Ce caractère est très visible chez le genre Phaseolus L
lement à lui, sur le tégument de la graine. Ce rebord tégumentaire affecte done à peu près, et de façon plus ou moins nette, la forme d'un fer à cheval allongé.
J'ai donné une figure spéciale, schématique, pour faciliter l'intelligence du texte et pour montrer cette intéressante disposition du hile et de l'extrémité claviforme du raphé.
Cela posé, je passerai rapidement en revue les différentes espèces, dont je donnerai à la fin un tableau synoptique.
C. bacillaris L. (fig. 635 et 636). — Graines ovales, un peu aplaties, lisses, d'un brun-rouge tirant sur le bistre, munies de très fines craquelures. Ligne x limitant obscurément une très grande surface. Longueur 7 à 8 millimètres : épaisseur 2 à 2,5 millimètres. Région hilaire très peu accentuée sur le contour de profil, ne formant par conséquent aucune indentation bien sensible; graine seulement un peu atténuée dans cette région. Vue de face, la région hilo-micropylaire présente un épanouissement c/ assez net (voir figure 639 le schéma spécial) et le raphé, sous forme d'une ligne sombre, presque noire, descend jusqu'à l'autre extrémité de la graine.
C. bicapsularis L. (fig. 662 et 663). — Graines ovales, petites, ne dépassant guère 5 à 6 millimètres de longueur, lisses, atténuées du côté du hile en une petite pointe très nette, quoique peu développée (beaucoup d'espèces du genre Cassia sont ainsi atténuées en une pointe du côté du hile parce que l'emplacement de cette cicatrice est accompagné d'une indentation légère, et parce qu'à l'opposé le tégument suit le contour de l'embryon, lequel est brusquement élargi au passage de la radicule aux cotylédons), Cette forme est particulièrement nette, dans le Cassia Tomorensis DC. que j'étudierai plus loin. Sur les faces latérales de cette graine plate, la ligne À limite deux surfaces ovales très nettement déprimées. La région hilo-micropylaire, vue de face, ne présente aucun caractère remarquable, La saillie raphéale est seulement très peu saillante,
CASSIÉES 379
FIGURES 627 à 638. — CASSIA L,.
15 millimètres
Fig. 627 et 628, C. Sophora L., fa. albescens (aucr.?), face et profil. — Fig. 629 et 630, C. mimosoides L. (type), face et profil. — Fig. 631 et 632, GC. nictitans L., profil et face. — Fig. 633 et 634, C. Fistula L., vue d'en haut et de face. — Fig. 635 et 636, C. bacillaris L, profil et face, — Fig. 637 et 638, C. glauca Lau, profil et face,
C. corymbosa Law. (fig. 654 et 655). — Légèrement plus grande que la précédente, cette graine, de couleur bistre foncé, est caractérisée par ce fait qu'elle porte, à sa surface, de très petits ornements, en relief, très nombreux. Sur le contour de profil, l'indentation raphéale est peu nette, mais sobserve cependant assez aisément. Le raphé descend assez loin, comme le représente la figure ; la ligne à fait défaut, et l'ensemble de la surface du tégument est régulier. 11 n'y à pas ici, comme chez le C. bicapsularis L. et surtout comme chez le C. Timorensis DC., de petite queue, produite par l’étirement de la grame, du côté de la radicule: le contour est à peu près régulièrement ovale.
C. Fistula L. (fig. 633 et 634). — Graine très grosse, atteignant 12-15 millimètres de longueur sur 4-5 millimètres d'épaisseur, très belle, de couleur bistre-roux très franc. Tégument de consistance osseuse (ébréchant le canif, quand on cherche à l'entamer sur le sec), finement craquelé. Le raphé — fait extrêmement remarquable chez les Cassia — se traduit par une belle ligne sombre, qui à l'air brûlée et qui possède une légère dépression en son milieu : cette ligne se trouve sur la face plane de la graine et non sur la partie bombée, ainsi qu'en témoignent les figures. Du côté opposé au hile, le raphé s'épanouit (chalaze ?) en une tache sombre, d'aspect un peu analogue, à priori, à celui de la région hilaire. Ces magnifiques graines, qui semblent vernies et poncées, sont logées dans une pulpe lâche, à l'intérieur de la gousse, longuement eylindrique, comme je lai dit plus haut. I faut, pour les obtenir, briser la zousse, ce qui n'est pas toujours chose aisée, car elle offre une consistance ligneuse, souvent très dure, qui rend lopération difficile.
C. florida Vaux. (Hig. 648 et 649), — Non moins caractéristique que les précédentes, cette espèce possède des graines extrèmement plates, brun-rouge foncé. La ligne X limite une aire allongée, de couleur qui tranche nettement sur le fond. Le bile forme une indentation assez nette, et dans cette région, le
ru
CASSIÉES 351
tégument est un peu rétréci. La graine semble done un peu pointue de ce côté, tandis que, à l'autre extrémité, elle est comme tronquée légèrement. Sur le dessin représentant la vue de face, on remarquera la minceur de la graine, qui tout entière est gondolée et présente, dans l'exemple choisi, une face bombée et l’autre creusée.
C. glauca Law. (fig. 637 et 638). — C'est une graine bicolore, comme la précédente ; la teinte générale du fond est brunrouge foncé, et la surface limitée par la ligne x est de couleur rousse. Allongée dans le sens de la longueur, cette graine présente une région hilaire terminale, ce qui est assez rare, et non subterminale, ce qui veut dire que le hile forme une indentation placée de telle sorte, à une des extrémités de la graine, que celle-ci semble tronquée à cet endroit. En outre, cette région est assez intéressante à considérer, car le bourrelet tégumentaire offre ici, plus qu'ailleurs, une forme telle qu'on prendrait volontiers pour le micropyle ce qui n'est que le hile ; on consultera avec fruit les dessins qui illustrent le texte et qui suppléent à cette description. On y remarquera notamment que la région centrale, rousse, limitée par la ligne à, est, seule, pourvue de craquelures, tout Le reste du tégunient étant uni et lisse. Ce détail caractéristique permet de reconnaitre aisément la
graine.
C. hirsuta L. (fig. 640 et 641). — Une des plus petites espèces étudiées, cette graine est ovale, vue de profil, avec les faces latérales légèrement excavées, ou au moins très planes. Elles sont rectangulaires, en coupe transversale, comme le montre le dessin, pris d’en haut, du côté du hile. Ici, comme dans le C. Fistula L., le raphé traverse une des faces latérales. La forme générale de la graine fait une transition entre les espèces ovales, telles que toutes celles qui précèdent et les espèces polyédriques, comme le C. obtusifolia L. La couleur de ces graines est d'un bistre plus ou moins cendré, non homogène, c'est-à-dire que, par places, la couleur est plus foncée et plus claire à d’autres endroits (ce fait est visible seulement avec une
382 RIBU IN
très forte loupe). La surface du tégument présente, à un fort grossissement, un léger chagrinement, mais ce détail ne me parait pas très caractéristique. |
C. Javanica L. (fig. 650 et 651). — Grosses et globuleuses (9 millimètres environ), ces graines sont très belles. Leur couleur est brun-roux un peu jaunâtre. Elles sont analogues, comme aspect et couleur, aux graines du €. Fistula L., dont elles se distinguent aisément par la forme. Les craquelures du tégument osseux sont moins nombreuses. Le raphé ici encore est disposé sur la face large. Dans la région hilaire, le tégument porte deux légers mamelons qui encadrent la dépression hilomicropylaire et se rejoignent, en arrière, du côté opposé au raphé, en sorte qu’on a sous les yeux l'apparence extrèmement vague d'un fer à cheval très estompé, s'élargissant fortement à chaque pointe en un bombement assez prononcé ; cet aspect est surtout net quand on regarde la graine par-dessus. Le dessin que j'en donne, et qui est une vue d'en haut (fig. 650), rend imparfaitement compte de ce fait: ce caractère se présente généralement avec plus de netteté que ne l'indique la figure.
C. laevigata Win. (fig. 646 et 647), — Graines bistre-olivâtres, très brillantes, sans ligne À. Région hilaire subterminale favorisant l'étirement de la graine en une pointe radiculaire très nette. Le contour général de la graine, vue de profil, est assez régulièrement ovale, quand on ne tient pas compte de la petite pointe. Vue par son petit côté, quand on a le raphé en face de soi, la graine présente de chaque côté, un peu au-dessous du hile, deux épaulements formés par des saillies du tégument et qui sont caractéristiques. Elles correspondent vraisemblablement à un renflement des cotylédons, au niveau de leur insertion.
C. mimosoides L., type (fig. 629 et 630), — Graines très caractéristiques : elles sont à peu près losangiques, presque carrées, avec un étirement très net à l’un des angles, au-dessous duquel se montre le bile, Le tégument, de couleur foncée, brun presque
CASSIÉÉS 543
noir, est très finement chagriné et creusé par places d’alvéoles circulaires, peu profondes et peu nombreuses, visibles seulement à la loupe. La forme bizarre de ces graines s'explique aisément par la forme des gousses : celles-ci, de consistance légèrement parcheminée, s'ouvrent en deux valves élastiques qui montrent que toute la longueur de la gousse est divisée en
FIGURE 639. — CASSIA L. (suite)
ET Es LEA ra
Schéma de la région hilo-micropylaire : r£, rebord tégumentaire; », emplacement du micropyle presque toujours invisible ; h, hile ; d, dépression séparant le hile proprement dit de l'épaississement claviforme el du raphé ; /, fente ou strie longitudinale souvent très peu visible, dans lépanouissement elaviforme du raphé; 2, raphé proprement dit,
. petites chambres à peu près carrées par de fausses cloisons,
nées aux dépens de Fendocarpe, et situées à peu près transversalement à l'allongement du fruit. Le funicule est ascendant, étroitement appliqué contre les parois de Ia gousse. La graine, par son raphé, touche ce funieule et épouse exactement la forme de la logette qui la contient, sans laisser de jeu. On retrouvera plus loin un cas analogue avec le C. obtusifolia L.
C. mimosoides L., f*. fol. anqustissimis (fig. 642 et 643). — C'est la plus petite des espèces étudiées : elle ne dépasse guère 3 millimètres de longueur, Vue de face, elle offre un contour un peu rectangulaire, présentant, dans un des angles, une petite pointe, en dessous de laquelle, sur le grand côté, prend naissance le hile. Vue par le raphé, elle présente un contour un peu ovale allongé. Sa couleur est d'un brun assez frane, brillant. Le tégument parait lisse à l'œil nu, mais au microscope il se montre constellé d'uneinfinité de petites excavations, légèrement concaves, très rondes, et disposées sans ordre, On dirait autant de minuscules cicatrices. Comme on le voit, cette forme est très voisine du type ; elle s'en distingue cependant par le nombre et la petitesse de ses alvéoles tégumentaires et par son contour plus allongé. Toutefois, vues par le côté du raphé, elles présentent toutes deux une grande analogie, il n'y a guère alors que la taille qui diffère et qui est un peu supérieure dans le type.
C. montana WMeyne (fig. 644 et 645). — Cette graine très plate, de contour généralement ovale allongé, se distingue aisément du C. Jlorida V'aur., encore plus plate, en ce que la pointe radiculaire du tégument est très développée, portant sur son bord, rectiligne et parallèle au grand axe de la graine, la région hilo-micropylure. À l'autre extrémité, la graine est tronquée assez carrément, Enfin, tandis que le €. florida Vaux. et le C. Timorensis DC. ne portent pas de craquelures, on en trouve ici de très nettes. Ligne À très nette, limitant deux surfaces bombées, dont le relief est assez visible, quand on regarde la graine par le petit côté, le raphé en avant. Celui-ci est épais, très lourd pour la minceur de la graine.
C nictitans L. (lis. 631 et 632). — Cette espèce ressemble beaucoup au C.mamosoides L., {ype, mais s'en distingue aisément: {1° par son contour à angles beaucoup plus arrondis, surtout à l'endroit où meurt le raphé: 2° par sa pointe radieulaire beaucoup moins développée, formant au hile une indentation à peine perceptible ; 3° par son aphè beaucoup plus grèle ;
CASSIÉES 385
4°-enfin par ses ponetuations beaucoup plus nombreuses et plus petites. Quoique l’ensemble de ces caractères soit suffisant pour éviter toute erreur entre les deux espèces, on peut y ajouter la forme de la gousse. Celle-ci est allongée, mince chez le C. mimosoides L., tandis qu’elle est beaucoup plus trapue chez le C. nictitans L. En outre, dans la première de ces deux espèces, le vestige du style forme un bec très net, recourbé en crochet, à angle droit, sur l'axe de la gousse, tandis qu'ici l'extrémité de la gousse est à peine mucronée par les vestiges du style. Enfin, tandis que les premières graines sont de couleur très foncée, presque noires, et mates, elles sont ici nettement brillantes, très foncées également, mais avec des reflets violacés.
C. obtusifolia L. (fig. 656 et 657). — Graines polyédriques très remarquables, donnant l'aspect d'un prisme clinorhombique allongé en pointe nette du côté de la radicule, tandis que la partie opposée est arrondie, obtuse. La région raphéale forme une côte nette sur l’une des arêtes du prisme. Pour expliquer la forme de ces graines, je n'aurai pas besoin de répéter ce que j'ai dit plus haut. On se reportera seulement à ce que j'ai dit à propos du C. mimosoides L., type, puisqu'aussi bien c’est un cas analogue. Les graines sont d’un brun-olivâtre très net, à tégument lisse et brillant. Parfois elles ont une couleur plus
foncée, qui provient évidemment d’une altération du tégument
par les agents atmosphériques (humidité notamment, en atmosphère confinée).
C. occidentalis L. (fig. 660 et 661). — Cette espèce offre un grand intérêt par ses applications pratiques, dont je dirai un mot plus bas. Les graines que j'ai examinées provenaient de divers établissements scientifiques, mais celles que J'ai étudiées spécialement m'étaient envoyées, en assez grande quantité, de l'Afrique occidentale française par un officier de F'infanterie coloniale (1). Les graines ont le contour ovale, avec
4. Je suis heureux de témoigner ici mon affectueuse reconnaissance à mon cousin, le capitaine Henri Braive, à cette époque à l'Etat-Major de L'AY ONF,
AT = Capitaine 25
une ligne À très nette, limitant une aire elliptique chagrinée, tandis que le reste du tégument est couvert de craquelures. Il n'y à pas, à proprement parler, de pointe radiculaire, mais le hile est logé dans une anfractuosité du tégument : il en résulte, sur le contour de la graine, une indentation d’un seul côté, qui crée une dyssymétrie caractéristique. Quant aux surfaces chagrinées, limitées par les lignes x, elles sont à peu près planes, inais présenteraient plutôt, dans leur ensemble, une légère concavité, comme on peut s’en rendre compte en regardant la graine de face, le raphé en avant. Enfin, la graine, quand elle est fraiche, présente sur toute sa surface, sauf dans les régions limitées par les lignes x, une sorte de pellicule caduque, comme une pelure d’oignon, qui lui donne un aspect caractéristique. Cette pellicule, provenant sans doute de l’endocarpe de la gousse, est si mince que les jeux de lumière auxquels elle donne lieu la font paraitre argentée par endroits. Tous les échantillons ne présentent pas ce caractère, sans doute parce que la pellicule est tombée depuis la récolte et la mise en sachet des graines. Ce qui confirme cette hypothèse, c'est que l’on trouve au fond des sachets des vestiges de ces pelures, qui s’envolent au moindre souffle, La couleur des graines est bistre un peu olivâtre, légèrement cendré. Le tégument est faiblement brillant, il semble foncé. La région limitée par la ligne à est d’un gris cendré légèrement verdâtre, qui tranche très nettement, et comme aspect et comme couleur, sur le fond général de la graine.
Au point de vue des usages domestiques, cette graine présente un très gros intérêt; c’est un succédané du café. Voici ce que dit à ce sujet M. E. Heckel 2x Duss, Æ/. phanér. des Ant. fr., p. 235, en note : « MM. Heckel et Schlagdenhauffen ont publié dans les Archives de Médecine navale (K886) sur cette espèce tropicale ubiquiste, un mémoire détaillé, démontrant ses propriétés fébrifuges. L'emploi de cette plante réussit mieux que la quinine dans certains cas spéciaux de fièvre rebelle. La graine,
quim'a envoyé où rapporté de ses tournées d'inspection dans l'Afrique occidentale un grand nombre d'échantillons utiles et intéressants.
CASSIÉES 387
FIGURES 640 à 654. — CASSIA L. (suite)
15 millimètres
Fig. 640 et 641, C. hirsuta L., profil et vue d’en haut. — Fig. 642 et 643, C. mimosoides L., fa. fol. angustiss., face et profil, — Fig. 644 et 645, C. montana Heyxe, profil et face. — Fig. 646 et 647, C. laevigata Wisv., profil et face. — Fig. 648 et 649, €. florida Vauz., profil et face. — Fig. 650 et 651, C. Javanica L., vue d'en haut et de face. — Fig. 652 et 653, C. Timorensis DC., profil et face. — Fig. 654, C corymbosa Law. vue de face. [Voir figure 655 la représentation de prof de cette espèce],
sous le nom de café nègre, cafia, s'est introduite largement dans la consommation européenne, où elle est très demandée pour être mêlée ou substituée au vrai café ; à cet égard, elle pourrait faire l’objet d'une culture très rémunératrice dans nos Antilles françaises. Elle est couramment employée par les peuplades des côtes occidentales d'Afrique, à titre de fébrifuge, sous les noms de m'hentamiré ou fedegosa ». C'est sous le premier de ces noms que je l'ai reçue d'Afrique.
C. pilifera Voc. (fig. 658 et 659). — Jolie petite espèce, olivâtre, à tégument brillant, tout craquelé, présentant à la région hilaire un léger aminecissement en pointe mousse. Hile subterminal. Raphé formant une petite côte assez nette. Epaisseur de la graine assez considérable pour sa largeur. Elle est donc un peu globuleuse, Elle ne présente pas trace de ligne 2. Cette espèce ne peut, je crois, être confondue avec aucune autre de celles que j'ai étudiées.
C. Sophora L., type (fig. 666 et 667). — À titre d'exemple, j'ai étudié ici le type et deux formes, a/bescers et purpurea, pour faire voir que si ces spécimens ne sont pas absolument identiques au type, ils en sont en tout cas si voisins qu'on pourra, au point de vue séminologique, les ranger toujours dans l'espèce type. La ressemblance de ces trois échantillons est à coup sûr beaucoup plus tangible que celle du €. mimosoides L. type avec sa forme folus anqustissimis, et quoique les échantillons étudiés me semblent présenter de bonnes garanties, je ne serais pas surpris qu'il y eût dans ce dernier cas une erreur de nom. Je dirai presque que j'en suis heureux, car en confirmation de ce que J'ai toujours avancé jusqu'ici, les différences morphologiques du type à cette simple forme ne me paraissent pas en rapport avec la différence d'aspect des deux plantes, qui ne diffèrent que par les feuilles. Pour en revenir au C. Sophora L., on verra que les graines ressemblent, à première vue, à celles du C. occidentalis L., mais un examen plus approfondi montre des différences notables, sur lesquelles on ne peut pas se tromper : si la couleur pour le type surtout est assez analogue, l’as-
CASSIÉES 389
pect général est très différent. En effet, tandis que le C. occidentalis L. a la surface générale du tégument {sauf les régions chagrinées limitées par les lignes À) un peu brillante, ici le tégument est partout mat, dépoli, comme recouvert de cendre, donc d'aspect un peu pruineux. Sa couleur est d’un brunolivâtre assez franc. Danses deux variétés, la couleur est plus sombre et fortement lavée de gris. Le type et les variétés se distinguent encore du C. occidentalis L. : 1° par le tégument non craquelé en dehors des lignes À, et non chagriné à l’intérieur de ces mêmes lignes ; 2 par les surfaces limitées par les lignes À et qui sont ici assez nettement convexes, tandis qu’elles étaient plutôt concaves chez le C. occidentalis L.; 3° par le raphé généralement plus épais ; 4° par la région hilaire généralement en cœur. Enfin — fait qui est surtout sensible chez le type — l’atténuation en pointe radiculaire est beaucoup plus nette que chez le C. occidentalis L. Et, dans le type aussi, l'extrémité opposée est coupée carrément.
La distinction du type et des deux formes est beaucoup moins aisée. Il fallait s’y attendre : le contraire serait en opposition avec mes conclusions. Toutefois on peut remarquer que la pointe radiculaire est beaucoup plus accusée chez le type, où elle va jusqu’à former, dans certains individus, une petite corne. En même temps, la surface limitée par la ligne } est nettement ovale allongée, et l'extrémité opposée du tégument est nettement tronquée. Dans les deux formes, la région hilaire fait une dépression cordiforme assez nette ; la pointe radiculaire est peu accentuée, et la surface limitée par la ligne à est beaucoup plus arrondie que dans le type. Enfin les deux formes qui se distinguent encore du type par leur couleur beaucoup plus foncée, bistre-noirâtre, peuvent (moins aisément) se distinguer entre elles par leur taille : la forme a/bescens (fig. 627 et 628) est plus petite, moins orbiculaire que la forme purpurea (fig. 664 et 665). Vues de profil, la première présente un hile subterminal formantune indentation très marquée sous la pointe radiculaire assez nette. Le raphé est suivi par une ligne parallèle qui semble continuer le rebord tégumentaire encadrant la région hilaire; la seconde, au contraire, présente un hile sub-
FIGURES 655 à 667, — CASSIA L, (suite)
15 millimètres,
Fig. 658, €, corymbosa Lau, vue de profil [voir figure 654 la représentation de face de cette espèce], — Fig, 656 et 657, C. obtusifolia L., face ct profil, — Fig. 658 et 659, Q. pilifera Voc., face et profil — Fig. 660 et 661, C. occidentalis L., face et profil. — Fig. 662 et 663, C. bicapsularis L., face et profil, — Fig. 664 et 665, €. Sophora L., fa. purpurea (aucr. ?), profil et face, — Fig. 666 et 667, €. Sophora, L. (type), face et profil, -
CASSIÉES 391
terminal n'indentant pas profondément la pointe radiculaire, qui se trouve de ee chef très peu apparente. En outre, il n’y a pas de ligne parasite parallèle au raphé, et prolongeant le rebord tégumentaire qui encadre la région hilo-micropylaire. Ces distinctions paraissent assez aisées en théorie et ressortent bien sur les dessins. Elles sont bien plus délicates à faire sur le vif. Il est même possible qu'on soit fort embarrassé. Cela confirmera tout ce que j'ai avancé sur la valeur spécifique des graines. On pourra rapporter un des trois échantillons à l'espèce Sophora L., sans difficultés, on ne pourra distinguer les variétés que d'une façon beaucoup plus difficile et avec une grande habitude de ce genre d’études.
C. Timorensis DC. (fig. 652 et 653). — C'est, comme je l’ai dit, de toutes les espèces celle qui présente, de beaucoup, la pointe radiculaire la plus accentuée, avec région hilaire sur le côté de celle-ci, et occasionnant une indentation légère qui la surplombe. À part cela, Le contour de la graine est assez nettement ovale et La ligne À y délimite un ovale très allongé, à peu près dans le plan du reste de la surface tégumentaire. La graine est extrêmement plate, le raphé forme une petite côte saillante qui descend jusqu'en bas. La couleur générale est d’un bistre assez foncé, mat, sauf dans la zone limitée par la ligne À, où le tégument est nettement brillant.
Quoique les dessins me semblent suffisants pour déterminer les espèces que je viens de passer en revue, je crois devoir ajouter un tableau synoptique permettant, par la méthode dichotomique, d'arriver au nom de chacune des espèces étu-
diées.
Remarque. — Une telle étude me semble extrêmement banale dans ses conclusions, puisque chaque graine se différencie de ses voisines presque toujours avec la même sûreté qu'un pois se distingue d’un haricot ou d'une lentille ; Je suis donc très surpris de voir qu'il n’en est question nulle part. Si l'on trouve parfois, ce qui est rare, la description d'une graine, elle est
toujours si vague et si brève que son utilité et sa raison d'être ne
me semblent aucunement justifiées, d'autant plus qu'elle n’est
presque jamais accompagnée d'aucun terme de comparaison avec des espèces voisines, ni, à plus forte raison, de figures.
RS
TABLEAU SYNOPTIQUE
Graines très grosses, atteignant 15 mm. de long, fauves, lisses, aplaties, à raphé latéral (1} . . -. . . . . . Fistula Graines ne dépassant pas 9,5 mm. au plus, globuleuses (rarement) ou le plus souvent aplaties ou très plates . . . 2
Graines polyédriques, ayant la forme d’un prisme clinorhombique à'arêtes -t arrondie) 29. eee" obtusifolia NOEL TRE ECTS Res ES 3
Raphé latéral . . LOU 6 Va ne EUR PRE RSR Raphé dorsal”. 4.
Graines grosses, de 9 mm. de de environ, subglobuleuses, fauves, polies. . . EN Javanica Graines petites, de 4 millimètres environ, | plates, à faces un peu
concaves, bistre oendrén EM pes hirsuta Lixpe à trémapnarente 4.2 LEUR OS 6 Ligne à absolument invisible | . . , ." . © 15
Craquelures tégumentaires nettes.
Craquelures invisibles
: : 10 Craquelures générales 1,0 tre EU CPAS 8 Craquelures localisées 1 NL 'R 1 UN ET 9
1. On dira que le raphé est latéral quand il traversera la face large de la graine, el dorsal quand il sera sur la partie étroite la plus convexe,
Lan. 2 an
En 2
CE ee. EE SR
CASSIÉES 393
Pointe radiculaire très nette . 4 4 . . . . . montan Ponte retotiainenulle 2%; be Se Us El 4 bacillaris Craquelures intérieures à la ligne x, extérieur lisse . glauca Craquelures extérieures à la ligne à, intérieur plus où moins
CONS Te ut QE Q Es occidentalis
Graines extrèmement plates. Ligne À limitant une aire de contour
très allongé. …. . TR PE Dre: oh 11 Graines Ro dr nent Dates. PR RATE LR 12
Graines grandes (9 mm. environ) + orbiculaires, à pointe radi-
culaire presque nulle . ,. . . NE florida Graines plus petites, plus élancées, à pointe ONE er Ne IS NS TE EE Re Ee Timorensis
Graines brillantes, sauf aux surfaces limitées par les lignes } ; celles-criéeérement CONCAMES Mr nn.) bicapsularis EROTISME RE RE CES [B}
Surface limitée par la ligne à, nettement ovale-allongée. Pointe
radiculaire nette ; couleur olivâtre cendré . Sophora ({ype) Surface limitée par la ligne }, presque circulaire ou ovale peu ALonce reonleur biStre once NT er AN LA. 14
Pointe radiculaire nette. ne accompagné d’une ligne paral-
ÉTPRT : LR EN PER Sophora, fa. albescens Pointe radiculaire ne mousse ; raphé n'étant pas accompagné d'une Hene parasite nr en, Sophora, à. purpurea
Graines olivâtres brillantes. Pointe radiculaire très mousse. Tégument craquelé. Graines subglobuleuses . . pilifera Graines plates, bistre-olivâtre, brillantes, à pointe radiculaire sombre, très nette. Pas de craquelures. . . . laevigata Graines à surface ornée de reliefs ou cavités minuscules . 16
Graines bistre foncé, de contour ovale. Légers ornements en HOMO LAN OL SN Se RP A EE ot corymbosa
Graines de contour € rue ou rectangulaire, à ornements ATOS RER EN ORAN RCE FT 7
Graines roux clair, plus ou moinsrectangulaires, allongées. Cavités tégumentaires très nombreuses, d'une taille extrêmement petite. +. ,, 40140 0 MAUR , fol 41:
Graines bistre foncé, presque noires, mates, en losange assez net. Cavités tégumentaires assez Le et n'étant pas très nombrétses". 722, ; " nimosoides (Lype)
Graines bistres, à reflèts Holncée. un peu brillantes. Contour moins nettement losangique que ci-dessus, à angles beaucoup plus arrondis, Cavités tégumentaires moyennes et assez nom-
LOS Brimas "te te TI CLEO PER TE nictilans
TRIBU XIV bis. — Kramériées
Le seul genre Arameria L. qu'on range dans cette tribu a été distingué par R. Chodat comme type d’une famille spéciale, les Kramériacées (1). Autrefois, ce genre faisait partie de la famille des Polygalacées. C’est Taubert (ENGzer et PRanTL, Nat. Pfz.) qui l'a rapproché des Cassiées. Ce genre, qui comprend environ une quinzaine d'espèces, habite l'Amérique tropicale. Son pôle s'étend du Mexique au Pérou. Je n'ai pu étudié aucune graine se rapportant à ce genre aberrant.
4, Cf. Louis CAPITAINE, 1. c., pp. 324 et 362, et Caopar, Arch. d. se. phys. et nat., t. XXIV, nov. 1890.
TRIBU XV. — Bauhiniées.
La petite tribu des Bauhiniées ne compte que trois genres et 160 espèces environ. Je n'ai pu étudier que le genre
Bauhinia L.
qui comprend à lui seul la presque totalité des espèces de cette tribu. Tous ses représentants sont des plantes tropicales, comme l'indique le tableau ci-après.
L'examen de ce tableau montre que la tribu des Bauhiniées a son pôle de diversité dans le Brésil oriental. Là elle se divise en deux grands troncs, le premier remonte au Nord et, par les grandes et petites Antilles, gagne le Mexique, la Californie, la côte occidentale du Canada; l'autre, par l'Atlantique, gagne la Guinée, le Congo, l’Angola, le Cap, d'une part, et à travers l'Afrique centrale remonte par le haut Nil jusqu'à la Méditerranée, où on trouve le Cercis Siliquastrum L., qui a à peu près même aire que le Ceratonia Siliqua 1. De là, par l'Asie Mineure, on entre dans la région sud-occidentale asiatique, où deux voies s'ouvrent à cette tribu : l'Europe sudorientale et méridionale où se répand le Cercis Siliquastrum 1. Jusqu'en Espagne, et l'Asie méridionale, par l'Arménie, la Perse, le Béloutchistan et l'Inde, Tandis que les tribus étudiées antérieurement semblaient avoir une préférence pour le voisinage des côtes, ici les Bauhiniées pénètrent nettement par l'Assam dans la Chine continentale, tandis que la presqu'ile de Malacca les conduit dans l'Archipel malais et le Nord de
BAUHINIÉES 397
Répartition géographique des BAUHINIÉES
Amérique
Europe Asie | Afrique Océanie
Totalité du continent Nord Est 2 6 Sud Î 9 9 Ouest 5 Nord-Est Sud-Est 1 A] 2 1 Sud-Ouest 2 2 il Nord-Ouest 4 Centre 3 l Centre-Nord 6 2 Centre-Est Centre-Sud il 3 Centre-Ouest
La = Le :
Région méditerr.
totale
Région méditerr.
orientale
Région méditerr, occidentale
Montagnes Nord
Montagnes Est
Montagnes Sud
Montagnes Ouest
Montagnes Centre l
Montagnes Nord-Est
Montagnes . Sud-Est l
Montagnes Sud-Ouest
Montagnes Nord-Ouest
Déserts
Asie Mineure
À] oo enlen 20e RSA A RE LR RE ER SE
l'Australie. Le Japon et les Philippines en possèdent de nombreux représentants. | Notons que le genre Cercis s'avance en Europe vers le Nord jusque dans le Tyrol.
La planche XV résume les conclusions qu'on vient de tirer et permet d'apprécier la distribution géographique de la tribu.
Bauhinia L.
Quoique je n'aie à ma disposition pour l'étude de ce genre assez nombreux que les trois espèces suivantes :
B. alba Bucu.
B. diphylla Bucu.
B. tomentosa L.
je crois pouvoir indiquer la caractéristique du genre. Comme dans toutes Les Césalpiniacées, les graines sont plates, ovales et lisses, de couleur variant du brun-rouge au bistre-olivatre Mais ce qu'il y a de très remarquable ici, c’est l'insertion du funicule sur la graine. En effet, ce funicule est filiforme, s'épanouit sur la graine, à la région hilaire, en un petit mamelon pouvant avoir la forme (assez vague) d’un minuscule fer à cheval, dont l'ouverture est tournée du eôté du micropyle, et qui est une toute petite expansion arillaire. Du côté opposé, cet arille se prolonge sur la graine, presque jusqu'à l'autre extrémité, sous forme de deux lignes très fines et saillantes, un peu membraneuses et claires, entre lesquelles Le tégument subit une appréciable dépression, comme on peut s’en rendre compte sur les croquis ci-joints. On désignera ces lignes, dans ce qui va suivre, par la lettre 1.
Pour ce qui estde la distinction des trois espèces, c’est chose aisée :
BAUHINIÉES 399
B. alba Bucu. (fig. 668 et 669). — Graines assez épaisses, ovales, mais d’un contour peu régulier, la radicule formant vers la région hilaire une saillie assez sensible. Ligne x (formée, comme je l'ai expliqué plus haut, par les prolongements de la
FIGURES 668 à 673. — BAUHINIA L.
ON
Fig. 668 et 669, B. alba Bucu., face et profil. — Fig. 670 et 671, B. diphytlla Bucu., profil et face. — Fig, 672 et 673, B, tomentosa L., face et profil.
7 millimètres
région hilaire) s'étendant presque jusqu’à l’antipode du micropyle, souvent caché par un petit mamelon blanchâtre, qui le recouvre (?) ou lui est con‘igu. Couleur fauve un peu foncé. Graines brillantes ou tout au moins légèrement luisantes.
B. diphylla Bucu. (fig. 670 et 671). — Graines très plates, d'un contour assez régulièrement ovale-orbiculaire, atteignant
100 TRHIBU XV
et même dépassant une dizaine de millimètres. Couleur violetpourpre assez foncé. Ligne x assez courte, ne dépassant guère la région déprimée qu'elle encadre et qui forme raphé. On se rendra compte, par les croquis des trois espèces qui accompagnent le texte, des caractères de chacune d'elles et des différences qu'elles présentent entre elles.
B. tomentosa L. (fig. 672 et 673). — Graines plates, mais non très plates, fauves, lisses. Ligne x très épaisse se révélant sous forme de deux trainées jaune parchemin, tranchant nettement sur le fond plus sombre de la graine et surtout sur la région déprimée qui est couleur chocolat foncé. Cette ligne y forme un véritable fer à cheval allongé, d'aspect corné, dont les pointes, tournées à l'opposé de celles de l'arille proprement dit (qui est très petit) s'amincissent progressivement pour se perdre assez brusquement dans la couleur du fond.
Ces quelques détails sur la morphologie des graines de Baulinia L. m'ont semblé utiles à signaler. Je ne les ai vus indiqués nulle part. Le P/lansenfamilien est muet naturellement, et Duss, dans sa Flore des Antilles, dit seulement à propos du B. Krugu K.et Une., seule espèce subspontanée à la Guadeloupe et à la Martinique : « semences... à funicule court... portant à son point d'attache à la graine un prolongement pointu » (1).
On peut dresser un petit tableau synoptique des trois espèces étudiées, qui résume leurs principales différences :
{. Duss, #7, phanérogam. des Antilles, p. 239,
ER
Capitaine Pie
BAUHINIÉES A01
TABLEAU SYNOPTIQUE
Graines très plates, orbiculaires, violet-pourpre foncé, Ligne y très courte ne dépassant pas la dépression raphéale
NT OT TE RCE RENE ER diphylla Graines non très plates, ligne # assez longue . . . . 2
Ligne z très grêle, descendant jusqu'aux antipodes du hile en deux filets jaunes très déliés . . . ANA ES alba Ligne u très épaisse, formant fer à Re dl et se perdant brus-
quement par deux pointes obtuses à la région raphéale RQ ER A TN PNR AN EN CR ES tomentosa
TRIBU XVI. — Amherstiées.
De cette tribu, qui compte environ 35 genres et 140 espèces habitant les tropiques, je n'ai pas pu étudier aucun représentant, mais j'ai eu entre les mains quelques grosses graines
appartenant au genre
Hymenaea L.
et à l'espèce H. Courbaril L., ainsi que quelques-unes de Tamarindus Indica L.
On trouvera de cette dernière espèce une assez bonne figure : (détails F et G, de la fig. 79, dans Exécer et Pranrz, Nat. PJ, [1, 3, 139). La carte ci-après (planche XVD résume les résultats que j'ai obtenus par ailleurs pour la distribution de cette tribu.
L'examen de cette carte montre que la tribu des Amhersliées a son pôle dans là région tropicale de l'Afrique oceidentale, Guinée, Gabon, Congo, Kameroun, ete. De là, elle gagne le Brésil et toutes Les régions chaudes de l'Amérique du Sud, mais surtout la zone forestière des Amazones, le Vénézuéla el la Guyane.
Comme la partie orientale de l'Afrique continentale en est assez dépourvue et que le chiffre 7 que l'on voit dans le tableau ci-dessus se rapporte surtout à Madagascar, aux Seychelles et aux Mascareignes, il est assez légitime de penser que c'est par la Polynésie que les Amherstiées entrent en Océanie, gagnant de là les iles de la Sonde, Pérak, la Birmanie, l'Inde et Ceylan,
AMHERSTIÉES 103
puis les iles précédemment citées, que j'ai ici, comme ailleurs, conventionnellement réunies à l'Afrique orientale.
Ce qu'il y à de plus intéressant à retenir, c’est d’une part la confirmation nouvelle de ce qu'on a déjà vu fréquemment, à savoir que la région chaude de l'Afrique occidentale constitue, avec le Brésil, une zone phytogéographique bien nette, et d'autre part, la présence des Amherstiées dans la Polynésie, peu souvent citée dans ce travail sur les Légumineuses. Il n'en faut pas conclure, Je crois, à la pauvreté de ces régions en autres tribus, mais seulement, comme je l’ai déjà fait supposer, à l’absence de renseignements, les collecteurs qui visitent ces îles étant en somme assez peu nombreux. Quant aux herbiers qui contiennent des plantes de ces pays, ils sont souvent hors de notre portée et difficiles à consulter. Cest ainsi par exemple que j'ai constaté la richesse toute spéciale, ce qui n'est pas pour surprendre, de l’herbier de Buitenzorg (Java) en plantes de Bornéo, de Célèbes et d'Amboine, plantes souvent récoltées par des collecteurs locaux.
[RIBU XVII. — Cynométrées.
Je n'ai pu étudier aucun genre appartenant à cette tribu. Je me contenterai done de donner ci-après la carte obtenue par ailleurs, en indiquant la distribution de la tribu.
L'examen de cette carte (planche XVII) montre que la tribu des Cynométrées, tout entière intertropicale, a son pôle dans l'Ouest africain depuis le Congo jusqu'à la République de Libéria. Ce pôle s'étend au Brésil, et c’est surtout la région nord-orientale de cet Etat qui en possède le plus : par conséquent, je trouve encore là une remarquable confirmation de ce que je disais plus haut, relativement à la corrélation qui existe entre ces deux régions, de climats cependant si dissemblables. Dans l'Amérique tropicale, la tribu des Cynométrées s'évanouit presque aussitôt; on ne rencontre plus de représentants que de loin en loin, à Panama, à la Jamaïque, à Porto-Rico, au Vénézuéla, avec la région des Amazones et la Guyane.
Au contraire, on retrouve quelques Cynométrées à Madagascar, mais de là il faut aller dans les basses Indes, la presquile de Malacca et l'Archipel malais pour en rencontrer d'autres ; cette tribu semble s'arrêter à la Nouvelle-Guinée, au territoire de l'Empereur Guillaume.
nya pas de rapport bien net entre les deux pôles indomalais-malgache et congo-brésilien ci-dessus mentionnés, mais il semble plus légitime de chercher un lien entre eux par l'Afrique centrale, car la région des lacs en possède encore quelques représentants. à
Un récent travail, publié dans La Géographie (XXN, n° 3, 15 mars 1912) par M. de Gironcourt, étudie le sommet de la boucle