I. — Sur un Muscide de l’Afrique australe, a larve cuticole
J’ai mentionné dans mon Traité de zoologie médicale (tome II, page 521) tous les cas connus en Afrique de parasitisme des larves de Diptères sous la peau do l’IIomme ou des animaux. J’ai interprété inexactement ces faits, en les attribuant aux OEstrides ; les observations qui vont suivre démontrent, en effet, qu’il s’agit de Muscides véritables.
(2) Séance du 22 février 1893.
M. R. Trimcn, directeur du South-african Muséum, à Cape Town, m’a envoyé récemment les spécimens énumérés ci-dessous, dont l’intérêt est considérable, au point de vue parasilologique :
i° Une Mouche et sa dépouille de pupe, envoyées de d’Urban, Natal, en août 1891, par le colonel J. H. Bowker. La Mouche résultait de l’éducation d’une larve développée sous la peau d’un enfant : Bowker ajoutait que ce Diptère est très commun sur la côte de Natal, et qu’on en a extrait jusqu’à dix exemplaires du bras d’un seul enfant.
2° Une Mouche de même espèce, montée entre deux verres, et provenant aussi de d’Urban. Elle a été envoyée au South-african Muséum par le Rév. C. Peltman, accompagnée de la notice suivante :
s J’ai obtenu moi-même la Mouche d’une larve qui avait été extirpée de la jambe de ma propre lille. Nous lui avions mis un cataplasme pour ce qui paraissait être un gros furoncle enflammé; pendant deux ou trois nuits, la douleur la rendit très fiévreuse et lui enleva tout repos. Un matin, en enlevant le cataplasme, nous vîmes quelque chose qui remuait au centre du furoncle. Un autre cataplasme de pain mouillé fut appliqué ; en l’enlevant, on entraîna avec lui une grande larve, longue de 1/2 à 3/4 de pouce (12 à 19 mill.). Celte larve avait été la cause de la maladie ; elle était enfoncée dans les chairs de la jambe, la tête la première ; c’était la partie abdominale que nous avions vue remuer. Je la mis sous un verre et elle se transforma en une pupe d’un brun sombre, presque noire. »
3° Une larve de Diptère, envoyée au South-african Muséum par M. Jusle de Coster, consul de Belgique à Delagoa Bay, qui l’avait extraite d’une tuméfaction douloureuse développée sur le mollet de sa propre jambe.
Il est très vraisemblable que celte larve appartient à la même espèce de Diptère que la pupe et l’imago qui précèdent; tout au moins appartiennent-elles les unes et les autres à des espèces très voisines, qui figurent sans doute dans le même genre. Je pense donc qu’on peut admettre que nous nous trouvons ici en présence de l’évolution complète d’uu Diptère qui offre cet intérêt spécial de s’attaquer à l’Homme, sous la peau duquel il dépose ses œufs. Étudions successivement ses différents états de développement.
Larve. — Elle est longue de 12 mill. (fig. 1), large de o mill.au maximum, d’un blanc pur, progressivement rétrécie en avant sur les quatre premiers segments, cylindrique sur les six segmeuts suivants. La tête n’est pas distincte. Le premier anneau est en partie rétracté
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dans le suivant : il présente à la face ventrale une bouche d’où font légèrement saillie deux crochets noirs et que barre en travers une sorte
Fig. 1. — Larve grossie ; A, face dorsale; B, face ventrale; C, côté gauche;
a, grandeur naturelle.
de lèvre postérieure; la zone médiane post-buccale présente, par transparence, une teinte brune, qui tient évidemment à l’existence d’un squelette pharyngien chitineux. Au-dessus de chaque crochet buccal se voit une papille arrondie, claviforme, dépourvue de tache oculaire.
Vus à la loupe, tous les anneaux sont brièvement tomenteux; les courtes villosités, auxquelles est dû cet aspect, sont faiblement brunâtres et ne s’observent guère que dans les deux tiers antérieurs de chaque segment. La face ventrale des anneaux 2 à 10 est divisée en trois zones, do hauteur à peu près égale, par deux sillons transversaux dont l’antérieur est plus court que le postérieur.
A l’extrémité postérieure, le corps est comme tronqué suivant un plan oblique de haut en bas et d’avant en arrière. La surface plus ou moins plane qui en résulte est constituée par l’invagination du onzième et dernier anneau dans le dixième. Elle est marquée concentriquement de deux cercles irréguliers : le plus grand correspond au sillon passant entre les deux anneaux susdits; le second, beaucoup moins accentué, est tracé sur le onzième anneau lui-même et circonscrit cinq orifices parmi lesquels nous signalerons tout do suite l’anus, sous forme d’uue fente verticale et médiane, déjetéc à la partie inférieure.
La larve est ampbipneuslique, c’est-à-dire que scs orilicc* respira-
(4) Séance du 22 février 1893.
toires ou stigmates ne sont développés qu’aux deux extrémités du corps. Les stigmates antérieurs forment une paire d’orifices arrondis, punctiformes, percés au bord postérieur et sur les parties latérales du premier anneau. Les stigmates postérieurs sont au nombre de deux paires superposées et inscrites dans le cercle interne du dernier anneau : les stigmates de la paire supérieure sont arrondis, larges et bien apparents ; ceux de la paire inférieure sont également arrondis, mais beaucoup plus étroits et peu visibles.
Pupe. — Quand la période larvaire est achevée, l’animal est expulsé par l’ouverture spontanée de l’abcès qui s’est formé autour de lui. Il tombe sur le sol, peut-être même s’y enfonce à une faible profondeur, mue et reste enfermé dans sa dépouille : celle-ci durcit, prend une forme cylindrique et s’arrondit aux deux extrémités, tandis que la larve qui y est incluse revêt les caractères de la nymphe. On se trouve alors en présence d’une pupe en forme de tonnelet, immobile, d’une teinte noire uniforme. Elle est longue de li mill., large de 4 mill. 5, assez nettement annelée et ornée à sa surface de petites rugosités linéaires, irrégugulièrement transversales. L’éclosion de cette pupe se fait par le soulèvement d’un clapet qui occupe le pôle antérieur et dont la brisure se fait en une zone correspondant au quatrième anneau de la larve.
Imago. — L’épingle de la Mouche n° 1, insuffisamment fixée, se détacha pendant le voyage et le précieux animal me parvint à l’état de débris informes. J’ai pu néanmoins en recueillir leg fragments et étudier un pied et les deux ailes. On se rappelle, d’autre part, que la Mouche n° 2, écrasée entre deux lames de verre, ne se laisse étudier que très imparfaitement. Dans des conditions aussi défectueuses, il m’est impossible de décrire la Mouche qui produit la myase intra-cutanée de l’Afrique australe ; je ne puis donner sur son compte que de brèves indications, bien que M. J.-M.-F. Bigot, le savant diptérologisle, m’ait éclairé de sa haute compétence, avec sa complaisance accoutumée. Telles qu’elles sont, ces indications sont pourtant assez précises pour me permettre de fixer, sinon l’identité spécifique de notre Insecte, du moins sa place dans le cadre de la classification.
Les antennes ont le troisième segment oblong, médiocrement allongé, obtus ; le diète est assez longuement plumeux. La trompe est molle, rétractile, normalement conformée; la face plane, non carénée. L’épislome est sans saillie. Les côtés de la tète sont munis de soies rigides jusque vers le milieu de leur hauteur. Le front est large et pourvu de soies semblables. Les cuillerons sont bien développés. Les tibias sont
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munis, en arrière, d’une très courte frange de soies assez denses. Un petit nombre de courts macrocbètcs sont insérés au bord postérieur des segments abdominaux. La teinte générale semble être jaunâtre ou fauve.
L’aile présente identiquement la même structure dans les deux exemplaires de la Mouche. La figure ci-jointe (fig. 2) démontre amplement que celle-ci appartient au groupe de Calyptérées, comme cela ressort de la présence du lobule alaire ou cuilleron (14), et particulièrement à la famille des Muscides, qui seule présente celte même disposition générale des nervures. En étudiant celles-ci de près, on est amené à reconnaître que la forme particulière de la nervure discoïdale (/') et de la nervure transversale postérieure (le) ne s’observe, dans celte mêmefamille, que chez un petit nombre de genres, Stomoæijs, Lucilia, Ochroinyia et quelques autres.
Fig. 2. Aile de la Mouche n° 1. — a, nervure costale; b, nervure médiastinale ; c, nervure sous-costale; d, nervure radiale; e, nervure cubitale; f, nervure discoïdale, médiane ou externo-médiane ; g, nervure posticale ou sous-médiane; h, nervure anale, i, nervure axillaire ;j, petite nervure transversale, réunissant les deux faisceaux de nervures longitudinales ; 7c, nervure transversale postérieure; l, m, grande nervure transversale ; n, tronc commun du premier faisceau de nervures longitudinales; o, tronc d’origine des nervures d et e, présentant à sa bifurcation un renflement muni d’un bouquet de poils; p, tronc commun du second faisceau de nervures longitudinales; q, nervure humérale, transversale basilaire ou transversale scapulaire. — t, cellule médiastinale de Schincr (costale de van der Wulp), divisée en deux par la nervure q ; cellule marginale ou costale de Schincr (médiastinale de van der Wulp); 3, cellule subcostale; -1 , cellule sous-marginale ou cubitale; 5, (i, 7, cellules radiales; 5, cellule basilaire antérieure; 6, cellule basilaire postérieure; 7, cellule anale; 8, 9, 10, cellules postérieures; 8, cellule marginale postérieure; 1 1 , cellule discoïdale; (2, cellule axillaire; 13, cellule postérieure ou lobée ; 14, lobule alaire.
(6) Séance du 22 février 1893.
Rapports et différences. — Rcporlons-nons aux caractères invoqués par Brauer pour classer les larves de Diptères (1), et nous constaterons que la larve et la pupe rentrent dans la division des Diptera cyclorhapha, dans la subdivision des Proboscidea et dans la tribu des Eumyidæ, laquelle ne comprend que « l’unique famille des Muscidx, démembrée en un grand nombre de sous-familles ». Nous croyons inutile de discuter ces affinités, qui sont évidentes.
Un premier et important résultat est donc acquis, à savoir que le Diptère de l’Afrique australe, qui vient pondre scs œufs sous la peau de l’Homme, n’est pas un OEstride, mais bien un Muscide. C’est à ce même résultat que nous conduisent, comme nous l’avons vu, les quelques détails anatomiques qu’il nous a été possible d’observer sur les Insectes adultes. Ce résultat est donc définitivement acquis. Mais à quelle espèce ou, du moins, à quel genre appartient notre Diptère ?
Les Muscides à larve cuticole sont relativement rares; ceux qu’on connaît rentrent dons des genres assez différents et méritent d’être passés en revue.
Macquart (2) a fait connaître sous le nom de Aricia pici un Diptère provenant de l’éducation d’une larve recueillie à Saint-Domingue, par Sallé, dans un furoncle développé sous la peau de l’aile d’un Pic. En Allemagne, Reibisch (3) a observé sur la peau .du cou d’un jeune Moineau deux tumeurs, causées chacune par une larve cuticole; les deux larves furent examinées par Kirsch (4), qui constata qu’elles étaient dépourvues des couronnes de crochets caractéristiques des OEstrides et crut devoir les rapporter à la famille des Muscides.
Des faits analogues, dans lesquels il s’agit exclusivement de Diptères calyptérés, ont été observés dans d’autres classes de Vertébrés.
Kreffl (5) a vu très fréquemment des larves se développer sous la peau de plusieurs Batraciens anoures d’Australie, notamment derrière le tympan ; ces larves donnèrent naissance à des Mouches représentant le nouveau genre Batrachomyia.
Les observations de Monioz (6), sur Dufo vulgaris, confirmées par A. Giard sur Bufo calamita, ne nous semblent pas être très différentes de celles-là. Elles ont porté sur trois Crapauds, qui présentaient de chaque côté, sous les yeux, une ouverture au fond de laquelle grouillaient de nombreuses larves de Diptère. Au bout d’un jour, ces larves avaient à tel point dévoré les tissus, que le crâne du Batracien était
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entièrement disséqué; élevées, elles se transformèrent en une Mouche que Moniez considéra comme nouvelle et fit connaître sous le nom de Lucilia bufonivora.
Ces observations ont été vérifiées par Collin de Plancy (7 et Taton (8). Plus récemment, Meinert (9) et Max Weber (10) ont constaté des faits analogues; ce dernier auteur les attribue à la larve de Lucilia sylvarum.
Il est bien évident qu’il s’agit, dans tous ces cas, de larves essentiellement carnivores, se comportant comme celles de Lucilia macrllaria dans l’espèce humaine, et non de larves cuticoles, comme celles qui font l’objet du présent mémoire ou encore comme celles des Dermatobia.
L’observation suivante se rapporte encore aux Batraciens, mais est, d’ailleurs, de toute autre nature que les précédentes. Chez des Grenouilles des environs de Paris, Laboulbène et Yulpian (11, 12) ont trouvé des larves de Muscides enkystées dans l’épaisseur des tuniques stomacales, dans la paroi abdominale et dans les replis péritonéaux. Ces larves étaient mortes dans leur kyste; selon toute apparence, elles avaient été avalées par les Batraciens et avaient gardé assez de vitalité dans l’estomac de ceux-ci pour pouvoir en percer les membranes. Ici non plus, il ne s’agit donc point d’un cas analogue à celui qui fait l’objet de notre étude.
En revanche, voici des faits qui nous intéressent plus directement, puisqu’ils concernent des larves cuticoles, rencontrées dans l’espèce humaine. De ces faits, les deux premiers ont été observés aux États- Unis; les autres, en Afrique.
En 18o9, le Dr Shaw (13) a présenté à la Société d’histoire naturelle de Boston « des spécimens de la larve de quelque espèce de Mouche ( Musca ou Œstrus), qui avaient été trouvés dans le cuir chevelu, ainsi que dans la peau de la face, du cou et du dos d’un enfant de sept jours. Ils étaient renfermés dans des pustules larges d’environ un huitième de pouce (3 mill. 17), reposant sur une base enflammée large d’un demi-pouce (12 mill. 7) ou davantage. Le seul spécimen conservé fut mis dans l’alcool. Après y avoir séjourné plusieurs jours, il était long d’un quart de pouce (6 mill. 34) et large d’un seizième (1 mill. S8). Couleur blanche. Corps formé de onze segments, non compris la tôle; partie antérieure de chaque segment entourée d’une bande de soies ou d’épines. Tète armée de deux crochets noirs; pas de bouche visible ».
(8) Séance du 22 février 1803.
Une observation rapportée par Ilagen (14) n’est pas plus explicite. Cet entomologiste reçut de Toronto (Canada) la dépouille d’une larve extraite d’une tuméfaction développée sur le cou d’une fillette. La larve est attribuée par Hagen au genre Sarcophaga, mais sans qu’il soit possible de dire à quelle espèce elle appartient.
Coquerel etMondière (15) ont observé plusieurs fois des larves culicoles chez l’Homme et chez le Chien, à Portudal, localité côtière située à une dizaine de lieues de Gorée. Ces larves sont attribuées par les indigènes à la piqûre d’une Mouche qui n’est autre que Idia Digoti, mais nos auteurs inclinent plutôt à les considérer comme les larves d’un OEstride inconnu. La présence d’un grand nombre d’épines noires, en rétroversion, sur les neuf premiers anneaux, mais principalement sur les anneaux 2 à 7, parle en faveur de cette opinion ; elle indique du moins que les larves en question n’ont rien de commun avec le Diptère qui nous occupe.
Dans certaines parties du Sénégal, notamment au Cavor, on voit fréquemment se développer, dans la peau de l’Homme ou des animaux (Chien, Chat, Chèvre), des larves de Diptère qui sont précisément connues sous le nom de Vers du Cayor. La première mention en est due à Bérenger-Féraud (16), qui vit la larve se transformer « en chrysalide brunâtre et velue, à peu près cylindrique, ayant perdu son crochet », puis obtint l’éclosion de l’Insecte parfait. Celui-ci est une Mouche voisine des Lucilies, pour laquelle Em. Blanchard proposa le nom de Ocliromyia anthropopliaga.
Railliel (17) et Lenoir (18) ont beaucoup fait progresser notre connaissance de ce même Insecte. C’est, dit Railliet, une « Mouche de teinte gris jaunâtre, mesurant 8 à 9 millimètres de long. La tête est testacée, revêtue de petits poils noirs ; le style des antennes est plumeux. Le thorax offre en avant deux bandes noires longitudinales; les ailes sont légèrement enfumées. L’abdomen est couvert de taches noires assez étendues, surtout en arrière ».
Cette description s’applique exactement à deux Diptères légués par Davaine à M. le professeur Laboulhène et que mon excellent maître a eu l’amabilité de me montrer; ils sont étiquetés Ochromyia anihropopliaga, du Sénégal, mais sans qu’on puisse savoir dans quelles conditions Davaine les avait reçus. Elle s’applique également aux deux Mouches que nous avons reçues de M. Trimen, autaut qu’on en peut juger d’après l’examen de spécimens détériorés.
Pour donner une revue complète des cas où des larves de Diptères
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ont été observées dans la peau de l’Homme, en Afrique, ajoutons encore quelques mots.
Cobbold (19) parle d’une larve que le Dr Kirk a extraite de la jambe de Livingstone. Cette larve figure dans les collections du Hunterian Muséum, à Londres; nous avons pu l’étudier et nous en donnons ci-après nne description sommaire.
Le Dr Dutrieux (20) dit que, dans rUnianvwesi, on désigne sous le nom de founza ia ngômbé ou Ver du Bœuf une larve d’insecte qui produit une éruption furonculeuse chez le Bœuf et chez l’Homme; elle semble être inconnue entre le plateau central ou l’Ugogo et la côte orientale. Sa véritable nature est encore indéterminée.
Enfin, je dois à M. le Dr A. Collin, conservateur au Musée zoologique de Berlin, la notice suivante, qu’il m’a communiquée par une lettre du 23 janvier dernier : « Mon collègue, M. Matschie, me dit avoir appris de M. Bôder, directeur des douanes au Togo, que les « Dasselfliegen s ( QEstridæ ) attaquent l’Homme et que les larves se trouvent sous la peau des animaux, aussi bien que de l’Homme, au Togo. »
Conclusions. — Le Diptère dont la larve se développe dans la peau de l’Homme, à Natal, appartient sans conteste à la famille des Muscides; les caractères généraux de l’adulte, «autant que nous avons pu les apprécier, démontrent sa grande affinité avec les Ochromyia, mais sans qu’il nous soit possible d’affirmer s’il fait réellement partie de ce genre. Cette opinion, toutefois, est la plus vraisemblable, à cause des observations si précises de Bérenger-Féraud, de Bailliet et de Lenoir.
La larve extraite de la jambe de Livingstone appartient également à une Muscide, et des observations ultérieures donneront probablement une démonstration semblable, en ce qui concerne le founza ia ngômbé de l’Uniamwesi.
Les OEstrides ne sont pas rares en Afrique; ils y sont représentés par des types dont la larve offre souvent un aspect curieux, comme celle que nous décrivons plus loin, mais, jusqu’à ce jour, aucun cas de myase par OEstride cuticole n’y a été observé chez l’Homme, tout au moins d’une façon indiscutable. On peut penser, toutefois, que les cas constatés par Coquerel et Mondière se rapportent réellement à des QEsrides et qu’il en est de même pour les cas signalés par Bôder, bien qu’il nous paraisse que ces derniers ne soient attribués aux OEstrides que par leur analogie évidente avec les cas de myase par Dennatobia ou par Hypoderma, plus connus que ceux qui nous occupent ici.
C’est donc principalement à la famille des Muscides qu’appartiennent
(10) Séance du 22 février 1893.
.es larves cuticoles rencontrées dans l’espèce humaine en diverses contrées de l’Afrique, notamment au Sénégal et à Natal : cette constatation présente un réel intérêt, quand on la met en parallèle avec les cas de myase intra-cutanée qui s’observent dans l’Amérique intertropicale et qui sont tous dus à des OEstrides véritables.