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DESCRIPTION DU MALE

Comme chez tous les Bopyriens, le dimorphisme sexuel est très accentué dans Cepon elegans. Le mâle adulte, de taille infiniment plus réduite que la femelle, (PI. [, fig. 1) a gardé la forme typique des [sopodes : c’est un petit animal rappelant à première vue par sa forme étroite et allongée les Idotées, et toujours fixé sur quelque point du corps de sa femelle : le plus souvent on le trouve adhérent aux appendices du pléon, à la face ventrale, à la limite inférieure du thorax; sa coloration vive le fait découvrir facilement au milieu des pléopodes d'un blanc grisâtre , sur lesquels il se maintient solidement fixé par les fortes griffes mousses qui terminent ses pattes thoraciques. Toujours, sur tous les Cepon femelles que nous avons recueillis, nous avons trouvé en un point quelconque du corps, un mâle unique, soit à l’état adulte, soit jeune, soit encore à l’état larvaire (Sade cryptoniscien). Une fois seulement sur une femelle jeune ; celle-là mème qui est figurée PI. I, fig. s et 6, nous n’avons pas trouvé trace du mâle.

La longueur d’un mâle adulte (PI. II, fig. 3) prise dans l'état d'extension, depuis le front jusqu’au pygidium est de 1"",4 et sa plus grande largeur, au niveau du quatrième anneau thoracique, est de o"",4. Dans un individu de cette taille , la tête mesure 077,14 de longueur, le thorax o"",8, et les six anneaux de l'abdomen 0"",46. Mais ces dimensions n’ont rien d’absolu et ne sont que des moyennes ; la taille du mâle varie souvent en raison directe de celle de la femelle.

La tête, vue dorsalement (PI. IT, fig. 1), a une forme semi-circulaire régulière ; aux deux angles latéro-postérieurs se trouvent les yeux constitués par deux.

taches pigmentaires noires. Le thorax comprend sept anneaux dont les bords latéraux se recourbent du côté ventral (fig. 4) de façon à protéger l'insertion des pattes. Ces segments vont en augmentant de largeur jusqu’au quatrième à partir duquel ils diminuent graduellement. [ls ne sont pas soudés l’un à l’autre et peuvent , en s'éloignant ou se rapprochant, permettre à l'animal de modifier sa longueur dans une notable proportion. — Au thorax font suite les six: anneaux abdominaux qui, bien distincts les uns des autres et ne se confondant pas comme dans les genres Portunicepon et Phryxus, ne peuvent cependant pas s'écarter comme les anneaux du thorax, mais sont soudés entre eux. Ils vont en diminuant de largeur jusqu’au pygidium ou dernier anneau abdominal : celui-ci a une forme de lamelle aplatie que dépassent de chaque côté deux bouquets de poils raides.

La surface dorsale est parsemée de chromatoblastes bruns, jaunes et rouges (fig. 1, chr.) irrégulièrement disposés sur les bords antérieurs et latéraux des segments et accumulés principalement sur les premiers anneaux du pléon. Les lobes hépatiques (Le), d'un rouge vif, se voient par transparence sous forme de deux cæcums réunis à leur partie antérieure et s'étendent du deuxième anneau thoracique aux premiers anneaux du pléon.

Si on examine l'animal par la face ventrale, on trouve, de chaque côté du rostre conique (fig. 1, 3, 7) contenant les mandibules et les maxilles de la première paire, deux paires d'antennes dont les extrémités dépassent le bord supérieur de la tète. Les antennes internes (fig. 1 et 3, #»') se composent de trois articles courts, garnis de poils raides, dont les deux derniers dépassent le bord frontal. Les antennes internes {2#°) sont plus longues et se composent de cinq articles également garnis de poils. Près du bord inférieur du segment céphaïique, à la base du rostre, sont situés les rudiments des pattes-mâchoires, deux petits tubercules à peine visibles.

Chacun des sept segments thoraciques présente une paire de pattes, trapues, robustes, terminées par une puissante griffe mousse qui sert au mâle à se maintenir solidement sur sa femelle. Le bord latéral de l'anneau se recourbant ventralement protège l'insertion de l’appendice. La patte thoracique (PI. IT, fig. 4) se compose des sept articles typiques. Au coxopodite, à peine visible, font suite le basipodite, qui est l’article le plus long de la patte, puis l'ischiopodite, élargi et ramassé, qui est séparé du propodite par un article très court provenant sans doute de la soudure du méropodite et du carpopodite. Le.

propodite est très large et rempli par les muscles puissants qui font jouer le dactylopodite en forme de griffe mousse : quand ces muscles se contractent, la grifle vient appliquer son extrémité sur un petit mamelon garni de tubercules chitineux placé à l’angle inférieur du bord interne du propodite : grâce à cette disposition , le mâle saisit les appendices du pléon de la femelle sans les percer ni les déchirer et s’y maintient énergiquement, comme on s’en aperçoit quand on veut lui faire lâcher prise.

Au dernier anneau du thorax, sous l'insertion de la dernière paire de pattes, débouchent, de part et d’autre sur le bord postérieur, les glandes génitales par deux petites ouvertures circulaires.

Sur chacun des cinq segments du pléon, se trouve latéralement une paire de petits mamelons arrondis qui vont diminuant de volume jusqu’au dernier anneau (PL. IT, fig. 2, 3, pli: ce sont les pleopodes qui, chez le mâle adulte, restent ainsi rudimentaires. Le pygidium, formé par un segment quadrangulaire , présente latéralement deux petits renflements à peine visibles et garnis de six poils raides en deux toufles séparées ; ces renflements représentent les uropodes, si développés dans l'embryon.

Sur la ligne médiane ventrale, depuis le premier segment du thorax jusqu’au deuxième anneau du pléon, sont situés neuf gros tubercules arrondis (fig. 3, br) qui vont en augmentant de volume jusque vers le milieu du corps, puis diminuent et disparaissent à partir du troisième segment du pléon.

L’anatomie interne du mâle adulte est peu compliquée. Au rostre fait suite un tube digestif droit, visible surtout à la partie antérieure et dans les derniers segments du corps, qui se termine postérieurement par un anus situé sur une petite éminence, au milieu du bord postérieur du pygidium. Dans ce tube digestif, au niveau du deuxième segment thoracique, débouchent les deux cœcums hépatiques (4e) irrégulièrement annelés et fortement pigmentés en rouge vif; ils s'étendent en arrière jusqu'au deuxième segment du pléon. Entre leurs deux extrémités se trouve le cœur (PI. IT, fig. 1, cæ) très nettement visible par transparence au niveau des trois premiers anneaux abdominaux. [l se continue antérieurement par un vaisseau dorsal situé entre Jes deux lobes du foie. Dans les parties latérales des anneaux thoraciques sont situés les muscles des hanches qui s’insèrent à la partie interne de la surface dorsale.

Quand l'animal est arrivé à la maturité sexuelle, les testicules (fig. 3, /.) remplissent toute la cavité des cinq derniers anneaux thoraciques ; ils tranchent sur le fond gris rose de l’animal par leur blancheur mate et compriment fortement tous les autres organes. Ceci est surtout visible pour les cœcums hépatiques

qui, à ce niveau, n'apparaissent plus que comme deux minces filaments peu colorés, tandis que les extrémités libres, antérieurement et postérieurement, sont larges et vivement pigmentées (PI. IT, fig. 3, he).

Les spermatozoïdes sont d’une extrème petitesse et se présentent sous la forme de petits corpuscules refringents doués de mouvements vifs et irréguliers qui font présumer l'existence d'un filament caudal; mais nous n'avons pu, avec les plus forts grossissements , constater de visu sa présence.

Une seule fois, sur une très jeune et très petite femelle dont les lamelles incubatrices déjà bien développées ne contenaient cependant pas encore d’embryons, nous avons trouvé un mâle qui différait par d'importantes particularités de. l'adulte que nous venons de décrire (Fig. 10). Placé comme d'ordinaire entre les pléopodes de la femelle, il était à peine visible à l’œil nu, tant sa taille était réduite et sa pigmentation faible. Il mesurait dans sa plus grande longueur 0"",35. Sa forme, beaucoup plus ramassée rappelait celle de l'embryon à la phase cryptoniscienne. La tête ne différait de celle de l'adulte que par les antennes plus épaisses et garnies d’un plus grand nombre de poils sensitifs; les anneaux thoraciques plus larges et moins distincts les uns des autres portaient des pattes semblables à celles de l'adulte ; au contraire les pléopodes et les uropodes en différaient considérablement. Les pléopodes n'avaient pas la forme de simples tubercules, mais celle de lamelles quadrangulaires rappelant absolument par leur contour et leur mode d'insertion l’article basal des pléopodes de l'embryon cryptoniscien (PI. IT, fig. 8). Quant aux uropodes, représentés chacun par un seul article, ils avaient la forme de lamelles aplaties s'insérant à la face interne du pygidium, de part et d'autre de l'anus, et présentant à leur extrémité libre des poils plus nombreux et plus forts que ceux qui chez l'adulte garnissent le pygidium et rappellent seuls les uropodes si développés de l'embryon.

Par son aspect ramassé, par la forme des antennes, des appendices du pléon et de ceux du telson, cette forme jeune du mâle permet de rattacher l'adulte à l'embryon cryptoniscien que nous décrirons plus loin.

Cepon elegans. Mâle jeune.

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