‹ Contribution clinique et expérimentale à l'étude des interactions thymotesticulaires: L'Opothérapie thymique dans l'ectopie testiculaireChapitre 10 sur 15 · RÉSULTATS · texte numérisé non relu

RÉSULTATS

Résultats généraux : Nos animaux traités n’ont présenté aucune particularité au point de vue de la croissance, leur augmentation

EE

/ « de poids et de taille ayant été complètement parallèle à celle des animaux témoins. Par contre, nous avons noté chez eux vers le dixième jour, une augmentation manifeste de vitalité ; leur vivacité était notablement. accrue par rapport à celle des animaux témoins. Les Lapins en expérience avaient reçu à ce moment-là 50 grammes de thymus frais. Par contre, vers la sixième semaine, par conséquent vers la fin de notre expérimentation, nous avons noté au contraire un certain début de dépression qui a correspondu avec une légère diminution du métabolisme basal. C'est à ce moment-là que nous avons arrêté notre expérimentation. Cette observation est à rapprocher de celles d'AGAFONOFF qui a noté des variations dans la vitalité de ses animaux d’expérience, mais en sens inverse des nôtres. BALLAWENETZ avait observé ainsi une notable diminution de la vivacité survenue dès le début de son expérimentation et qui avait persisté par la suite. Nous croyons que ces différences de résultats tiennent à la différence des extraits employés par ces auteurs et par nous-mêmes.

Résultats locaux. —— Ie premier résultat obtenu a été la descente précoce des testicules chez les animaux d'expérience ; c'est vers le huitième ou le dixième jour de l’expérimentation que nous en avons fait la remarque. À ce moment, les minces replis cutanés servant de bourses étaient déjà bien marqués et les testicules commençaient à s’extérioriser alors que rien de tel ne se voyait chez les témoins. |

A la fin de notre expérimentation, testicules et thymus ont été prélevés et fixés au liquide de BOUINX pour examen histolo- . gique.

Etude du testicule. — T/augmentation de volume de l'organe a été manifeste chez les animaux injectés. En coupe transversale, en des points similaires, la différence de diamètre entre un testicule d'animal témoin et un testicule d'animal injecté était presque du simple au double:

L'examen histologique des testicules des témoins nous a montré les tubes séminifères en état de préspermatogénèse. Les tubes sont petits et on reconnaît facilement contre leur membrane basale des spermatogonies et des éléments de Sertoli. Les spermatogonies sont en voie de multiplication peu active et en de-

dans de leurs assises, on peut arriver à trouver en quelques rares endroits des cellules plus volumineuses en état de mitose, qui sont des spermatocytes de premier ordre. Ia spermatogénèse ne va pas plus loin. Entre les tubes séminifères, le tissu conjonctif est assez abondant ; les vaisseaux sont nombreux et les cellules interstitielles imparfaitement développées.

L'examen histologique des testicules des Lapins injectés montre des différences considérables. C’est d’abord une très forte augmentation de volume des tubes séminifères qui sont non seulement plus volumineux, mais beaucoup plus chargés en éléments cellulaires. Dès l'examen des préparations, on est frappé par la quantité considérable des mitoses qu’on y observe. La prolifération cellulaire est intense si on la compare à celle des testicules témoins. À la périphérie des tubes, à côté des éléments sertoliens, on trouve des spermatogonies avec des noyaux à chromatine d'aspect variable et de nombreuses figures de division. Leur multiplication est abondante, mais leur transformation par accroissement en spermatocytes est aussi très avancée : les spermatocytes de premier ordre sont donc très nombreux et on remarque que la poussée mitotique les intéresse tout particulièrement. Si l'on étudie les préparations en différents points, on reconnaît au niveau de certains tubes de nombreux spermatocytes de deuxième ordre qui sont en voie de division vers le stade spermatide. Mais la spermatogénèse ne va pas plus loin et nous n'avons pu observer nulle part l'aboutissement des éléments de la lignée germinale à la formation des spermatozoïdes. Dans beaucoup de tubes séminifères, du côté de la lumière où à son intérieur, nous avons noté la présence d'éléments de grande taille remplis de grosses enclaves sidérophiles : ce sont des cellules géantes, de volumineux macrophages contenant des débris nucléaires. Il est difficile de préciser l’origine de ces cellules géantes, mais leur présence nous paraît liée à l'encombrement des tubes séminifères par la poussée mitotique. Malgré cette intense prolifération, les divisions mitotiques restent normales et il n'existe pas de troubles dans l’évolution spermatogénétique comme dans les cas rapportés par BALLAWENETIZ. En aucun point du reste, nous n'avons observé de dégénérescence, ni de production d’ex-

sudat intercanaliculaire, comme dans les expériences de cet auteur. Si la spermatogénèse chez nos Lapins d'expérience n’est pas complète et n’aboutit pas encore à la formation des spermatozoïdes, c'est en raison de l’Âge trop jeune des animaux. Ajoutons que les éléments sertoliens sont normaux ; leur noyau a ses caractères habituels et son siège normal à la périphérie du tube. Du côté du tissu conjonctif interstitiel, nous n'avons rien noté de particulier, les cellules interstitielles étant dans le même état de développement que chez le témoin.

Etude du thymus. — Alors que chez les animaux témoins, le thymus était encore parfaitement développé et de structure histologique normale, aussi bien dans sa zone corticale que dans sa zone médullaire, par contre, chez les Lapins injectés, l'organe était en régression manifeste. Histologiquement, on y trouvait des restes de parenchyme thymique envahi par du tissu conjonctif et des vaisseaux sanguins, restes qui, en certains points, étaient réduits à quelques tractus. Dans tout ce reliquat thymique, les thymocytes étaient en voie de disparition et l’organe était même par endroits uniquement constitué par son réticulum déshabité.

Page 1