‹ Contribution à l’étude morphologique des Graines de LégumineusesChapitre 70 sur 76 · FAMILLE II · texte numérisé non relu

FAMILLE II

MIMOSACÉES

TRIBU XIX. — Parkiées.

Cette tribu ne compte que deux genres et une vingtaine d'espèces habitant le Brésil septentrional et une partie de l'Amérique australe (Nicaragua) ; son pôle est l'Amérique du Sud tropicale.

Je n'ai pu étudier aucune graine se rapportant à cette tribu.

TRIBU XX. — Adénanthérées.

La tribu des Adénanthérées comprend environ vingt genres et 120 espèces toutes tropicales, ainsi qu'en témoigne la planche XVIII. Je n'ai pu me procurer aucun représentant de cette tribu, et je me contente de mettre sous les yeux du lecteur la carte qui indique l'allure de sa répartition géographique.

L'examen de la carte (planche XVIII) montre que la tribu des Adénanthérées a son pôle dans le Brésil et l'Ouest africain. C'est là un résultat auquel on est habitué et sur lequel je ne vois plus d'intérêt à insister. Dans l'Amérique du Sud, toutefois, il y a lieu de remarquer que les Adénanthérées descendent fort avant dans la République Argentine et la Cordillère des Andes, où leur port est caractéristique des régions sèches. Ces plantes, en effet, par réduction du nombre des feuilles et de la surface foliaire, par épaississement de la tige qui devient charnue, prennent le port « plante grasse » spécial aux xérophiles. Si elles descendent vers le Sud, elles remontent très peu vers le Nord. Il faut ici encore remarquer que l’on fait mention d'Adénanthérées au Mexique, tandis qu'on n'en cite pas pour l'Amérique centrale, I y a là une lacune facile à combler par interpolation, car il est à priori difficile d'admettre qu'on trouve des représentants de cette tribu dans le Nord de l'Amérique du Sud, dans le Sud de l'Amérique du Nord et nullement dans l'Amérique centrale. Ce résultat surprenant tient évidemment à une lacune dans les observations des botanistes.

En Afrique, les Adénanthérées, bien représentées dans l'Ouest, au Gabon, au Congo, pénètrent par le centre et la région des

ADÉNANTHÉRÉES 109

lacs jusqu'à l'Est. On les rencontre là sur la côte de l'Est african et du Mozambique, et dans les iles malgaches (Madagascar, Réunion, Maurice). Elles remontent vers le Nord jusqu’au haut Nil et pénètrent en Asie par la Perse, pour se répandre de là dans l'Inde, la Birmanie, la Cochinchine et l’Archipel malais. On les retrouve dans la Nouvelle-Guinée et l'Australie.

On voit ici une remarquable continuité dans la répartition géographique, depuis le Brésil jusqu'à l'Australie par l'Afrique. Cette tribu, sauf dans l'Amérique du Sud, ne dépasse pas les tropiques.

TRIBU XXI — Eumimosées.

La tribu des Eumimosées ne comprend que einq genres avee 325 espèces environ. Le genre Mimosa L. à lui seul en compte. près de 300. J'ai pu étudier deux de ces genres :

Mimosa L.

Desmanthus Wii.

tous deux composés d'espèces tropicales, comme l'indique le tableau statistique ci-après.

L'examen de ce tableau montre que la tribu des Eumimosées a son pôle dans le centre du Brésil, en'se diffusant vers le Nord- Est etle Nord. Elle passe à l'Amérique centrale par la Colombie, et de là s'étale sur le Mexique et plus généralement sur tout le Sud de l'Amérique du Nord. Il est fort remarquable qu'iei, il n'y à pas de rapport entre la région brésilienne et l'Ouest africain, Car si on rencontre une grande abondance d'Eumimosées et surtout de Minosa au Brésil, c'est à peine si l'on peut en citer de rares représentants dans l'Afrique occidentale,

On pourra dire seulement que la tribu admet pour pole l'Amérique du Sud, car l'Asie tropicale en çst aussi fort dépourvue.

La planche XIX résume les conclusions qu'on vient de formuler et renseigne sur la distribution géographique de Ja tribu,

EUMIMORÉER 411

Répartition géographique des EUMIMOSÉES

Amérique Europe Asie Afrique | —5— | Océanie oi | à lt a | = |T AA LAN ESS Totalité du Continent 33 { Nord 38 Est 5 { 1 Sud 4 { ah) 2 Ouest 3 { Nord-Est 195 Sud-Est 2 Sud-Ouest 112 Nord-Ouest 2) Centre 9 157 Centre-Nord 8 Centre-Est À 2 Centre-Sud 35 Centre-Ouest { Région méditerr.

totale Région méditerr.

orientale Région méditerr.

occidentale Montagnes Nord Montagnes Est

Montagnes Sud Montagnes Ouest Montagnes Centre

Montagnes Nord-Est

Montagnes Sud-Est

Montagnes Sud-Ouest

Montagnes Nord-Ouest

Déserts Asie Mineure

Lidl

112 THIBU XX’

Mimosa |.

Le genre Mimosa L. ne compte pas moins de 300 espèces

toutes tropicales. Je n'ai pu en étudier que deux :

M. acanthocarpa Porn.

M. pudica L.

M. acanthocarpa Pour. (fig. 674 et 675). — Graines petites, ne dépassant pas 4 millimètres de longueur environ, ovales, très plates, mais à surface irrégulière et gauche, ainsi qu'en témoigne la figure 675. Au hile reste adhérent un morceau du funicule qui le plus souvent est bizarrement contourné en une forme plus ou moins complexe. La graine est amincie sur tout son pourtour en une sorte de rebord, plus où moins nettement Limité par une dépression formant ligne concave. Sur les faces

ventrales, au contraire, se voient deux fortes bosses au milieu.

desquelles, le plus souvent, un relief particulièrement développé est mdiqué par une bande en fer à cheval.

M. pudica L. (fig. 676 et 677). — Graines petites, ne dépassant pas 3 millimètres de longueur environ, orbieulaires, très plates, ressemblant à de minuscules lentilles dont les faces convexes seraient irrégulières. Tégument lisse, peu brillant, douci, de couleur brun-olivätre ou jaune d'ocre. Les faces ventrales de cette graine toujours plus où moins gauches sont très bombées, mais le bombement cesse brusquement le long d’une ligne fictive en fer à cheval très ouvert, et le pourtour de la graine forme un rebord assez mince. L'échancrure ombilicale est peu accentuée, mais ici, comme chez l'espèce précédente, et comme chez un grand nombre de Césalpiniacées et de Mimosacées, Il faut se garder de conclure trop vite, lorsqu'on étudie la région hilo-micropylaire ; presque toujours on trouve au-dessous du hile proprement dit, du côté du raphé, une tache sonvent

EUMIMOSÉES AS

-déprimée, qu'on prendrait d'abord pour la tache hiloïde elle-

mème. Lorsque le hile est encore adhérant, il n'y à pas de doute, lorsqu'il est bombé on se trouve fort embarrassé, car le hile est le plus souvent très réduit comme taille. [1 en résulte

FIGURES 674 à 677. — MIMOSA L.

3 millimètres

Fig. 674 et 675, M. acanthocarpa Pois., vue de profil el d'en haut, — Fig. 676 et 677, M. pudica L., vue d'en haut el de profil.

qu'on prend volontiers la tache en question pour le hile, et Le hile véritable pour le micropyle. Cette erreur est si aisée à commettre qu'il m'a semblé intéressant de signaler le fait, surtout lorsque les graines sont petites, comme celles des Mimnosa et offrent à considérer une région hilo-micropylaire des plus

exiguës.

Ati TBE xft

Desmanthus \WiLp.

Le genre Desmanthus Win. était assez pauvrement représenté dans ma collection par trois espèces seulement :

D. diffusus Wirp.

D. strictus BERToOr.

D. virgatus Wii».

mais la forme des graines est assez remarquable pour que j'aie jugé utile d'en donner quand même la description et le dessin. Le contour de la graine, vue de profil, donne l'idée d'un losange un peu bombé, à la façon d'un oreiller. L'aspect de ces trois espèces est assez sensiblement le mème, mais on peut cependant les distinguer avec un peu d'attention. On trouve dans d’autres genres des échantillons ressemblant un peu à ceux-ci, mais il n'y à pas d'erreur possible quand on introduit ici la notion de géographie botanique : le genre Desmanthus Wixo., en effet, ne comprend guère qu'une dizaine d'espèces habitant l'Amérique du Nord subtropicale, et poussant jusqu'à Madagascar une pointe légère avee Le D. virgatus Wap. Quand on regarde les graines de profil, c'est-à-dire les faces latérales vues de face, on y aperçoit très aisément une ligne À (comme on en à déjà vu ailleurs) qui limite une aire assez nettement ovale, dont le grand axe coïncide avec la grande diagonale du losange, La région hilo-micropylaire est ici extrèmement dissimulée, elle n'est visible qu'avec le secours d'une forte loupe, mais complètement imperceptible à l'œil nu. Sur les dessins que je donne, dessins exécutés à la chambre claire, avec autant de soin que possible, et une amplification de sept diamètres

environ, on ne perçoit la région hilo-micropylaire, sur la vue de profil, que comme une minuseule indentation, On fera bien, si l'on à de semblables graines à étudier, de commencer par les dessiner, pour obtenir des croquis analogues à ceux que je

donne ei : alors et alors seulement, la comparaison sera aisée,

ÉUMIMOSÉES 115

Cela posé, j'examinerai chaque espèce en particulier et résu- )] merai mes conclusions sous forme de tableau.

D. diffusus Win. (fig. 680 et 681). — Graines fauve foncé, presque brun-rouge, lisses, un peu brillantes. Ligne x se détachant en brun-rouge très foncé et très visible à l'œil. Quelques-

FIGURES 678 à 683. — DESMANTHUS Wuxp,

6 millimètres

Fig. 678 et 6179, D. virgatus Wirzo., profil et face. — Mig. 680 et 681, D. diffusus Wio., vue d'en hautet de profil. — Fig, 682 et 683, D. strictus Berroz., vuc“d'en haut et de profil,

unes de ces graines paraissent beiges et offrent un aspect spongieux. Cela tient à ce que le tégument est recouvert d’une sorte de pulpe, séchée, empruntée à l'intérieur de la gousse. Cette espèce de toméntum est d'ailleurs caduc et disparait quand on roule la graine entre les doigts.

D. strictus Benroz. (fig. 682 et 683). -— Graines sensiblement plus grandes, dépassant 3 millimètres de longueur, tandis que la précédente n'atteignait jamais plus de 2,7 millimètres, plus nettement losangique : la précédente avait un peu le contour en parallélogramme. À part cela, la couleur, l'aspect, et la ligne À aussi, sont très sensiblement les mêmes. Une autre différence avec les deux autres espèces consiste dans l'aspect de la graine vue de face. Le D. diffusus Wii. est globuleux, le D. virgatus Wap. est aplati; ici la graine est diversement

bosselée et très irrégulière

D. virgatus Wiuo. (fig. 678 et 679). — Graines de mème couleur et de même aspect que les précédentes, de contour à peu près en parallélogramme, non nettement losangiquê, ne dépassant pas 3 millimètres dans sa plus grande longueur, assez plates.

Les descriptions qui précèdent permettent de faire un tableau résumant aisément les caractéristiques de chaque espèce :

TABLEAU SYNOPTIQUE

( Graines assez grandes, losangiques, Fee 3 millimètres de

[ longueur, irrégulières, de face. . . #2 striclus | Graines en parallélogramme ne dépassant pas 3 mm. 2 Ÿ Graines globuleuses (vues de face). 4. : © difjusus Grairies plates (vues de face) . . . . . . . . virgatus

Remarque. = W faut signaler qu'iei la ligne x offre l'aspect d'un petit sillon, très nettement exeavé, comme gravé en creux. D'autre part, pour se faire une idée de la forme et de l'aspect de la graine, le seul examen à la loupe me parait susceptible de

provoquer des erreurs. Il sera préférable, comme je lai dit.

plus haut, de dessiner la graine à la chambre claire, de face

et de profil, afin de comparer le dessin obtenu avec celui que je donne ici,

TRIBU XXI. — Arcaciées.

Dans cette tribu se place l'unique genre Acacia (Wuo.) L. :

qui ne compte pas moins de 450 espèces, répandues dans les régions tropicales et subtropicales des deux hémisphères. Le tableau statistique ci-après résume sa distribution géographique et montre qu'il a son pôle de diversité dans la région sud-occidentale de l'Australie, que j'ai conventionnellement fait rentrer dans le centre-ouest de l'Océanie pour la commodité du tableau. C'est d'ailleurs l'Australie tout entière qui est le véritable pôle du genre Acacia, et comme on n'en rencontre pas dans l’Archipel malais, il est singulièrement difficile de rattacher ce pôle aux autres pays où on retrouve des Acacia.

Toutefois, comme il est fait mention d’une ou de quelques espèces dans les îles extrème-orientales de l'Océanie et que d'autre part on retrouve des Acacia au Mexique, on peut admettre, dans une certaine mesure, que c’est par là que se fait la liaison. Quoi qu'il en soit, le Mexique apparait comme second pôle ; le genre

. Acacia (Waizz.) L. se répand un peu dans l'Amérique centrale,

mais ne descend guère dans l'Amérique du Sud. Les espèces américaines semblent done isolées du reste du monde puisqu'on ne trouve pas non plus de lien vers l'Afrique occidentale.

On se trouve done encore en présence d’un troisième pôle, constitué par l'Afriqué et l'Asie. [ y a ici une liaison assez

Capitaine 27

AS fRiBU XXII

Répartition géographique du genre ACACIA (Willd.) L.

Amérique

Europe Asie Afrique "AE Océanie Are | | ie | | Totalité | du Continent | 6 | Nord | | 4 Est 8 | | Sud f, 4 [9 \4 Ouest (h | | | | Nord-Est F: | | | Sud-Est 3 I | Sud-Ouest 3 : ! | | Nord-Ouest | Centre D Î 2 | Centre-Nord 2 ri | Éel | I 2 1? |

Région médilerr.

orientale

totale occidentale

Montagnes Nord

Montagnes Est

Montagnes Sud

Montagnes Ouest

Monlagnes Centre

Montagnes Nord-Est

Montagnes Sud-Est

Montagnes Sud-Ouest

Nord-Ouest

Déserts

Centre-Est

Centre-Sud 3 Centre-Ouest

Région médilerr.

Région méditerr.

Asie-Mineure

ACACIÉES 419

étroite par l'Abyssinie, le haut Nil, l'Asie sud-occidentale, entre les régions tropicales de l'Afrique et Les Indes orientales.

La planche XX résume cette curieuse distribution du genre Acacia(\Wi».) L.et permet de se rendre compte de sa répartition géographique. [Il est fort remarquable de voir combien elle est différente de celle du genre Mimosa L. (ou dela tribu des £umimosées, tout entière régie par ce genre important) et pourtant ces deux genres se ressemblent à plus d'un titre et ne diffèrent guère que par le nombre des étamines. Les Acacia sont susceptibles, pour la plupart, de s'adapter au climat de la région méditerranéenne, et les départements de la Provence en possèdent un grand nombre, qui ne semblent pas réclamer de soins trop assidus. D'ailleurs, le commerce considérable que l'on fait de leurs rameaux fleuris (forcés en serre) prouve surabondamment que ces plantes sont d’une culture facile dans la zone méditerranéenne. Il y a lieu de rapprocher ce fait de celui des Eucalyptus. On sait, en effet, avec quelle facilité ces beaux arbres, si pittoresques, s’acclimatent dans notre Midi, et on sait par ailleurs qu'ils ont pour patrie surtout l'Australie où de récentes études ont montré la grande diversité de leurs espèces. D'ailleurs, cela n’est pas pour surprendre si l’on songe que les Acacia sont, en Australie, surtout abondants dans la région sud-occidentale et méridionale, e’està-dire dans celle où le climat se rapproche le plus ou s'éloigne le moins de celui de la Méditerranée, puisque c’est, de lAustralie, la zone extratropicale.

Quoiqu'il me soit passé entre les mains un grand nombre d'espèces, je n'ai pas pu les étudier. Mais j'ai conservé de leur examen un souvenir assez précis pour pouvoir dire que ce sont des graines généralement ovales-allongées, brunes, à tégument lisse et brillant. Le caractère très curieux qu’elles présentent est de posséder un funicule marcescent très allongé, qui fait jusqu'à quatre fois le tour de la graine et lui confère un facies des plus remarquables. Le funicule, filiforme, est de couleur parchemin ou vieil ivoire, très élastique. La région ombilicale est très peu échancrée, mais possède, au-dessous de linserticen

du funicule, du côté du raphé, une plage légèrement creusée qu'on pourrait parfois prendre pour un hile, au cas où le funicule serait tombé, et dans ce cas le véritable hile, toujours petit, pourrait être pris pour le micropyle. C'est là un phénomène à l'apparence duquel je me suis plus d’une fois laissé prendre et contre lequel il faut être en garde (1).

4. On consultera avec fruit la récente étude phylogéographique publiée dans La Géographie (XXV, n0 3, 15 mars 1912) par M. de Gironcourt. On verra que le genre Acacia (Wiczp.) L. remonte dans l'Afrique tropicale, jusqu’au sommet de la boucle du Niger. Une grande carte très détaillée de la région étudiée (1/500.000€) accompagne le texte.

te “né.

TRIBU XXII. — Ingées.

Cette tribu qui comprend une dizaine de genres et 430 espèces environ ne m a fourni que quelques espèces des genres suivants à étudier :

Albizzia Durazz.

Pithecolobium Marr.

tous deux assez importants. Le premier compte une cinquantaine d'espèces, le second 110 environ, toutes tropicales, comme tous les représentants de la tribu, d'ailleurs. Le tableau statistique ci-après renseigne sur l’allure de la distribution géographique de la tribu.

Ce tableau montre que la tribu des Ingées a son pôle dans le Nord de l'Amérique du Sud; elle s'étale de là sur tout le Brésil, mais particulièrement dans la région des Amazones et le Nord-Est. Il y a là une grande continuité dans toute la zone tropicale de l'Amérique, surtout vers le Nord dans les Antilles et le Sud de l'Amérique du Nord. II faut noter que les iles de l'Amérique centrale, y compris l'archipel des Bahamas, sont plus riches en Ingées que le continent, c'est donc plutôt par la Floride que cette tribu entre dans l'Amérique du Nord ; elle se diffuse ensuite dans le Mexique et remonte jusqu’au Texas occidental.

Les Ingées traversent l'Atlantique de Pernamboue à Dakar et recouvrent toute la région tropicale de l’Afrique, au Sud du Sahara ; elles descendent ensuite jusqu'au Cap, où on en trouve d’ailleurs assez peu. Par la côte orientale et Madagascar, elles gagnent l'Asie tropicale où elles offrent une assez grande con-

4122 TRIBU XXHI

Re, MR TRUE CORRE géographique des INGÉES .

Amérique Europe Asie Afrique = Océanie E A | 26 Totalité du Continent 6 Nord 2 |40 Est “ 10 11 Sud 19 2 1 Ouest 9 3 Sud-Est 10 Sud-Ouest .

Nord-Ouest 4 10 | Centre 9 20 Centre-Nord 33 1 Centre-Sud 3

Nord

Centre-Est Centre-Ouest

Région méditerr.

totale

Région méditerr.

orientale

Région méditlerr.

occidentale

Montagnes Nord Montagnes Est Montagnes Sud Montagnes Ouest Montagnes Centre

Montagnes Nord- Æ sl

Montagnes Sud-Est

Montagnes sud- Ouest

Montagnes Nord-Oucost

Déserts

Asie Mineure

INGÉES 193

tinuité dans l'Inde, la Birmanie, Malacca, Pérak et la Malaisie. On en trouve en effet à Sumatra, à Java, dans la Nouvelle- Guinée et l'Australie tropicale, jusqu’à la Nouvelle-Calédonie, d'une part, et d'autre part dans les Philippines, à Bornéo et à Célèbes. Cette seconde branche forme une ligne droite, de la Nouvelle-Calédonie à la Chine sud-orientale.

En résumé, la répartition géographique des Ingées est une des plus continues qu'on ait rencontrées au cours de cette étude, et la planche XXI permet d'apprécier d'un seul coup d'œil les conclusions que je viens de formuler,

Albizzia Durazz.

Les espèces dont je disposais, de provenances diverses et abondamment représentées dans ma collection, étaient les suivantes :

A. Julibrissin Dur.

A. Lebbek Bru.

A. lophantha Bru.

A. montana Bru.

A. procera Bru.

A. saponaria Br.

A. stipulata Boiv.

Leur distinction est très aisée. A. /ophantha Bra. (fig. 685), le plus connu et le plus répandu de tous les représentants de ce genre, se distingue facilement des autres. Les graines sont ovoïdes, roulant très facilement, et de couleur violet-pourpre presque noir. La surface de la graine est très finement ponctuée de petits trous ronds, si minimes qu'à l'œil nu la graine semble lisse, Au binoculaire elle présente un aspect chagriné, assez régulier, mais on peut pourtant observer à la surface quelques vagues ondulations, Cette graine, comme toutes les autres du

mème genre et comme beaucoup de Légumineuses autres que les Papilionacées, présente de chaque côté deux lignes ovales, suivant à peu près le contour de la graine, et offrant l'aspect d'une suture, comme si un couvercle fermait de chaque côté le tégument. J'ai essayé de disséquer une de ces graines. La

FIGURES 684 et 685. — ALBIZZTA Uurazz.

Le Fig. 684, A. saponaria BL. — Fig. 683, A. lophantha Bru. [Ces deux

espèces sont vues de profil, Sur la figure 68%, la ligne ombrée limite la dépression où se trouve la ligne 2}.

dureté du tégument est telle qu'après un long séjour dans l'eau, il n'avait subi aucune modification, Un séjour prolongé dans l'eau bouillante à aussi été sans effet. D'autre part, la taille de la graine se prête difficilement à une dissection au canif, seul moyen cependant que j'aie pu employer. Le tégument est extrèmement épais et osseux. Les deux lignes de suture précitées ne correspondent à rien de visible dans l'intérieur de la

INGÉES 125

graine. Îl pourrait se faire que, étant donnée l'extrême dureté de ce tégument, ce soient là des lignes de moindre résistance, le long desquelles éclate le tégument lors de la germination.

Il n'était pas inutile de faire mention de cette particularité, car on va voir que la forme de cette ligne de suture, à la surface du tégument, permet de distinguer avec la plus grande aisance A. sthipulata Bow. (fig. 636). En effet, tandis que chez toutes les autres espèces, cette ligne, de contour à peu près ovale, suit le bord de la graine, pour se perdre du côté du micropyle, chez cette espèce, au contraire, elle affecte, comme l'indique mon dessin, une forme plus ou moins triangulaire : elle est alors très courte et n'atteint guère que le quart ou le tiers de la longueur totale de la graine. C’est là un caractère extrêmement net, d'où résulte une intéressante différence.

Une troisième espèce qui se distingue aussi au premier coup d'œil est l'A. procera Bru. (fig. 689). La graine, fauve, lisse, ovale, est en effet bordée tout autour par un léger relief, donnant l'illusion d'un cordonnet qui entourerait la graine. C'est un épaississement du tégument, qui n'existe que chez cette espèce.

Les quatre autres représentants du genre que j'ai pu étudier sont aussi remarquables par un ensemble de caractères. Leurs graines sont fauves, lisses, osseuses. Chez 4. Lebbek Bra. (fig. 690) elles sont très grosses, atteignant 11 ou 12 millimètres de long, sur 8 à 9 de large. Elles sont presque discoïdes, uns mées au centre. La dépression est limitée par la ligne dont j'ai parlé plus haut. Ces graines, les plus grosses, les plus cireulaires de toutes, sont faciles à reconnaitre.

Les graines de À. saponaria BL. (fig. 684) sont remarquables par leur excentricité : leur largeur est à leur longueur (qui atteint 10 mm.), à peu près comme Î est à 3, au moins. Elles sont, en outre, d'un brun-rouge assez ardent, et la ligne dont j'ai parlé est extrêmement nette. Elle se détache sur le reste de la graine en relief, et elle est d’une couleur grisâtre qui tranche sur le fond.

Les deux autres espèces sont plus petites, ovales ; elles ne

dépassent pas 8 millimètres de longueur. La plus petite des deux, A. Julibrissin Dur. (fig. 688) a des graines lisses, doucies; fauve-olivâtre avec un sinus micropylaire entre deux émergences

FIGURES 686 à 690, — ALBIZZIA Durazz. (suite)

coe ES

Fig. G8G, À, slipulata Boiv, — Fig. 687, A, montana Bru, — Fiz, 688, A. Julibrissin Dour, — Fig, 689, 4, procera Bra. — Fig, 690, 4. Lebbek Br, [Sur la figure 690, la ligne ombrée limite la dépression où se trouve la ligne >. Toutes les espèces sont représentées de profil]

INGÉES 1927

légères, dont l'une porte le hile, À. montana Bru. (fig. 687) au contraire à des graines brillantes, d'un brun-rouge plus foncé. Elles n’offrent pas de sinus micropylaire, mais une seule émergence nette, c'est la saillie de la radicule ou plutôt un relief du tégument, et le hile n’est indiqué que par une petite bosse, tout à fait microscopique, qui se détache à peine du contour de la graine.

Tout ce que je viens d'indiquer pour chaque espèce en particulier peut se résumer dans un tableau synoptique, où je désignerai par À la ligne dont j'ai fait mention plus haut, à la surface du tégument,

TABLEAU SYNOPTIQUE

{ Ligne } restreinte, limitant à la surface du tégument une très 1 petite surface triangulaire . . . É stipulala Ligne } suivant à peu près le contour 5 F A IT NE OeE 2

Graines très grosses (8 X 12 mm. env.), presque circulaires, à surface déprimée, de chaque côté, au centre, et limitée par la ligne x . . à PE Lebbek

J Graines ovales, fe les eee ; 1 X 3) atteignant K environ 10 millimètres delong, brun-rouge bien franc, avec NÉE NET IrOteL en TOO SN PEN. saponarie

Graines ne dépassant pas 8 mm. de longueur et n'ayant pas LOS CAT A CU LÉSINTÉC ERNEST DAS RCE. 3

Graines presque noires ou violet-pourpre très foncé, lisses à

3 ; l'œil-nu, finement chagrinées à la loupe. . , /ophantha Graines fauves plus ou moins france ou brun-rouge . . 4 Graines à rebord tégumentaire nettement saillant tout

4 | AUOT SE DRE 7 AE CONTRE ET procera Non , , * Li L L L , L ! L L à L , (1)

428 MIRE XXHI

f Sinus micropylaire net, entre deux petites bosses, dont l’une porte le hile. Graines lisses, fauves-olivätres, non bril-

ù lanted 5 "ai SE RS Julibrissin Sinus micropylaire très peu accentué. Bosse hilaire à peu près imperceptible; graines brun-rouge, brillantes. montana

On consultera avec fruit les dessins qui accompagnent le texte et qui font comprendre aisément les différences qui existent entre les diverses espèces.

Pithecolobium Manr.

Le genre Pithecolobium Marr. comprend environ 110 espèces répandues dans toutes les régions tropicales, Mais je n'ai pu en étudier qu'une seule, le

P. Saman Bru.

qui est représenté vu d'en haut et de profil par les figures 691 et 692. Graines en forme de sac, qui serait fermé à son entrée et serré, mesurant environ 10 millimètres de longueur sur 5 à 5,9 mm. dans la plus grande largeur. La figure 69 rend compte du bombementtrès prononcé des faces ventrales, puisque la section droite transversale est assez exactement losangique. Chaeune desfaces ventrales porte en son milieu une plage concolore, séparée du reste de la graine par une ligne très nette, beaucoup plus claire. La couleur générale du tégument est brun-rouge foncé, couleur chocolat, et la ligne Timitante en question terre de Sienne claire, Tégument lisse, brillant, À l'intérieur de la ligne claire que j'ai désignée sous le nom de ligne X dans l'étude des Césalpniacées, les faces ventrales présentent un bombement net, qui forme dôme en son milieu, qui est assez nettement limité et que j'ai représenté par une ombre sur la figure 692. Vue d'en baut, la graine présente une saillie radicu-

PL

ses ht. nt P +

INGÉES 429

laire d'un contour très spécial. Elle est en coin très pointu, et se termine au micropyle par une pointe effilée. Région ombilicoraphéale parfois plus claire, jaunâtre. IL est à remarquer que le

hile est caché par un vestige du funicule toujours adhérent. Ce

FIGURES 691 et 692. — PITHECOLOBIUM Marr.

7 millimètres

Fig. 691, P. Saman Bru., vue d’en haut, — Fig. 692, la mème espèce vue de profil.

hile est très petit, circulaire. Mais juste au-dessous de linsertion du funicule, du côté du raphé, la graine possède une forte dépression, encadrée de rebords tégumentaires et qu’on prendrait volontiers pour le hile, si la place de celui-ci n'était mdiquée par le funicule marcescent.

1° Valeur systématique des graines. — Les graines possèdent des caractères communs qui justifient le groupement des espèces qui les ont produites en genres, tribus et familles. Elles possèdent aussi des caractères propres, spécifiques. Pour mettre ceux-ci en évidence, j'ai jugé utile de donner, à la fin de chaque chapitre, des tableaux synoptiques, permettant de distinguer les espèces étudiées. Par contre, Je ne donnerai pas de tableaux synoptiques pour les genres où les tribus, estimant que de tels tableaux ne présenteraient qu'un intérêt fictif : je n'ai pas étudié assez d'espèces, dans la plupart des genres, pour prétendre connaitre les caractéristiques de chacun d'eux. Je rappellerai seulement que les Papilionacées sont reconnaissables aisément, parce que la campylotropie très prononcée de lovule confère à la graine une forme plus où moins recourbée sur ellemême, parfois presque en colimacon (Crotalaria). Les deux autres familles, où l'ovule est anatrope, ont des graines ovales ou en forme de sac, avec région ombilieale à l'apex. Chez les Papilionacées, on reconnaitra les Crotalaria à leurs graines en colimaçon, les Tri/olium à leurs graines très petites, fortement arquées en rein et souvent en mitre. Les Astragalées, en général, sont caractérisées par le développement de leur saillie radiculaire, formant un surplomb très développé au-dessus de

la région hilo-micropylaire : elles peuvent vraisemblablement

se classer, dans une certaine mesure, par l'angle que font entre eux les axes de la radieule et des cotylédons, angle souvent très ouvert et presque droit.

Les Césalpiniacées et surtout les Mimosacées étaient trop mal

représentées dans ma collection pour que je puisse conclure aux caractères des genres. Plusieurs d’entre eux, en outre, offrent dans leurs graines un polymorphisme très grand, qui justifiera certainement l'établissement de sous-genres et de sections.

29 Taille des graines. — Si j'ai quelquefois indiqué des dimensions moyennes, c'est uniquement pour fixer les idées. Les conditions biologiques peuvent en effet influer, quoique légèrement, comme je l'ai fait voir plus haut, sur la taille des graines, Cependant, mes mesures, effectuées sur des échantillons nombreux, de provenances très diverses, ont montré une assez remarquable constance, Cela est intéressant, car le poids de la graine varie dans d'assez larges limites, suivant les conditions de nutrition de la plante mère. Cette apparente anomalie peut recevoir une explication dans ce fait que le poids varie en raison de l'accumulation des réserves dans Les cellules, accumulation qui n’a pas lieu de faire varier les dimensions du contenant.

La constance de la taille est un utile adjuvant dans la classification de certains genres difficiles comme Trifolium L.

3° Caractères distinctifs. — C'est dans les plus petits organes que résident en général les plus grandes différences. Aïnsi, l'examen minutieux des coronules hilo-funiculaires des Trifolium aide largement à séparer ces espèces, qui toutes, à première vue, se ressemblent étrangement. Ilen est de même d’une petite languette fibreuse-papyracée, vestige du funicule, que lon voit sur la plupart des Trigonella. Enfin, la nature même de cette coronule hilo-funiculaire est un bon caractère de classement, qui permet, dans une cerfaine mesure, de distinguer les genres : elle est fibreuse chez les Trigonella, papyracée chez Les Trifoliun, tandis qu'elle est granuleuse chez les Tetragonolobus.

4° Définition du hile. — Ce qu'on entend habituellement par « hile » est en contradiction avec la définition qu'on en donne : j'ai signalé le fait à plusieurs reprises. Une étude embryogénique précise serait intéressante à faire sur ce sujet.

Au début du développement de l'ovule, il est vraisemblable

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que le funicule forme un cordonnet plein ; il n’a pas de raisons pour être creux. Les divers ovules que j'ai eu l'occasion d'examiner in situ me confirment dans cette hypothèse. Mais les constatations faites sur toutes les graines étudiées ici me permettent d'affirmer qu'au moment dela maturité tout au moins, le funicule n'est plus en contact avec la graine qu'à la manière d'un tire-pavé ; il n'adhère plus que par une couronne ovale, très mince le plus souvent et affectant la forme d’un pavillon de trompette. On ne peut être fixé sur la nature et le rôle de la couronne blanchâtre entourant la tache hiloïde qu'après avoir rencontré des échantillons où le funicule marcescent permet de saisir le rapport qui existe entre lui et cette couronne. Un exemple particulièrement frappant est celui du Robinia Pseudo- Acacia L. Une assez grande partie du funicule reste attachée à la graine. Près de la base, c’est-à-dire près de la zone d'adhérence à la graine, on voit souvent une déchirure, par laquelle on remarque que le funicule surmonte la tache hilaire comme un bonnet de coton, et n’est relié à la graine que par la coronule blanchâtre dont je viens de parler.

[Il importe de savoir comment ce fait s'accorde avec la définition admise. On sait que le hile est la cicatrice laissée à la surface de la graine par la chute du funicule. Done, par définition, le hile sera la partie déchiquetée de la coronule en question. Par conséquent la surface libre, plus ou moins lisse et ovale, à laquelle on réservait jusqu'ici Le nom de hile, n'est pas ce que l'on croit. On pourrait la nommer « tache hiloïde » pour rappeler son origine, mais c'est une surface libre, qui préexiste à la chute du funicule (1). Cette surface libre se forme vraisemblablement par régression des tissus médullaires et centraux du cordonnet funiculaire, creux à maturité, au-dessus de cette surface. Quelques ZLathyrus offrent de ce fait un exemple fort curieux : le funicule adhère à la graine par un évasement qui embrasse un de ses grands cercles à la manière d’un croissant,

1, Celle surface, si elle est cicalricielle, a dû se former par un processus analogue à celui que Tisox a mis en évidence en étudiant le mécanisme de la chute des feuilles. (CF. Tisox, Recherches sur la chute des feuilles chez les Dicotylédones, Thèse, Caen 1900).

marcescent ainsi qu'une partie du funicule chez un grand nombre d'espèces de ce genre. Sur plusieurs échantillons, la paroi de ce croissant était déchirée. Par la fente, on apercevait la surface libre de la tache hiloïde. Si l’on cherche à séparer de la graine le croissant funiculaire, on voit qu'il n’y adhère que par sa périphérie très mince.

5° Adaptation. — L'étude morphologique des graines présente un lien étroit avec la géographie botanique. Parmi les nombreux exemples que l’on pourrait citer à l'appui de cette assertion, le plus typique est celui du genre Astragalus L: J'ai donné un tableau synoptique des espèces étudiées uniquement fondé sur la morphologie. Un deuxième tableau m'a paru plus intéressant : c’est celui qui est fondé sur la répartition géographique des espèces. On voit alors que les espèces d'habitats analogues viennent se grouper ensemble. Elles présentent dans leurs graines des caractères de convergence assez nets pour qu'on puisse admettre l'hypothèse d’une adaptation.

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Capilaiñe 2

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