‹ Contributions à l'étude des BopyriensChapitre 8 sur 103 · APPAREIL BUCCAL ET PATTES-MACHOIRES · texte numérisé non relu

APPAREIL BUCCAL ET PATTES-MACHOIRES

Immédiatement en arrière des antennes internes , se trouve la lèvre supérieure qui limite vers le haut l'ouverture buccale ; son contour très net est régulièrement semi-circulaire.En face et limitant la bouche du côte postérieur, se trouve la lèvre inférieure (Æ/ypostome, SCHIOEDTE; Paragnathe, CLAUS) qui se relève en une pointe fendue légèrement sur la ligne médiane. Entre ces deux pièces impaires se trouvent, placés latéralement, les deux premières paires d’appendices masticatoires qui méritent plus spécialement le nom d’appendices buccaux : 1° les mandibules, 2° les premières maxilles. La réunion de ces quatre pièces latérales et des deux pièces médianes forme une sorte de cône saillant que l'on peut désigner sous le nom de rostre. Un peu au-dessous du rostre et par conséquent en dehors de cet appareil buccal proprement dit, on observe une paire de secondes maxilles réduites à des saillies rudimentaires et la paire de païtes-mâchoires bien développées.

Les mandibules (PI. T, fig. 7 md) forment chez Cepon elegans, comme chez tous les Bopyriens en général, la partie la mieux développée de l'appareil masticateur : elles sont constituées par une portion basilaire, sorte de manche fortement renflé qui se termine par un cuilleron, muni de stries dans l’intérieur de sa concavité ; ces stries engrènent avec celles de l’appendice opposé.

Les mandibules des Bopyriens sont absolument dépourvues de palpe (exopodite); elles sont donc réduites à l’'endopodite de l’appendice.

Les premières maxilles sont insérées immédiatement au-dessous des mandibules: leur partie basilaire est renflée et porte un prolongement styloïde qui passe audessus du manche de la mandibule. Comme on examine ordinairement l'appareil buccal en l’observant du côté ventral, la partie moyenne de cette maxille est généralement rendue invisible par la mandibule. D'autre part la partie terminale est parfois recouverte par la lèvre supérieure, de sorte qu'on ne voit bien que le renflement basilaire de la maxille. C'est ce qui explique pourquoi KossmanN a considéré ces inaxilles comme rudimentaires chez Gigantione bien qu'il les ait entièrement fisurées (loc. cit. PI. XXXII, fig. s; reproduite ci-contre).

Dans ses Zoologische Ergebnisse, Koss- MANN avait commis une erreur plus grave en considérant la lèvre inférieure (ypostome) comme formée par la coalescence des deux maxilles de la première paire. Mais il a rectifié lui-même cette assertion dans ses publications subséquentes, sans toutefois reconnaître exactement la forme et les rapports de ces appendices.

Chez le mâle de Gigantione, chez Jone fhoracica, etc, KossmANN désigne encore par la lettre ce qu'il appelle Ze rudiment douteux des premières maxilles (zWeïfelhaftes Rudiment der ersten Maxille) ce qui n'est, à notre avis, que la base de ces organes. Au reste, SpparaMbnceange a eme chez Cepon et chez plusieurs autres Bopy- #4: mandibule.

: 5 : ë mx1 : maxille de la première paire.

riens, les maxilles sont en effet rudimentaires Dh postome.

et réduites à leur partie basilaire, et ce que

nous critiquons surtout c'est l’épithète de douteux appliquée à ce rudiment.

Entre la lèvre inférieure et le labre se trouve une pièce transversale chitineuse qui passe sur la mandibule et que nous retrouverons beaucoup mieux développée chez les £nfione, KossmanN l’a figurée dans son dessin de l'appareil buccal de Cepon messoris (Voir fig. 13, page 70).

FiG. 5.

Gigantione Mocbii (d’après KossManN).

Les deuxièmes maxilles sont absolument rudimentaires, comme chez tous les autres Bopyriens et réduites à une simple éminence chitineuse composée cependant encore de deux articles : fun. inférieur, très long en forme de boutonet au centre duquel se trouve le second qui forme sur le premier une petite masse hémisphérique. Elles sont situées au-dessous du rostre et au-dessus des pattesmâchoires.

Les pattes-mächoires sont parfaitement développées et leur forme très variable

chez les divers types, même dans un mème genre, peut fournir d'excellents caractères pour la spécification.

On peut y distinguer trois parties : 1° un article basilaire latéro-externe ; 2° un lobe supérieur de forme irrégulièrement quadrangulaire (le côté supérieur du quadrilatère est garni de dents); c’est ce lobe qui chez d’autres Bopyriens (Bopyrus, Tone) porte l'organe appelé pape par certains auteurs; 3° enfin un lobe inférieur et interne à peu près triangulaire,

Nous considérons ces trois parties comme correspondant respectivement aux coxopodite, exopodite et endopodite des membres des Thoracostracés.

Chez Zone, Bopyrus, Gyge, on trouve en outre à la base dela patte-mâchoire et près de son point d'insertion un petit lobule (ep) parfois finement découpé (Gyge) que nous considérons comme un epipodite.

Une expansion de même nature existe à la base de la patte-mâchoire des Entonisciens; nous ne l’avons pas observée chez les Ceponiens, mais il est très possible qu'elle nous ait échappé, tant à cause de sa petite taille qu’en raison des difficultés de la dissection.

Comme tous nos prédécesseurs ont négligé de rechercher les homologies des diverses parties de la patte-mächoire, et que la plupart d’entre eux ont mal com-

FRS 8 ÿ

Re ne, re :.— FiG. 6.

Pattes mâchoires de quelques Bopyriens. — Femelles. [ Bopyrus squillarum (d'après KossMANN). V. Cepon messoris (d’après KossmanN). Il. Jone thoracica (d'après KossMANN). VI. Cepon elegans (d’après nature), Il. Gyge branchialis (d'après CornaLia et PancERI). | VII Gigantione Mæbii (d’après Kossmanw). IV. Pleurocrypta porcellanæ (d'après nature). VIT. Porlunion Mænadis (d’après nature)

co : coxopodite. — ex : exopodite. — en : endopodite. — ep: epipodite. — p: palpe.

pris les rapports de cet organe, nous croyons utile de donner ici une série de schémas empruntés aux différente travaux relatifs aux Bopyriens, mais rendus comparatifs par la façon dont nous les disposons et les interprétons.

Nous ne discuterons pas ici la question de savoir, s’il ne conviendrait pas de séparer de la tête l'anneau qui porte les pattes-mâchoires et de le considérer comme faisant partie du thorax qui comprendrait ainsi Mwif paires d’appendices au lieu de sept. Bien qu'HuxLey ait donné certaines raisons pour justifier ce mode de division chez les Thoracostracés, nous préférons conserver l’ancien numérotage de Mine Epwarps.Chez les animaux qui nous occupent si l’on voulait établir une ligne de démarcation sur le bouclier céphalique, il faudrait la placer entre la première et la deuxième paire de maxilles, ces derniers appendices étant, comme nous l'avons dit, situés en dehors du rostre et à quelque distance en arrière. Les deuxièmes maxilles et les pattes-mächoires sont au contraire très rapprochées. Enfin la tète ou cephalogaster forme un ensemble très net, qu'il n y a aucun intérêt à disjoindre.

Au surplus, cette question de numérotage n'a, comme le déclare HUXLEY lui-même, qu'une importance très secondaire. Nous reconnaissons d’ailleurs très volontiers que le nom de païtes-mâchoires convient assez mal à des parties qui ne jouent qu’un rôle très effacé et probablement nul dans l'acte de la nutrition. Elles sont animées d’un mouvement continuel d’élévation et d’abaissement qui a pour résultat de produire un courant d’eau dans la chambre incubatrice et dans les branchies et d'assurer ainsi la respiration des embryons et de la femelle qui les porte.

Page 1