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MARCHE DE L'ÉPILEPSIE

Au premier abord, l’épilepsie paraît suivre une marche très irrégulière, mais si l’on considère un certain laps de temps comprenant un grand nombre d'accès et que l’on divise ce temps en périodes égales, on trouve que le retour des attaques est soumis à une sorte de règle moyenne de fréquence que l’on n'aurait pas soupconnée d’abord. Sans affecter la régularité des fièvres intermittentes, les crises sont beaucoup moins anormales dans leur apparition, qu’on ne le

(1) Ch. Ferré. Les épilepsies et les épileptiques, (p.458).

croit communément ; elles sont réellement soumises à une sorte de périodicité. si l’on prend les moyennes de plusieurs séries d'accès un peu longues et si l’on tient compte de la marche par paroxysmes. Le même fait ne se retrouve pas, si l’on examine les névroses convulsives analogues.

Tout ce que nous disons de la marche de l’épilepsie, s’applique à la maladie seulement dans les cas où elle est abandonnée à elle-même, sans aucune espèce de traitement perturbateur.

Les accès reviennent en suivant deux marches différentes : retour par accès simples ou isolés ou par paroxysmes. Les paroxysmes, q'on appelle actuellement état de mal sont des accès composés qui ont une physionomie particulière. Le début est le même que dans un accès ordinaire, mais lorsque la phase comateuse est arrivée, le malade ne reprend pas connaissance et il survient une nouvelle attaque à la suite de laquelle le coma est plus profond encore. Le nombre de ces crises successives se compose de 2 à 6 accès, mais il peut monter à 15, 20, 60 et même au-delà ; et l'accès, dans son ensemble, se prolonge alors durant 2 ou 3 jours. Les paroxysmes surviennent le plus souvent tous les mois environ. Dans l'intervalle des convulsions, le coma est quelquefois remplacé par un délire sombre, non moins dangereux pour les malades que pour les assistants, et c’est surtout à la suite de cet état de mal que les épileptiques sont pris d’une manie furieuse avec des impulsions homicides extrê— mement redoutables.

tire

La marche par accès simples est 3 fois plus fréquente que la marche par: paroxysmes. Quelquefois les deux allures se combinent et se transforment l’une dans l’autre.

Les paroxysmes accidentels ou très intenses entraînent quelquefois la mort. Ils peuvent être amenés par la cessation brusque du traitement au bromure de potassium (1.

On peut rencontrer tous les degrés de fréquence, depuis cent accès et plus par jour, jusqu’à une attaque tous les quatre ou cinq ans. La catégorie la plus nombreuse est celle des malades ayant de 1 à 6 accès par semaine.

Les accès diurnes sont deux fois plus fréquents que les accès nocturnes.

Plus les crises sont légères, plus elles ont de tendance à se montrer surtout le jour.

Les attaques nocturnes sont en général plus intenses et indiquent un plus haut degré de gravité de la maladie.

Les attaques tendent en général à se rapprocher graduellement avec la prolongation de la maladie.

Dans les cas rebelles, il se manifeste ordinairerement tôt ou tard, dans le retour des accès, une marche accélérée qui est d’un fâcheux augure. Cette accélération graduelle, le plus souvent lente, quelquefois précipitée, est l'expression la plus générale de la marche de l’épilepsie abandonnée à elle-même.

(1) Ch. Ferré, ouvrage cité, (p. 556).

Chez la plupart des épileptiques, les accès incomplets tendent graduellement à se compléter et à se transformer en attaques ordinaires.

Au point de vue de Ia nature des accès, il y a lieu de faire les remarques suivantes :

Le cri se montre chez plus de la moitié des épileptiques à attaques complètes, mais il n’est plus ou moins constant que dans un tiers des cas. Il est quelquefois remplacé par des pleurs chez les tout jeunes enfants. D’après Herpin, le cri est à la fois l’expression de la surprise ét de la douleur produites par la convulsion.

La chute peut amener la mort sur le coup. On a vu des malades mourir asphyxiés en tombant, la face en avant, sur un tas de blé qui intercepte la respiration, ou étouffés la nuit dans leurs couvertures.

Quelquelois le malade chancelle, ou pirouette plus ou moins sur lui-même avant de tomber; d’autres fois, il court l’espace de quelques pas ou marche en arrière avant de tomber, ou bien il cherche à fuir et gagner son lit. Dans certaines attaques incomplètes, le patient reste debout, ou même continue à marcher, les jambes pliées. Enfin il est des malades qui cheminent dans la rue, travaillent ou servent à table au milieu du vertige épileptique.

Quand la période de crampes ou convulsions partielles initiales est prolongée, l’accès est le plus souvent incomplet ou fort court. Le cri unique et intense marque, au contraire, le début d’un accês violent.

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