I. — INTRODUCTION
La question des glandes endocrines, soulevée par Claude BERNARD, en 1856, à propos de la sécrétion interne du foie, n’a cessé d’être à l’ordre du jour. Des auteurs en nombre considérable, ont fait des recherches portant successivement sur les rapports des glandes entre elles, les rapports de ces glandes avec le système nerveux végétatif, enfin l'influence de certaines glandes dans les syndromes observés en clinique.
Ainsi, les grands syndromes endocriniens, tels que la maladie de Basedow, la maladie d’Addison, ont une traduction clinique assez importante pour que le diagnostic s’impose sans discussion. Il n’en est pas de même chez les sujets atteints seulement d’insuffisance d’un ou plusieurs éléments de leur système glandulaire. Dans ces cas, on observe bien quelques symptômes qui peuvent mettre sur la voie du diagnostic, mais pour les attribuer d’une façon indubitable à une glande quelconque, il faudrait pour toutes les endocrines, un test ayant la même valeur que le métabolisme de base pour la thyroïde.
Or, en 1936, les Docteurs DAUSSET et FERRIER mettaient au point un nouveau test endocrinien. Au dire
des auteurs, « ce test s’est montré plus sensible à
« l'excitation électrique que le métabolisme de base. « De plus, la facilité et la rapidité de son exécution « (nous) ont permis de pratiquer l'exploration de « plusieurs glandes en un temps qui ne dépasse pas « une heure et demie ».
Dans ce travail, nous reprenons l’étude de ce test.
—— Après avoir examiné dans une première partie les appareils utilisés pour sa réalisation, nous exposerons dans une deuxième partie la technique et le mode d'interprétation adoptés par DaAUssEr et FERRIER.
— La troisième partie de cette étude est consacrée à la mesure du temps de réduction initial. Point capital. Le temps de réduction initial est en effet la base d'interprétation du diagramme et doit par suite, être établi avec une attention particulière.
— Enfin la quatrième partie sera l’application du test de DaussEr et FERRIER aux syndromes d’hyperthyroïdie et aux troubles hypophysaires.
Comme le disent les Docteurs DREVON et MOURGUES, « les glandes endocrines tendent ainsi à sortir peu « à peu de l'obscurité dans laquelle elles se trou- « vaient plongées par suite de la complication ex- « trême de leurs interdépendances, de leurs intimes « relations avec d’autres systèmes, d’un manque de « données exactes à leur sujet et de l’empirisme « relatif de leur thérapeutique ».
« Maïs nous ne nous lasserons jamais de souligner, «€ après DAUSSET et FERRIER, qu’il ne faut pas oublier
« que ces indications sont d’ordre purement théra-
HN
« peutique et n’ont qu’une faible valeur diagnostique « en elles-mêmes ».
Enfin il semble indiqué de terminer cette introduction par cet avis de STEVENN :
« Quand on abandonne les considérations géné- « rales pour aborder le terrain de la pratique, on se « heurte à de nombreuses difficultés. Il est à peu « près impossible d'indiquer la part de chaque glande « dans les variétés morphologiques observées à « moins que l’on ne procède uniquement par affir- « mations sans en donner une justification bien cer- « taine, ce qui est malheureusement trop souvent le « cas de ceux qui écrivent sur ces questions. La pra- « tique de l’endocrinologie tend à montrer que l’ima- « gination joue un rôle important dans toutes ces « conceptions, et que, si on ne réagit pas contre elle, « cette branche de la médecine, au lieu de s'orienter « vers la science, tendra à se perdre dans la méta- « physique ».