‹ Contribution à l’étude morphologique des Graines de LégumineusesChapitre 46 sur 76 · C. microphylla Law · texte numérisé non relu

C. microphylla Law

Avant d'entrer dans l'étude détaillée de chaque espèce, je dois indiquer quelques caractères du genre, qui faciliteront l'intelligence de ce qui suivra. Les graines ont à peu près toutes la même taille : elles sont petites, globuleuses ou ovoïdes, ou presque sphériques (C. aurantiaca). Le hile forme une petite tache circulaire blanchâtre, qui vue au binoculaire montre les vestiges du funicule, sous forme de petites fibres donnant l'aspect de brins de ficelle qui seraient collés au hile. Exactement contre le hile on voit le micropyle, sous forme d'un tout petit trou rond, semblant fait par une aiguille, et protégé du côté opposé par un léger boutrelet tégumentaire. Généralement la région micropylaire est dans le même plan que le hile ou à peu près, de telle sorte que, vue de profil, la graine ne présente aucune saillie ni creux, dans cette région. Chez une des espèces que j'ai étudiées, et aussi chez quelques-unes de celles que j'ai laissées de côté, la région hilo-micropylaire fait une saillie formant une petite indentation qui regarde le hile. Cette saillie est causée, d’une part, par une émergence légère de la radicule sous le tégument, et d'autre part, par le bourrelet tégumentaire qui borde le micropyle et qui est iei plus saillant que chez les autres espèces.

Beaucoup d'espèces ont le tégument marbré de noir. Les marbrures ont une orientation quelconque, sauf au raphé. Celui-ci est indiqué non par une saillie, mais par une ligne sombre, presque noire; à cet endroit et dans son voisinage, les marbrures lui sont à peu près parallèles, jusqu'à la région (très probablement la chalaze) où se perd la ligne sombre raphéale, Là les marbrures s'orientent en rayonnant de façon à former une petite rosace où un soleil, assez caractéristique et facilitant la distinction de quelques espèces, notamment du C. arborescens Lax., type et variété.

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Cela posé, les renseignements qui suivent, relatifs à chaque espèce, et les dessins qui les accompagnent permettront de se faire de chacune d'elles une idée assez nette,

Je rappellerai ici que l'étude des graines exige que l'on étudie non pas une seule graine de chaque type, mais bien un

FIGURES 365 à 368.--- CARAGANA Law.

5 millimètres,

Fig. 365 et 366. — C. frutescens Menic., profil et face. — Fig. 367 et 368, C. arborescens Lau. (type), profil et face.

lot de graines : de cette façon on peut faire aisément, par un travail inconscient de l'esprit, la moyenne des caractères que l’on a sous les yeux. Cette précaution est fort utile car, d'une part, les graines à tégument normalement marbré présentent quelques rares individus à tégument uni, et vice versa, des espèces à tégument uni présentent quelques individus à tégument marbré. Il n’y a toutefois pas là, matière à erreur bien grave,

je ferai seulement remarquer que, dans le cas actuel, les marbrures qu'on rencontre chez les graines à tégument normalement uni sont toujours en camaïeu et très peu apparentes, tandis que les graines à tégument normalement marbré ont, lorsqu'elles sont unies, la teinte de fond du cas normal, teinte toujours très différente de celles des graines à tégument normalement uni.

Cela posé, les dix espèces ou variétés étudiées sont assez faciles à distinguer.

C. Altagana Por. (fig. 373 et 374). — Graines ovales, à extrémités un peu carrées etlégère indentation hilo-micropylaire; fond bistre-olivâtre et marbrures brun-rouge très foncé presque noir. Ressemble beaucoup, à première vue, au C. arborescens Lam. ou à sa variété Redowskir DC., mais s'en distingue aisément par sa taille plus grande (+. figures 367, 368, 375 et 376), par l'indentation hilo-micropylaire plus nette et plus prononcée, et surtout parce qu'elle est plus plate, quand on la regarde de profil. L'épanouissement chalazien des marbrures, là où se perd la ligne raphéale, est au contraire très analogue dans les trois espèces citées. Nous verrons dans les tableaux analytiques Let Il qu'on peut cependant les distinguer aisément par ce fait que le C. Altagana Poir., en raison de sa forme, ne roule pas très facilement sur le papier, tandis que le C. arborescens Lau. et sa var. Redowskti DC. roulent avec une extrème facilité (puisqu'elles sont plus globuleuses). Ces deux dernières enfin peuvent, malgré leur ressemblance, se distinguer par l'absence chez la première, la présence chez la seconde d'une ligne raphéale sombre, très nette.

C. arborescens Law. (fig. 367 et 368). — Graine légèrement plus petite que la précédente, ovoïde, très globuleuse, roulant avec une très grande facilité. Fond bistre-olivâtre, marbrures brun-rouge foncé tirant sur le noir. À ce propos il faut remarquer qu'ici les marbrures sont étalées sous forme de larges taches, tandis que chez C. Altagana Porn. elles forment un mouchetis très léger, L'indentation hilo-micropylaire est sensible

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quoique très légère, ainsi que le montre la vue de profil que Je donne de la graine. Comme je l'ai dit plus haut, la ligne raphéale sombre, qui est extrêmement nette chez la var. Redowskii DC., est ici assez souvent sinon toujours absente. C’est d'ailleurs un caractère léger sur lequel je ne crois pas qu'il faille trop se fonder. |

C arborescens La., var. Redowskii DC. (fig. 375 et 376). — Souvent dénommée C. Redowskii DC., cette espèce à des graines ovoïdes, globuleuses, ressemblant beaucoup à celles du type. La taille en est généralement un peu plus grande (1). La différence réside surtout dans l'indentation hilo-mieropylaire nulle ou presque, dans l'indication, par une ombre légère, d’une petite saillie du tégument au niveau de la radicule, dans une ligne raphéale très apparente aboutissant à un épanouissement chalazien très net des marbrures ; celles-ci, plus nombreuses et plus petites que dans le type, se détachent sur un fond de couleur olivâtre, d'aspect sale.

C. aurantiaca Korawe (fig. 369 et 370). — Très caractéristique, la plus petite de toutes, mesurant à peine 3 millimètres dans sa plus grande longueur, cette graine est de couleur vieux parchemin, presque sphérique, avec une saillie hilo micropylaire très remarquable et une ligne raphéale très tranchée, de couleur sombre. Le hile et le micropyle (très petit) sont encadrés par un rebord tégumentaire, plus ou moins en forme de raquette, qui va rejoindre la ligne raphéale.

C. frutescens Menic. (fig. 365 et 366). — Graine ovoide, à tégument rouge brique foncé, uni. Saillie hilo-micropylaire à peu près nulle. Hile très nettement circulaire et paraissant un peu fibreux. Ligne raphéale assez nette.

14. Quand il n'y a pas une grande différence de taille, je ne crois pas qu'il faille en tenir compte autrement que comme indication légère, car les conditions biologiques extérieures sont susceptibles, dans une cerlaine mesure, de faire varier les dimensions des graines.

C. microphylla Lan. (fig. 371 et 372). — Ressemble, à première vue, beaucoup au précédent, mais s'en distingue, en réaté, par de nombreux caractères. Tout d'abord la graine est ovale à extrémités un peu carrées, mais comme elle est assez

FIGURES 369 à 376. — CARAGANA Lau.

Simillimètres.

Fig, 369 et 370, C. aurantiaca Kosune, face et profil, — Fig. 871 et 372, C. microphylla Lam, profil et face. — Fig, 373 et 374, C. Altagana Poir., face el profil. — Fig. 375 et 376, C, arborescens Lam, var. Redowskii DC., face et profil

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