‹ Contribution à l’étude morphologique des Graines de LégumineusesChapitre 13 sur 76 · M. suffruticosa Raw · texte numérisé non relu

M. suffruticosa Raw

Comme on peut le constater aisément, ces deux listes son assez dissemblables. Il reste alors à examiner chaque espèce en particulier, et à en donner une diagnose succincte. Cela permettra de mettre en évidence les caractères distinctifs de chaque espèce étudiée, et conduira à l'établissement du tableau synoptique. Les espèces seront étudiées dans l'ordre alphahétique :

An: apiculata Wüizo. (fig. 137 et 138). — Graines médiocres, jaune cire ou jaune miel, parfois un peu verdàtres, mates ou plus exactement doucies. Tégument lisse. Avec une très forte loupe, on relève parfois à la surface comme un léger réseau ressemblant à une toile d'araignée, mais je ne pense pas qu'il faille faire état de ce fait ; et l'on doit plutôt considérer ce réseau comme formé de rides produites par la dessiccation. Contour général de la graine ovale légèrement arqué à l'ombilic. Région hilo-nucropylaire à peu près médiane. Quand la graine est bien mûre, la saillie radieulaire offre, par rapport au reste du tégument, l'aspect de la pointe de ces crochets dont les dames se servent pour faire la dentelle au fil. Mais ce caractère est en réalité assez rarement sensible, et il y a fort peu de différences avec le I. falcata Fr. (fig. 139 et 110). Cependant cette dernière espèce peut se distinguer, avec un peu d'habitude, par ce fait que, de profil, la sullie radiculaire est un peu plus épaisse, En outre, de la bosse raphéale au dos de la graine sur une ligne horizontale (1) la largeur est plus grande chez apiculata que chez falcata. Mais il faut avouer qu'ici, comme dans le genre Trifolium qui est étudié plus loin,

L. Disons une lois pour loules que dans ces descriptions ét loutes les autres, on suppose expressément les graines placées dans les positions que je leur‘avais données pour en exécuter les figures.

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les différences sont si faibles d’une espèce à l’autre, dans certains cas, que bien que l'on puisse signaler quelques différences, il est prudent d'avouer simplement l'incapacité où l'on se trouve de donner des caractères différentiels bien nets : le procédé contraire serait préjudiciable au but qu'on se propose d'attendre.

M. arborea L. (fig. 123 et 124). — (Graines grosses, ayant plus de 4 millimètres de longueur, en général, très plates, Jaune de cire, mates ou doucies, à tégument lisse. Les graines récoltées avant maturité sont souvent un peu déprimées par rétraction du contenu ; je signale ce fait pour mémoire, pour que l’on n’en puisse pas faire état. Toutefois, le plus souvent, il semble possible de distinguer un rebord dorsal, qui suit toute la convexité de la graine. Mais le caractère le plus remarquable réside dans l'hypertrophie souvent considérable de la bosse raphéale, comme le représente la figure 124. Remarquons que lorsque les graines ont été récoltées avant maturité parfaite, 1l se fait une curieuse rétraction du contenu qui se traduit au dehors par une troncature intéressant toute la partie inférieure, et qui prend juste au-dessous de la bosse raphéale. Cette graine, qui a quelques analogies avec celles du groupe scutellata, Murex, Blancheana, ciliaris, auquel j'ai été conduit (v. le tableau synoptique) s’en distingue, dès le début, par sa bosse raphéale très nette.

M. Blancheana Boiss. (fig. 125 et 126). — Cette espèce, originaire de Syrie où elle a été découverte par Blanche, à été dédiée à ce collecteur par le savant auteur du Flora Orientalis. Comme la graine présente, ainsi qu'on va le voir, quelques analogies avec celles du groupe seutellata, Murex, ciliaris, j'ai demandé à M. G. Rouÿ quelle place il assignerait à cette espèce dans sa Flore de France si par hypothèse, on la trouvait en France. Voici ce qu'il m'a répondu : « M. Blancheana Borss. (Diagn. Orient., série 2, fase. V, p. 75, Flora Orient., 2, p. 97), dédié à Blanche, l’exportateur de la Syrie, est une plante exclusivement syrienne, qui appartient à la section des orbiculares

Rouy (F4. Fr. V, 17) et qui fait partie du groupe du M. rotat

Boiss., lequel n'a pas de représentant en Europe, existant seulement en Syrie, Palestine et Mésopotamie. Si on examine seulement les espèces de la flore française, le M: Blancheana serait à classer à côté des M. seutellata et M. orbicularis, quoique bien distinct de tous les deux ». Laissant de côté cette dernière espèce, dont les graines très remarquables par leur forme bizarre tranchent nettement sur {outes les autres, on trouve dans cette lettre de M. Rouy, dont je lui exprime 1e1 mes plus vifs remerciements, une éclatante confirmation de l'utilité de l'étude des graines. On voit en effet que cette seule étude à permis de rapprocher le M. Blancheana Boss. du M. scutellata Aix, et qu'on les rapprocherait également si l'on étudiait ces plantes seulement d'après les organes qu'on a l'habitude de considérer dans les études morphologiques. Done j'arrive 1e1 aux mêmes conclusions et aux mêmes résultats que les morphologistes et systématiciens. Mais cela n était nullement à prévoir; quoique à mon avis, on puisse fonder sur l'étude morphologique de la graine une classification des espèces, il n'est pas évident que cette classification confirmerait celles qui sont admises jusqu'ici, et fondées sur létude des plantes entières. Le principal est qu'elle puisse permettre une détermination rigoureuse des espèces : peu importe que les classifications, toutes artificielles, soient différentes. Voici maintenant les principaux caractères de la graine : assez grosse, ayant 4 millimètres de longueur environ, jaune elair, lisse, mate, nettement et régulièrement arquée. Dépression ombilicale nette, encadrée d'un côté par la saillie radieulaire en léger suplomb, de l'autre côté par la bosse raphéale qui forme à l'extérieur une tache brune, plus où moins en forme de raquette renversée, et très visible à l'œil nu, Au milieu de la tache brune, de couleur claire, se voient à la loupe, sur la ligne axiale, deux taches microscopiques, d'un brun beaucoup plus foncé. De profil cette tache raphéale forme un léger relief d'apparence claviforme, et de couleur un peu cornée, ce qui semble indiquer une vague translucidité du tégument à cet endroit. Cette tache

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raphéale que je n'ai vue que sur les graines de celte espèce, me semble un bon caractère distinctif.

M. Carstiensis Jaco. (fig. 151 et 152). — Graines petites, jaune de cire ou jaune brun, lisses, bombées. Vues de face elles présentent un contour apparent en forme de poire vers Le bas, ce qui indique un grand développement de l'épaisseur des cotylédons à leur extrémité. Radicule très nettement saillante, se révélant au dehors par un bourrelet proéminent, hypertrophié, présentant un profil le plus souvent concave et une extrémité coupée en carré. Bosse raphéale assez nette quoique petite, au moins chez la plupart des individus. On sait en effet que les earactères mis en évidence dans ces diagnoses peuvent parfois ne pas se trouver tous réunis chez le même individu : il faut faire la part de la variabilité légère que les graines peuvent présenter dans leur forme, et se rappeler qu'il ne s’agit. jamais ici que des caractères relevés sur un lot; on à pris une moyenne, aussi bien pour la taille que pour les caractères mentionnés.

M. ciliaris War. (fig. 127 et 128). — Graines assez grandes ayant 4 millimètres au moins, un peu brillantes, sub-doucies, se révélant à la loupe très finement chagrinées, noires ou brunrouge extrèmement foncé. Région ombilicale brun-rouge clair. Cette plage claire s'étend, à droite et à gauche sur le tégument et recouvre, quoique de façon variable, la bosse raphéale et la saillie radiculaire. Dans son aspect général, cette graine rappelle un peu le M. Blancheana Borss. (lig. 125 et 126) mais sa couleur permet de l'en distinguer, puisque cette dernière est jaune elair. En outre, le profil de la saillie radiculaire est bien différent : il est ici plus grèle que dans le H/ancheana, ainsi que l'indiquent les figures 125 et 128. Enfin, tandis que le E/ancheana est une plante exclusivement syrienne, Le ci/iaris possède une aire de dispersion beaucoup plus étendue, puisqu'elle se rencontre Jusqu'en Espagne et au Maroc. Mais elle habite aussi les mêmes régions orientales que le Blancheana. Il est à remarquer que le ciliaris n'est pas très éloigné du seutellata dont je parlerai plus loin, ce qui vient renforcer mes conclusions.

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M. coronata Lesn. (Hig. 149 et 150). — Espèce fort curieusé par l'aspect de ses graines, dont le profil (fig. 150) est des plus remarquables. Graines très petites, de 2 millimètres environ, très plates ; région hilo-micropylaire nettement au-dessous de l'équateur. Saillie raphéale pourvue d'une légère bosse, et offrant un contour très net en menton de galoche court. Saillie radiculaire très allongée montant verticalement jusqu'au sommet, présentant vers le micropyle une légère concavité, avant l'extrémité radiculaire plus ou moins bombée. La disproportion qui existe dans les différentes parties de cette graine, son profil assez remarquable et en même temps l'allure de la courbure générale obscurément réniforme, font penser à ces statuettes chinoises représentant des poussahs au front démesurément hypertrophiés. Le tégument est jaune miel ou jaune cire parfois légèrement brunâtre, lisse, et mat.

M. denticulata Wu. (fig. 135 et 136). — Graines petites, jaunes de miel, mates, lisses, de contour oboval subréniforme assez régulier. Espèce assez difficile à définir en raison de l'absence de caractères vraiment nets et saillants. Les graines ne sont pas très plates, elles sont même parfois subglobuleuses, et quoique l’on puisse en trouver de beaucoup plus arquées que ne le représente notre dessin (fig. 136), on peut considérer celui-ci comme se rapportant à la moyenne. Un des caractères les plus intéressants est la présence d’une minuscule bosse raphéale, souvent très saillante et toujours tachée de brun noir. Ce détail est visible seulement avec une forte loupe mais me parait d'une constance assez grande pour qu'on en puisse faire état, Enfin cette espèce présente quelques analogies avec Le M. marina L. (Hg. AL et 142) mais chez denticulata la saillie adiculure présente une convexité très nette au-dessus de l’extrémité, tandis que le marina offre au contraire une saillie radiculaire légèrement concave au-dessus de la pointe.

M. falcata ais (fig. 139 et 140.) — Graines le plus souvent jaune de miel ou jaune de cire légèrement verdâtre, parfois brunes, souvent de forme très irrégulière, quand elles sont

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récoltées avant maturité parfaite. Quand elles sont mûres, elles sont subglobuleuses, de contour régulier, à tégument lisse, mat ou douei. Saillie radiculaire développée, formant un gros bourrelet, mais ne donnant pas comme A7. apiculata Win. avec laquelle elle présente quelques analogies, l'impression de crochet à dentelle dont j'ai parlé. Cette espèce, comme la plupart des Medicago à petites graines, offre assez peu de caractères nets et tranchés pour que l'on puisse savoir sûrement à quoi on à affaire : la ressemblance est souvent frappante d'une espèce à l’autre. Et même quand l'œil perçoit une différence de forme, elle est parfois tres difficile à mettre en évidence par une description où un dessin. Une bonne méthode, pour voir si réellement il existe d’une espèce à l'autre des différences sensibles entre les graines consiste à les mélanger. Le plus souvent alors, on remarque que les deux espèces se distinguent assez aisément. Et cette méthode a l'avantage, en outre, de montrer que bien souvent Les sachets contiennent des mélanges.

M. Gerardi Wu. (= M. rigidula Desn.) (fig. 131 et 132). — Graines assez grosses, atteignant 4 millimètres de longueur, non ou très faiblement arquées, offrant le plus souvent un contour général convexe à la région radiculo-raphéale. Echancrure très nette et brusque à la région hilo-micropylaire qui forme un ombilic profond. Tégument jaune clair, très mat. Saillie radiculaire extrémement nette, un peu en crochet à dentelle, quoique l'épaisseur assez faible de la radicule (vue de profil) ne permette pas de voir là une ressemblance frappante. Vue de face la saillie radiculaire est aplatie sur le corps de la graine, et légèrement déprimée en son milieu. De profil, cette même saillie est à peu près rectiligne, avec un léger rebroussement à la pointe. Région raphéale tronquée obliquement, et à peu près antiparallèle à la saillie radiculaire. Rebord dorsal légèrement ondulé, au moins chez quelques individus.

M. lappacea Disr. (fig. 145 et 146). — Graines médiocres, jaune de cire, mates ou doucies, non chagrinées, arquées subréniformes. Saillie radiculaire souvent peu nette; sa ligne

de séparation du reste de la graine n'est indiquée que par un trait de couleur plus claire, mais non en général par une

FIGURES 129 à 134. — MEDICAGO L. (suite)

7 millimètres.

Fig. 129 et 130, 17, fuberculata Wiin., face el profil. — Fig. 431 et 132

» . J . . 5 de

M. Gerardi Wuxv, (= . rigidula Desr.), profil et face, — Fig. 133 et 134, M, pentacycla, DC., face et profil.

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dépression bien sensible. La bosse raphéale toujours très nette est de couleur un peu plus sombre et verdâtre. Enfin cette graine qui vient se classer dans le groupe denticulata, marina, apiculata, falcata, se distingue aisément de toutes celles-ci par ce fait que les plans tangents aux saillies radiculaire et raphéale, dans leur partie médiane, forment un angle nettement rentrant.

M. lupulina L. (fig. 157 et 158). — Cette graine appartient au groupe très remarquable dans lequel l'ombilic de la région hilo-micropylaire se trouve nettement au-dessous de l'équateur de la graine, ce qui, comme chez M. coronata Desr., donne l'impression de ces crânes chinois hypertrophiés dont j'ai parlé plus haut. Graines très petites, brun-rouge clair, globuleuses ou ovoïdes. Saillie radiculaire assez peu sensible en général, mais souvent légèrement déprimée avant l'extrémité, qui forme comme une légère bosse. Les environs de la région ombilicale sont le plus souvent de couleur un peu plus soutenue que le reste du tégument. La région hilo-micropylaire proprement dite est d'un brun-rouge assez foncé. Cette espèce offre quelques analogies avec le M. sativa L. (fig. 147 et 148), mais quand on compare les profils, on s'aperçoit que les graines de cette dernière possèdent une saillie radiculaire très nettement en crochet à dentelle, avec une bosse nette au sommet de

courbure.

M. maculata Wniv. (= M. Arabica Aux.) (fig. 143 et 144). — Graines médiocres, jaune de miel, lisses, mates ou doucies. Cette espèce, peu arquée, à ombilie très prononcé se distingue entre toutes par l'extraordinaire saillie de l'extrémité radiculaire qui donne l'impression d’un bee de canard, et surplombe le micropyle comme une vérandah au-dessus d'une porte. Le plus souventensuite, la saillie radiculaire monte droit jusqu'au sommet de courbure. De face la graine parait à, peu près plate, avec la saillie radiculaire étalée sur elle, et le bec toujours saillant de l'extrémité radiculaire qui est un peu relevé. Ce caractère est tellement net que, à l'œil nu, on aperçoit

comme une petite saillie blanchâtre. Cette saillie se continue sous forme d'une ligne claire, à la zone de séparation de la radieule et du reste de la graine, mais il est remarquable que ce caractère, parfaitement net et distinet à l'œil nu, perde beaucoup de sa valeur quand on regarde à la loupe. Cette espèce vient se ranger dans mon tableau à côté du M. munima Grorr6., mais la distinction est des plus aisées, grâce à ce que je viens de dire.

M. marina L. (fig. 141 à 142). — fraines médiocres, arquées en général, quoique souvent très peu, subréniformes, jaune de cire ou de miel, lisses. Cette espèce se range à côté des M. denticulata, falcata, apiculata, et on a vu plus haut ce qui la distingue de M. denticulata Wuzv. avec laquelle elle présente quelques analogies. La bosse raphéale est ïiei absente, sans relief sensible, seulement indiquée par une petite tache un peu plus sombre, bistre jaune : et tandis que la saillie radiculaire est nettement bombée au-dessus de l'extrémité, dans le M. denticulata, ici, elle est droite ou plus souvent légèrement déprimée (fig. 142). Enfin vue de face elle montre une légère dépression sur son méplat.

M. minima Gnrurec. (fig. 153 et 154). — Rangée à côté du M, maculata Wuxp. qui s'en distingue aisément, cette espèce est remarquable par la position de son ombilie situé au-dessous de l'équateur, ce qui donne une grande prédominence à la saillie radiculaire, en crâne chinois. Graines petites, jaune de cire vif, lisses, doucies, subtranslucides, d'aspect un peu corné. Quoique la zone de séparation se révèle ïei, comme chez maculata par une ligne blanchâtre, aboutissant à l'extrémité de la radicule, la distinction est facile, car cette extrémité est saillante, mais non en bec de canard. Elle est toutefois un peu blanchâtre et visible à l'œil nu. La faille, la couleur, l'aspect rendent cette graine très distincte du maculata. West à noter que ces deux espèces ont une aire de dispersion à peu près analogue, et on trouve ici, une fois de plus, une correspondance remarquable entre l'ensemble des caractères morpholes giques de la graine et l'allure de la répartition.

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M. Murex Wu. (fig. 117 et 118).— Graines grosses ayant plus de 4 millimètres de longueur, brun-rouge ou brun-jaune plus ou moins soutenu, très plates, lisses, mates ou doucies, non chagrinées. Rebord dorsal net, en général, se poursuivant sur la saillie radiculaire, qui parait comme pincée. La graine est souvent beaucoup plus arquée que ne l'indique la figure, et prend quelquefois la forme d'une virgule, ou de la partie commune à deux demi-cereles concentriques. Quand on a dans la main un lot de ces graines, toutes choses égales d'ailleurs, et la taille mise à part, on a l'impression de tenir des noix d’acajou grillées (Anacardium occidentale L.) dont elles ont l'aspect et le toucher. Comme le montre la figure 117, la saillie radiculaire, brusquement terminée en pointe à l'extrémité, du côté du micropyle, s'évase ensuite fortement. Souvent elle est comme tronquée ; cela lui donne un contour rectiligne ou presque, et non bombé. Enfin la région raphéale est marquée d'une tache brun-rouge plus sombre que le reste du tégument, de même d'ailleurs que l'extrémité radiculaire et que toute la région ombilicale. C’est là un fait assez courant : presque toutes les Medicago, et la plupart des graines des Légumineuses que j'ai étudiées, ont la région ombilicale d'une couleur plus foncée que le reste du tégument. Le contraire est beaucoup plus rare.

M. orbicularis Aus. (fig. 159 et 160). — C'est une des graines les plus bizarres que j'aie étudiées : l'examen de la figure 159 renseigne plus qu'une description. Ce qui frappe surtout ici, c'est la forme de la saillie radiculaire qui se présente comme un bourrelet à peu près cylindrique, transversalement annelé, presque rectiligne, qui repose sur le reste de la graine comme s’il était posé dessus. A l'œil nu, la graine parait simplement mate ; avec une forte loupe, on remarque qu'elle est nettement tuberculée-bosselée, et non pas chagrinée, comme on le trouve indiqué dans quelques auteurs. En réalité, bien que mon dessin n'en donne qu'une idée très imparfaite, ces bosses sont du même ordre de grandeur que les anneaux de la saillie radiculaire. Le tégument est d’un jaune de corne assez soutenu dans la gamme des bruns. Ici, contrairement à ce que l'on trouve

chez les autres Medicago, l'extrémité de la radicule, comme coupée en carré, est un peu plus clair que le reste du tégument. Il n'y a pas d'ombilic proprement dit. Vue de face, la graine présente deux bombements latéraux assez prononcés. Il est bon de signaler que parfois la sailbe radiculaire présente des anneaux beaucoup moins saillants que ne l'indique mon dessin, parfois même ils sont nuls ou presque, mais c'est rare. Remarquons aussi que c’est près de cette espèce que vient se placer systématiquement le M. Blancheana Borss., de Syrie. Voici ce que m'écrit à ce sujet M. Gandoger, l’auteur du Novus Conspectus : « Le M. Blancheana Boiss., qui ne vient pas en Europe, y est remplacé par le M. Buonarotiana Arcax6eur, bien différent de l'espèce orientale avec laquelle quelques-uns ont voulu l’assimiler. Boissier (F#£. or., Il, 97) place son espèce en tête de la section Rotatae qui forme la transition entre les M. orbicularis, rugosa, tribuloïdes, ete. C'est l'opinion que j'ai adoptée, et qui est également celle d'Urban (Gatt. medic.) » Done, pour M. Gandoger le M. Blancheana Borss. serait à placer entre M. orbicularis Aux. et M. Buonarotiana Ancax6eut. Quoique le voisinage des M. orbicularis et Blancheana soit inattendu, au point de vue séminologique, comme je l'ai dit plus haut (v. la diagnose de M. Blancheana), 11 est à remarquer que le W. scutellata avec lequel cette dernière espèce a plus d’une analogie, par ses graines, reste sa voisine et forme, avec elle, pour M. Gandoger, comme pour M. Rouy, un groupe assez étroit.

M. pentacycla DU. (ig. 133 et 134). — Cette espèce vient se ranger, par ses graines, à côté des M. Gerardi et tuberculata. En effet, le rebord dorsal, net, est légèrement ondulé. Graines jaune parchemin ou Jaune-brun, lisses, mates, fortement arquées. Région raphéale allongée, régulièrement courbée ig. 13%). Bosse raphéale presque nulle, visible seulement à la loupe, sous forme d'une légère tache, allongée, ün peu plus sombre que le reste du tégument. Saillie radiculaire très nette, en surplomb sur la région micropylaire, et comme coupée en carré au bout. La région hilo-micropylaire, assez profondément enfoncée, est d'un violet-brun plus où moins soutenu. Cette

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FIGURES 135 à 146. — MEDICAGO L. (suite)

7 millimètres.

Fig. 435 et 136, H. denticulata Wirup., face et profil. — Fig. 137 et 138, M: apiculata Wirzv., profil et face. — Fig. 139 et 140, W. falcata Fres, profil et face. — Fig. 141 el 142, HW. marina L., face et profil. — Fig. 143 et 144, NW. maculata Wap. (— M. Arabica Arr.), profil et face. — Fig. 145 ct 146, I. lappacea Dssr., face et profil.

graine offre quelque analogie avec le M. tuberculata Wir... mais elle s'en distingue aisément par l'aspect de la saillie radiculaire vue de face : tandis qu'elle est plus ou moins aplatie, trapue, chez le pentacycla, elle est nettement pincée chez Île tuberculata. Enfin le rebord dorsal très nettement ondulé, chez tubereulata, Vest très faiblement chez pentacycla.

M. radiata L. (fig. 161 et 162). — C'est une espèce extraeuropéenne, que l’on rencontre parfois aux environs de Nice, où elle est subspontanée (1). Il est à remarquer combien cette espèce est voisine, par la forme de sa graine, du W. orbicularis Arz., mais les rides de la surface du tégument sont beaucoup plus accentuées, et parfaitement visibles à l'œil nu. La couleur du tégument est beaucoup plus foncée, brune, opaque. Le tégument, très finement chagrinée, est fortement ridé de plis transversaux. La saillie radiculaire, en gros bourrelet annelé, offre assez bien l'aspect d’une chenille qui serait posée sur le reste de la graine, et dont la tête représenterait l'extrémité radiculaire, très saillante et relevée. Sa pointe est brun foncée. Tandis que chez orbicularis on ne pouvait guère distinguer de région ombilicale nette, ici, l’ombilie est très accentué, à cause de la saillie de la radicule sur le reste de la graine. Sous la pointe, la radicule est légèrement concave, comme un casque, c'est là que se trouve le micropyle. De face (fig. 161) la graine est très différente de celle d’orbicularis : tandis que cette dernière est bombée en son milieu, le radiata est beaucoup plus régulièrement épais, etmoins doucement atténué vers les bords. Boissier (F7. orient, 11, 90) range cette espèce dans le genre Trigonella avec la mention, entre parenthèses :{L. Sp. 1096 sub Medicagine). Cette manière de voir est absolument conforme

aux conclusions de l'étude morphologique de la graine, et

1 Cf, Rouy, FT, Fr, NV, 814: « Medicago radiata L., subspontané aux environs de Nice, el en Provence, mais nullement indigène dans notre flore ». Voici à ce sujel ce que m'éerit M, Gandoger : « Ce n'est pas une plante européenne, mais orientale, indiquée vaguement à Constantinople par Sibthorp, il y à eentans, el qui n'y à jamais été retrouvée. Cet auteur l'avait certainement cueillie en Asie, où elle n'est pas rare, et dont elle nous arrive parfois avec les grains, les Jaines, ele, »

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comme on le verra plus loin, au chapitre des Trigonella, la graine du M. radiata L. (comme celle du M. orbicularis AU. d'ailleurs) à plus de rapport avec celle des Trigonella qu'avec celles des Medicago.

M. sativa L. (fig. 147 et 148). — Cette espèce se groupe à côté des M. lupulina L., M. suffruticosa Rax. et M. Carstiensis Jaco. Ces quatre graines sont caractérisées par l'hypertrophie de leur région radiculaire et la proéminence de la saillie de la radicule qui donne l'impression d’un casque. Le M. sativa est incontestablement, des quatre, celle qui est le plus remarquable à cet égard, car non seulement la radicule forme une saillie très développée en crochet à dentelle, mais encore au sommet de courbure, on aperçoit assez distinctement une sorte de bosse. Graines obovales, nettement échanerées à l'ombilic, jaune de miel foncé ou jaune-brun, mates ou doucies, assez épaisses. Cette espèce présente quelque analogie avec MW. lupulina L., mais s’en distingue parce que cette dernière n’a pas de bosse radiculaire au sommet de courbure et qu'en outre la saillie radiculaire est déprimée plus où moins fortement au-dessus de l'extrémité, tandis qu'elle est régulièrement bombée chez l'espèce dont il est ici question.

M. scutellata Aux. (fig. 119 et 120). — Graines grandes, dépassant 4 millimètres de longueur, jaune serin, lisses, mates, quelquefois tirant un peu sur le jaune d'or ; fortement arquées. Saillie radiculaire très fortement proéminente à l'extrémité, ce qui la distingue des M. Murex Wup., et M. sphaerocarpa Bus. à côté desquelles elle vient se ranger par la forme de sa graine. Systématiquement, elle n’est pas éloignée du W. orbicularis Air. et du M. Blancheana Boiss., mais on a vu plus haut qu'au point de vue séminologique, le M. orbicularis Arr. s'écarte nettement des deux autres par la forme de sa graine, qui le rapproche du M. radiata L. Il est à remarquer que M. scutellata Ar. et M. Blancheana Boiss., peu éloignés dans l’ordre systématique, sont aussi assez voisines par l'aspect et la forme de leurs graines.

M. sphaerocarpa Bunx. (fig. 121 et 122). — Graines très grosses, atteignant 6 millimètres. On range cette espèce dans le groupe Murer Wairzp. (v. ce que je dis, au début, du classement adopté par M. Rouy pour sa Flore de France). Cela est justifié par la forme et l'aspect des graines, au moins dans une certaine mesure, quoique le Murez soit beaucoup plus arqué, tandis qu'ici la région radiculo-raphéale est presque rectiligne, de profil (fig. 122). Tégument brun-rouge ou brun-jaune, lisse, à rebord dorsal assez net, bistre-brun, légèrement pincé, en bourrelet. Saillie radiculaire un peu pincée aussi, mais fréquemmentaplatie: alors, le méplat est légèrement excavé, comme le représente la figure 121. Ce cas n'est pas général ; souvent la saillie est nettement bombée, mais le profil — cela est à noter — reste très sensiblement le même. Région ombilicale brun-violet foncé, avec une tache en massue renversée, de même couleur, s'étendant sur la bosse raphéale. Celle-ci est peu accentuée, et la graine, dans son profil général, offre assez exactement l'aspect d'un D.

M. suffruticosa Ran. (fig. 155 et 156). — Nous avons vu que cette espèce appartient au groupe sa/iva, Carstiensis, lupulina. Mais tandis que les M. sativa et lupulina ont le contour apparent ovale (fig. 148 et 157) de face, les M. Carstiensis et suffruticosa l'ont en poire (fig. 151 et 156). Or la distinction est facile entre les M. Carstiensis el suffruticosa. Le premier a la saillie radiculaire déprimée au-dessus de l'extrémité, le second l’a très fortement bombée. L'apparence en crochet à dentelle que donne parfois la saillie radiculaire, par rapport au reste de la graine, n'est pas constante. Elle est cependant à noter, car l'examen d'un lot de graines montre au moins quelques individus offrant cet aspect. La couleur du tégument, lisse et mat, est jaune cire plus où moins brun. La région ombilicale est à peine plus sombre que le reste du tégument, mais autour du hile on aperçoit une sorte de petite collerette annulaire, blanchâtre, formée des vestiges des tissus funiculaires.

M, tuberculata Win. (fig. 129 et 130). — Cette graine peut

TRIFOLIÉES 93

FIGURES 447 à 162, — MEDICAGO:- I. (suite)

7 millimètres

Fig. 147 et 148, M. sativa L., profil et face. — Fig. 149 et 150, H. coronata Desr., face et profil. — Fig. 151 et 152, 4. Carstiensis Jaco., face et profil. — Fig. 155 et 154, A1. minima Grurse., profil et face. — Fig. 455 et 156, M. suffruticosa Ra., profil et face. — Fig. 157 et 158, M. lupulina L., face et profil. — Fig. 159 et 160, #. orbicularis Az, profil et face, — Fig. 461 et 162, Æ. radiata L., face et profil.

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être prise comme le type de celles qui ont Le rebord dorsal très nettement ondulé-crispé. Ce rebord dorsal est fortement pincé en général, et alors il parait de couleur plus claire. Graines assez grandes, brun-jaune elair, lisses, mates, fortement arquées. Bosse raphéale assez nette, se traduisant non par une différence de couleur bien sensible, mais par ce fait qu'elle est comme encadrée par deux légers bourrelets un peu plus clairs que Le reste du tégument. La radicule forme, vue de profil, une saillie très nette, car elle est d'une assez grande hauteur. Elle surplombe nettement la région hilo-micropylaire. Cette dernière est échancrée, et le hile, encadré de deux rebords tégumentaires assez développés, se montre entouré d'une petite collerette annulaire blanche, fibreuse, vestige des tissus funiculaires. Le reste de la tache hilaire et les bords tégumentaires qui l'avoisinent sont plus sombres que le reste de la graine, brun violâtre. De face, la saillie radiculaire se révèle nettement pincée, et la graine assez plate. La forme de la saillie radiculaire et l’ondulation du rebord dorsal sont les deux caractères qui distinguent cette espèce du M. pentacyela DC. Chez ce dernier en effet la saillie radiculaire vue de face est large tandis qu'ici elle est mince (comparez les figures 133 et 129) et de profil (figures 13% et 130) le rebord dorsal est à peine ondulé, tandis qu'ici il est crispé.

TABLEAU SYNOPTIQUE Rebord dorsal net, plus ou moins ondulé-crispé 4 . . 2

Rebord dorsal absolument lisse et continu, ou graine à rebord dorsal peu sensible (aspect général plus où moins ovoïde). 4

À 1} 2 4 QE ER 7) Non; graines à région hilo-radiculaire nettement tronquée (profil); saillie radiculaire trapue (face) . Gerardi (= rigidula) Saillie radiculaire pincée (face) au bord. Rebord dorsal nettement

à ondulé {proie ARTE. VA luberculata

Saillie radiculaire trapue (face). Rebord dorsal très peu on-

| Graines nettement arquées, à saillie radiculaire bombée (pro- | dulé , unes Mir, tee 0e PORPENOOUEN

en 0

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