses manifestations du côté du système nerveux est -riche, et nous citons au hasard les noms de Landouzy (3), Genhart (4), Gahn (5), Bayer (6), Mendel, Remak, Bernhardt (7), Henoch (8), Hyde et

(1) A. Strumpell. Multiple Neuritis mit doppelseitiger Facialislaehmung und Ataxie der unteren Extremitœten, in Erlangen.

(2) E. Jendrassik. Multiple Neuritis und Ataxie. Neurolog. Centralblatt, n» 24, p. 688. 1889.

(3) Landouzy. Paralysies dans les maladies aigûes. Th. agrég. 1881.

(4) A. Genhart. Paralysie diphtérique. Inaug. Dissert. Zurich, 1883.

(5) A. Cahn. Atrophie musculaire généralisée à la suite de la diphtérie. Berlin, klin. Woch. 1" janv. 1883.

(6) Bayer. Paralysie diphtérique du voile du palais, diplégie faciale, déformation de la bouche en museau. Rev. mens, dé laryngol. juillet 1884.

(7) Mendel, Remak, Bernhardt. Paralysie diphtérique. Berlin, klin. Woch. 23 mars 1885.

(8) Henoch. Paralysie diphtérique. Berlin, klin. Woch.. 9 août 1886.

Powel (l), von Ztemssen (2), -Thomson (3), Widal (4), Morton (5), Giithrie (6), Babes (7), Girode (8), Lœwenfeld (9), Prince (10), Dor fH), Hallayer (12), Hochhaus (13), Lunz (14), Bourges (15), etc.. Plusieurs fois des polynévrites ont été signalées à la

(1) Hyde et Powel. Gangrène symétrique des doigts et du nez à la suite d'une diphtérie. Brit. med. journ., p. 203, janv. 1886.

(2) Von Ziemssen. Paralysies diphtériques. Klin. Vortrsege iv. Leipsig, 1887.

(3) Thomson. Paralysie diphtérique. Med. News. 9 juin 1888.

(4) Widal. Pathogénie de la paralysie diphtérique. Gaz. hebd. de méd., 18 janv. 1889.

(5) Morton. Paralysie bilatérale des droits externes, suite de diphtérie. Trans. opht. Soc. mit. Kingdonn xi, p. 106.

(6) Guthrie. Crises bulbaires de la paralysie diphtérique chez les enfants. The Lancet. 13 et 25 avril 1891.

(7) Babes. Virchow's Arch. 1890. Bd 119.

(8) Girode. Diphtérie et gangrène. Rev. de méd., 1891.

(9) Lœwenfeld. Observations sur l'étiologie de la névrite périphérique. Mùnch. Woch. n" 37. 1888.

(10) Prince. Deux cas d'ataxie locomotrice à la suite de la diphtérie. Boston journal, 13 juin 1889.

(11) Dor. Un cas d'ataxie diphtérique. Prov. méd., p. 4,1890.

(12) Hallayer. Paralysie ^diphtérique. Hosp. Tid. viii., p. 4, 1890.

(13) Hochhaus. Des paralysies diphtériques. Virchow's Arch. cxxiv, 1890.

(14) Lunz. Ueber die Affectionen des Nervensystems nach acuten infectiôsen Processen (Arch. f. Psych xviii). S. 882.

(15) H. Bourges. La diphtérie. Paris, 1892.

suite de l'érysipèle par Leyden (1), Leu (2) et Grasset (3) principalement.

Nous n'avons pas rencontré de cas de polynévrite consécutive au choléra.

Mais la dysenterie et la diarrhée des pays chauds donnent souvent lieu à des troubles nerveux ainsi que l'a fait remarquer M. Pugibet (4) qui en rapporte sept observations et cite à ce propos Avicenne, Zimmermann (5), Trousseau (6), Conrad, Fabricius, Barail- 1er (7), Moutard-Martin, Pidoux, Gubler, Delcoux de Savignac (8), Dutrouleau (9), Béranger-Féraud (10),

(1) Leyden. Loc. cit.

(2) Leu. Sur un cas de névrite multiple infectieuse après un érysipèle de la face. Charité Annalen xv, p. 276. 1890.

(3) Grasset. Un cas de pseudo-tabès infectieux. Paralysie symétrique après un érysipèle. Montpellier médical. N° 3, p. 253. 1892.

(4) J. Pugibet. Des paralysies dans la dysenterie et la diarrhée chronique des pays chauds. (Rev. de méd., 1888, février, mars et avril.)

(5) Zimmermann. Traité de la dysenterie, trad. parLefebvre, 1794. pe partie, chapitre IL

(6) Trousseau. T. III, p. 183.

(7) Barailler. Art. Dysenterie du Dict. de méd. et de chirurg. pratiques. T. XL

(8) Delcoux de Savignac. Traité de la dysenterie. 1863.

(0) Dutrouleau. Maladies des européens dans les pays chauds.

(10) Béranger-Féraud. Maladies des européens aux Antilles. — Traité de la dysenterie et de la diarrhée chronique. 1883.

Leyden (1), comme ayant montré l'existence de troubles nerveux au cours ou dans la convalescence de la diarrhée chronique.

La fièvre typhoïde aussi paye un abondant tribut aux névrites, ainsi que l'ont montré Leyden (1), Handford (2), Ross (3), Church (4), Fazio (5), Lehmann (6), Leber, Deutschmann (7).

Nous n'avons rencontré de cas consécutifs aux oreillons, que celui de Tolon, névrite optique (8).

La pneumonie a plus fréquemment qu'il ne semble, soit dans son cours, soit à son déclin, des manifestations nerveuses ; parmi celles-là les névrites périphériques ne sont pas rares; signalées peut-être pour la première fois par Tedeschi (9), elles ont été étudiées

(1) Leyden. Traité clinique des maladies de la moelle.

(2) Handford. Névrites périphériques dans la fièvre typhoïde. Brain, juillet, p. 237, 1888.

(3) Ross. De quelques formes de la paralysie après la fièvre typhoïde.

(4) Church. Névrite multiple. Journ, of the amer. med. assoc. 1890, nov. 1., p. 57.

(5) Fazio. Polynévrite dégénérative d'origine typhique. Congrès de Rome, 1889.

(6) Lehmann. Monoplégie brachiale, suite de fièvre typhoïde. Brit. med. Journ. 1887, 2 avril, p. 727.

(7) Deutschmann. Arch. f. Opht. 1872.

(8) Tolon Jahr. f. Aug. 1883, page 466.

(9) Tedeschi. Contribution à l'étude des névrites. Gaz. lombard. 1889, no 41.

par Stephan (1), Oppsnheim (2), Beau, etc. Dans sa thèse inaugurale, M. Boulloche (3) fait une revue complète des cas signalés et fournit une longue liste de documents bibliographiques.

S'il n'y a pas de cas signalés à la suite de la gangrène pulmonaire, la liste des travaux sur les névrites périphériques dans la tuberculose justifie leur fréquence. C'est la thèse de Jappa (4), les travaux de Leyden, de Senator (5), Atwood (6), de Venu (7), de Rosenheim (8), de Beau, de Joffroy d'Eisenlohr,

(1) Stephan. Des paralysies pneumoniques. Rev. de médecine, 1889.

(2) Oppenheim. Un cas de névrite multiple aiguë à la suite de pneumonie. Charité Annal., 1889, p. 405.

(3) Boulloche. Des paralysies pneumoniques. Th. de Paris,

(4) Jappa. Des altérations des nerfs périphériques dans la phtisie. Thèse inaug. St-Pétersbourg, 1888.

(5) Senator. Ueber acute multiple Myositis bei Neuritis. Dtsch. med. Woch. 1888, p. 23.

(6) Atwood. Trois observations de névrite multiple avec folie. Americ. Journ. of insanity, 1888, juillet, n° 1, p. 45.

(7) Venu. Sur un cas de névrite multiple périphérique dans la tuberculose. Th. Berlin, 1889.

(8) Rosenheim. Névrites infectieuses. Arch. f. Psych. XVIII, p. 3, 1888.

ceux de Pitres et Vaillard (1), etc., et nous en omettons beaucoup que nous aurons du reste plus tard l'occasion de citer.

Les pleurésies, dont la nature sinon bacillaire, au moins microbienne est démontrée, ont été signalées par Beau et par Fiessinger (2) comme pouvant donner, lieu à des phénomènes neuritiques;.

Mais parmi toutes les maladies infectieuses , c'est encore la grippe, surtout depuis les récentes'épidémies, qui est' signalée comme une des maladies donnant le plus fréquemment des paralysies. Les observations sont très nombreuses; ce sont celles de Bernhardt (3), Holmer (4), Westphallen (5), Martel (6), Fergusson (7), Church (8), Homen (9),

(1) Pitres et Vaillard. Névrites périphériques chez les tuberculeux.

(2) Fiessinger. Rev. méd., 1892.

(3) Bernhardt. Paralysies suite d'influenza. Jahresbericht, f. gesammte raed. 1890.

(4) Holmer. Névrite suite d'influenza. Eira XIV. p. 7.

(5) Westphallen. Névrite multiple après l'influenza. Pétersbourg Woch. n» 21, 1890.

(6) Martel. Névrite radiculaire après grippe. Bull. soc. des hôpitaux de Paris. VII,^p. 286, 1890.

(7) Fergusson. Névrite viscérale, The alienist and neurolog. XI, 534, 1890.

(8) Church. Névrite multiple. Journ. of the amer, med assoc. nov., 1, p. 57,4890.

(9) Homen. Névrites après l'influenza. Finska Lœk. handi CXXXII, 12, 1890,

Uthoff (1), Fiikula (2), Kohts (3), Feege (4), Holz (5), Havage (6), Brosset (7), Lojanoco (8), W. Strange (9), E. Morselli (10), Goldflam (11); enfin M. Bidor (12), dans une revue très complète, cite un certain nombre de cas d'inflammation de la moelle, dit-il, et

(1) Uthoff. Paralysies de l'accommodation suite de Tinfluenza. Deutsch. Woch. n» 10, 1890.

(2) Fukula. Parésie de l'oculo-moteur après l'influenza. Internat, klin. Rundsch. n» 26, 1890.

(3) Kohts. Paralysies chez les enfants après l'influenza. Therapeut. Monatsh. 12, 1890,

(4) Feege, Complicat. dans l'influenza. AUgem, med. Centr. zeitung, n» 24, 1890.

(5) Holz. Accidents graves après l'influenza. Berl. klin. Woch., n" 4, 1890.

(6) Havage. Sur un cas de polynévrite infectieuse aiguë,, consécutive à la grippe. Rev. de mèd. 10 février 1891.

(7) Brosset. Sur un cas de névrite après l'influenza. Lyon méd. n<» 46.

(8) Lojanoco. Un cas de polynévrite infect, aiguë produite par la grippe. Sicilia med. n" 4, 1890, p. 61.

(9) W. Strange. Severe affection of the vagus nerve, the resuit of the poison of influenza. Brit. med. Journ. 1890, p.

(10) E. Morselli. Su alcuni effetti neuro-e psycopatici dell'influenza. Riforma medica, 19 avril 1890.

(11) Goldflam. Un cas de polioencéphalite et poliomyélite après l'influenza. Orvosi Hetilap, 1890, 51-52.

(12) Bidon. Etude clinique de l'action de la grippe sur le système nerveux. Rev. méd. 1890, p. 661.

qui demandent à être discutés, pouvant être interr prêtés dans le sens de névrite. Ce sont ceux de Drasche (1), Fereole (2), Laveran (3), Bennets (4), etc. Enfin, le Docteur Max Knies, dans son étude des rapports de l'organe visuel avec les maladies générales, cite quelques autres cas où le nerf optique ou les nerfs moteurs de l'œil furent paralysés à la suite de la grippe. Ce sont les cas de Denti (5), Novelli (6), Kœnigstein (7), Lebeau (8), Vignes (9), Bergmeister (10), Hansen (11), Stœber (12), etc.

Pour continuer à suivre M. Charrin nous avons cherché des cas de névrite périphérique consécutifs aux endocardites, péricardites, artérites, embolies, thromboses, myocardites, etc., nous n'avons trouvé que les recherches de MM. Joffroy et Achard (13) sur ce point;

(1) Drasche. Soc. império-royale des médecins de Vienne,

(2) Fereole. Soc. méd. des Hôpitaux, 21 fév. 1890.

(3) Laveran. Soc. méd. des hôpitaux, 24 janvier 1890.

(4) Bennets. Lancet, 1" février 1890.

(5) Denti. Arch. f. Aug., 1891, p. 67.

(6) Novelli. BoUet. di ocul. XIII, p. 5.

(7) Kœnigstein. Wien. med. Blœtt. XIII 9.

(8) Lebeau. Ophth. record, 1891, octobre.

(9) Vignes. Annales d'oculistique, 115, p. 244.

(10) Bergmeister. Wien. klin. Woch, 1890, p. 204.

(11) Hansen. Centralbl. fur Aug., 1891, p. 120.

(12) Stœber. Mon. f. Aug. 1890, p. 418.

(13) Joffroy. Névrite périphérique d'origine vasculairo. Arch. de Méd. expérimentale, 1" mars 1889.

de même, l'anémie pernicieuse, le scorbut, le purpura ou la leucocythémie ne nous présentent rien à signaler.

Pour les maladies consécutives aux affections du tube digestif, nous avons plusieurs cas à la suite d'angine soit dans la bibliographie soit dans nos observations, et nous croyons qu'il faut rapporter à l'intestin ceux qui se sont accompagnés de diarrhée, d'ictère, etc.

Nous rangeons sous le titre de péritonite, ou tout au moins nous rattachons aux organes génitaux et au péritoine les cas survenus à la suite de l'accouchement ou pendant la grossesse, signalés par Whitfield (1), Tuilant(2)Mœbius(3), Handford (4), Desnos, Pinard et Joffroy (5), E. Sottas et J. So.ttas.(6).

Des cas sont signalés à la suite de néphrites infectieuses, par Dana (7), Loewenfeld (8).

Nous croyons que certains cassignalés par Upson(9),

(1) Whitfield. Névrite et grossesse. Lancet, 30 mars 1888.

(2) Tuilant. De la névrite puerpérale. Th. Paris, 1891.

(3) Mœbius. Névrite puerpérale. Munch. Wôch. 1890.

(4) Handford. Le puerpérisme comme facteur étiologique de la névrite multiple. Brit. med. J. 28 nov. 1891.

(5) Desnos, Pinard et Joffroy. Névrite suite de grossesse. Union médicale. N<'»12et 14, 1889.

(6) E. SottasetJ. Sottas. Polynévrite puerpérale. Gaz. des hôp., No 123, p. 1153, 1892.

(7) Dana. Névrite septique périphérique, due à une pyélpnéphrite. New -York Neurol. Soc. 4 juin 1889.

(8) Lœwenfeld. Loc. cit.

(9) Upson. Névrite multiplede la méningite cérébro-spinale. Journ. of nerv, and ment, dis., juin 1889.

Eisenlohr (1) et Mills (2) et que ces auteurs ont rapprochés de la méningite cérébro-spinale, peuvent être, peut-être, rattachés à la nature infectieuse de cette maladie, dont ils pourraient bien ôlre une complication.

Les maladies éruptives ont été souvent accompagnées de névrite périphérique; pour la variole, Grocco, pour la scarlatine, Seifert (3), pour la rougeole, Tedeschi (4) et Allyn (5) en citent des cas.

Les cas signalés à la suite du rhumatisme aigu et chronique sont assez nombreux : ce sont ceux de Dubois (6), Thomas (7), Gordinier (8), Lœwenfeld (9),'

(1) Eisenlohr. Sur une épidémie de polynévrite. Berlin.' klin. Woch. N»42, p. 781, 1887.

(2) Mills. Névrite multiple et méningite cérébro-spinal. Polyclinique, 1888, p. 313.

(3) Seifert. Un cas de névrite multiple dégénérative. Jahresber. der Gesell. f. Natur. u. Heilk. inDresden, p. 77, 1888 .

(4) Tedeschi. Loc. cit.

(5) Allyn. Paralysie suite de rougeole. Philadelph. News LIX22, p. 610, 1891.

(6) Dubois. Névrites à début brusque chez les rhumatisants.

(7) Thomas. Névrite rhumatismale aiguë. Journ. amer., med. Assoc. 27 févr. 1892.

(8) Gordinier. Case of rheumatic multiple neuritis. York.' med. Journ., 1" août 1891, p. 128.

(9) Lœwenfeld. Loc. cit.

Hoffmann (1), Macnamara (2), Church (3), Bury (4), MuUer, Kast, Landouzy, Erb, Remak, Eulan, Bœck, Freund, Senalor.

De même pour le diabète, les cas d'Eichhorst (5), Auché (6), Althaus(7).

Dans un ordre de micro-organisme plus élevé nous trouvons l'impaludisme dont les manifestations sur le système nerveux périphérique ont été signalées par Macnamara (8).

Le typhus est souvent suivi de manifestations nerveuses périphériques comme en témoignent Rakhmaninoff (9) etStadelmann (10).

(1) Hoffmann. Paralysie périphérique du nerf sus-scapulaire d'origine rhumatismale. Neurol centralbl. 1888.

(2) Macnamara. Névrite rhumatismale. Brit. Journ.,nol531,

(3) Church. Loc cit.

(4) Bury. Névrite multiple dans le rhumatisme aigu. Med. chronicle, Juin 1888. .

(6) Eichhorst. Sur la névrite diabétique et ses rapports avec la perte du réflexe rotulien. Arch. f. pathol., Anatom. u. Physiol., CXXVII, 1, 1892.

' (6) Auché. Des altérations périphériques des nerfs chez les diabétiques. Arch. de méd. expérim. IL n^S, p. 635, 1891.

(7) Althaus. Névrite dans le diabète. Lance t, 1" mars 1890.

(8) Macnamara. Névrite paludéenne. Brit. Journ., 8 mars

(9) Rakhmaninoff. Contribution à l'étude de la névrite périphérique. Rev. de Médecine, 1892.

(10) Stadelmann. Névrite consécutive au typhus. Neurol. Centralblatt. 1887, 17.

Quant au béribéri, les manifestations nerveuses si elles ne sont pas toute la maladie en sont du moins le symptôme capital ainsi qu'en témoignent les observations de Massey (1), [de Pekelharing et Winkler (2), Jelgersma (3), Lorençao (4) et bien d'autres.

En outre les manifestations microbiennes ou parasitaires du côté des muqueuses ou de la peau s'accompagnent quelquefois de phénomènes paralytiques surtout dans le zona, la gangrène, le pemphigus, la lèpre comme en témoignent les travaux de MM. Sangster et Mott (5), Hers (6), Féré (7), Dehio (8), Sass (9), Zmigrowski (10), Stropha (11), Neusser (12).

(1) Massey. Un cas de névrite multiple. Med. and surg, rep., 28 avril 1888.

(2) Pekelharing et Winkler. Béribéri. Utrecht, 1888.

(3) Jelgersma. Sur le béribéri. Centr. bl. f. Nerv., 130, 1889.

(4) Lorençao. Jahr. f. Aug., 1872, 219.

(5) Sangster and Mott. Eruption pemphigoïde avec altér. des nerfs périph. Brit. med. Journ., 16 juin 1888.

(6) Hers. Un cas d'herpès avec troubles moteurs. Nederlands. Tijdschr. I, n<>4, 1889.

(7) Féré. Quatre cas de zona. Rev. deMéd., n«5 p. 393, 1890.

(8) Dehio. Névrites périphériques dans la lèpre. St-Pétersb. Woch. n« 48, 1890.

(9) Sass. Deux cas de lèpre des nerfs. Deutsch. Arch. f. klin Med. XLVII, p. 319, 1890.

(10) Zmigrowski. Pemphigus neuritique. Bolnitschu gas. Betkuna, 21 nov. 1890.

(11) Stropha. Jahr. f. Aug., p. 303, 1872.

(12) Neusser. Jahr. f. Aug., 1886, p. 303.

Enfin nous signalerons les cas observés chez les cancéreux par Auché (1) et Gerhardt (2) , Miura (3), le cancer étant peut-être bien une maladie infectieuse, mais donnant dans tous les cas certainement lieu à des auto-intoxications.

A signaler aussi toutes les septicémies, dont les cas soat nombreux, suivies de manifestations nerveuses.

Pitres et Va il lard (4) ont étudié les rapports du téiarios et des névrites.

Fry (5) a signalé un cas de chorée avec névrite multiple.

Nous pourrions multiplier les cas indéfiniment; mais ceux que nous avons cités nous suffisent pour dire que presque toutes les maladies regardées aujourd'hui comme microbiennes peuvent présenter des complications du côté du système nerveux périphérique, les agents pathogènes en dehors de l'action qu'ils exercent sur l'organe qu'ils ont choisi pour lieu d'élçction, pouvant impressionner le système nerveux, et leur action de ce côté se manifestant par des paralysies périphériques.

Mais à ces causes efficientes nous devons joindre des causes adjuvantes et, en première ligne, nous trou-

' (1) Auché. Des névrites périphériques chez les cancéreux., Rev. de méd., octobre 1891.

(2) Gerhardt. Névrite multiple dans le cancer de l'estomac. Berlin, klin. Woch. n» 37, 1891.

(3) Miura, Névrite dans le cancer de l'estomac. Berlin, klin. Woch. N» 37, p. 305, 1891.

(4) Pitres et Vaillard. Rapport des névrites périphériques avec le tétanos. Arch. gén. de -médecine, mai 1888.

(5) Fry. Journ. of nerv. and ment, disease XV, 1890.

vons le froid et Vhumidité, dont l'action favorise d'une façon non douteuse le développement des microorganismes pathogènes, en mettant l'individu dans des conditions de résistance moindre ; puis viennent les fatigues musculaires excessives, les Iraumatismes agissant de la même façon ; mais ainsi que le fait remarquer Raymond (1), il est difficile d'apprécier d'une façon bien exacte la valeur de ces différents facteurs.

Enfin à ces causes il faut joindre toutes celles de dépérissement profond et plus ou moins latent, la misère physiologique déterminée, soit par les mauvaises conditions de la vie matérielle, soit par des maladies essentiellement débilitantes comme le cancer, le sarcome, etc., qui pourront peut-être un jour rentrer directement dans le cadre des affections microbiennes.

Nous ne croyons pas que Vâge ait une importance pour le [développement des névrites périphériques ; d'après les observations, les limites seraient cinq ans et soixante-cinq ans.

Les saisonsonl la signification que nous avons donnée au froid et à l'humidité, de même que les professions se rapprochent des efforts musculaires et du surmenage.

Enfin \e sexe ne semble pas avoir d'autre importance que celle qu'il a dans l'étiologie de toute maladie infectieuse.

En résumé et avant d'examiner nos observations, nous pouvons dire gw'à la suite d'une cause occasionnelle comme le froid, VImmidilé, la fatigue musculaire, on voit sur-

(1) Raymond. Leçons sup;ies maladies du système nerveux. Paris, 1889 pages 357 et suiv.

Bonnet

venir sous l'action d'une cause prédisposante, comme une affection microbienne ^ des troubles de la motilité et de la sensibilité, qu'on range sous la dénomination de polynévrite ou névrite multiple infectieuse.

Ce sont des cas de ce genre que nous rapportons ici, et nous nous proposons d'examiner tout d'abord si le début de la maladie chez nos malades peut être rapproché d'une maladie infectieuse.

Voici telles qu'elles. nous ont été confiées, les obser valions des 14 cas de polynévrite que nous avons pu réunir.

Pour quelques-uns des malades qui font l'objet de ces observations, nous avons pu avoir des renseignements récents sur l'état de leur santé et nous les avons consignés à la suite de leur histoire.

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