‹ Contributions à l'histoire naturelle de la TunisieChapitre 38 sur 367 · TOME XVII · texte numérisé non relu

TOME XVII

mait plusieurs formes différentes. En dernier lieu S. Murbeck, Contrib. fl. Tun. II, p. 105, revient, pour la plante tunisienne, au nom 6!0. plaiylepis Coss. in herb., et la différencie de la sous-espèce espagnole, 0. nervosum Boiss., par sa taille moindre, ses tiges moins largement ailées, son tomentum plus épais, le tube de la corolle plus court, les achaines non atténués à la base, et surtout les écailles involucrales plus larges (8-12 millimètres), ovales lancéolées et brusquement atténuées en pointe épineuse.

Rhdponticum acaule L. Bir-M'Cherga, dans la brousse, mars, avril. C. Varie beaucoup sous le rapport des dimensions et de la forme des feuilles, le plus souvent bipinnatiséquées, à segments tantôt élargis, tantôt linéaires aigus ; souvent pinnatifides, à lobes dentés; plus rarement oblongues lancéolées, obtuses et simplement dentées.

Carthamus cœruleus L., var. tingitanus (L.), Batt. et Trab. Bir-M'Cherga, mai. Cette variété à feuilles pinnatifides est la seule que j*aie reçue de la région de Zaghouan.

Helminthia aculeata DC. Dans la brousse à Bir-M'Cherga, 10 mai.

Periploca Ixvigaia Âït. Coteaux pierreux et broussailles : Hammam-Zeriba, 28 avril.

Convolvulus tricolor L. Bir-M'Cherga, dans la brousse et les parties dénudées des champs, avril.

Convolvulus cupanianus Tod. Bir-M'Cherga, mai, juin.

J'ai reçu des exemplaires bien caractérisés des deux espèces précédentes, dont l'abondance relative reste à établir, et que S. Murbeck, Contrib. fi. Tunis , III, p. 6, a bien distinguées. On les reconnaît facilement aux caractères du calice à divisions plus courtes que le tube, largement arrondies et brusquement mucronées dans C. tricolor; deux fois plus longues, lancéolées et insensiblement atténuées dans C. cupanianm,

Cuscuta planifolia Ten. Bir-M'Cherga, dans la brousse, sur OnoniSf Scorzonera Alexandrina^ Centaurea Balanse^^ etc.

Solenanthus lanatus DC. forme : S. tubiflorus Murbeck, Contrib. fi. Tun., III, p. 14 et pi. VIII, fig. 5, 6. Bir-M'Cherga, janvier, mars. S. Murbeck a décrit cette plante comme espèce nouvelle qui, d'après lui, diffère presque exclusivement de S. lanatus y type, par la structure des organes floraux ; corolle à tube deux fois plus long que le limbe (et non égal), à lobes droits (et non évasés) ; écailles insérées au tiers supérieur (et non au tiers inférieur) de la corolle, étamines incluses. Les échantillons reçus de Bir- M'Gherga, étudiés comparativement avec la description et les figures de S. Murbeck, s'y rapportent exactement. Mais sous tous les autres rapports, la plante ne paraissant pas différer de S. lanatus^ je suis disposé à y voir, non pas une espèce nouvelle, mais une simple forme hétérostylée , analogue à celles que présentent souvent d'autres fleurs, en particulier les Primevères, chez lesquelles ces variations florales ont été plus particulièrement étudiées.

Cerinthe major L. Saint-Germain près Hammam-Lif ; Bir- M'Cherga, bordures des terres cultivées, mars.

Celsia cretica L. Khrombalia ; entre la Marsa et Garthage, mars, avril.

Sorophnlaria hispida Desf! Zaghouan, 25 avril. Espèce nouvelle pour la Tunisie, qui n'a été citée ni par Bonnet et Barratte, ni par Murbeck.

Serophularia tenuipes Goss. et DR. Lieux humides, sous bois, de la Kroumirie, entre le camp de la Santé et Âîn- Draham. Élégante espèce, tout à fait conforme à la figure de Gosson, Illust. fi. atl. pi. 150.

Linaria heterophylla Desf., var. spectabilis Pomel. Batt. et Trab. FI. alg., I, p. 640. Kroumirie : Femana, en allant à la source sulfureuse, mai, juin. Fleurs grandes, rouges, ou panachées de jaune ou de pourpre, à poils glanduleux colorés; pourrait être employée comme plante ornementale, d'un bel effet (Battandier et Trabut).

Linaria scariosa Desf. Coteaux pierreux : Medjez-el-Bab, 14 avril.

Linaria Doumeti Coss! Bonnet et Barr. Cat. Tunis^ p. 319, Bir-M*Cherga, au djebel Maouine, 1*^ juin ; Zaghouan, en montant au poste optique, vers 400 mètres, 28 avril. Paraît AC sur les coteaux, plus rare dans la brousse pierreuse où elle se rencontre au voisinage de L reflexa Desf., dont elle se distingue, au premier coup d'œil, par ses fleurs du double plus grandes, son calice à larges segments comme foliacés. Les graines tuberculeuses et non alvéolées (Cf. Explor. scientif. Tunisie. Illustr., pi. XII, fig. 1-8), confirment la diagnose de cette espèce qui semble jusqu'ici confinée dans la région de Zaghouan.

Phelypœa Muteli Reuter., var. floribunda (Pomel), Batt. et Trab. Bir-M'Cherga, parasite sur des pieds de Tabac cultivé, 10 avril.

Var. nana (Reich.) Batt. et Trab., Bir-M'Cherga, sur une Légumineuse, 4 avril.

Or obanche condensa taMoris^ Saint-Oermain,près Hammam- Lif, sur racines de Calycotome villosa^ V mars.

Orobanche Spartii Ouss., Bir-M'Cherga, C. sur les racines de Calycotome villosa^ surtout sur les bords de l'oued, 13 avril. Espèce nouvelle pour la Tunisie ! C'est avec raison que M. Bonnet, Catal. Tunis. y p. 326, en présence de l'insuffisance de documents assez précis pour la détermination de certaines espèces, prévenait le lecteur que l'énumération encore incomplète des Orobanches de Tunisie réservait, pour l'avenir, de nouvelles découvertes. L'Orobanche Spartii^ malgré ses ressemblances extérieures et sa communauté d'origine, diflère d'O. condensata Moris, par sa corolle d'un brun fauve en dehors, et non pourpre {atro^ purpurea Moris), plus ventrue, mais à courbure dorsale bien moins prononcée, par ses bractées plus courtes, ne dépassant pas les fleurs, et surtout par son stigmate d'un beau jaune avant la dessiccation. Cette couleur du stigmate est.

comme on le sait, très importante pour la classification des Orobanches, et a suffi pour faire ranger par Nyman, Consp. fi. europ,^ p. 558, les 0. oondensata et Spartii dans deux sections différentes, malgré leurs affinités évidentes. La description de Qussone, PL sicul. syn. (1843), p. 135, se rapporte parfaitement à la plante de Bir-M'Cherga. Il Tindique également sur le Calycotomê villosa [Cytisus lani^ gerus)^ avec « stigma emarginato bilobum, dilatatum, infte' Ttim, flavescens demum fucescens / » Vaucher qui, le premier, a décrit cette « Orobanche du Spartium joncier » {Monog. Orob. (1827), p. 42), dit aussi que « les deux lobes du stigmate sont jaunes et saillants », et que, d'après M. de Roz, il croît à Palerme, aussi bien sur le Spartium villosum (Calycotomê villosa) que sur le Spartium junceum. La distinction des deux espèces me parait donc bien établie ; mais si Ton était tenté de les ramener en sous-espèces à un même type, TO. con^ densata Moris. PL sard., III (1858), étant bien postérieure, c'est ro. Spartii (Vaucher) Guss. qui devrait avoir la priorité. Salvia clandestina L. Desf.! Bir-M'Cherga, dans la brousse fraîche, janvier, mai. G. Il est difficile de distinguer le S, clandestina L. et S. verbenacea L., qui ne sont, en définitive, que des formes d'un seul type spécifique. Gependant, en s'en rapportant au texte de Desfontaines, Plora atlan^ tiea^ I, p. 21 et 23, et aux figures de Barrelier, citées par Linné et Desfontaines, il est incontestable que la Sauge de Bir-M'Gherga appartient à S. clandestina Desf.! et est parfaitement représentée par la figure 220 de Barrelier. Plante peu élevée, trapue, feuilles allongées et plus ou moins pinnatifides, calice à lèvre supérieure largement arrondie et émarginée, à lèvre inférieure bidentée, corolle seulement du double plus grande que le calice. Le S, clandestina Desf. qui, d'après Bonnet et Barratte, Catal. p. 334, serait moins répandu que le type 5. verbenaca L., en Tunisie, semble, au contraire, Têtre bien davantage, comme l'a déjà constaté S. Murbeck, Contrib. ft. Tunis., III, p. 32.

Stachys arenaria Vahl. Bir-M*Cherga, coteaux pierreux, 28 mars. Rare.

Stachys circinnaia L'Hérit. Zaghouan, 28 avril.

Sideritis romana L., subsp. S. ebracteata Asso, Murbeok, loc. cU.j p. 35. Bir-M'Cherga, 11 mai. Race africaine, remplaçante de S. montana L., dont elle diffère par ses tiges plus courtes, florifères presque dès la base, par les lobes du calice plus étroits, la corolle plus petite, à tube filiforme, à lèvre supérieure très courte, sulfurine, à lèvre inférieure ne dépassant pas un centimètre, à pubescence très courte.

Ajuga Iva Schreb. Bir-M*Cherga, 11 mai. Fleurs roses! D'après S. Murbeck, loc. cU.^ p. 40, serait très rare en Tunisie, où il ne l'a rencontré qu'à El-Kef, tous les exemplaires des autres localités appartenant à VA pseudO'^Iva Rob. et Gast., à fleurs jaunes.

Plantago Psyllium L. Bir-M'Cherga, partout dans la brousse fraîche, où il forme, au printemps, des gazons verts, et qui cependant ne sont pas mangés par le bétail, à moins de disette absolue.

Camphorosma monspeliaca L. Bir-M'Cherga, coteaux pierreux, au pied du djebel Maouine, 1 1 mai ; n'a pas encore été signalée en Tunisie.

Beta maritima L. Bir-M'Cherga. Au printemps les jeunes feuilles sont mangées en salade pas les Arabes.

Polygonum aviculare L., var. humifusum Batt. et Trab. Bir-M'Cherga, bords des champs cultivés, juin.

Polygonum equisetiforme Sibth. et Sm. Saint-Oermain, près Hammam-Lif, mars.

Emex spinosus Campd. Bir-M'Cherga. Les jeunes feuilles se mangent en salade sous le nom arabe de Selk,

Bumex bucephalophorus L., var. gallious Steinh. Bir- M'Cherga, avril, juin. C.

Euphorbia Bivonœ Steudel ! Montagnes rocheuses : djebel Maouine, Hammam-Zeriba, avril, mai. Nos spécimens

appartiennent bien à cette espèce, et non à VE. iunetana Murb., 80U8-espèce plus méridionale et désertique.

Euphorbia dendroîdes L. Rochers à Hammam-Zeriba, 28 avril.

Parieiaria diffusa M. et K., var. ambigua. Zaghouan, 25 avril. Le port de la plante et ses grandes feuilles largement lancéolées et nettement pétiolées, ont toute l'apparence de P. erecia M. et K., mais le périanthe des fleurs hermaphrodites, accrescent en tube allongé, est bien celui de P, diffusa^ auquel il convient de rapporter la plupart des localités précédemment citées en Tunisie comme appartenant à P. erecta, qui en serait, au contraire, totalement absent d'après 8. Murbeck, loc. cit.j III, p. 21.

Saliœ purpurea L. Zaghouan, où il a peut-être été introduit et planté. Les feuilles sont longues de 10 centimètres, larges de 3, et leur largeur maximum se trouve au tiers supérieur. Cette variation rappelle la var. Lambertiana Ser. in DC, Prodr., XVI, 2, p. 306.

Juglans regia L. Cultivé à Zaghouan ; ne diffère en rien du Noyer d'Europe. L'écorce de la racine est employée dans la fabrication du Souhak^ cosmétique employé par les femmes arabes pour rougir les lèvres.

PiuM halepensis Mill. Djebel Maouine, sur le sommet duquel on trouve seulement quelques pieds rabougris.

Romulea Bulbocodium Rœm. et Sch. Falaises de l'oued Miliane, sommet du djebel Maouine, Zaghouan, février, avril. C.

Romulea grandiftora Tin., Jordan, Icônes, fig. 164! Saint- Oermain, près Hammam-Lif, !•' mars.

Iris juncea Poiret. Bir-M'Cherga, mai. C. C'est le Zétoutt des Arabes. Très apprécié des femmes arabes qui récoltent ses bulbes gros comme des noisettes, les décortiquent et les mangent cuits au beurre ou en gâteaux; la farine en est très fine. Les Sangliers en sont friands, et leurs fouilles guident les Arabes dans la recherche du Zétoutt. (A. Prillieux et D. Bois, le Potager d'un curieux^ 1899, p. 657.)

Iris planifolia (Mill.)) Bonnet et Barr. /. scorpioides Desf. ! Bou-Kournine, décembre. Retrouvé à Bir-M'Cherga, au pied du djebel Maouine, mais en très petit nombre.

Narcissus elegans Spach. ! Bir-M'Cherga, 25 janvier, en fruits. R.

Aceras anthropophora R. Br. Pont du Fahs, 25 avril.

Orchis popilionaceus L. Aïn-el-Aker, Bir-M'Cherga, dans la brousse, mars, avril.

Orchis longicruris Link. Bords de Toued Barbaka, 18 mars. Rare.

Ophrys lutea Link. Bir-M'Cherga ; brousse herbeuse, pentes du djebel Resas, mars.

Ophrys tenihredinifera Wed., Saint-Qermain, près Ham* mam-Lif, 18 mars.

Tulipa oculus solis Saint-Âmand, Tunis, derrière le Belvédère, Bardo, abondant dans les champs de blé, 18 mars, où cette belle espèce a été sans doute introduite et n*a pas encore été signalée.

Gagea arvensis Roem. et Sch., Bir-M'Gherga, dans la brousse, mars. G.

Forme : G. fibrosa R. et Sch., Bir-M'Cherga, dans la brousse pierreuse, 2 mars. R. À part les feuilles plus étroites, le port plus raide et les racines renflées et contournées autour du bulbe en forme de nid d'oiseau, comm« dans la figure donnée par Durieu, Ewplor, soient. Algérie^ pi. 45 bis, fig. 8, cette Gagée ne diffère pas sensiblement de G. arvensis^ dont elle parait une simple forme stationnelle et xérophile. Gette opinion, déjà émise par Bonnet et Barratte, CataL pL Tunisie^ p. 408, est confirmée par la rencontre des deux plantes à la même locahté, où le G. fbrosa^ récolté au printemps sec de 1903, n'a plus été retrouvé en 1904, dont la saison a été pluvieuse, et où le G. arvensis^ type, était très abondant.

Ornithogalum umbellatum L., var. angustifolium G. G.

Carrières de Saint-Clément, à 2 kilomètres au sud de la Laverie, dans la brousse, 10 mars.

OmUhogalum arabicum L. Cultures à Medjez*el-Bab., 14 avril.

Scilla peruviana L. Collines herbeuses, pentes du djebel Resas, 18 mars, Zaghouan, 25 avril, en fruits.

Allium Ampeloprasum L., Bir-M'Cherga, commun dans les champs et les cultures; très employé comme plante alimentaire, parait être la souche de certaines variétés de Poireaux longs.

Allium roseumL., Bir-M'Gherga, champs cultivés. G partout ; les jeunes plants sont mangés par les Arabes en guise de poireaux, avec l'espèce précédente.

Subsp. Allium odoratissimum Desf. ! Bir-M*Cherga, 28 mars. ÂC. Cet Ail est, au moins, une sous-espèce bien tranchée de la précédente, dont elle me parait différer bien plus que ne Ta laissé entendre le D' E. Bonnet, Catal. p. 413. En effet, d'après de nombreux exemplaires récoltés au voisinage les uns des autres à Bir-M'Cherga, Allium odoratis^ simum se distingue d'A. roseum^ en outre de Todeur souvent fugace, par le bulbe accompagné de bulbilles plus nombreux, plus ovales, et moins globuleux, par les gaines des feuilles inférieures blanches et non colorées en rose ou en violet, par les feuilles relativement plus étroites, bien que canaliculées et non arrondies (S. Murbeck.,2oo.cit.,III,p.23), par les divisions de laspathe plus étroites et plus aiguës, par ses fleurs blanches, sans bulbilles, par ses pétales plus étroitement elliptiques, à sommet obtus et entier (et non largement arrondi et dentelé), par ses étamines relativement plus longues, égalant les deux tiers, et non seulement la moitié des pétales.

Phalangium algeriense Boiss. et Reut. Collines herbeuses, Medjez-el-Bab, 14 avril, doit être vraisemblablement considéré comme une sous-espèce atlantique vicariante de P. Liliago Schreb.

Biarum Bovei Blume, Bir-M'Cherga, dans la brousse ; avril. Rare. Espèce nouvelle pour la Tunisie.

Juncv^ maritimm L. Bords des oueds; oued Lou-Mila^ environs de Khrombalia, Soliman, etc. Cette espèce commune et qui croit, à proximité du littoral, en société avec /. acutiLS L., a des tiges plus souples, moins cassantes que celui-ci, et fournit exclusivement la matière première des nattes réputées de Nabeul.

Imperata cylindrica P. de B., Saint-Germain, près Hammam-Lif, mars.

Pennisetum ciliare Link., Tunis, derrière le Belvédère, 15 décembre.

Alopecurus bulbosus L., var. maeroslachys (Poiret), Coss. et DR. Lieux humides de la Kroumirie, entre Femana et Âîn- Draham, mai.

Aristida Adscensionis L.Qnhsp. A.cœrulescensDeBt ! Coteaux arides du djebel Aziz, 15 février. L'espèce linnéenne comprend plusieurs sous-espèces, dont 1*^4. ccerulescens Desf. mérite d*ètre tout particulièrement distinguée (S. Murbeck, Contrib. fi. Tunis., III, p. 29).

Stipa barbata Desf.! Falaises des bords de l'oued Miliane, 14 avril, 12 mai. Espèce rare qui n'était connue que dans deux localités tunisiennes : Ksar-el-Sef (Bonnet et Barratte), Maktar (8. Murbeck).

Festuca interrupta Desf. Au pied du djebel Azis, Bir- M'Cherga. Considérée comme une sous-espèce ou variété de F. arundinacea Schreb., n'en est peut-être qu'une forme stationnelle, croissant dans des milieux moins humides.

Bromus maerostachys Desf. Dans la brousse à Bîr- M'Cherga, mai.

Bromus madritensisL. forme Monostachys. Bir-M'Cherga, 2 mai; forme, dans la brousse sèche, des touffes serrées, à tiges fines, de 10-15 centim., à feuilles capillaires et à épillet terminal unique.

Lotium rigidum Qand., var. tenue {G\xss.)y Bir-M'Cherga,

l*' juin. Tige grêle, à épillets très étroits et fortement appliqués contre Taxe.

Aspidium rigidum Sw., var. australe Ten. {Nephrodium pallidum Bory et Ghaub !) Zaghouan, sous l'abri des roohers, en montant au poste optique, 400 et 500 mètres, %8 avril. A noter que cette station est immédiatement au-dessus de celle du Nymphée, où cette fougère est signalée par Bonnet et Barratte, Cat. pi. vase. Tunisie^ p. 500, Exactement semblable à la 6gure de la Flore du Péloponise de Bory de Saint-Vincent et Chaubard, pi. 38 !

Polypodium vulgare L., var. reduotum. Sur les troncs moussus de Chênes Zeens, à Âin-Draham; au pied des rochers moussus et humides à Zaghouan. Forme très réduite à rhizome raccourci, très épais, noueux^ et feutré de rhizines nombreuses ; frondes courtes, mais larges, les plus grandes ne dépassant pas 15 centimètres de longueur, sur 8 à 10 centimètres de largeur à la base de la fronde qui prend l'aspect triangulaire ; avec un pétiole de 4 à 6 centimètres. Les plus petites fougères abaissent leur taille à 5, 4, voire même 3 centimètres de longueur, sur 3 à 4 centimètres de largeur et un pétiole de 1 à 3 centimètres. Les segments sont larges et entiers ou à peine crénelés, très obtus ; les fructifères chargés de sores rondes et très grosses (3 millim. de diamètre), relativement à leur taille.

Selaginella denticulata Koch. Sur la mousse plus ou moins humide des troncs de Chênes Zeens, à Âîn-Draham, et au pied des rochers à Zaghouan, avril. Plante à coloration glauque ou rougeâtre par suite de la sécheresse relative des stations.

Je citerai en terminant quelques espèces cultivées au point de vue économique, et qui peuvent se trouver à l'état subspontané autour des douars ou des villages de colonisation.

Nigella sativa L. Cultivé principalement à Nabeul, et dont les graines, connues sous le nom de Sinouge^ sont employées comme les anis dans la pâtisserie arabe.

Trigonella Fxnum grxcum L., cultivé sous le nom de Helb ou Helba. Â l'état jeune, la plante sert de fourrage, et les graines entrent également dans la confection de boissons rafraîchissantes et de gftteaux à Thuile.

Lawsonia alba Lam. (L. spinosa L. et L. inermis L.) Planté sous le nom de Henné; les feuilles sont employées à la confection d'une pâte cosmétique pour teindre les mains, les pieds et les cheveux en rouge orangé. On l'élève en pépinières dans l'Établissement d'horticulture coloniale de Tunis et il sert à repeupler les jardins arabes (pi. I et II).

Rosa moschata Herrm. Zaghouan, avril, mai, où ce joli rosier a sans doute été introduit et forme autour des jardins des haies inextricables.

€arum Carvi L. Cultivé sous le nom Carouia et usité à l'instar de l'Ânis, comme condiment aromatique.

Pimpinelle Anisum L. La graine est très employée dans la pâtisserie arabe.

Fœniculum vulgare Goertn. Subspontané le long des chemins et autour des habitations. Les jeunes pousses se mangent comme l'Asperge ; la graine remplace l'Absinthe dans la fabrication de la Boca^ boisson des Juifs tunisiens.

Coriandrum sativi^m L. Également cultivé comme plante culinaire aromatique.

Borago offioinalis L. Espèce indigène, mais souvent à l'état subspontané, car on la cultive et l'on vend sur les marchés de Tunis, les jeunes feuilles qui se mangent comme les épinards.

Cyphomandra betacea Sendter {Solanum betaceum Cav.) Cultivé sous le nom de Tomate de la Pa%^ aux environs de Tunis. En fleurs et en fruits au 30 décembre.

Pennisetum typhoïdeutn Pers. (Penicellaria spicata Wild). Sorte de millet, cultivé sous le nom de Drâ^ et dont la farine sert à faire des gâteaux destinés à procurer aux femmes juives un embonpoint fort apprécié.

Mousses.

Les Muscinées sont peu nombreuses en Tunisie et le Catalogue dressé par M. Bescherelle en 1897 * n'en énumère que 65 espèces. C'est dans la partie septentrionale de la Régence, plus boisée et plus humide, on Kroumirie, qu'on a le plus de chance d'en rencontrer. M. H. de Ghaignon en a récolté quelques-unes, au hasard de ses excursions, et M. Ferdinand Camus a bien voulu les déterminer. Ce sont pour la plupart des espèces des plus vulgaires :

Hymenostomum toi^Ule B. E. Hammam-Lif, sous les oliviers, 30 mars.

* Weissia viridula Brid. Aîn-Draham, sur les vieux troncs de Chênes Zeens, 5 avril.

* Trichostomum mutabile Bruoh., idem, 5 avril. Barbula muralis Hedw. Tunis, sur un balcon en bois

10 avril.

— * Var. i^pesiris B. E. Aîn-Draham, sur les rochers, 5 avril .

Bryum argenteum L. Tunis, sur de vieux bois de charpente, 10 avril.

Leucodon sciuroïdes Schimp., var. Morensis Schimp. Aîn- Draham, sur les vieux troncs de Chênes Zeens et de Chênes-lièges, 5 avril.

Pterogonium gracile Swartz, idem, 5 avril.

Homalothecium sericeum MUll., idem, 5 avril. * Scleropodium illecebrum B. E, idem, 5 avril.

Hypnum cupressiforme L., idem, 5 avril.

Hépatique : Madotheca Thuja Dmtr. Aîn-Draham, sur les troncs de Chênes-Zeens, 5 avril.

1. Cittlogue raiionné d9B plànt9$ eelluUireê d9 là Tunisie, Paris, Imprimerie nationale, 1897, — Muêci, par E. Besctierelle, p. 1-13. Les espèces qui n'ont pas été portées dans ce catalogue sont marquées d'un astérisque.

Lichens*

Les Lichens sont encore plus rares que les Mousses, et M. Tabbé Hue n'avait pu en réunir que cinquante-cinq espèces, dans la liste qu'il en a publiée ^ C'est à sa compétence bien connue et à son extrême obligeance que nous devons la détermination des espèces suivantes :

* Cladonia furcaia Ach., forma corymbosa Nyl. Kroumirie : Àîn-Draham, sous les Chênes-lièges, 5 avril 1903.

CL pyxidaia Fr. Aîn-Draham, parmi les mousses, au pied des Chênes-lièges et Chênes Zeens.

CL fimbriata Nyl. Aîn-Draham, sur la terre et les rochers, 5 avril.

* Parmelia trichotora Hue. Aîn-Draham, sur Técorce des Chênes-lièges, 5 avril.

*P. dubia Schœr. (P. fiorrm Ach.), idem. Thalle couvert de petites soridies ; plus petit que le précédent et mélangé avec lui.

Lobaria pulmonacea Hoffm. Aîn-Draham, sur les troncs de Chênes Zeens.

Physcia parietina de Not. Bir-M'Cherga, sur les vieilles écorces de Figuier d'Inde, mai 1903. " Ph. parietina forma chlorina Malbr. Aîn-Draham, sur l'écorce des Chênes-lièges, avril.

Ph. leptalea DC. Bir-M'Cherga, sur les vieilles écorces de Figuier d'Inde, mai.

* Ph. tenella 'Hyl. Idem, mélangé au précédent. Lecanora crassa DC, var. deserti Mûll.-Arg. Aîn-Draham,

sur la terre, 5 avril, fructifié.

* L. Schleicheri Nyl. Idem.

£. subfusca Ach. Bir-M'Cherga, sur les vieilles écorces de Figuier d'Inde, mai.

Lecidea decipiens Ach. Aîn-Draham, sur la terre, 5 avril, fructifié.

1. Ctdàl. pL cellul. Tuniêie (1897), LicheMê^ par Hae, p. 136-151.

NOTES MYCOLOGIQUES

Grâce aux missions et voyages effectués par M.N. Patouillard, ancien président de la Société mycologique de France, de 1891 à 1895, en Tunisie, la flore mycologique de la Régence, qui était à peu près inconnue, s'est peu à peu enrichie de nombreuses découvertes que ce savant explorateur a successivement consignées dans d'intéressants rapports ^ et complétées, chaque année, par l'étude de nouvelles espèces récoltées par lui-même ou par divers correspondants^. L'absence de mycologistes sédentaires et compétents, la rapidité des herborisations de M. Patouillard, la partie restreinte du territoire parcouru, laissent un vaste champ ouvert à de nouvelles recherches et à de nouvelles trouvailles. Sollicité de porter son attention sur les Champignons, M. H. de Chaignon, pendant les deux hivers qu'il a passés à Bir-M'Cherga, en 1903 et 1904, par conséquent pendant la saison la plus favorable aux éclosions cryptogamiques, a bien voulu recueillir, au hasard de ses promenades, tous ceux qu'il rencontrait et dont la plupart, malgré la distance et les difficultés du voyage, sont arrivés en état de conservation suffisante pour être soumis à l'examen de M. Patouillard qui, avec son expérience consommée et la plus constante obligeance, a bien voulu les étudier, les déterminer et en dresser la liste suivante que nous sommes heureux et reconnaissants de publier.

1. N. Patouillard, Exploration scientifique de la Tuniêie. Énuméràtion des Champignons observés en Tunisie, Paris, Imprimerie nationale, 1892. — Catalogue raisonné des plantes cellulaires de Tunisie, ibid., 1897.

2. Bulletin de la Société mycologique de France, XII (1896), p. 150 ; XIII (1807), p. 197; XV (1899), p. 54; XVII (1901), p. 29 et 182; XVII (1902), p. 47; XVIII (1903), p. 245.

144 NOTES MYGOLOGIQUES PAR N. PATOU ILLARD.

Énomération des Champignons réooltét en Tunisie par M. de Chaignon en 1908 et 1904,

PAR N. PATOUILLARD

BASIDIOMYCÈTES

Caeoma Link.

C. MercurialiS'perennis {Per8.) Wint.; C. MercurialisLink. — Sur les feuilles et sur les tiges du Mercurialis annua. La Laverie près de Crétéville.

Cette forme du Mercurialis annua a été récemment séparée comme espèce distincte, sous la désignation de C. pulcherrimum Bubak {Berichte d. deutschen botan. gesellsch.^ 1903, 5, p. 270). Elle paraît fréquente en Tunisie comme dans toute la région méditerranéenne ; en France, elle a été signalée à Perpignan par M. Cornu.

Tremella Fr.

T. nucleata Schw. — Bir-M'Cherga, sur différents bois pourris : Olivier, Lentisque, Jujubier.

T. violacea Relh. — Bir-M'Gherga, sur tiges de Lentisque.

Exidia Fr.

E. glandulosa (Bull.). — Aîn-Draham, sur le chêne. Odontia Fr.

0. crustosa{PerB.). — Bir-M'Cherga, rameaux de Jujubier. * 0. Bugellensis Ces. — Bir-M'Cherga, sur tiges de Cistes,

de Lentisque.

Hypochnus Fr.

H. seras Fr. — Bir-M'Cherga, sur bois pourri de Jujubier.

1. Les espèces neuvelles pour la Tunisie sont Indiquées par un astérisque *, Quelques-unes, en petit nombre, récoltées à Bir-M*Cherga, pendant lliiver de 1902- 1903, ont déjà été citées par M. N. Patouillard dans ses dernières Additioriê au CêUt' logxie des ehàmpignonê de TunUie. Bull. Soc. myc. de France XIX (1903), p. 245, dont le présent mémoire peut être considéré comme la suite.

Corticium Fr.

C. calceum Fr. — Bir-M'Cherga, sur tiges d'Opuntia, de Cistes, de Romarin.

C. cœsium Bres. — Bir-M*Cherga, sur Olivier, Lentisque. C. roseum Fr. — Bir-M'Cherga, bois pourri de Lentisque.

Stereum Fr.

S. hirsutum Fr. — Très commun partout : Tunis sur Caroubier, djebel Ariana sur branche de Myrte, Bir-M*Cherga sur souches de Lentisque, etc.

*5. spadiceum Fr. — Bir-M'Cherga, sur Olivier, Lentisque.

Polyporus Fr.

P, gigantexAS Fr. — Aîn-Draham, commun sur les vieux troncs.

Leucoporus Quélet.

L. arcularius Fr. — Bir-M'Cherga, abondant sur les souches : Olivier, Cistes, Lentisque.

Lenzites Fr.

L quercina (Pers.), forme résupinée, sur une poutre au Bardo.

L. trabea Fr., forme résupinée trametoide et forme dimidiée à hyménium lamelleux. Tunis, sur du bois de chêne.

TrametM Fr.

Tr. ext&nikata (Dur. et Mtg.), forme typique, Tunis, sur bois de chêne.

Var. rhodostoma Forq. — Le Bardo, sur souche à! Acacia cyanophylla, La coloration carnée que présente Thyménium est très fugace et disparait complètement par la dessiccation.

— Forme resupinata. Spécimens remarquables, présentant tous les passages de la forme dimidiée normale à la forme résupinée {Poria), Dans cette dernière, les pores sont

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