‹ Contribution à l’étude morphologique des Graines de LégumineusesChapitre 48 sur 76 · Cf. Louis CapiTaiE, loc. cit., p · texte numérisé non relu

Cf. Louis CapiTaiE, loc. cit., p

Distribution géographique des HÉDYSARÉES

Totalité du Continent Nord Est Sud Ouest Nord Est Sud-Est Sud-Ouest Nord Ouest

Centre Centre-Nord Centre-Est Centre-Sud Centre-Ouesl

Région méditerr.

totale

Région méditerr.

oriéntale

Région méditerr.

occidentale

Montagnes Nord Montagnes Est

Montagnes Sud

Montagnes Ouest

Montagnes Centre

Montagnes Nord-Est

Montagnes Sud-Est

Montagnes Sud-Ouest

Montagnes Nord-Ouesl

Déserls

Asie Mineure

Europe

Asie

Afrique

Océanie

de mmhte hrt hoS maitre

HÉDYSARÉES 239

l'Afrique. Les Seychelles, Nossi-Bé, Madagascar, la côte Est de l'Afrique, lé Kilimandjaro sont très riches en Hédysarées. I] y a dans cette rélation entre le Sud de l'Asie et l'Est de l'Afrique un fait à rapprocher de celui des Palmiers, surtout des Métroxylées, qui ont — croit-on — émigré de Madagascar jusque vers l'Inde, sans doute parce que Les courants marins transportant leurs énormes fruits flottants, avaient permis à ceux-ci de traverser l'immense étendue de l'océan Indién. lei, t'est le con: traire qui semble se produire, puisque toute la partie Sud de l'Asie est plus riche en Hédysarées que l'Est de l'Afrique.

De là, la tribu envoie une forte branche, dans le Nord-Est, par l’Abyssinie et la vallée du Nil jusqu'à l'Egypte. Elle retrouve au canal de Suez une branche asiatique sud-occidentale qui recouvre la Perse; la Mésopotamie, la Syrie, la Palestine et l’Arabie,et de là ces deux petites branches enserrent le littoral méditerranéen, la première s'étendant sur l'Algérie et allant jusqu'aux iles Canaries, la seconde recouvrant l’Asie Mineure, la mer Noire, le pays de Marmara, et gagnant ainsi le Sud et le centre de l'Europe, poussant même une pointe jusqu'en Ecosse.

Les Hédysarées traversent le centre de l'Afrique, où les conditions biologiques ne paraissent pas beaucoup leur convenir, car on en cite fort peu dans ces régions (peut-être aussi, faute de documents) pour venir s'étaler sur la côte occidentale, depuis le Cameroun jusqu'au Cap Vert. Elles s'étalent au Sud jusqu'au Cap de Bonne-Espérance.

Traversant ensuite l'Atlantique dans sa plus petite largeur, elles viennent recouvrir le Brésil et présque toute l'Amérique du Sud, depuis l'Uruguay, l'Argentine et lé Paraguay, jusqu'à l’Equateur et la Colombie. Elles semblent rechercher dans une certaine mesure les Andes chiliennés et les suivre, en remontant vers le Nord, à travers toute l'Amérique ééntrale jusqu'au Mexique, pour s’étaler et se perdre aux grands lacs du centre de l'Amérique du Nord. Les Antilles en recèlent aussi quelques espèces (Saint-Vincent, Guadeloupe, Cuba, ete.).

L'Archipel Malais et l'Australie noùûs offrent quelques représentants de la tribu, et ainsi se trouve fermée la grande bande qui fait le tour du globe, entre les tropiques. On peut en effet

retenir de tout ceci, que la tribu des Hédysarées est surtout intertropicale, ne sortant guère de ces limites que dans l'Afrique nord-occidentale et la région méditerranéenne, jusqu à la Perse, d'une part, et d'autre part, dans l'Argentine et les Etats-Unis, qui d'ailleurs n'en possèdent pas beaucoup d'espèces.

La planche VIT résume les conclusions que je viens de formuler et permet d'apprécier facilement l'allure de la distribution géographique de la tribu.

Desmodium Lesv.

Le genre Desmodium Desv. comprend environ 150 espèces habitant les tropiques ; elles sont assez difficiles à séparer et pour cela on à coutume de créer une douzaine de sections très artificielles et présentant un grand nombre de passages de l’une à l’autre.

J'ai pu examiner treize espèces, prises absolument au hasard, et présentant entre elles des différences morphologiques très sensibles; ce sont, par ordre alphabétique, les suivantes :

D. Americanum DC.

D. Canadense DC.

D. elegans Bru.

D. gyrans DC.

D. gyroides DC.

D. lacvigatum DC.

D. latifolium DC., var. Pelvairii Hassk.

D. polycarpum VC.

D. Scalpe DC.

D. tiliaefolium G. Don D. lorluosum DC.

D. uncinatum LC.

D. viridiflorum Bxck.

Pie

HÉDYSARÉES 21

Ce genre appartient à la tribu des Hédysarées, où l'étude morphologique des graines est le plus souvent d’une extrème difficulté. Ici, au contraire, comme on en peut juger par les dessins qui accompagnent le texte, la distinction spécifique est chose aisée. La couleur, l'aspect, la forme, la taille sont variables d'une espèce à l'autre, et comme il n'y à pas grand’chose à signaler comme généralités, j'étudierai immédiatement chaque espèce en particulier, en résumant dans un tableau synoptique les caractères qui permettent de les distinguer les unes des autres.

D. Americanum DC. (fig. 401 et°402). — Le fruit de cette espèce est caractéristique : chaque article, plus ou moins exactement en forme de D, est muni d'un rebord épais qui est comme pincé en bourrelet. Au milieu de sa surface, chaque valve (si l’on peut appeler ainsi les faces latérales de ce fruit, divisé en articles indéhiscents) est relevée, bombée et même cristée. A l'intérieur, on trouve une graine en forme de D, également, reproduisant assez bien la forme de l’akène, entourée tout autour, sauf à la région hilo-micropylaire, d’un bourrelet pincé. La graine vue de profil ne présente aucune particularité, elle est brun-violet très foncé, presque noir, lisse mais non brillante (ou à peine). De face, la région hilo-micropylaire, qui s'accusait de profil par une légère indentation, avec saillie radiculaire surplombante, présente un hile oblong, assez petit, un micropyle à peu près invisible, même avec une forte loupe. Le tout est logé au milieu d’une dépression qui, vue de face, est assez vaste. Le raphé et la radicule sont révélés par deux saillies en bourrelets, qui continuent le bourrelet dorsal tout autour de la grainé. Au demeurant, espèce assez petite, dont la! longueur ne dépasse guère 2,5 millimètres.

D. Canadense DC. (fig. 387 et 388).— Fruit assez plat, à rebord anguleux, peu saillant. Surface des valves nettement réticulée. Graines fauves, un peu olivâtres, surtout sur les individus récoltés trop tôt, atteignant 4 millimètres, lisses, non nettement

brillantes, ayant à peine l'aspect poli ou mieux douci, plates, en Capitaine 16

forme d'oreille, Région hilaire formant un méplat net entre les saillies de la radicule et du raphé. Micropyle très petit, sous la saillie radiculaire. Hile entouré d'un rebord annulaire en

bourrelet très net, couleur de rouille.

D. elegans Bru. (fig. 389 et 390), — Fruit plat, abondamment velu-soyeux; surface des valves chagrinée, Graines petites (moins de 2,5 millimètres), lisses, noirâtres, non brillantes, d'aspect douci, de contour à peu près ovale, à région hilomicropylaire peu déprimée, en général. Hile entouré d'un bourrelet tégumentaire net ; début du raphé nettement oblong allongé, atténué en pointe vers la chalaze, s'épanouissant en raquette du côté du hile, pourvu, en son milieu, d'un sillon longitudinal très net, en creux. Micropyle assez net. Vue de face, la graine est bombée au centre, puis S'amineit régulièrement tout autour.

D: gyrans DC. (fig. 403 et 404). — C'est la plus remarquable de toutes les espèces. Graines lisses, luisantes, presque noires, présentant à la région hilo-micropylaire un rebord tégumentaire assez net, contre lequel est appliquée une sorte d’arille, de consistance et de couleur cornée, formant une forte crête au-dessus de la graine. Cet arille, de forme très spéciale, comme le montre la figure, est elos du côté du raphé, ouvert du côté du micropyle, comme un U, plus où moins fermé. Il offre l'aspect d'un pied de mollusque gastéropode, d'un escargot, par exemple. Get arille, enlevé, laisse voir un hile oblong, contre lequel on aperçoit un tout petit micropyle. Cette graine mesure environ 3,5 millimètres de longueur, elle est ovale; la région hilaire, formant une assez vaste dépression, est assez régulièrement plate,

D. gyroides DC. (lig. 391 et 392), — Comme son nom l'indique, cette espèce doit présenter quelque analogie avee la précédente. Cependant, au seul point de vue séminologique, la différence est considérable, Tei, in ya pas d'arille. La graine, plus où moins en forme d'oreille, est déprimée à la région

HÉDYSARÉES 243

FIGURES 377 à 392. — DESMODIUM Drsv.

5 millimètres.

Fig 377 et 378, D Scalpe DC., face et profil. — Fig. 379 el 380, D. polycarpum DC., face et profil, — Fig. 381 et 382, D. latifolium DCG., var. Pelvairii MWassk., profil et face. — Fise. 383 el 384. D. torluosum DC., face et profil. — Fig. 385 et 386, D. uncinalum DC , face et prolil. — Fig 387 et 388, D. Canadense DC., face et profil. — Fig 389 et 390, D. elegans Bru., face et profil. — Fig. 391 et 392, D. gyroides DC., "profil et face.

hilaire, qui est très nettement accusée par une surface elliptique, vaste, rebordée en bourrelet, par le tégument. De face, elle parait assez nettement plane, ayec un raphé peu saillant, mais un micropyle très visible. Cette espèce est de couleur gris-beige indécis, à mouchetures noires, lisses, très peu bril-

lantes.

D. laevigatum DC. (fig. 399 et 400). — Graines grandes (5 millimètres de longueur), fauves ou brun-rouge, très lisses, à plages un peu ombrées, plus foncées, comme brüûlées, en forme de haricot allongé, très plates pour leur longueur, très peu déprimées à la région hilaire. De face, le hile se montre oblong, entouré d’un premier rebord tégumentaire en bourrelet, très net, et d'une deuxième émergence très estompée, qui englobe le micropyle très visible. Le raphé, un peu en forme de raquette très allongée, est atténué en pointe fine du côté de la chalaze, évasé du côté du hile, et présente en son milieu un très net sillon longitudinal, comme un trait fait au camif.

D. latifolium DC., var. Pelvairii Hassk. (tig. 381 et 382). — Graines petites, de 2 millimètres de longueur environ, fauve plus ou moins foncé, ou jaunâtres, ou rougeàtres, lisses, non brillantes, ovales, plates. De profil, l'indentation hilo-micropylaire est peu nette, se révélant comme une petite encoche, mais de face le hile apparait comme une petite tache arrondie, presque circulaire, claire, entourée d'un bourrelet tégumentaire petit, mais net. Saillies radiculaire et raphéale presque nulles. Je n'ai pas eu entre les mains Le type de cette espèce, j'ai done établi cette diagnose d'après la variété, Je ne crois pas qu'ici la considératon d’une variété, aux lieu et place du type, soit de nature à créer une erreur grave, el l’on pourra compléter cette étude et Le tableau qui la suit, dès qu'on aura à sa disposition le type de

l'espèce. :

D. polycarpum DC. ilig. 379 et 380). — Fruit d'un violet sombre, à surface lisse, rebordé tout autour par une sorte de bourrelet, petit, mais saillant et anguleux. Graines jaunâtres,

HÉDYSARÉES 245

petites, atteignant au plus 1,5 millimètre de longueur, ovales, mais fortement déprimées dans la régiôn hilo-micropylaire, ce qui leur communique une forme plus où moins en oreille, lisses, brillantes, plates. De face, le hile se présente comme une minuscule tache circulaire, au fond d’une dépression dominée par un bourrelet tégumentaire, entouré lui-même de part et d'autre d'une émergence du tégument en saillie estompée. La radicule et le raphé forment deux saillies assez sensibles, vu la petitesse de la graine.

D. Scalpe DC. (fig. 377 et 378). — Articles du fruit violetbrun, à peu près rectangulaires, à faces latérales légèrement convexes, à surface des valves un peu réticulées, rugueuses, contenant une graine jaune-verdâtre, lisse, luisante, comme huilée, très petite, ne dépassant pas 2 millimètres de longueur, offrant un contour très remarquable : l'axe hypocotylé, à peu près à l'endroit où s’insèrent les cotylédons, subit un brusque changement de courbure d'où résulte, chez la graine, une sorte de bosse, presque immédiatement suivie d’une partie rectiligne. La dépression hilaire est sensiblement nulle, et la radicule est à peu près dans le prolongement du raphé, rectiligne. Les faces de la graine sont nettement convexes; quand on regarde le hile de face, il apparait comme une tache circulaire, entourée d'un bourrelet tégumentaire, au-dessous duquel se voit le micropyle, très net. Les saillies radiculaire et raphéale sont très peu sensibles.

D.-tiliaefolium G. Dox (fig. 395 et 396). — (Graines assez nettement ovales, allongées, dépassant 3 millimètres de longueur, non déprimées à la région hilaire, noirâtres où brun foncé. De face, le hile, avec son bourrelet tégumentaire, et le micropyle au-dessus, sont entourés à leur tour par une émergence du tégument assez nettement estompée et qui se raccorde d'une part avec le raphé, de l'autre avec la saillie radiculaire. Le raphé forme ici un bourrelet assez nettement pincé. L'ensemble de la graine est assez régulier, plat, avee un léger bombement des faces, en leur milieu,

D. tortuosum DC. (fig. 383 et 384, 393 et 394). — Graines

ovales-orbiculaires, fauve plus ou moins roux, contenues dans

es

un fruit à surface réticulée et velue, luisantes, d'aspect gras ou corné, très plates, présentant sur le profil une saillie radiculaire en surplomb, assez nette. Ensuite, la dépression hilaire forme un creux assez marqué, mais la saillie raphéale, d'abord très

FIGURES 393 et 391. — DESMODIUM Desv. (suite)

3 millimètres

Fig. 393, D, tortuosum DCG., vue de face. — Fig. 394, même espèce vue de profil. (Ces deux dessins ont été exécutés à une échelle un peu différente des figures 383 et 384, et sur un lot de graines différent, reçu bien longtemps après que les premiers dessins étaient faits. On verra l'extrême similitude des deux profils, figures 384 et 394).

nette, vers le hile, s'atténue brusquement un peu en dessous, si bien qu'il en résulte une nouvelle ondulation en creux, avant d'arriver à la chalaze. De face, le hile offre la forme d’une tache circulaire, entourée par le bourrelet tégumentaire et limitée en haut et en bas par les saillies radiculaire et raphéale. Ainsi considérée, la graine présente une épaisseur plus grande au-dessous de la ligne horizontale passant par le hile, qu’ailleurs, plus haut par exemple ; on en conclut que l'épaisseur des colylédons est plus forte à leur extrémité, c'est-à-dire du côté

de la chalaze, que vers l'axe hypocotylé où ils se réunissent.

D. uncinatum DC. (fig. 385 et 386). — Graines ovales très

allongées (3 < 1,5 millimètres), Jaune de miel, lisses, peu bril-

HÉDYSARBÉES 247 ; À re SR A : 1 ! re Q . .

lantes, d'aspect corné, à éclat gras. Dépression hilaire peu sensi- 4 ?s ! à mn + ble, donnant l'impression, sur le profil, d'une encoche faite au

A “ . * L, canif. De face, le hile circulaire est entouré d'un bourrelet

FIGURES 395 à 404. — DESMODIUM Desv. (suite)

5 millimètres

Fig. 395 et 396, D. tiliaefolium G. Dow, profil et face. — Fig. 397 et 398, D? tas Beck, face et profil. — Fig. 399 et 400, D. laevigatum DC., face et profil. Fig. 401 et 402, D. Americanum DC., face et profil.

— Fig. 403 et 404, D. gyrans DC., face el profil.

tégumentaire très mince, et de part et d'autre, d'émergences onduleuses assez estompées. Le micropyle est protégé par une sorte de niche formée par le surplomb de la radicule et la saillie du tégument. Le raphé est très net, en massue allongée, noir.

D. viridiflorum Beck. (fig. 397 et 398). — Graines assez grandes, atteignant et même pouvant dépasser 3,5 millimètres, ovales, à région hilaire produisant une dépression largement excavée, qui donne à la graine vue de profil la forme plus ou moins Salle d'une oreille, plate, d'un jaune olivâtre pâle, un peu mate, d'apparence de cire. Hile à peu près circulaire, entouré d'un bourrelet tégumentaire net. Ondulations du tégument, à droite et à gauche, assez peu sensibles. Radicule si peu saillante qu'elle n’est guère perceptible. Raphé plus net, présentant à son début une tache noire ou très foncée, au milieu de l’estompement général.

On voit par les descriptions qui précèdent, combien toutes ces espèces sont différentes les unes des autres. Leur classement en un tableau synoptique, sera done chose aisée. Le simple examen des figures est suffisant car les dessins, reproduction fidèle de la réalité, sont assez éloquents par eux-mèmes.

TABLEAU SYNOPTIQUE

14 Arille très développé, en pied de colimacon. , , . gyrans GONON D, 6 CURE SN PS 2

( Graine très fortement bombée, à rebord pincé en bourre- 2 (1) STE A 0 Americanum Grains ÆADIANS ete a NT SO AS 3

à ( Graine à contour convexe à la région hilaire , . , , . 4 ©” Graine à contour concave à la région hilaire . . . , . 5 Graine ovale, à région hilaire plus ou moins nettement en

n rENBË 7 TONER ANS Fr . + -. hiliaefolium Graine ovale allongée, à hile en entoche, en coup de caif, 5 SUR RS OS PNR uncinalum

HÉDYSARÉES 249

( Cotylédons épais au bout, gonflant la graine À cet endroit

D) (OMC RE noce 4 SR RU ve EE ee lortuosum

( a contour régulier (de face) LEE ee NT MO AE ES 6

\ Axe hypocotylé à courbure discontinue, formant une bosse très

6 | nette td profes, 42 2. ANR MScaire

Non ; contour régulier, continu (de Probe D 7

7 ATDOPNIE-SCDIONITIONA Ge. de de so UN 7 8

ARS PO EN RSS 77 en ER SSP 9

8 { Graine brun-rouge, à région hilaire rectiligne . . canadense

© Graine jaune-verdâtre, à région hilaire concave. viridiflorum

\ Graine de 5 mm., brun-rouge, plate, en forme de bhari-

9 OT ES RQ Er COUR en ne € laevigatum g

l GREC ALUCISTANL PASS MMS. D + Lo. , ee, 10

\ Graine gris sale, mouchetée de noir, en oreille très nette ; grand

10 OR ES Te Pr ee Ne re Le Cl roides | y

RTS AA RÉ, Let 8 UC 11

11 Faces de la graine bombées au milieu . . . . . elegans

! Faces régulièrement convexes 12

12 ( Saillie radiculaire en surplomb . . . . . . polycarpum

” À Saillie radieulaire nulle. . . . . latifolium var. Pelvairü

Scorpiurus L.

Le petit genre Scorpiurus L. ne compte que einq ou six espèces environ, habitant la région méditerranéenne et les îles Canaries. J'ai pu étudier deux espèces françaises et une de leur

variété :

S. subvillosus L. \

S. subvillosus L., s.-var. eriocarpus Roux (= S. sulcatus Sissru. et Sx.).

S. vermiculatus L.

Parmi tous les exemples que j'ai cités, celui-ci est l’un des plus frappants : tandis que les deux S. subvillosus L. ont des graines arquées, en forme de navette, atténuées aux deux bouts, et présentant la région ombilicale du côté convexe, les

eraines du S. vermiculatus L. sont globuleuses subsphériques,

FIGURES 405 à 410. — SCORPIURUS L.

1 millimètres

Fig. 405 et 406, 5. sulcatus Siesrn. et Su, face el profil (= S. subnillosus L..

s.-var. eriocarpus Rouy). Fig. 407 et 408, S. subrillosus L. (Lype), profil et face, — Fig. 409 et A0, S, vermiculatus L., face et profil.

beaucoup plus grosses, Les deux graines ont si peu de rapport entre elles, au point de vue morphologique, que l'on est surpris de les voir appartenir à deux espèces figurant! dans le même genre. Tandis que les graines du S. subvillosus L. type sont de couleur sombre (brun-rouge, brun-jaune, ou brun-vert), celles de la variété eriocarpus Roux sont d'un jaune d'ocre franc. Enfin la forme, comme on vient de le voir, distingue ces deux

HÉDYSARÉES 251

graines du S. vermiculatus L. Souvent, ainsi que je l'ai représenté sur mes dessins (fig. 406 et 407) les navettes du S. swbvillosus L. présentent des stries en fuseaux parallèles à leur axe. Il est DIODENIS qu on a affaire, là, à un phénomène de rétraction, comme j'en ai vu déjà fréquemment, et ce qui me pousse à admettre cette manière de voir, c’est que plusieurs de mes sachets de S. vermiculatus L. contenaient des graines plus ou moins ridées ou creusées de fossettes, alors que normalement elles sont parfaitement globuleuses. C’est un cas analogue à celui du Z. vulgare Gris. dont plusieurs auteurs, se fondant sur l'examen d'échantillons défectueux, ont indiqué les graines (accidentellement ridées, alors que normalement elles sont lisses) comme « alvéolées ». [1 est bon de noter en terminant que le tégument des graines que j'ai étudiées était finement chagriné,

Done, en résumé, on pourra établir Le petit tableau synoptique suivant :

TABLEAU SYNOPTIQUE

Graines en navettes arquées. . , . subvillosus (Voir + 2) Graines globuleuses subsphériques ; tégument jaune parchemin, \ rouge-brun à la région ombilicale, souvent moucheté de pour-

EE M ee vermiculatus 5 ( Graines brunes . . . . n: subvillosus, type ” ( Graines jaunes . , RATS var. eriocarpus = sulcalus

Coronilla L.

Les espèces de ce genre, qu'ilm'a été donné d'examiner, ne constituaient pas des matériaux assez abondants, n1 surtout assez sûrs pour que j'aie cru devoir les dessiner, ni en donner des diagnoses individuelles. Qu'il suffise de savoir que les espèces qne j'ai eues entre les mains ont des graines très semblables

entre elles, cyhindro-arquées, de couleur jaune d'or plus ou moins vif, ou rouge brique violacé. Quelques représentants, peu nombreux, ont des graines d’un vert plus ou moins bistre, mais c'est la minorité. Une source d'erreurs, dans ce genre, est le polymorphisme des graines, pour une espèce déterminée : cela tient à la forme du fruit, qui est allongé, moniliforme et atténué aux deux extrémités. Chacun des articles, en lesquels il est divisé, contient une seule graine, et à maturité les articles se séparent les uns des autres sans s'ouvrir. En général, chaque graine est arrondie aux deux bouts, mais souvent, par suite d'une malformation, l’une des extrémités, ou même les deux sont transformées en méplats. La graine semble alors comme coupée en carré aux deux bouts. Il y a donc, ici plus encore qu'ailleurs, à tenir compte, dans l'opinion que l'on se fait des caractéristiques de chaque espèce, de l'examen approfondi d'un lot de graines aussi abondant que possible. Cette forme dont je viens de parler est purement due au dynamo-métamorphisme — pour employer un terme de la langue des géologues et des minéralogistes — c'est-à-dire qu'elle est causée par une pression plus où moins forte contre les extrémités de la graine, et dirigée dans le sens de l'axe de celle-ci Il y a là, quoiqu'à un moindre degré, une transformation mécanique analogue, dans son processus, quoique différente dans son résultat, à celle qui produit la gfumelle bicarénée des Graminées.

Indépendamment de cette transformation, il y a lieu de considérer la forme des articles extrèmes, très différente de celle des articles moyens : ils sont toujours beaucoup plus étirés et plus minces qu'eux Ilen résulte que les graines qui s'y développent sont de forme souvent un peu altérée par rapport à la forme moyenne des graines du lot.

Résumant tout ce qui précède, on dira que pour pouvoir établir des conclusions sur les graines de Coronilla, et le rôle quelles peuvent jouer dans la systématique, il faudrait :

1° Avoir un lot de graines abondant, dans lequel on ne tiendrait compte que des spécimens de forme moyenne, qui sont, à coup sûr, les plus abondants; on laisserait de côté, ceux qui, par leur aspect extérieur, trancheraient trop complètement sur

st ot time

da mime tn ms.

HÉDYSARÉES 265

l'ensemble de leurs voisins, par leurs caractères morphologiques externes ; 2° Avoir des graines très sûrement nommées: il serait bon alors de n'opérer que sur des échantillons dont on aurait vérifié, par la culture, l'exactitude des dénominations, et il faudrait en outre, je crois, que tous les échantillons fussent trai-

- tés, pendant leur croissance, de la même façon, pour éliminer

les causes d'erreurs et les variations de taille ou d'aspect pouvant résulter d'une négligence quelconque, relativement à ce sujet ;

3° Avoir à sa disposition le plus possible d'espèces différentes, afin de ne prendre une décision, pour la diagnose de chacune d'elles, qu'après avoir examiné toutes les autres, de façon à éviter, dans la mesure du possible, les erreurs ou les obscurités résultant de la comparaison, mal établie, de caractères trop peu dissemblables.

Mais si plusieurs espèces semblent avoir, l’une à l’égard de l’autre, de grands points d’analogie, il y a fort heureusement bon nombre d’autres échantillons qui sont reconnaissables, même sans aucun terme de comparaison, avec la plus grande aisance. Les uns, par exemple, sont cylindriques-filiformes, tandis que les autres sont cylindriques renflés, presque ovoïdes. Les uns sont toujours jaunes, les autres toujours pourpre-violacé. Enfin quelques-uns présentent un micropyle toujours visible quoique minuscule, tandis que les autres n'ont, à la région hilaire, qu'une dépression plus ou moins marquée, au milieu de laquelle s’observe le hile, plus ou moins recouvert des vestiges du funicule, qui font presque — dans certains cas — l'illusion d’un minuscule arille.

Les quelques considérations qui précèdent, sans rien préJuger au sujet de chaque espèce en particulier, permettent de se faire une idée, dans quel sens on devrait orienter le classement primordial des divers échantillons étudiés. On aura ainsi, dès lors, la faculté de créer une série de cases où l’on rangera, par une première approximation, les différents spécimens. On

les reprendra ensuite individuellement, et dans chaque groupe

ainsi établi on pourra, plus aisément, établir des sous-groupes,

de moins en moins nombreux jusqu'au moment où l'on aura séparé toutes les espèces.

Bien entendu, les bases que j'ai proposées pour faire des groupes de premier ordre, telles que : graines filiformes, graines ovoides, micropyle visible, ete., n'ont rien d'absolu ni de définitif. Il est fort possible, en effet, qu'un examen approfondi d'échantillons nombreux conduise à admettre, au début, d'’autres caractères pour distinguer les groupes de premier ordre.

Quoi qu'il en soit, je crois que la difficulté que l’on rencontre, pour ranger ces graines, tient, en grande partie, à ce qu'elles appartiennent à la tribu des Hédysarées. La plupart des genres que l’on y range, en effet, possèdent des fruits divisés en articles indéhiscents. Ce mode de végétation et de reproduction, est éminemment favorable au polymorphisme de leur contenu, et ilne sera pas étonnant de rencontrer des difficultés analogues, chaque fois qu'on aura affaire à un genre rangé dans cette tribu.

Ornithopus L. (incl. Arthrolobium Desv.).

Le petit genre Ornithopus L. ne compte guère qu'une dizaine d'espèces, au plus, si l’on fait abstraction des nombreux SYnOnymes dont un bon nombre se rapporte à des espèces de Coronilla déjà décrites (1). Les matériaux dont je disposais ne m'ont pas tous semblé assez sûrs pour pouvoir fonder sur eux quelque étude sérieuse. Ceux que j'avais à ma disposition étaient :

O. compressus L.

O0. dumus Cav.

O. rhracteatus Bnor.

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