‹ Contribution au traitement chirurgical de l'ovarite scléro-kystique: L'opération de Walther, résection subtotale de l'ovaireChapitre 14 sur 62 · HISTOLOGIE · texte numérisé non relu

HISTOLOGIE

L'histologie, en cas d’ovarite sclérokystique, peut donner des résultats légèrement différents, suivant l’âge des lésions. La différenciation même des kystes sera quelquefois histologiquement difficile, mais les notions récentes sur la physiologie de l'ovaire ont aidé beaucoup les recherches anatomo-pathologiques, ont permis de pousser plus loin les examens et ont changé les classifications.

L'évolution naturelle de l'ovocyte se fait vers la ponte ovulaire, le corps jaune, puis sa cicatrisation. L’atrésie folliculaire qui existe presque toujours est une évolution que l'on ne peut considérer comme pathologique. Dans les états de dysovarie, il peut y avoir évolution soit, vers l’hypertrophie, l'absence de déhiscence de l’œuf, la formation Kkystique : c’est l'ovarite kystique ; soit vers l’hyperproduction : c’est l'ovarite polymicrokystique ; soit dans le corps jaune vers le kyste lutéinique ; les travées de sclérose n’envahissent l'ovaire que petit à petit.

Le premier stade, la « congestion ovarienne » des classiques, correspond à un ovaire non sclérosé, augmenté de volume non par la congestion mais par la

présence d’un ou plusieurs corps jaunes particulière-

he ces ment volumineux ; l'abondance de l'écoulement sanguin est le résultat de la quantité de lutéine ; la tuméfaction disparaît avec les règles, avec la régression du corps jaune.

Dans l’ovarite sclérokystique, la coupe donne déjà l'impression de sclérose ; l'appareil ovulaire présente de grosses perturbations ; un nombre variable, souvent considérable, de follicules de de Graaf sont le siège d’une évolution anormale : les uns, réduits de volume, atrésiés, même quelquefois atrophiés, semblent perdus au sein d’un stroma ovarien trop serré, trop dense, les autres, de beaucoup les plus nombreux, montrent une maturation exubérante, une non-déhiscence de l'œuf, une évolution kystique ; la poche s’amplifie, se remplit d’un liquide clair, quelquefois hémorragique. A côté de ceux-ci se trouvent des kystes lutéiniques avec leur bordure festonnée, épaisse, plus ou moins rapidement hyaline.

Puis, les lésions vieillissant, on ne distingue plus que des kystes folliculaires, lutéiniques, de vieilles cicatrices de corps jaunes enserrés dans des travées, dans des champs de sclérose.

Au point de vue schématique, l'ovaire sclérokystique est donc formé de kystes folliculaires, de kystes lutéiniques, d'atrésie folliculaire, de sclérose périkystique. L

Les kystes se distinguent très facilement par leurs propriétés hormonales et leur classement se fait par la . réaction physiologique de leurs sécrétions. Moulonguet en injecte 3 ou 5 cmc. à une rate castrée avant tout

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développement pubéral et prélève l'appareil génital en entier pour l'examen. La positivité de la réaction prouve leur contenu folliculaire.

Pour les autres kystes, nous n'avons pas encore de réaction nette basée sur les propriétés de la lutéine.

Roux a décrit de petits névromes sympathiques ; L'Hermitte, Dupont signalent une névrite diffuse et des névromes entourés d’une gangue scléreuse rappelant les névromes de cicatrices.

L’abondance des kystes provoque la tuméfaction ovarienne ; les propriétés hormonales de leur contenu expliquent les différentes réactions menstruelles et la plus grande fréquence des ménorragies.

Les ovaires contenant des follicules atrésiés coïncideraient avec des règles peu abondantes.

Pour certains, la sclérose provoquant l’étranglement des fibres nerveuses des petits névromes sympathiques seraient la cause des douleurs, pour d’autres elles résulteraient de la difficulté d'ovulation, gênée par la sclérose. |

L'ovarite infectieuse présente quelquefois un aspect peu différent ; cependant, elle s'accompagne, soit de petits abcès ovariens, soit de lésions inflammatoires de l'ovaire et des organes voisins.

Les réactions humorales de ces kystes seraient

négatives.

ETIOLOGIE

Les causes de l’ovarite sclérokystique et sa patho-

thogénie ont toujours été assez obscures. Les données nouvelles de la physiologie arriveront peut-être à les éclairer. On a invoqué tour à tour des causes locales et des causes générales.

: Dudley, en 1888, invoque l'importance du varicocèle pelvien; l’année suivante, Lucas-Championnière rattache l’ovarite aux traumatismes et aux perturbations menstruelles ; Siredey insiste sur l’origine congestive ; Dupont, dans sa thèse, en 1909, considérant l’association fréquente d’ovarite et de rétroversion faisait de celle-ci la cause de l’ovarite sclérokystique. On a incriminé la syphilis et la tuberculose, mais rien n'est venu étayer cette hypothèse. Mile Guigné, dans sa thèse en 1922, fait remarquer qu’elle est plus fréquente dans les villes que dans les campagnes, qu’elle n'existe pas chez les animaux sauvages en liberté et devient fréquente lorsqu'ils sont en captivité ; elle fait du manque d'exercice, de la vie peu saine de la ville, une cause générale prédisposant à l’ovarite sclé- -rokystique.

La congestion veineuse, les troubles de la vascularisation ont leurs ardents défenseurs.

Récemment, on a cherché le rôle du sympathîque, dans la production des ovarites trophiques. Le bon fonctionnement de l'ovaire dépenderait de l'équilibre vago-sympathique; l'excitation vagale amènerait un dérèglement dans la production des kystes folliculaires ? les altérations nerveuses trouvées par Roux, par L’Hermitte et Dupont seraient une épine irritative ?

Les données physiologiques récentes peuvent faire admettre l’ovarite sclérokystique comme une dysovarie avec hyperovarie et l’on pourrait considérer l'ovarite scléro-kystique comme une conséquence d’un trouble hormonal d’origine hypophysaire ; l'hypersécrétion de l’hormone antéhypophysaire provoquerait, dans le premier temps, la maturation simultanée d’un grand nombre de follicules ; la conséquence directe est la formation d’un grand nombre de corps jaunes ; leur structure histologique est normale, leur fonction aussi; nous sommes à l’état de «congestion ovarienne » des classiques, premier terme de l’ovarite sclérokystique. Par suite de la continuation de cet hyperpituitarisme « l'ovaire présente des follicules à des degrés divers de développement, des corps jaunes et des kystes folliculaires ; follicules et corps jaunes possèdent leur structure histologique habituelle; les kystes sont nombreux et de dimensions variables ». Mais ces aspects de l'ovaire sclérokystique sont les mêmes que ceux que l’on relève en faisant un traitement antéhypophysaire chez des rates ou des souris.

Les termes entre guillemets sont pris mot pour mot

R,. Firminhac 3

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