TRAITEMENT MEDICAL
Pendant longtemps, le traitement médical des méningites otogènes était purement symptomatique.
Les médications locales dans les espaces sousarachnoïdiens, soit bactéricide (urotropine, électrogol), soit de choc (protéine, caséine), soit immunisantes (auto-vaccins), ainsi que la sérothérapie, n'ont en général donné que des résultats décevants.
Enfin en 1935, l'école pasteurienne, avec MM. TREFUEL, NITTI et BOVET, fait connaître l'action thérapeutique puissante d'un dérivé organosoufré, le P. amino-phényl-sulfamide, ou 1162 F, qui allait permettre de transformer le pronostic autrefois fatal des méningites otogènes.
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: Nous ne nous attarderons pas ici à décrire les règles de conduite que de nombreux auteurs, parmi lesquels Messieurs les Professeurs CALVET et PLANQUES, ont eu le mérite de codifier et qui doivent nous guider dans l'emploi des sulfamides dans le traitement des méningites otogènes : (thèse de MARCAILLOU : Contribution au traitement des méningites otogènes, Toulouse 1945).
Nous nous permettrons d'insister simplement sur l'importance du taux de la sulfamidémie : biologistes et médecins nous ont, en effet, appris que l'activité d'un organo-soufré est directement en rapport avec la concentration du produit ; qu'il s'agisse d'un bouillon de culture, d'une souris ou d'un malade. Le degré de concentration doit donc dépendre de l'espèce des germes, de leur virulence et, facteur trop méconnu, de leur nombre (NITTI). Aussi, la posologie doit-elle varier suivant les cas envisagés.
Le taux actif de la sulfamidémie a été bien discuté ; à l'heure actuelle nous pensons que des concentrations de 80 à 100 mmg. par litre dans le liquide céphalo-rachidien sont nécessaires.
Il est enfin indispensable de répartir régulièrement dans les 24 heures des doses également divisées pour éviter des creux pendant lesquels la sulfadémie tombe au-dessous du taux actif.
POSSIBILITÉS DES SULFAMIDES.
Il a été établi que le sulfamide n'est pas bactéricide, qu'il ne détruit pas le microbe, maïs qu'il est bactériostatique, c'est-à-dire qu'il arrête son développement et sa pullulation tant que l'organisme reste sous son influence. De plus, si l'on prolonge l'action du sulfamide, sans être détruit, le microbe se modifie peu à peu, perd son aptitude à se multiplier et finit par disparaître dans les cultures. Comme l'a dit TREFOUEL, «les bactéries étant
« arrêtées dans leur croissance, les réactions naturelles de défense de l'organisme n'étant nulle- « ment entravées,. l'action bactériostatique in vi- « tro se transforme en action bactéricide in vivo ».
Mais cette action bactériostatique des sulfamides si nette sur des germes extrêmement virulents, à condition qu'ils soient peu nombreux, était, par contre, insuffisante, impuissante vis-à-vis d'infections à germes très nombreux ; fussent-ils peu virulents. C'est ainsi que dans ee véritables septicémies, dans lesquelles l'invasion sanguine est extrêmement importante, de 20 à 50 germes au plus, bien souvent, par centimètre cube de sang, la chimiothérapie se montrera impuissante à juguler l'infection.
Rappelons, enfin, l'extrême polyvalence du sulfamide. Le streptocoque. le gonocoque, le ménin- . gocoque sont très ne à son action et des doses relativement peu élevées guérissent l'animal infecté.
Par contre, les affections à biacille de PFEIFFER réagissent très mal à la sulfamidothérapie.
Le Pneumocoque et l'Enterocoque sont considérés comme habituellement peu sensibles.
Pour le staphylocoque : le Protonsil, le sulfamilamide, l'Uliron et la suliapyridine ont causé de nombreuses déceptions.
Quand aux infections à germes anaerobies, ils sont également très peu sensibles.