‹ Contribution Nouvelle au Traitement Physique de la SciatiqueChapitre 15 sur 25 · OBSERVATION PREMIÈRE · texte numérisé non relu

OBSERVATION PREMIÈRE

(D' Annequin)

Homme de 45 ans, neuro-arthritique, gros mangeur, quelque peu dyspeptique. À pris froid au commencement de décembre 1906 et se plaint depuis lors de phénomènes très dou- —loureux dans la hanche et la partie postérieure du membre inférieur droit avec exacerbations nocturnes : douleur vive à la pression sur tout le trajet du nerf sciatique, notamment à son point d'émergence aux points sacro-iliaque, fémoraux, poplité et malléolaire externe : toucher reclal profond nettement douloureux en arrière el à droite dans la direction du plexus sacré ; membre malade dans l’adduction et la rota- Hon en dedans avec flexion du genou : impossibilité de le

SU CEE

soulever, la jambe étant dans l'extension ;. mouvements d’abduction et de rotation en dehors très pénibles‘; grandes difficultés pour s'asseoir et se tenir debout ; marche à peu près impossible, même en s'appuyant sur deux cannes : peu de sommeil, malgré une potion opiacée. Pas de blennorrhagie ni de syphilis ; pas de lésions des grands appareils organiques, saul un peu de dilatation d'estomac et d'augmentation de volume du foie ; température normale ; quelques dépôts d’urates dans l’urmour.

Traitement. — Régime lacto-farineux ; un demi-verre d’eau de Vichy chaude avant chaque repas ; repos au lit ; entéroclyse à 48° le matin et le soir avec du sérum physiologique, puis application pendant üne heure sur la hanche et la partie postérieure de la cuisse, de ouate hydrophile trempée dans de l’eau à 55° bien exprimée et recouverte de toile cirée et

de flanelle.

Même traitement pendant les deuxième, troisième, quatrième, cinquème et sixième jours par l'entérociyse pratiquée matin et son avec du sérum artificiel et en élevant progres-

Sivement la température à 55° ; continuation également des applications chaudes locales. * Les phénomènes douloureux s’'atténuent rapidement de Jour en jour sans quil soit fait usage d'anesthésiques ; le som- meil devient satisfaisant ; les mouvements commencent à être faciles : le malade parvient à s'asseoir, à se tenir debout et à faire quelques pas à l'aide d’une canne. Désireux de hâter la guérison et de faire disparaître les troubles moteurs, je prescris d'ajouter au traitement par l’entéroclyse chaude, le massage et la kinésothérapie. Le massage est commencé par l’effleurage sur tout le membre, en se servant d’eau chaude et de Savon pour faciliter les manipulations. La kinésothérapie consiste d’abord en mouvements passifs du pied, du genou et de la hanche pratiqués six ou huit fois de suite, dans

NT RE Lous les sens, en augmentant chaque jour l'amplitude des mouvements. Vers le douzième jour, on ajoute l'exercice dit du plan incliné. L' amélioration du fonctionnement du membre fait des progrès rapides. Vers le dix-huitième jour, le malade arrive presque à élever son membre à angle droit le long du plan incliné ; la marche lente sur un terrain plat est facile. Au bout d’un mois Ja sciatique esi considérée comme complètement guérie ; en eflet, tous les mouvements se font sans douleur avec leur amplitude normale ; le massage profond le long du neri sciatique se supporte bien ; l'aptitude à la marche, même en terrain accidenté, est ce qu elle était avant la maladie.

Ajoutons que les symptômes de dyspepsie et de gonflement du foie ne s’observent plus. Le traitement est encore continué et la guérison paraît définitive.

OBsERvATION Il (Dr Annequin)

Homme de 30 ans, assez bonne santé générale ; est sujel aux douleurs rhumatismales et à la constipation ; n'a ni syphilis, ni blennorrhagie ; soufire depuis dix jours d'une névralgie sciatique de tout le membre inférieur gauche attribuée à un refroidissement ; a été traité par la morphine el les applications à la hanche de salicylate de méthyle, qui ont atténué les douleurs spontanées.

Symplômes classiques de la sciatique, diminution du réflexe achilléen : différence en moins de près d’un centimètre au niveau du mollet ; douleurs à la pression assez marquées tout le long du sciatique, y compris les branches d’origine intra-pelviennes ; grande difficulté pour s'asseoir et se lenir

SE es

debout ; douleur vive si l’on essaie de soulever le membre, en maintenant la jambe dans l'extension et si l’on veut produire l’abduction et la rotation du fémur en dehors meil troublé.

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