‹ Contribution Expérimentale à la Chimiothérapie de la Maladie du SommeilChapitre 14 sur 63 · A. — MÉDICAMENTS EMPLOYÉS SEULS · texte numérisé non relu

A. — MÉDICAMENTS EMPLOYÉS SEULS

Chimie minérale.

Métaux et dérivés minéraux.

Mercure. — Ce fut l’un des premiers corps chimiques expérimentés. Il a été administré sous toutes ses formes : frictions, injections, liqueur de Van Swieten, pilules, etc. Certains auteurs faisaient un rapprochement assez étroit entre la syphilis et la maladie du sommeil. Cette hypothèse qui n'a d'ailleurs pas été justifiée, explique ces recherches précoces.

Les médecins coloniaux ne reconnaissaient au Hg qu'une amélioration passagère et peu accusée.

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Argent. — Le nitrate d'argent, essayé pour son pouvoir anti- ' septique, ne tue pas le trypanosome invitro. Invivo, les essais furent aussi décevants.

Bismuth. — L'hydroxyde et le sous-nitrate de bi se sont révélés inactifs (R. Van Saceghem).

Une amélioration passagère se produit mais aucun cas de guérison n'a été relevé.

Antimoine. — Employé presque dès le début de la chimiothérapie de la maladie du sommeil, l'antimoine s’est administré, soit sous forme métallique simple, soit sous forme de sels.

L'antimoine métallique a été essayé par H. S. Ranken. Sur 35 malades, 24 ont été améliorés. Mais ces résultats ne sont pas durables. La plupart des malades présentent des rechutes et des cas d'intoxication sont à déplorer.

L'oxyde d'antimoine, Sb° O', ou trixidine, administré en émulsion à 30 % dans l'huile, a fourni à Kolle, Hartoch, Rothermundt et Schumann l'occasion de noter la guérison de 70 % des souris infectées par du nagana.

Plus tard, des médecins français de l'Institut Pasteur de Brazzaville expérimentant à nouveau l'oxyde d'antimoine constatent que les résultats ne se montrent pas aussi favorables : à part le cas où la disparition des trypanosomes dans le sang périphérique a été définitive, aucune guérison n'a été constatée et les : cas d'empoisonnement ne sont pas rares.

Yorke et Blachloch ont trouvé que les petits animaux, bien que plus tolérants que les grands, n’ont pas leur sang périphérique stérilisé et l'affection n'est que prolongée pour un temps assez court.

ARSENIC. — L'acide arsénieux est le premier arsénical employé. Dès 1904, Laveran l'a expérimenté chez les rats à la dose de 0,1 milligramme d'acide arsénieux pour 20 grammes d'animal. Donné à une dose moindre, les résultats étaient nuls ou incomplets. Chez les ouistitis également, Brumptet Wurtz ont démontré

ALAN LRU

l'action parasiticide à la dose de 2 mmer. 8 par kilogramme. Mais ce traitement est malheureusement très toxique pour cet animal.

Loeffler et Ruhs, avec une dose de 6 milligrammes par kilogramme d'animal, affirmèrent avoir guéri des cobayes infectés par du typ. nagana. Ces expériences reprises par Laveran et Thiroux en France et par Harms en Allemagne ne furent pas aussi concluantes. Ce dernier affirme que l'acide arsénieux, administré per os, ne donne aucun résultat et que, donné vingtquatre heures avant le virus, l’acide arsénieux ne protège qu'à des doses très voisines de la dose mortelle.

M. Laveran : sur trois cobayes deux sont morts intoxiqués et le troisième a eu une rechute après la deuxième injection.

Broden ayant soumis des malades à la première période, au traitement par la liqueur de Fowler à faibles doses, a vu les trypanosomes disparaître du sang périphérique.

Trisulfure d’arsenic. — Laveran et Thiroux, continuant leurs recherches sur les composés arsénicaux minéraux, ont insisté sur l’action remarquable du trisulfure d’arsenic ou orpiment.

Malgré des rechutes, ils ont réussi à guérir trois cobayes, fortement infectés.

Thiroux et Danfreville notent une amélioration de l'état général mais aucun cas de guérison bien que des doses, parfois assez fortes (2 grammes plusieurs jours de suite) aient été administrées.

En somme, de cet exposé, relatant les résultats expérimentaux obtenus avec les composés de la chimie minérale, il ressort que :

Les composés arsénicaux s'avèrent être les plus efficaces. L'emploi de l'acide arsénieux ou du trisulfure d'arsenic a permis à plusieurs auteurs de noter de très nettes améliorations et d'enregistrer des guérisons.

Outre les composés arsénicaux, retenons les composés d’antimoine doués d’une action trypanocide indéniable inférieure à celle des composés arsénicaux.

Chimie organique.

Les corps appartenant à la chimie organique se rangent soit dans la série grasse, soit dans la série aromatique. Nous envisagerons, dans chacune de ces catégories, les corps qui s’y rattachent.

Série grasse.

Acide citrique.

COOH

| COOH CH? =— COH = CH*° — CO0H

C'est un corps qui est à la fois alcool tertiaire et triacide.

Couvy l’a expérimenté sur un mouton, infecté par du gambiense. Il a obtenu une disparition des parasites, dans le sang, pour un temps plus où moins long.

Un traitement, institué avant une période ultime, permet une survie marquée. Si l'injection a été faite à la période ultime, elle ne modifie en rien l'évolution de la maladie expérimentale. Si l'administration de ce produit est faite, avant l'apparition des trypanosomes, 1l retarde leur éclosion dans le sang et prolonge la vie dans des proportions assez grandes.

Moranyl.

Le moranyl ou germanine ou 205 Bayer ou 309 Fourneau ou naganol est une urée disubstituée. C’est l'acide métaminobenzoyl métamino paraméthyl benzoyl 1 naphtylamino 4, 6, 8, trisulfonate de soude.

Ce corps a été découvert à partir de l’uréide de l'acide métaminobenzoyl métaminobenzoïque. Amélioré par l'introduction d’un

radical méthylé, son coefficient chimiothérapeutique F aux doses usuelles, est de 1/60,

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