‹ Contribution au diagnostic des affections cutanées du chien en clientèleChapitre 7 sur 13 · LES 27 S · texte numérisé non relu

LES 27 S

ment très fin à certaines époques de mue (1). De semblables dépilations physiologiques sont symétriques et, en général, insensiblement délimitées si une pièce du harnachement, collier ‘ou bricole, ne vient pas les exagérer par le frottement, elles ne sauraient prêter à confusion que pour un praticien peu habitué à ces races de luxe. La peau y est saine, elle ne présente ni lésions superficielles ni infiltration profonde, ni chaleur.

Chez les fox-terriers de l’ancienne formule (animaux à la peau extrêmement fine, au poil court et très couché, assis sur leurs poignets et non « piqués » comme Île veut la nouvelle mode, principalement chez ceux qui « portent les oreilles »), chez les toy-terriers (terrier anglais blanc et « black and tan ») chez les zwergpinscher, le fait est constant, il n’est pas exceptionnel chez les brabançons et les shipperkes très affinés, chez divers lévriers (greyhounds, barzoïs, whippetts et surtout levrons) chez les teckels, chez les dobberman pinscher (seulement au passage du collier dans ces deux dernières races) ; il est fréquent chez les bullterriers et prêterait peut-être à confusion dans cette race où la peau fortement rosée à l’état normal pourrait paraître irritée aux yeux d’un observateur ignorant. Ajoutons que chez les chow-chow, le poil qui se trouve sous le panache est presque toujours pauvre ou absent, on croirait un gazon qui végète difficilement sous un arbuste qui le prive de soleil.

Inutile d’insister.sur les chiens nus! Chien nu d'Afrique,

(x) Hexry et LeBLois. Contribution à l'étude de la gale folli: culaire. Recueil de Médecine Vétérinaire, 15 juin 1922, page

Formes diffuses suppurées.

Forme séborrhéosquameuse.

NDS ==

chien chinois nu, chien du Mexique. Pourtant des élèves qui ignoreraient ces races pourraient commettre l'erreur grossière d'attribuer à ces alopécies congénitales une ori-

gine pathologique. :

L'horrible tableau des formes suppurées n'est pas absolument caractéristique, elles peuvent prêter à confusion avec la dermatite phlegmonneuse et quelquefois avec les formes anciennes de gale sarcoptique; encore semble-t-il s'agir souvent plutôt de superpositions que de complications. Henry et Leblois (1) considèrent que dans ces formes suppurées de la gale démodécique le parasite n'intervient plus.

Notons que souvent la peau est irritée et épaissie, non seulement par la maladie, mais par lapplication irraison-

née de toutes sortes de topiques.

Sans être une rareté, la forme séborrhéo-squameuse est exceptionnelle, le praticien doit la connaître et rester sur ses gardes quand il observe des plaques de’ teinte grisâtre

avec des écailles.

Nous traiterons plus particulièrement aux chapitres de la gale sarcoptique, des teignes, de l’eczéma, ce qui a trait aux caractères différentiels de ces affections avec la gale

démodécique.

L'existence simultanée de lésions de plusieurs formes

(1) Henry et LeBLois. Contribution à l'étude de la gale folliculaire. Recueil de Médecine Vétérinaire, 15 juin 1922, page

ve

de la gale démodécique, loin d'être une complication, facilite souvent le diagnostic. Telles petites plaques des pattes qui laisseraient des doutes seront qualifiées de foHiculaires

si elles coexistent avec des dépilations autour des vibrisses.

GALE SARCOPTIQUE ‘1 :

Lésions primitives. — La gale sarcoptique débute surtout sur la tête, elle s'étend rapidement aux coudes, au ventre, aux jarrets. D’emblée prurigineuse, elle révèle de suite avec des lésions de grattage de petites papules qui crèvent et déterminent de petits boutons suintants ou des surfaces cruantées.

Quand elle reste sèche, elle se manifeste sous la forme d’un amas de squames grisâtres.

Répétons que le symptôme dominant c'est le prurit, mais insistons aussi sur l'importance de la localisation des lésions, elles ont leur maximum d'intensité autour des oreilles, aux coudes, au ventre, aux jarrets. À la vérité le chien sarcoptique présente souvent aussi des rougeurs aux aisselles et aux aines mais ce sont là des lésions secondaires dans lesquelles on ne rencontre pas de parasites.

Les lésions primitives de la gale sarcoptique ne peuvent, à notre avis, prêter à confusion avec les teignes ou la gale folliculaire, seules les lésions des extrémités prêteraient à confusion, avec celles de la gale démodécique si

elles étaient uniques, leur caractère purigineux et l'interpré-

(1) HENRY et LEBLois englobent sous le nom de gales sarcoptiniques la gale sarcoptique et la gale notoédrique (15 mai 1922).

Lt +

GE ps oegnt flore, Le Poe de à

tation des autres lésions rendra le plus souvent la distinction facile.

Par contre, la confusion avec certaines éruptions eczémateuses serait presque fatale quand ces éruptions siègent dans les régions de prédilection de la gale sarcoptique, et ce*ne serait dans ce cas, seulement que grâce à l’interprétaüon du prurit et à l'examen microscopique, que le praticien pourrait se tirer d'affaire, mais Henry et Leblois enseignent

un caractère différentiel de la plus grande netteté (1).

Stratification conchinienne ; granulé conchinien. — Alors que chez beaucoup d’eczémateux et même chez des sujets sains le bord postéro-externe de l’oreille est le siège d’une stratiñcation « stratification conchinienne » donnant au toucher une sensation de rugosité, il existe chez le galeux dans la même région, autour de l'oreille, un « granulé: conchinien » plus discret ayant une consistance pulvérulente comme s’il s'agissait de grains de silex. À Alfort, les élèves appellent aujourd’hui cette « zone d’agrégat psorique » la « zone d’'Henry ». Les parasites y sont en abondance même chez les animaux déjà traités ; c’est là que doivent être pratiqués les prélèvements, fait qui donne un démenti formel à l'affirmation de Railliet (1895, p. 647) qui considérait les sarcoptes comme des animaux insociables.

Ajoutons que, dans la pratique, nous avons longtemps. cru qu'alors qu'il était enfantin de retrouver des démodex

au microscope il fallait des recherches multiples, pour arri-

ver à déceler la présence des sarcoptes.

(1) Henry ei LesLois. Sur la localisation des parasites et sa signification « la zone d’agrégat psorique ». Recueil de Médecine Vétérinaire, 15 juillet 1922.

Lésions anciennes. — La gale sarcoptique non traitée ou insuffisamment traitée ne reste pas longtemps au stade des lésions initiales que nous avons décrites plus haut. Les parasites occasionnent des désordres profonds et le grattage fait le reste. La peau devient rouge, épaissie, parfois saignante sous l’action de grattages frénétiques et incessants, souvent plissée, tantôt suintante, tantôt croûteuse, elle répand une odeur de souris. À ce stade, la maladie pourrait peut-être se confondre avec les formes suppurées de la cale démodécique ou avec la dermatite phlegmoneuse. Nous nous réservons de parler à propos de la dermatite phlegmoneuse de la similitude de ces pyodermites d'origines di-

VOeRSeSs

Forme sèche ou tondante. — Signalons une forme sèche qui n’est ni croûteuse ni squameuse, dans laquelle les poils s’arrachent par plaques sans lésions cutanées apparentes. Cette forme que nous avons rencontrée plusieurs fois, en particulier chez des chiens, noirs {loulous de Poméranie, groenendals) et dans laquelle le Sarcopte a été identifié, ne nous semble pas avoir été déjà décrite. Nous sommes peutêtre dans l’erreur car, avouons que la pratique d’une clientèle absorbante ne nous permet pas toujours de lire autant qu'il conviendrait. Nous regrettons vivement d’avoir traité ces cas à la légère sans prendre de notes et sans publier aucune observation. Nous avons eu récemment l'occasion d’en parler avec le Professeur Henry qui nous a demandé

avec insistance s’il s'agissait réellement de Sarcoptes ou de

(1) RaïcrieTr. Traité de soologie médicale et agricole, 2° édi.: tion, Paris, 1875, page 647.

a Notoèdres et si la peau était réellement saine. Ces questions ont ébranlé notre conviction. Des lésions discrètes pouvaient-elles passer inaperçues? Le Notoèdre a-t-il pu être pris pour un Sarcopte par gelui qui, avec une idée préconçue, cherchait des Sarcoptes ou des Démodex et non autre chose? C’est un point que nous avons à cœur d’élucider dans l'avenir.

Encore que nous ayons constaté plus souvent de semblables lésions au voisinage de l’aisselle et sur la poitrine nous avons vu parfois des plaques erratiques. Naturellement la différenciation des plaques avec les teignes, la gale démodécique et les alopécies de nature toxique ou autre

ne peut être faite sans le secours du microscope.

Coexistence des gales démodéciques et sarcoptiques. — Nous avons vu plusieurs fois la gale démodécique coexister avec la gale sarcoptique qui la masquait par son étendue et le caractère prurigineux des lésions, il est bien entendu que dans de tels cas, qui ne sont peut-être pas des raretés,

l'examen microscopique seul peut éviter les erreurs.

Gale du jeune chien. — Henry et Leblois (1) ont attiré l’attention sur les caractères particuliers de la gale du chiot qu'ils qualifiaient justement de « squamosis non dépilant », terme tellement précis qu’il se passe de commentaires. L'affection étant disséminée sur toute la surface somatique, on pourrait dire squamosis non dépilant généralise.

Il est important en clientèle de savoir diagnostiquer la

(1) HENRY et LeBLois. Contribution à l’étude de la gale sarcoptique du chien. Recueil de Médecine Vétérinaire (aspect spé cial de l’affection chez le chien), 15 juillet 1922, page 369.

gale sarcoptique chez le jeune sujet car elle est fréquente chez ceux qui ont été contaminés dans le chenil des marchands. Ces malades sont visités par nous, soit au moment de l’achat, soit huit jours après au moment de l’apparition des premiers symptômes. Il faut savoir ne pas confondre les croûtelles de la gale avec de banales pellicules et ne pas attribuer le prurit au manque de toilette, à la malpropreté du marchand ou à la négligence du nouveau propriétaire. Le vendeur ne manque d’ailleurs pas, en pareil cas, d’essaver d’impressionner par divers raisonnements tels que « ce n’est que de la poussière mais le chien est trop jeune pour être lavé. » .

La chose est de grande importance. Au moment de l'achat, l'examen clinique doit suffire, car on ne peut pas décemment imposer au marchand d'opérer sur le chien qu'il veut vendre, un prélèvement en vue d'examen microscopique. Si le mal est fait, j'entends le chien acheté, c’est

cette dernière solution qui s'impose quand il y a doute.

GALE NOTOÉDRIQUE

Le chat affecté de gale notoédrique contamine quelquefois le chien. C'est un fait indiscutable, nous avons pu plusieurs fois le constater personnellement.

Il serait faux, à notre avis, de vouloir considérer la topographie des lésions notoédriques du chien comme analogue à celles du chat, elles semblent le plus souvent localisées à la tête et être presque symétriques chez le chat, alors que chez le chien, elles sont plus diffuses et plus irrégulières.

Quoi qu'il en soit, la gale notoédrique du chien n'est pas pour nous un sujet de clinique courant, faute de, la bien connaître, nous éviterons d’insister en ce qui la concerne.

Nous tenons néanmoins à signaler que nous avons observé une fois chez le chien l'existence simultanée de la gale notoédrique et de la gale folliculaire. [ est bien évident que dans un cas semblable comme dans les cas où les démodex voisinent avec les sarcoptes le microscope peut seul éviter une erreur particulièrement sérieuse dans la pratique.

Nous profitons de l'occasion pour citer un cas de contagion du singe au chien qui nous semble à peu près certain.

Une cliente nous présente un chien porteur de gale notoéè

Re ES

drique authentique, diagnostic confirmé par l'examen microscopique. Ce chien sortait peu, n'avait pas eu l’occasion d’être contaminé dans un chenil ou dans tout autre endroit, par contre, la propriétaire avait acheté quinze jours avant un singe qui se grattait furieusement, présentait sur la tête des lésions analogues à celles de la gale féline et à la base de la queue des lésions de même nature.

Le diagnostic n’a pas été confirmé pour le singe mais nous imaginons facilement que cet animal avait été contaminé par un chat dans la boutique du marchand et qu'il avait à son tour contaminé le chien (1). Ajoutons que notre cliente aussi se grattait. Avait-elle aussi la gale? Nous l’ignorons. Mais cette anecdote a un enseignement pratique. Si rare que soit la gale notoédrique chez le chien il est’ intéressant qu'elle soit diagnostiquée d’une façon précise, le notoèdre paraissant plus susceptible que la sarcopte de se fixer sur la peau humaine (2). C’est notre devoir d’informer nos clients du danger qu’ils courent ou qu'ils font

courir à leur entourage plus particulièrement aux enfants.

(1) MEGNIN (1895, p. 174 et séance de la Société centrale Vétérinaire du 12 février 1868), admet que le Notoèdre peut affecter différentes espèces et même se transformer en changeant de terrain.

(2) THIBIERGE (1923, p. 302), insiste sur la fréquence des cas de gale féline dans la clientèle hospitalière. Comme il s'agit du même parasite, il est vraisemblable que si les cas de contagion du chien à l’homme sont moins fréquents que du chat à l’homme, c'est, d’une part, que la gale notoédrique est plus rare chez le chien et, d'autre part, que les conditions de cohabitation ne sont pas les mêmes dans les deux espèces. L'article dont il est fait mention à été l'objet d’une communication à l'Académie de médecine. @

Page 1