COMMENT TRAITER LES CAS DE NON DÉLIVRANCE
Quoiqu'il y ait de notables différences d'opinion sur cette question, j'estime que le procédé de choix est la délivrance à la main, pratiquée le plus tôt possible après l’accouchement, de préférence dans les premières 24 heures, au plus tard 48 heures, quand le délivre est encore très frais, le col largement ouvert et l'utérus non contracté. Je n’interviens jamais après ce temps, l'opération étant dangereuse pour l’opérateur et sans grand avantage pour la bête, la métrite ayant eu le temps de prendre naïssance.
Je n'ai pas à décrire un procédé bien connu.
Quelques indications pratiques sont néanmoins nécessaires pour préciser le mode opératoire.
Il faut enlever le placenta le plus complètement possible en s'adaptant aux circonstances: l’arrachement de quelques cotylédons est sans grande importance, mais il vaut mieux laisser quelques lambeaux de délivre que d’occasionner ces déchirures. S'il reste quelques fragments au sommet des cornes, il n'y aura pas de suites graves.
D'’ordinaire, je pratique une injection tiède de six à dix litres avec une solution de permanganate à 1 pour 2.000. J'estime que l'injection est salutaire,et par son action désinfectanie et par la contraction qu'elle produi! facilitant l'involution de l'utérus. C’est la thèse complètement opposée à celle d’Albrechtsen qui prétend que l'irrigation n'arrête pas une infection naissante et
qu’une partie du liquide pouvant être retenue facilite
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l'infection. Pourtant toutes les injections provoquent chez la vache des efforts expulsifs violents qui chassent le liquide. En tous cas elles auraient au moins l'avantage de déplier l'utérus si'des tractions sur le délivre avaient provoqué l’invagination d’une corne.
Fried conseille l’injection antiseptique entre les enveloppes et l’utérus pour renidre l'opération moins répugnante et moins dangereuse pour l'opérateur; je ne crois pas qu'il faille le suivre dans cette voie, puisque l’injection provoque des efforts expulsifs nuïisibles pour l’opération; ces efforts empêchent parfois toute intervention manuelle, par la fatigue des bras et par le rejet du liquide souillant l'opérateur.
Le traitement de Schaw. si séduisant en théorie, est complètement irréalisable. Il est à remarquer que la plupart des cas de non délivrance sont dus à l'insuffisance de l’hémorragie des vaisseaux du placenta. S'il n’y a pas hémorragie, il y a coagulation du sang dans les vaisseaux; le caïllot est facile à mettre en évidence et on peut toujours en faire sortir une partie en comprimant le cordon, il se présente alors sous la forme d’un cylindre de la grosseur d’un gros crayon. Dans ces conditions, je ne vois. pas comment il est possible d’injecter un liquide dans ces vaisseaux, un seul caïllot suffirait pour arrêter l'infection malgré une pression énorme ; nous en avons vu bien des exemples à la salle de dissection en étudiant l’anatomie des vaisseaux au moyen des injections colorées ; le plus léger caillot suffisant pour empêcher l’injec-
tion des vaisseaux sur un animal saigné à blanc. J'ai essayé plusieurs fois, pour ne pas être victime d’une idée préconçue, je n'ai jamais obtenu le moindre résultat.
Dans les cas où la délivrance manuelle est impossible, surtout dans l'avortement, j'enlève la masse du délivre en laissant les attaches cotylédonnaires, je fais pratiquer uniquement des injections abondantes de solutions antiseptiques faibles.
Il faut éviter les tractions trop fortes pouvant amener l’invagination de l’organe. J'ai pu constater ainsi un accident grave et un mortel. M. G.., à S.. voulant aider l’expulsion des enveloppes. opère des tractions légères et provoque le renversement de l'utérus. M. G.., au R.., opère des tractions légères et obtient le placenta, maïs la vache ayant des efforts violents, il lui applique une « bricole »; je suis appelé trois jours après parce que la vache ne mange pas; elle présente une métrite très grave. l'examen vaginal permet de diagnostiquer la gangrène d’une corne invaginée. Ce sont des accidents rares. mais qu'on doit éviter; j'ai constaté des renversements de l'utérus 24 heures après l’accouchement, dus à la traction produite par le délivre dont la masse est souvent aug-
mentée par les propriétaires à l’aide d'un poids. B. Etables.
La métrite est très fréquemment une affection
d’étable. les germes virulents s'y conservant très long-
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temps: les observations suivantes en constituent une démonstration.
1, Exploitation E.., au F...
Année 1923-24, Les parturitions ayant lieu du début d'octobre à avril, et à l’étable.
Effectif : 14; toutes vaches ayant vélé normalement et délivré en moins de 6 heures ; 7 présentèrent de la métrite chronique, 3 semaines après la mise-bas, sans apparence de métrite aiguë. Toutes guérirent, furent “saïllies de nouveau avec succès et reprirent le séjour au pâturage. Je conseillai la désinfection de l’étable, «lle fut mal faite, à la chaux.
Année 1924-25.
Effectif : 16 ; vêlages normaux, délivrances rapides; néanmoins 7 cas de métrite furent constatés, 4 sur des vaches ayant déjà été malades l’année précédente, 3 sur ‘d’autres ; des 3 vaches ayant eu de la métrite l’année précédente, une avait été vendue, les 2 autres sont restées saines. :