‹ Contribution à l’étude physico-chimique des eaux thermo-minérales de Dax et de leurs variations en fonction des crues de l’AdourChapitre 43 sur 62 · SENS DU COURANT THERMAL · texte numérisé non relu

SENS DU COURANT THERMAL

Nous voyons là un même courant thermal, exclusivement sulfaté à l’origine, se dirigeant d'ouest en est, des Baignots vers Ja Nèhe et le Roth. Il subit aux Baignots une infiltration d'eau salée qui augmente le NaCI et dilue le non-chlore. Le courant, s'éloignant du point d'infiltration, tend à rétablir

de plus en plus sa composition primitive : Il arrive à la Nèhe, en passant par le Port, terme intermédiaire, avec une concentration en NaCI moindre et plus élevée en X. C. Poursuivant sa course, il devrait aboutir au Roth avec une concentration en NaCl encore inférieure, et un non-chlore encore plus fort qu'à la Nèhe, s’il ne subissait en ce point une nouvelle infiltration d’eau salée, semblable à celle des Baignots, qui font du Roth la source la plus minéralisée de la station après le Splendid.

La Nèhe constitue l’émergence naturelle principale et la plus ancienne de ce courant thermal. A l’entour, le sous-sol présente une température inusitée, et tous les forages rencontrent à faible profondeur une eau chaude de même composition que la sienne. C’est le secteur le plus riche, qui s'étend, sur une superficie d'environ 5.000 mètres carrés, du Bastion à Saint-Pierre, et de la Société générale aux Remparts Nord. Il y a donc là, selon nous, une vaste nappe issue de la Nèhe, et dont dépend le Splendid qui possède, comme nous l’avons vu, une même proportion de non-chlore et qui a présenté en mars 1935, postérieurement à la Nèhe, une infiltration d’eau douce de même amplitude et de même durée.

Cette nappe s’étendrait jusqu'à Saint-Pierre, dont les petites sources, autrefois, devaient recevoir des infiltrations superficielles, car leur température était très basse (45°), mais dont le nouveau forage mieux capté (51°), présente un taux de chlorures égal à celui de la Nèhe, avec, il est vrai, un taux de non-chlore inférieur. Aussi bien pourrionsnous le considérer comme moyen terme entre la Nèhe et le Roth, en admettant qu'il reçoive à son tour une petite infiltration chlorurée, hypothèse justifiée par la proximité de la mine de sel autrefois exploitée dans ce quartier.

En résumé, notre hypothèse, qui s'appuie sur des données analytiques précises, suppose donc un courant venant des saignots. La perte de débit de la Nèhe lors du forage du Grand Geyser en 1893 [28] paraît un argument péremptoire :

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pour diminuer en effet le débit d'un cours d'eau en un point donné, il faut le détourner en amont, et non en aval de ce point. Les Baignots sont done situés en amont de la Nèhe par rapport au courant thermal.

Un autre argument tiré du fait signalé par H. Serres [42], et dont l'importance semble avoir échappé jusqu'ici aux divers auteurs, réside dans la grande perte d’eau subie antérieurement (en 1857) par la Nèhe, lors de la découverte d’une source chaude très abondante pendant les fouilles effectuées pour la construction de la première pile du Pont de pierre; cette perte ne put être arrêtée que par l'aménagement sur cette nouvelle source d'une sorte de tube piézométrique. (CF. p. 23, $ 20). Il est de toute évidence que cette source, diminuant comme le Grand Geyser le débit de la Nèhe, se trouvait également. en amont de la Nèhe, ce qui nous fait supposer que le courant thermal, arrivant des Baignots, passerait près du Pont avant d'aller atteindre la Nèhe, et alimenterait au passage les sources du Port, dont les griflons sont très proches de l’Adour.

Cette hypothèse n’est sans doute pas entièrement conforme à celle de Mettrier [36] et de Larauza [27]. Ces auteurs font provenir l’eau thermale d’un tronc central débouchant verticalement à la Nèhe, duquel partiraient des ramifications latérales et divergentes aboutissant aux différentes sources, jusqu'aux Baignots et au Roth.

Sans doute la relation entre les sources s’explique-t-elle ainsi, le départ des ramifications se trouvant effectivement en amont de l'émergence de la Nèhe; mais leur hypothèse n'explique pas la différence de minéralisation, la chloruration décroissante et l'augmentation progressive des sulfates des Baignots vers la Nèhe : si notre hypothèse justifie le sens Baignots-Nèhe, celle de Mettrier et Larauza ne justifie pas le sens Nèhe-Baignots.

Mettrier cependant objecte « qu'il serait bien difficile d'admettre que les eaux thermales auraient coulé sur près d’un kilomètre à la surface mamelonnée, mais horizontale de la

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