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vers le Nord à partir du cap Cod au temps où les Européens abordè-
rent pour la première fois, ne se rapporte pas en réalité au Great Auk. . Le capitaine Bartholomew Gosnold trouva en 1602 des Great Auhs sur la côte des Massachussetts, à l'endroit qu'il nomme Gilbert Point, 4o40? lat... (J. A. Allen, Bullet. Nuttall ornith. Club. p. 59-60, 1876). Les pécheurs du Labrador connaissent cet oiseau sous le nom de Pinguin, et s'accordent à désigner l'ile de Funk, située au sud-est de la côte de Terre-Neuve, comme étant la seule place où l’on pourrait le retrouver (Elliot Coues). Une apparition sur les côtes de PIslarde a été signalée en 1845. Enfin le colonel Drummond Hay Paurait observée en 1852 près du banc de Terre-neuve.
Détails historiques (extraits de Nizsson, So. Æoql.)
Cet oiseau paraît avoir été commun sur tout le long des côtes de l’Amérique septentrionale, entre‘les 45° et 55° latitude Nord, et avoir suivi - une ligne oblique vers le Nord-Est, en s’avançant du côté de l'Islande
méridionale, de Saint-Kilda, des Feroe, des Orcades, etc. Dans cette zone, plusieurs îles ont été dénommées d’après la grande quantité de Pingouins qui s’y rencontraient (Penguinoarne, Geirfuglasker, ete.). Les navigateurs qui, au xvi° siècle, se dirigeaient vers le banc de Terre- Neuve, nous apprennent que l’on y trouvait et détruisait à cette époque un grand nombre de ces oiseaux. Chaque année, ces localités étaient visitées par plusieurs centaines de vaisseaux anglais, français, espagnols, hollandais et portugais ; tous s’approvisionnaient plus ou moins abondamment d'oiseaux et d'œufs qu’ils se procuraient sans peine. Nous lisons dans les relations de ces voyages que, sans compter le nombre prodigieux de Pingouins qui servaient de nourriture à l'équipage, on en salait encore une plus grande quantité, dont on remplissait des tonneaux. On en tuait plusieurs milliers à la fois, de telle sorte qu’en moins d’une heure, on pouvait en charger une trentaine de barques. [1 ne fallait que se rendre à terre avec des bâtons pour les assommer... Ces récits pourraient paraître exagérés de prime abord; mais ils ont été confirmés d'une manière inattendue il y a peu d’annécs. Un naturaliste distingué de la Norvège, Peder Stuwitz, trop tôt enlevé à la science, visitait en 1841 l'ile nommée actuellement Funk Island, qui était considérée avec de justes raisons comme ayant été la véritable île aux Pingouins visitée autrefois par les navigateurs. Sur la côte Nord-Ouest, Stuwitz trouva des amas considérables d’ossements de l’Espèce en question...
Dans le même endroit l’écueil présentait une petite déclivité du côté de la mer. On y voyait encore des enceintes de piérres dans lesquelles les oiseaux étaient chassés et renfermés jusqu’à ce qu'ils fussent tués. On racontait que cette île étant dépourvue de bois, on brülait les corps des Pingouins, « for to boil the kettle », et pour remplacer le combustible... Il n’est pas difficile de se représenter les suites que durent avoir ces boucheries. L’Espèce diminua sensiblement sans que pendant tout le xvir° et le xvni° siècle on cessât de lui faire la guerre.
moe
Le professeur Steenstrup a démontré que le Pingouin brachyptère se trouvait autrefois en Danemark, et que même il s’y reproduisait. Ce savant a découvert plusieurs fragments de squelettes dans les kjokkenmoddigerne, ou débris de cuisines des anciens insulaires. (Consultez : Oefversigt over vidensk. Selsk. Forhandl. p. 169. 1855.)
Le Pingouin est devenu ehsuite de plus en plus rare, même dans les régions situées à l’occident de la zone qu'il habitait. On l’a cependant vu nicher sur quelques écueils de l'Islande. En 1813, l'équipage d’une embarcation partie des îles Feroe aborda à Reikenaés Fugleskjaer, où il détruisit une vingtaine d'individus. En 1830 ct 1831, vingt-scpt oiseaux furent tués à la fois sur un autre récif voisin de celui-ci. Depuis
cette époque jusqu’en 1839 ou 1810, on en captura encore une dizaine.
Les derniers que l’on put se procurer, en 1844, sur une petite île des côtes de l’Islande, étaient un mâle et une femelle, qui furent envoyés à Copenhague.
Yarrell cite quelques exemples d'individus tués ces dernières années vers les Hébrides, les Orcades et sur les côtes de l'Angleterre. Suivant . Strom, Beskriveise over Sondmor K. p. 221, le Pingouin brachyptère auraït été assez commun près de Sondmor ; mais cet écrivain a confondu notre oiseau avec la f'uligula glucialis, tout en décrivant d’une manière exacte le Plautus impennis.
. Nous avons encore d’autres données qui nous permettent d'admettre avec certitude la présence de cette Espèce dans le Kattegat. Un vieux. pêcheur du Bohuslän m'a certifié l'avoir vu dans sa jeunesse près de Tistlarna. Le docteur Oedmann nous apprend qu’un exemplaire à été capturé près de Marstrand vers la fin du siècle dernier. Le professeur Rasch a été informé par un étudiant nommé Schübler qu’un individu a été tué pendant l'hiver de 1828 près de Frederikstad..…….
Extraits du Mémoire de M. A. Newton intitulé : Absiracts of M. J. Wolley's, etc.
Le Great-Auk n’est point, comme on l’a dit, un oiseau des régions polaires. Il est probable que l’on en retrouvera des traces dans les limites du pôle arctique... Rien ne nous conduit à supposer qu’il ait jamais visité le Spitzberg..…. Si l’on jette les yeux sur la carte de Plslande exécutée par M° O. N. Olsen en 1844, sous les auspices de la Société littéraire de l’Islande, on trouvera le nom de Geirfuglasker {Gare fowl sherry) dans trois endroits différents. Le Geirfuglasker le plus oriental est à trente milles de la côte, plus loin que l’île de Papey, et à l’entrée du Bernfjordr, 64° 35° latitude Nord et 26° longitude occidentale {de Greenwich). Le plus méridional est un des Westmannaeyiar (Wesitman Islands) sous le 63 latitude Nord et le 33° 5’ longitude occidentale. Be
plus occidental se trouve plus loin que le cap Reykjanes sous le 63° 40: fs
jatitude Nord et le 35° 50° longitude occidentale.
On pourrait supposer que l’'Espèce en question devait avoir été abondante dans ces localités. Mais Olafsen et Olavius sont les seuls voyageurs du siècle dernier qui aient indiqué l’ilot le plus oriental comme
(in
étant le séjour de ces oiseaux (Reise igennem Island af Eggert Olafsen,
Soroe 1772). D’après un manuscrit daté de 1760, l’Alca impennis aurait été
commun sur le Geirfuglasker de Re:kjanes…. Différentes expéditions ontété entreprises en 1730, 1753, 1784 et 1800; à cette époque l’A. impennis existait encore... Thorswalder Oddson racontait que vers l’année 1808 ou 1810, deux exemplaires avaient été tués à Hellisknipa entre Skagenet Klebavik.
11 ne faut pas remonter bien loin pour trouver la cause de la destruction complète de cette Espèce. En 1807 commencèrent les hostilités entre
- PAngleterre et le Danemark. L’année suivante, un vaisseau corsaire,
portant les couleurs britanniques, arriva en Islande le 24 juillet, et se
rendit au Geirfuglasker, où il demeura une journée. L’équipage détruisit
un grand nombre d'oiseaux, écrasant les œufs et les petits... En 1813, les habitants des îles Feroe envoyèrent un vaisseau en Islande pour y solliciter quelques secours par suite de la misère à laquelle ils avaient été réduits par la guerre. Une de leurs embarcations se dirigea vers les récifs du cap Reykjanes, et revint chargée d’un grand nombre de Great Auks,après avoir massacré tous les oiseaux qui avaient pu être atteints.
Suivant Faber, plusieurs Great-Auks furent capturés en 1814 sur un petit récif près de Lätrabjarg (côte septentrionale du Breidifjordr)..….. Le même auteur parle d’une autre excursion faite le 25 juin 1821 du côté des récifs de Reykjanes; mais on ne trouva pas de Pingouins. Cependant ils existaient encore dans les environs, car Jôn Jénsson et son fils Sigurdr en tuèrent chacun un exemplaire.
Nous sommes arrivés maintenant à une période plus moderne de
Phistoire de cet oiseau. En 1830, le Geirfuglasker en vue de Reykjanes
disparut sous les flots. La même année Brandur Gudmandsson, habitant de Kyrkjuvogr, fit une excursion à Eldey, rocher élevé et situé entre l'ile engloutie et le cap; il y captura douze ou treize Great-Auks ; dans une autre chasse, il s’en procura huit...
Plusieurs autres expéditions ont été dirigées de 1830 à 1834 contre les Pingouins. D’après M. Siemsen, une soixantaine d’A. impennis auraient été capturés, ainsi que leurs œufs, dont la plupart ont passé au musée de Copenhague; d’autres exemplaires parvinrent à M. Brandt. M. Meckenburg possédait en tout huit oiseaux et trois œufs, dont il remit un exemplaire à M. J. Hancock... En 1846, Eldey a été visité par Vilhjél-
mur sans résultat... Des recherches ont été renouvelées en 1860 avec le même insuccès.…...Celles de M. J. Wolley n’ont abouti qu’à lui faire découvrir des débris de squelettes... Si PA. impennis doit jamais être
retrouvé, ce ne sera certainement pas au Geirfugladrängr..…. On‘ne doit pas non plus le chercher sur les côtes du Groënland, qui sont presque toujours couvertes de glaces.
La première découverte de cette Espèce remarquable et intéressante date de l’année 1574. Un Islandais nommé Clemens, visitant certaines îles situées sur la côte orient. du Groënland, nommées à cette époque Gunnbjarnareyiar, et depuis reconnues pour être les îles de Danell’s ou de Graah’s, situées sous le 65°20 Lat. N., y rencontra cet oiseau en si grande abondance qu’il en remplit son bateau. Depuis ce temps, VAlca impennis n'a plus été signalé sur ce point. (A. Newton, On Birds in Greenland. extr. de THE ARCTIC MANUAL, etc.)