‹ Contribution Nouvelle au Traitement Physique de la SciatiqueChapitre 11 sur 25 · TR PRET · texte numérisé non relu

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La portion sacrée du grand sympathique est aussi située de chaque côté du rectum. De sa partie interne se détachent ‘ des branches, remarquables par leur ténuité autant que par la brièveté de leur trajet qui se portent transversalement en

dedans et fournissent entre autres de nombreux filets à la partie inférieure du rectum.

Les branches antérieures des ganglions sacrés, plus nombreuses et aussi plus volumineuses que les précédentes, se portent en haut et en avant pour former le plexus hypogastrique.

Ce plexus, un des plus importants de l’économie, est situé

dans l’excavation de chaque côté du rectum. Nous rappelle-

rons qu'il n’est pas uniquement formé par les filets efférents antérieurs des ganglions sacrés ; un prolongement important du plexus lombo-aortique, ainsi que plusieurs rameaux éma-

nant directement des 3° et 4° nerfs sacrés, prennent encore

part à sa constitution.

Nous voyons donc que le rectum, dans toute sa hauteur, est entouré par une sorte de collier nerveux, relié d'une part au grand nerf sciatique et, d'autre part, au grand sympa-

thique.

Jaboulay, à la suite d’études faites en vue de préciser l'influence du sympathique abdominal sur les affections douloureuses du bassin et des membres inférieurs, est arrivé à cette conclusion que les lésions du plexus péri-rectal peuvent donner lieu à des irradiations douloureuses et à des troubles vaso-moteurs dans tout le voisinage, jusque dans les membres inférieurs. De fait, 1l a pu guérir diverses affections nerveuses graves et rebelles du bassin et des membres inférieurs en pratiquant le décollement de la face postérieure du rectum, c’est-à-dire en faisant l’élongation- ou la déchirure des filets nerveux qui vont du plexus péri-rectal aux

LEO branches d'origme du grand nerf sciatique et aux ganglions \ présacrés.

D'ailleurs, une intervention plus bénigne, la dilatation anorectale, c'est-à-dire l'élongation non sanglante du plexus périrectal est du reste de pratique courante dans le traitement de diverses affections douloureuses du rectum et des organes VOISINS.

Il semble donc bien prouvé que ce plexus péri-rectal constitue un centre d'irradiation et d'atténuation des douleurs pelviennes et même de celles des membres inférieurs, et qu'on peut l'utiliser comme tel pour les besoins de la thérapeutique. | ; :

Or, l'entéroclyse à haute pression produit sur les filets nerveux précités une inhibition très nette. Nous en arrivons donc à nous demander, et ce sera le côté physiologique de la question, comment agissent nos lavements chauds à 55°.

Nous dirons tout d'abord que les mjections recto-coliques chaudes, en entrant en contact presque mtime avec les plexus ‘énumérés plus haut, réalisent pour les nerfs de véritables bains locaux, décongestionnent les organes et rendent les échanges entre tissus plus intimes et plus actils.

On sait, de ‘plus, que la chaleur est un excitant puissant de. la contractilité de la fibre musculaire et action du calorique sur les muscles lisses est manifeste : on les a d’ailleurs appelés muscles thermosystaltiques. Un médecin grec, Cal- Hburcis, en 1857, avait déjà remarqué que si l'on mettait un bout d’intestin dans un vase renfermant de l’eau à 30°, ül était animé de mouvements péristaltiques assez intenses, mouvements qui augmenteraient jusqu'à 50° ou 55°, pour diminuer un peu au-delà. É

Sur les vaisseaux, l'aclion de la chaleur est encore plus évidente. Cependant certains physiologistes, Sartorius entre autres, ont eu à ce sujet des idées fausses.

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Pour ce dernier, les effets locaux de la chaleur en appli-

calion sur la peau, une muqueuse ‘ou une séreuse, se tra-

duiraient toujours par une dilatation des vaisseaux, donc par un ralentissement dans le courant circulatoire, Cette conclusion est Vraie pour les températures très élevées auxquelles expérimentait l'auteur (60 à 70°), mais les résultats sont Juste l'opposé si l'on opère à 40° ou 55°.

D'ailleurs Hastings à fait observer qu'en plongeant pendant une demi-heure la membrane natatoire d'une grenouille dans de l'eau à 45°, on déterminait une contraction de tous les vaisseaux, el par conséquent une augmentation de tension dans la masse sanguine.

Le même fait a été signalé par Bergmann.

Une observalion courante nous servira également de preuve : Quand on prend un bain chaud les mains restant plongées dans l’eau, on voit au bout d’un certain temps les doigts pâhr, les tissus se ratatiner et la peau présenter dés rides et des plis parfois assez persistants.

La chaleur enfin est un des moyens de destruction des bactéries les plus efficaces et les plus rapides que nous ayions à notre disposition. L'eau à 55°, el à plus forte raison quand elle a été préalablement bouillie, est non seulement aseplique, mais jouit encore de véritables propriétés antiseptiques. En effet, si l'on en croit les expériences de Micquel, un lquide renfermant 3.500 bactéries par centimètre cube, n’en contiendrail plus que 33 après avoir été maintenu pendant 15 minutes à 55°.

Vaso-molrice, antiseptique et antitoxique comme nous le démontrerons, vaso-constrictive, analgésique, voilà les principales grandes propriétés dont jouit l’eau chaude en thérapeutique médicale.

Favorisant donc le. péristaltisme intestinal, elle est par suite un régulateur de la digestion, et si l’on se rappelle en

outre le rôle des infections et des intoxications dans la genèse des névrites, on comprendra que l’entéroclyse à haute : température a une indication bien justifiée dans la sciatique et les douleurs névralgiques pelviennes. Grâce à elle, en effet, on peul réaliser le nettoyage du gros intestin, l'évacuation des produits putréfiés qui s'y trouvent et celle des microbes et de leurs toxines. De cette façon on diminue notablement les autointoxications d’origine intestinale, et par conséquent on peut atténuer, voire même supprimer les effets nocifs qui en résultent pour le système nerveux, et notamment pour les neris de la région pelvienne, beaucoup plus fréquemment atteints comparativement à ceux du membre supérieur.

Mais de l’entéroclyse chaude, il ne résulte pas simplement une désinfection locale, si je puis m'exprimer ainsi : en effet, le liquide injecté n’est généralement jamais expulsé en totalité, car il faut tenir compte, dans une large part, de la résorption ; or, le liquide résorbé va laver le foie, le sang, les reins et contribue ainsi à éliminer par diurèse les toxines qui ont déjà pu pénétrer dans l'organisme.

Etant enfin vaso-constrictive, elle agit sur la circulation générale tout entière, mais surlout sur la circulation abdominale, quand l’eau chaude à pu pénétrer jusqu'au cœcum el porter ainsi son calorique tout autour des organes splanchniques, au voisinage immédiat des vaisseaux et des plexus nerveux. C’est dans ces conditions qu'elle pourra activer la circulation, amener une sédation dans les phénomènes douloureux et favoriser par suite les sécrétions et les échanges cellulaires. C’est à mon’avis la seule exphcation vraiment plausible des effets bienfaisants que l’entéroclyse chaude puisse produire dans les congestions où inflammations chroniques des organes digestifs et génito-urinaires, ainsi que dans les douleurs aiguës qui les accompagnent souvent.

Enfin, et c'est là son rôle le plus fmportant, les injections

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