‹ Contribution au Diagnostic et au Traitement des Affections de l'Utérus de la VacheChapitre 7 sur 27 · DR EE · texte numérisé non relu

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ou moins accusé de la vulve, de l'anus et du périnée. La muqueuse vaginale est congestionnée, et il s'écoule par la vulve un liquide roussâtre ou grisâtre plus ou moins fétide comme dans la métrite: dans 3 cas sur 21. j'ai constaté la présence d’un écoulement grisâtre abondant, contenant des granulations dures au toucher, de la consistance du sable.

La mortalité est de règle, elle survient en deux ou trois jours ; j'ai enregistré 21 morts sur 21 vaches traitées, malgré des soins les plus minutieux ; cela confirme l'opinion de Robin à ce sujet : « Les cas de guérison, signalés par quelques auteurs, de même que ceux de passage à l’état chronique, sont, selon toute vraisemblance, des erreurs de diagnostic. »

Il. — Maladies chroniques À. Endométrite catarrhale.

L'endométrite catarrhale est l’inflammation chronique de la muqueuse utérine; cette dénomination qui convient bien à l'aspect clinique, n’est cependant pas très exacte. En effet, Tuff, qui a pratiqué de nom- ‘breuses coupes histologiques, trouve en même temps de la métrite interstitielle dans la plupart des cas; il déclare que l'endométrite chronique réelle est très rare. :

Tantôt elle fait suite à la métrite aiguë (Kitt affirme que toute métrite devenant chronique devient catar-

rhale ou purulente), tantôt elle débute insidieusement

SRE Ness

et passe inaperçue ; le client se rappelle vaguement que sa vache a eu des lochies de mauvaise nature; il ne demande notre intervention que parce que la vache est frigide ou stérile; dans ces derniers cas. elle a eu des chaleurs régulières, elle a été saillie plusieurs fois sans résultat.

Lés symptômes locaux sont de beaucoup les plus importants. Si la vache est frigide ou stérile. elle doit être examinée de la façon suivante :

a) Examen vaginal.

La muqueuse vaginale, légèrement congestionnée, est humectée par la présence d'un liquide séromuqueux de la consistance du blanc d'œuf aver quelques traînées blanchâtres, quelquefois très clairsemées, parfois évoluant vers le muco-pus: le col est légèrement ouvert et tuméfié, quelquefoïs bourgeonnant; l'examen du col peut se faire facilement à l’aide de la pince d’Albrechtsen.

b) Examen rectal.

I1 est bon de rappeler en quelques lignes les dimensions de l'utérus normal, établies par Zschokke. Le col a 6 à 8 centimètres de longueur, mais peut atteindre 17 centim.; le corps a 2 cent. 5 ide longueur et les cornes 25 cent., avec une épaisseur de 7 à 8 mm.: les cornes sont symétriques et consistantes, quoiques douces, charnues et lisses au toucher. Pendant la durée des chaleurs, l'utérus peut être augmenté de volume: les parois deviennent dures et on peut sentir:

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les contractions de l'organe; un exsudat clair est alors présent. |

Dans l’endométrite catarrhale, l'utérus est, en général, augmenté de volume, atteignant la grosseur du poignet, dur ; cornes plus grosses que normalement, très souvent une seule corne est dans ce cas, l’autre restant normale. L’ovaire correspondant à la corne malade étant souvent le siège ide corps Jaunes persistants et quelquefois de kystes, mais quelquefois c’est l’autre ovaire qui en est porteur.

Certains auteurs préconisent pour la recherche des ovaires, de suivre les cornes utérines jusqu’à leur extrémité, j'estime qu’il est encore plus facile de les trouver en plaçant la main sur le corps de l'utérus, au niveau du bord antérieur du pubis, et en recherchant les ovaires de chaque côté à quelques centimètres en dessous du plancher du bassin. Eilmann, Hess, recommandent même de retourner l'utérus pour trouver plus facilement les ovaires et les oviductes : il n’y a pas un grand avantage à opérer suivant leur indication.

La présence du corps jaune a une importance capitale, Il ne faut pas tomber dans l’erreur du Docteur Luigi Gallina, qui prétend différencier la gestation du pyomètre, par la présence du corps jaune dans la gestation et l'absence dans le pyomètre, où il est presque de règle. Le corps jaune se rencontre fréquemment dans les maladies chroniques ide l'utérus, car ce qui est vrai pour l’endométrite l’est aussi pour toutes les autres maladies. Sa présence est même de très bon

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augure, car toute maladie chronique qui en est arcompagnée est plus facilement curabie qu'une autre.

Au Danemarck, Milsen (Sorring) a été le premier à mentionner le corps jaune comme cause de la stérilité. Martin Poulsen (Ringsted) le trouve fréquemment dans les métrites. Hess, en Suisse, le trouve dans la plupart des cas, et donne la technique de son énucléation. En Allemagne Gebauer aboutit à des constatations analogues.

Les vaches qui portent des corps jaunes ont également du catarrhe utérin (Zschokke), elles sont en général frigides; un certain nombre ont des chaleurs régulières; saillies régulièrement elles ne sont jamais fécondées; plus rarement elles sont nymphomanes. On reconnaît facilement le corps jaune à son aspect rugueux, dur; il semble faire hernie à travers la paroi de l'ovaire.

Parfoïs on trouve des kystes; ceux-ci sont d’origine folliculaire ou lutéïque; le diagnostic différentiel est impossible, les kystes lutéiques auraient, dit-on, une paroi plus épaisse: d’ailleurs, la différenciation n'a, à mon avis, aucune importance. Ils sont simples ou multiples, sur un ou deux ovaires, uni ou pluriloculaires. Les kystes sont quelquefois accompagnés de corps jaunes persistants.

Les kystes se différencient facilement des corps jaunes: les périphériques sont plus mous, élastiques, globuleux et dépressibles, souvent de la grosseur d'un œuf de poule naine, quelquefois atteignant le volume de la tête d'un enfant. Les kystes centraux sont beau-

coup plus difficiles à déceler et sont assez rares. On observe simplement que l'ovaire est plus gros. On ne peut tabler sur la grosseur du kyste pour établir un pronostic, des petits kystes pouvant récidiver de nombreuses fois (j’ai poussé l’expérience jusqu'à sept et abandonné), des kystes énormes ayant guéri dès la première rupture.

On rencontre les kystes plus spécialement dans l’'endométrite catarrhale, rarement dans la forme purulente; jamais je n’ai eu l’occasion de les rencontrer dans les autres formes. Presque toujours ils occasionnent la nymphomanie à des degrés variables.

Corps jaunes et kystes surviennent toujours tardivement. Hess. Guillebeau, Tuff, les rencontrent avec la métrite, mais Zschokke a trouvé souvent des kystes sans métrite, probablement parce que la métrite était alors guérie.

Il est très important de faire le diagnostic différentiel d'avec la gestation: il y a quelquefois des difficultés assez grandes qui expliquent des erreurs de traitement. Plusieurs fois on m'a présenté comme frigides des vaches qui n’auraient jamais été saillies, et que j'ai reconnues en état de gestation de un à trois mois. Il m'est arrivé de traiter comme frigides ou ayant un pyomètre, des vaches pleines dont j'ai provoqué involontairement l’avortement. Albrechtsen relate des cas semblables.

La difficulté est surtout grande jusqu'à trois mois, les moyens de diagnostic d’abord exposés par Martin Poulsen ont été bien exposés par Walter Richter

(Leipzig 1922) et repris par Oppermann: le diagnostic est basé sur les dimensions de l'utérus, la nature de ses parois, la fluctuation et l'aspect du col (fortement fermé et sans exsudat) ; il faut ajouter la présence du corps jaune de gestation. On n’est quand même pas à l'abri d’une erreur de diagnostic.

B. Endométrite purulente.

L’inflammation chronique de la muqueuse utérine donne naissance à une production purulente plus ou mois abondante; le plus souvent elle fait suite à une métrite aiguë, d'intensité variable, mais peut prendre naissance sans qu'il soit possible de connaître les causes qui l’ont occasionnée.

A la suite de métrite aiguë ou de non délivrance, la vache a repris de l'appétit, toutefois celui-ci reste qüelquefois capricieux. L'état général est variable, alors que souvent la vache reste maigre, on trouve des animaux atteints de métrite purulente en parfait état d’emponpoint. La frigidité est presque ide règle.

Du côté de l’appareil génital, on note des rejets de pus atteignant parfois plusieurs litres, chaque fois que la vache se couche; le pus est épais, blanc, crèmeux, de bonne nature et souille la queue, la vulve et le périnée. Le vagin est congestionné, couvert de pus ; assez souvent, on y trouve des granulations (vaginite granuleuse ?). Le col est hypertrophié, bourgeonnant.

A l'examen rectal on retrouve tous les signes de l'endométrite catarrhale en général plus accusés.

L'utérus est toutefois plus dur au toucher. Les corps

jaunes sont très fréquents.

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