CHAPITRE HI
MANUEL OPERATOIRE
Pour que les injections intestinales chaudes produisent tous leurs effets physiologiques et thérapeutiques, il importe de se souvenir que les questions de température et de technique ont une importance capilale. En effet, au-dessous de 18°, ces elfets ne consistent guère que dans l'exonération et le lavage du gros intestin. a.
Pour que l’action vaso-motrice de l'eau chaude se mani feste nettement, 1l faut que la température, constatée au thermomètre, atteigne environ 50°. D'ailleurs, le professeur Reclus, qui a le premier conseillé les lavements chauds en gynécologie, prétend que l'intestin supporte fort bien des températures de 50 à 55°. Au-dessus il est moins tolérant, mais l’eau chaude ne lui est réellement nocive que vers 59°. Nous allons indiquer en passant un petit procédé assez pratique el qui pourra rendre des services à la campagne, pou reconnaître sans thermomètre les températures approxima-
lives de l’eau chaude
De 45 à 48°, on peut maintenir dans l'eau la main toute entière, sans éprouver aucune sensation pénible. Dans l'eau à 50°, on peut maintenir [a main immobile
pendant 10 où 15 secondes ; on éprouve alors une légère
So sensalion de brûlure, qu'on peut, faire disparaître en partie en agitant la main dans le liquide.
Dans l'eau à 55°, la main éprouve une sensation de brûlure assez vive.
Nos malades ont commencé leurs injections vers 45° et
sont progressivement, arrivés, au bout de quelques séances, à lolérer les températures de 53:à 55°.
La précaution essentielle pour conserver ces lavemenits, c'est de les prendre très lentement (S à 10 minutes pour un litre), car il faut éviter autant que possible que l'mtestin se révolle : si des contractions trop énergiques se faisaient senlir ou même si le malade éprouvait une sensation de plénitude trop accentuée, il arrêtera ou fera arrêter l'écoulement pour ne le rélablir que quand aura complètement cessé la réaction de la paroi intestinale, mais toujours avec les plus grands ménagements.
La pression doit être faible ; le bock ou l'irrigateur ne doit pas être placé à plus de 30 à 40 centimètres au-dessus du siège. On aura soin de le recouvrir d’une serviette pour éviter une déperdition trop grande de chaleur.
Le liquide le meilleur à utiliser est sans contredit ke: sérum de Hayem, mais à défaut de ce dernier on pourra faire bouillir de l’eau et y ajouter une cuillerée à calé de sel marin par
litre. On pourrait encore se servir du mélange suivant, également excellent :
Bicarbonate de soude | Sulfate de soude. . . en parties égales.
Chlorure de sodium Mais si l'intestin est facilement irritable et si les reims sont sains, le sérum physiologique de Hayem est la solution isotonique la mieux tolérée. à:
Comme sonde, 1l suflit d'avoir la canule rectale ordinaire,
en caoutchouc simple ou en ébonite, de 30 centimètres de longueur, munie d’un orifice à son extrémité et de deux yeux latéraux opposés, que l’on introduit doucement après l'avoir convenablement vaselinée. % :
Avant de prendre son imjection, le malade.aura soin d’aller à la selle, ou même, ce qui est préférable, de prendre un pelit lavement chaud évacuant. Ceci fait, 1l pourra se coucher sur un lit garni ou s'étendre par terre sur un tapis, la Lête soutenue par un oreiller. L’attitude qu'il prendra sera très importante pour conserver son lavement. Nous rejetterons la position genu-pectorale comme étant peu tolérée par les malades et très fatigante. Il se couchera donc sur le dos, le siège légèrement soulevé el les jambes demi-fléchies. Au bout d'un instant, on lui conseillera de se tourner un peu sur le côté droit pour favoriser la pénétration du liquide vers le cœcum. | x
L'irrigation une lois finie et la canule retirée, le malade restera immobile au lit, couché sur Le dos, pour prévenir tout spasme et pouvoir ainsi garder le liquide imjecté 20 ou 30 minutes.
La quantité de liquide à injecter devra varier entre 1 et 2 litres. On pourra les prescrire malin et soir, suivant les cas, ou seulement une fois par Jour.
L’entéroclyse à haute température peut être continuée très longtemps sans inconvénients. Une personne, à qui le docteur Annequin l'avait conseillée depuis plus d’un an pour troubles gastro-intestinaux chroniques, s'en est si bien trouvée qu’elle n'a plus cessé d’v recourir chaque jour depuis lors.
Cependant il y a quelques petites règles à observer. La femme devra les cesser de rigueur au moment de l’appari-
Aion de ses règles ; de petites relâches de temps en temps
2 « SE 31 "EM sont d’ailleurs très favorables, la réaction n’en devenant que plus intense après.
Enfin, J'ai remarqué chez un malade une accélération du rythme respiratoire par le reflux du sang des vaisseaux pelviens dans la circulation générale.
Cette accélération pourrait même aller, dans certains cas, jusqu'à un sentiment d'oppression, d'angoisse, avec palpita-
tons violentes. Chez les cardiaques il sera donc prudent d’employer des températures progressives, en surveillant l'appa-
rition des symptômes que nous venons de signaler.