‹ Contribution à l’étude physico-chimique des eaux thermo-minérales de Dax et de leurs variations en fonction des crues de l’AdourChapitre 41 sur 62 · MÉCANISME DES VARIATIONS · texte numérisé non relu

MÉCANISME DES VARIATIONS

Les mesures systématiques de R. E., NaCl et X. C. par la méthode de décomposition de la résistivité que nous avons exposée, démontrent des variations de plus ou moins grande amplitude dans les eaux thermales de Dax.

Ces perturbations sont liées directement ou indirectement aux crues de l’Adour et se délimitent très nettement en deux périodes :

a) période d'été ou de sécheresse; b) période d'hiver ou de crues.

Les variations de la minéralisation portent sur : a) le chlore (NaCl); b) le non-chlore (sulfates, carbonates), ces éléments variant respectivement en quantité et relativement entre eux :

a) tantôt en sens inverse; b) tantôt dans le même sens.

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Les augmentations salines peuvent être a) soit d'origine « endogène », c’est-à-dire dues à une dissolution de sels directement par l’eau thermale elle-même; b) soit d'origine « exogène », c'est-à-dire dues à l’addition à l’eau thermale d’une solution saline étrangère. Les diminutions salines peuvent être dues inversement

a) soit à la cessation du contact entre le filon salifère et l’eau thermale;

b) soit à la suppression de l’infiltration d’eau saline étrangère ;

ce) soit à l’addition d’eau douce à l’eau thermale.

Cas de la Nèhe.

Au cours de l'hiver, nous constatons :

Légère augmentation du NaCl; Légère diminution du non-chlore; Stationnement de R. E. par compensation.

Seule l'hypothèse d'infiltration d’eau chlorurée est soutenable, la diminution du non-chlore provenant évidemment de cette dilution.

S'il y avait eu dissolution « endogène » de NaC] par l’eau thermale, le taux de non-chlore n'aurait pas été altéré et R. E. aurait diminué. Si le non-chlore avait été diminué par infiltration d’eau douce, le NaCI aurait lui-même subi une dilution élevant R. E.

Mais, par la suite, pendant la crue de mars, nous assistons à un autre phénomène

Stationnement de NaCI à un taux élevé:

Diminution brusque et sensible du non-chlore; Elévation correspondante de R. E.

Ici, nous sommes dans l'obligation de faire intervenir l'hypothèse d'infiltration, brusque et de courte durée, d’eau douce surajoutée à l’infiltration croissante d'eau salée. Cette

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dernière aurait en effet porté le taux de NaCI à une valeur plus élevée sans l'infiltration d'eau douce. Mais, du fait de cette dernière, il y a eu dilution du chlore en même temps que du non-chlore, et NaCI s’élevant, mais étant aussitôt dilué, son taux définitif reste inchangé (4 mars).

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Eau Thermals

Fi. 21. — Représentation schématique de la double infiltration subie par la Nèhe. (Crue de mars 1935.)

Puis, cette infiltration d’eau douce, subite mais éphémère, disparaissant (7 mars), le NaCI reste en palier en même temps que le non-chlore se relève.

L'infiltration d’eau chlorurée disparaissant à son tour (9 mars), NaCI s’abaisse brusquement et le non-ehlore se relève encore pour revenir tous les deux aux limites de novembre, c’est-à-dire du régime d'été.

Nous pouvons représenter schématiquement cette double infiltration par le croquis ci-dessus, fig. 21.

DELFOUR.

Le CUS Cas des Baignots.

Il se passe aux Baignots le même phénomène qu’à la Nèhe durant l'hiver, c'est-à-dire augmentation des chlorures et diminution symétrique du non-chlore sans modification de R. E. Ce phénomène est également dû à une infiltration d’eau chlorurée dans l’eau thermale, du même ordre qu’à la Nèhe.

Mais, lors de la crue de mars, le non-chlore ne présente aucun changement sensible. Cependant, à la décrue, et en même temps qu'à la Nèhe, les chlorures fléchissent brusquement par suite de la disparition de l’infiltration d’eau salée.

Puis, le non-chlore remontant symétriquement, l'équilibre de la minéralisation se rétablit pour revenir aux valeurs primitives.

C'est donc un phénomène calqué sur celui de la Nèhe dans sa première partie, et limité à cette seule manifestation, l’infiltration secondaire d’eau douce ne s'étant pas produite 1Ci.

Cas du Splendid.

Les variations du Splendid sont plus complexes et ne sont pas toujours compensées. Elles comportent parlois des augmentations considérables de NaCI qui ne peuvent s'expliquer que par une dissolution « endogène » de sel par l’eau thermale elle-même. Mais, pendant la crue de mars, le phénomène constaté à la Nèhe se reproduit ici : augmentation du NaCÏ, et palier. Diminution brusque en flèche du non-chlore. Augmentation de R. E.

Ici encore nous assistons à une infiltration subite d’eau douce « freinant sur place » le NaCI en voie d'augmentation et diluant le non-chlore, Le mécanisme est identique.

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