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Cité par Drochon, la Petite Eglise

2. Quatorze résidaient en Angleterre : l'archevêque de Narbonne, les évêques d'Arras, MontpeUier, Rodez, Noyon, Saint-Pol-de-Léon, Périgueux, Avranches, Vannes, Uzès, Nantes, Angoulême, Lombez; — en Allemagne refusèrent également leur démission sous l'influence d'Asseline, évêque de Boulogne, le cardinal de Montmorency, évêque de Metz, rarchevêque de Reims, Talleyrand-Périgord, les évoques de Limoges, Séez, Digne, Auxerre. Cf. Drochon, ch. VI.

français seraient-ils assez persuadés de Tinfaillibilité du Pape pour se croire tenus à lui obéir sans réflexions et sans représentations*? » L'esprit gallican que Tinternonce Salomon avait dénoncé chez certains réfractaires dès 1790 n'était donc pas mort. Il revivait au contraire plus ardent que jamais chez les prélats de la Petite Eglise. Ils publièrent en 1803 une sorte de profession de foi sous le titre de Réclamations canoniques et très fespec tueuses adressées d notre très Saint-Père Pie VIL,. contre différents actes relatifs à l'Église gallicane. Dans certaines régions de la France, dans le Lyonnais, le Poitpu, l'ancien, diocèse de Lombez, leurs partisans restèrent nombreux. Des paroisses entières refusèrent de reconnaître le Concordat. Prêtres concordataires et anticoncordataires continuèrent à se faire une guerre acharnée pendant toute la durée de l'Empire et même après, ceux-là dénonçant ceux-ci à la police, refusant de les admettre en terre sainte après leur, mort, ceux-ci ameutant les populations. En 1814, la plupart des évêques qui vivaient encore se soumirent, le roi légitime étant remonté sur le trône. Quelques-uns néanmoins persistèrent dans leur opposition et eurent des disciples. Il y a quelques années, Léon XIII envoyait un bref à ces enfants perdus pour les ramener dans le sein de l'Eglise ^.

1. Paul Gabent, Les illuminés ou anticoiicordataires de l'ancien diocèse de Lombez, p. 64-65.

2. Bref du 19 juillet 1893 adressé à M. Juteau, évêque de Poitiers. A la suite de ce bref, le chef de la Petite Église lyonnaise, Marias Duc, a fait sa soumission. Aujourd'hui encore les anticoncordar taires du Gers possèdent une chapelle à Gontaut, près de Mar-

De cette rapide histoire des divisions du clergé réfractaire et de ses rapports avec les différents gouvernements révolutionnaires se dégagent quelques conclusions.

A un certain point de vue, on peut admettre quie les soumissionnaires ont préparé le Concordat en donnant les premiers Texemple de la soumission à la République et en travaillant de toutes leurs forces à la réconciliation des diverses chapelles catholiques. Par l'exeniple des résultats qu'ils obtinrent à force de patience, ils amenèrent peu à peu le pape et la majorité des réfractaires à l'idée qu'une transaction était possible, et utile, et indispensable entre l'Eglise et l'Etat laïque sorti de la Révolution. Ils furent les meilleurs ouvriers de la restauration du catholicisme au début du siècle.

Il n'est pas sans intérêt de noter cependant que le Concordat ne donne pas, au moins à certains soumissionnaires, une satisfaction complète. Emery craint que l'Eglise n'ait acheté trop cher la protection de l'Etat, car cette protection est aussi une tutelle. Il a pris goût à la liberté, et il regrette celle dont l'Eglise jouissait quand elle était indépendante de l'Etat. Ces regrets sont très instructifs.

Les soumissionnaires nous paraissent en effet avoir inauguré à l'égard de l'Etat laïque et républicain la tactique qui sera de plus en plus celle de l'Eglise au xl\* siècle. Par leurs écrits, par leurs actes, ils ont démontré que la prospérité de la re-

mande. « Lu, une riche dame appartenant à la secte, a fait bâtir une sorte de monastère... » On y compte 10 à 12 personnes (P. Gabent, p. 183).

ligion n'est pas en raison directe des formes politiques, que TEglise peut fort bien s'accommoder des gouvernements reposant sur les principes les plus opposés aux siens ; — bien mieux, qu'elle a tout à perdre et rien à gagner à identifier sa cause avec celle d'un parti politique. Les catholiques libéraux de 1830, qui feront servir les principes révolutionnaires et laïques au triomphe du catholicisme, ne feront que perfectionner cette tactique, inventée par les soumissionnaires sous la pression des circonstances.

CHARTUES. — IMl'RIMERIE DURAND, RUE FULHERT.

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