EXPÉRIENCE XIII
Hémisection à gauche, au niueau de la 10^ vertèbre dorsale.
vécu 7 jours. 22 novembre 1883. — Chien de petite taille, opéré dans la matinée. Quelques heures après, la patte postérieure gauche semble complètement paralysée; les deux pattes postérieures sont un peu rigides; la sensibilité est évidemment diminuée.
26 novembre. — L'animal s'appuie un peu sur sa patte postérieure gauche quand on le place debout ; la droite se meut librement.
29 novembre. — Il s'appuie bien sur sa patte gauche, mais ne peut pas s'en servir pour marcher. On le tue. La moelle est mise dans le liquide de Muller.
Examen microscopique. — L'hémisection est parfaite, à cela près que l'instrument a effleuré le cordon postérieur droit. Dans la plaie même il y a un grand nombre de petites cellules, un peu de globules du sang, des débris de fibres nerveuses et une masse grenue dans un réseau de fibrilles. Jusqu'tà environ un demi-centimètre des deux côtés de la section, on trouve un grand nombre de lacunes, des noyaux, quelques globules rouges, des cylindres-axes gonflés et une grande abondance de renflements, le plus souvent un peu fusiformes dans les coupes longitudinales, presque homogènes, un peu jaunâtres et bien colorables, atteignant souvent un diamètre de 40 à 50 \i- en largeur. On en voit un certain nombre se confondre, quelquefois des deux côtés, immédiatement avec des cylindres-axes colorés de la même nuance ; dans les coupes longitudinales, on peut trouver deux ou plusieurs de ces renflements disposés en chapelet; dans quelques-uns d'entre eux on voit des
vacuoles. On en trouve on petit nombre et d'un volume beaucoup plus petit dans les parties non coupées immédiatement adjacentes à la plaie. (Voyez la ûg. 4, représentant une préparation, colorée par
10 bleu d'aniline, d'une coupe longitudinale prise dans la région de la plaie. 145 diamètres.) ' ,
Sur toute l'étendue du cordon postérieur, au-dessus de la plaie,
11 y a des fibres nerveuses altérées, ordinairement un peu élargies, en beaucoup plus grand nombre que, par exemple, dans l'expérience X. La masse grenue qui en occupe le centre et qui se distingue souvent peu nettement de son entourage, est peu ou point colorée et occupe une grande partie de la coupe transversale de la fibre nerveuse. Ainsi, dans les préparations colorées par la fuchsine, l'anneau incolore qui sépare cette masse de l'anneau érytropliile est, quand il existe, exti-êraement mince; l'anneau érythrophile aussi est souvent plus mince que dans les fibres saines. De même dans les préparations colorées par l'hématoxyline, le cercle périphérique noir, plus mince qu'à l'état normal, circonscrit souvent immédiatement la niasse grenue, jaune-clair, du centre.
Dans les préparations colorées par la fuchsine-acide, les masses rouge-foncé sont très grandes, occupant quelquefois toute la coupe transversale de la fibre nerveuse; le plus souvent cependant, l'anneau érytrophile est bien conservé. Voyez la fig. 9 ' , dessinée d'après nne préparation d'une coupe prise dans le renflement cervical et comprenant une partie des cordons postérieurs, ainsi que les parties adjacentes du cordon latéral du côté opéré (Zeiss D, Oc. 2. 230 diamètres). Cette figure montre entre autres qu'il y a dans ces préparations un certain nombre de fibres nerveuses où les points rouge-foncé sont remplacés par nne masse presque homogène ou très peu grenue, d'une nuance rose-clair ou tout-à-fait incolore.
Au-dessous de la section il y a, dans la partie antéro-interne du cordon antérieur gauche, un groupe de tubes altérés, mais dans lesquels toujours au moins la partie érythrophile de la myéline est conservée. Voyez la fig. 7, d'après une préparation par l'hématoxyline de la partie supérieure du renflement lombaire, et comprenant les angles antéro-internes des cordons antérieurs dos deux cfités (Zeiss D, Oc. 3. 320 diamètres). Dans le reste des (îordons antérolatéraux il y a aussi des tubes nerveux altérés, mais disséminés, un ])oii plus nombreux dans la moitié postérieure du cordon latéral, sans