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morbide définie : l'asphyxie par causes mécaniques extrinsèques. Dans cette catégorie entre tout cet ordre de faits se rapportant à la mort par suffocation, par strangulation, par pendaison, par submersion, faits que le médecin légiste a le plus souvent à envisager, car c'est d'eux que ressortissent la plupart des crimes et des suicides sur lesquels la justice demande toujours les lumières de la science.
Mais que faut-il entendre par asphyxie mécanique ? [Il semblerait, et c'est là ce qui a valu à ce phénomène son nom, que dans ce genre de mort, le rôle prépondérant, la cause nécessaire et suffisante est l'occlusion du larynx et de la trachée el par suite l'impossibilité physi-
que à l'air extérieur de pénétrér jusqu'aux alvéoles pul- monaires. Mais, en réalité, ces faits sont plus complexes el, sans vouloir faire ici la physiologie de l'acte respiratoire, nous sommes obligé de tenir compte d’autres facteurs qui, s'ils ne jouent pas le rôle prépondérant, ont cependant une importance considérable : nous voulons parler du cerveau et du cœur. En effet, la mort peut survenir par inhibition, lobstacle mécanique réagissant d'abord sur la cellule cérébrale ; par syncope, ce même obstacle agissant primilivement sur le cœur. De sorte que, à côté de la mort produite directement par non-pénétration de l'air dans le milieu intérieur, il faut encore envisager ces deux facteurs non moins importants, qui, sous la même influence. peuvent, suivant les cas, réagir de façon différente et même occuper le premier plan de la scène; de sorte qu'à côté de la mort par privalon d'air, on peut encore envisager l'asphyxie par inhibition, l'asphyxie par syncope.
D'où vient cette différence ? D'où vientque tel individu
sors
meurt par son poumon, alors qu'un autre meurt par son cerveau et un troisième par son cœur ? Nous croyons qu'il s’agit là d’une prédisposition individuelle, d’une idiosyncrasie, mais prédisposition, idiosynerasie qui sont sous la dépendance de la cause même de l’asphyxie : nous voulons dire la violence extérieure. M. le docteur Faure, dont les beaux travaux ont été déjà si souvent cités, bien que s’attachant surtout aux ressemblances, ne méconnaît pas les différences des diverses espèces d’asphyxies.
« Parmi les phénomènes, dit-il, ilen est un certain nombre qui sont constants, revêtant toujours les mêmes caractères: ce sont ceux qui se rapportent directement à la privation d’air; tandis qu'il en est d’autres qui, très variables de forme; ont une excessive irrégularité dans leur ordre d'apparition : ce sont ceux qui dépendent du genre de violence que l’on fait subir à l'individu pour arriver à le priver d’air. » [Test clair, en effet, qu'un nerveux impressionnable au premier chef, un individu porteur d’une endocardite chronique, surpris tout à coup, au moment oùils s'en doutent le moins, par le lazzo d’un étrangleur, recevront une telle commotion du fait même de la violence subie que l'un et l’autre seront déja morts par inhibition, par arrêt du cœur, avant que l’asphyxie vraie, celle qui est produite par l'arrêt de l’hématose, se soit produite. Tout différents seront les faits, alors que ces mêmes individus, faisant une tentative de suicide, se pendront froidement chez eux : l’anhématosie sera ici en première ligne de compte.
[y a donc bien là une différence très importante à élablir, car le médecin légiste aura le plus souvent à répondre à cette question : « La mort a-t-elle été produite
Ro Lee du fait même de la violence extérieure en tant que cause d’asphyxie ou a-t-elle été produite par suite de la lésion ou du trouble fonctionnel préexistant chez l'individu ? » Par tous ces exemples, on voit combien le phénomène asphyxie est complexe, et combien il est facile, dans l'interprétation des faits, de se tromper. Aussi, et c’est là le but que nous serions heureux d'atteindre, nous proposons-nous dans ce travail de limiter les faits et, pour cela, de bien préciser le cadre de notre expérimentation. Nous considérerons donc l’asphyxie par causes mécaniques extrinsèques comme le résultat d’une violence extérieure : pendaison, strangulation, suffocation, submersion, portant primitivement sur l'appareil respiratoire - et se manifestant à l’autopsie par des lésions que nous avons toujours trouvées identiques dans toutes les recherches et expérimentations que nous avons faites, et que nous allons exposer dans le chapitre suivant. ,