‹ Contribution à l’étude des oblitérations de la veine cave inférieureChapitre 7 sur 18 · ANASTOMOSES AVEC LA VEINE CAVE INFERIEURE · texte numérisé non relu

ANASTOMOSES AVEC LA VEINE CAVE INFERIEURE

L° Anastomoses directes.

a. Par communication proche. — Claude Bernard avait décrit chez le cheval un certain nombre de branches de petit calibre, qui parties de la veine porte traverseraient la substance hépatique intermédiaire à ce vaisseau et à la veine cave inférieure et s’ouvriraient dans celles-ci par des orifices parfaitement nets après avoir rampé quelque temps dans l’épaisseur de ses parois comme des vaso-vasorum. Chez l’homme elles seraient représentées d’après Cl. Bernard par desrameaux de la veine porte qui au lieu de se ramifier dans les lobules du foie, se rendraient directement aux branches des veines hépatiques qui en émergent en serpentant.

M. Sabourin (. Progrès médical , 1883) reprend et démontre les faits énoncés par Cl. Bernard : « Sur le bord « des grands canaux portes, dit-il, on voit soudés à la « capsule glissonnienne, insérés par conséquent dans « la gaine conjonctive de ces canaux portes, un ou deux « vaisseaux qui par leur nature diffèrent totalement des « vaisseaux composant d’ordinaire les canaux portes ou « qui partent habituellement de ces canaux : tout dé- « montre que ce sont des veines sus-hépatiques. Si on « examine le point d’implantation de ces canaux sur la « gaine de Glisson on peut constater qu’il existe là un

« amas de faisceaux de libres musculaires lisses tout à « fait indépendant de la paroi épaissie de la veine porte « avoisinante. On peut formuler les conclusions sui- « vantes : 1° Il existe dans l’épaisseur du foie sur le « trajet des gros canaux portes, des canaux sus-hépa- « tiques volumineux qui plongent par une de leurs extré- « mités dans la gaine conjonctive de ces vaisseaux « portes ; 2° sur le trajet intra-glissonnien de ces canaux « sus-hépatiques ou, pour parler plus exactement, au « point où l’on perd sur la coupe leur cavité dans la « gaine de Glisson. il sémble exister une accumulation « anomale de libres musculaires lisses. Ces veines por- « to-s us-hépatiques sont de véritables canaux desûreté « pour la veine porte ».

(3. Par communication éloignée :

1° Par la coronaire stomachique , qui s’anastomose avec la diaphragmatique inférieure.

2° Par les hémorroïdales supérieures , branches de la veine porte qui s’anastomosent avec les hémorroïdales inférieures branches de la honteuse interne.

3° Par le système de Retzius et le système portorénal. — Retzius dans un court et intéressant mémoire (Remarques sur les anastomoses de la veine porte avec la veine cave inférieure en dehors du foie, Journal de physiologie de Tiedmann et Tréviranus, 1833) décrit des rameaux veineux provenant du duodénum, du côlon et du rectum et se jetant dans la veine cave inférieure. En cherchant les anastomoses porto-rénales sur le cadavre d’un enfant de 5 ans, dit Retzius, j’avais lié le tronc de la veine porte à son entrée dans le foie et j’y avais injecté au-dessous de la ligature une masse colorée. En

même temps je remplis la veine cave avec une masse colorée différemment. Eu préparant les veines injectées je vis des rameaux provenant de la portion gauche du côlon, se rendre à la veine rénale. J’obtiens le même résultat sur trois cadavres d’enfants du même âge. On trouve encore un gros et épais réseau de veines très fines dans le tronc cellulaire de la lace externe du péritoine, les branches veineuses auxquelles se rendent les ramuscules de ce réseau se jettent, partie dans la veine porte, partie dans la veine cave inférieure et on les voit s’anastomoser sur les parois postérieures de l’abdomen avec les veines du côlon et en même temps s’unir aux veines des reins et à celles du bassin.

Lejars (. Progrès médical , 1888) a repris ces expériences, il a trouvé dans un cas une branche émergée du bord supérieur de la veine rénale gauche se diviser bientôt et envoyer ses rameaux d’une part dans la capsule adipeuse, d’autre part entre les feuillets du mésocôlon où ils s’anastomosaient nettement avec la petite mésaraïque. Dans d’autres cas il a vu sous le péritoine en soulevant les côlons un grand nombre de canalicules qui partent des veines coliques pour gagner celles de la capsule adipeuse à gauche ; trois de ces branches se laissaient suivre jusqu'au bord supérieur delà veine rénale et y plongeaient. 11 a vu de plus une veine partant de la spermatique gauche et se continuant avec une branche de la diaphragmatique inférieure émettre 3 ou 4 petits rameaux qui croisent la face antérieure du reinet que l’on suit jusqu’aux branches de la petite mésaraïque.

Dans un cas il a vu une branche partant de la veine rénale envoyer un rameau qui s’anastomosait avec les

diaphragmatiques inférieures ; une autre branche beaucoup plus grosse se dirigeait vers la rate après avoir formé un riche plexus qui pénétrait dans le parenchyme de l’organe.

Tous ces faits démontrent dans bien des cas l’existence d’anastomoses porto-rénales.

4° Par le système veineux de la capsule adipeuse précédemment décrit :

5° Par des anastomoses diverses décrites par Smiedel (de varietatibus vasorum, plerumque magni momenti), qui signale les anastomoses des veines hémorroïdales avec les veines de la vessie, des veines courtes avec la diaphragmatique inférieure gauche, de la veine pylorique avec la veine phrénique droite. Carlo Giocomini (Mémoire traduit par Labbé et Aubeau, 1874) décrit également des anastomoses entre la veine porte et les veines iliaques. Henle, Virchow, Hvrtl indiquent des anastomoses entre la veine splénique et l’azygos.

2° Par anastomoses indirectes ou système des veines portes accessoires.

Ces anastomoses se font. :

z. Par les veines du groupe du ligament suspenseur qui s’anastomosent avec les diaphragmatiques inférieures branches de la veine cave ascendante.

[3. Par les veines du groupe ombilical qui s’anastomosent avec l’épigastrique et les sous-cutanées abdominales.

y. Par la perméabilité persistante de la veine ombilicale.

L’existence de la perméabilité de cette veine niée par Sappey et Robin, admise par Baumgarten, Bamberger, a été confirmée par les travaux de Wertheimer (, Journal de l'anatomie et de la physiologie , 1886). Cet auteur a trouvé dans l’épaisseur du bouchon central de la veine ombilicale une petite veine qui quelquefois se divise en deux branches. D’autres fois elle se subdivise en un véritable réseau capillaire qui se reconstitue après en un tronc unique. Au niveau de la paroi abdominale il se divise en petits minuscules. Les petits vaisseaux en lesquels se résout cette petite veine, soit dans son parcours, soit à son extrémité abdominale, communiquent avec les petits vaisseaux de la périphérie du cordon et avec les veines des parois ombilicales, il en résulte que ce petit système représente un véritable groupe porte accessoire partant de la veine porte ou de la portion de l’ombilicale restée perméable. Le canal veineux d’Aranzi a été également, dans quelques cas, trouvé perméable.

Wertheimer a également constaté les anastomoses du vaisseau qu’il a décrit. 11 a observé l’existence d’un petit rameau qui, partant de la veine ombilicale, va se perdre dans le tissu cellulaire sous-péritonéal de la paroi où elle s’anastomose avec deux petites branches venues delà veine épigastrique.

En résumé,, la veine cave supérieure et la veine cave inférieure présentent des anastomoses multiples avec la veine porte ; celle-ci joue donc un grand rôle dans le rétablissement de la circulation. Nous comprenons donc facilement comment dans les cas d’obstruction de la veine

cave inférieure le sang pourra revenir au cœur. La voie dérivative se constituera surtout par les plexus postérieurs (veines intra et extra-rachidiennes), par les veines de la paroi antérieure avec ou sans la participation de la veine porte.

ÉTIOLOGIE ET PATHOGÉNIE

Nous diviserons les causes des obstructions de la veine cave inférieure en causes prédisposantes et en causes déterminantes.

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